Moselstellung
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La Moselstellung (en français « Position de la Moselle ») est une ligne fortifiée construite en Moselle par l'Empire allemand pendant la première annexion. Prenant en compte les progrès de l'artillerie, la ligne s'appuie sur de nouvelles fortifications allant de Metz à Thionville, construites de 1899 (ordonnance de construction des Festen) à 1918.
Localisation des forteresses de la Moselstellung. |
La Moselstellung n’est pas une ligne de fortifications continue. C’est une ligne fortifiée constituée d’un chapelet de forts détachés, formant un rideau défensif. Elle est construite en Moselle, qui appartenait alors à l'Alsace-Lorraine, entre 1899 et 1918, pendant la première annexion. Elle se déploie de Sierck-les-Bains (Bad Sierck) au nord de Thionville (Diedenhofen) jusqu'à Orny au sud de Metz. Elle ne fut pas attaquée directement par les troupes françaises pendant la Première Guerre mondiale.
Le terme de Moselstellung se rapporte aussi à la ligne de défense établie dans la vallée de la Moselle lors de la Seconde Guerre mondiale, et réutilisant les forts et les groupes fortifiés construits avant 1918, y compris les forts construits par la France avant 1870. Cette ligne de défense fut en effet utilisée par l’OKW entre septembre et pour freiner l’avance des Alliés pendant la campagne de Lorraine. Elle permit aux forces allemandes de se regrouper sur la ligne Siegfried, ou Westwall.
Conception stratégique

L’objectif de l’Allemagne était de se protéger contre une attaque française visant à reprendre l'Alsace-Lorraine, soit l’Alsace et la Moselle, à l’Empire allemand. À partir de 1899, le plan Schlieffen de l’état-major allemand conçut les fortifications de la Moselstellung, entre Metz et Thionville, comme un verrou destiné à bloquer l’avance éventuelle des troupes françaises en cas de conflit[1]. L’importance d’une ligne de fortification sur la Moselle a été démontrée entre autres par le maréchal Colmar von der Goltz, inspecteur général du génie, du Corps des Ingénieurs et des forteresses, dans un mémorandum sur le développement de la défense allemande, rédigé en 1889[2]. Dans le plan Schlieffen, la Moselstellung, et ses places fortes Metz et Thionville, représentait une position-clef, un point-pivot dans le plan de déploiement des forces allemandes contre la France. Au nord, de forts contingents mobiles devaient mener une attaque pivotante vers Paris à travers la Belgique, tandis que des effectifs restreints et statiques, stationnés au sud dans le district de Lorraine, devaient tenir la Moselstellung et empêcher les troupes françaises de prendre à revers les forces allemandes.