Forteresse de Gingee
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| Forteresse de Gingee | |||
Vue sur une partie du fort de Gingee. | |||
| Lieu | Gingee, District de Viluppuram | ||
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| Fait partie de | Tamil Nadu, |
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| Type d’ouvrage | Ensemble de fortifications | ||
| Construction | IXe siècle au XIIIe siècle | ||
| Architecte | Initialement dynastie Kon, puis royaume Chola, royaume de Vijayanagara, Naïck de Gingee, Sultanat de Bijapur, Empire marathe | ||
| Matériaux utilisés | Granit et Mortier (matériau) | ||
| Événements | Classé Monument National (1921) | ||
| Site du Bien | Paysages militaires marathes de l'Inde | ||
| Année d’inscription | |||
| Coordonnées | 12° 15′ 03″ nord, 79° 23′ 45″ est | ||
| Géolocalisation sur la carte : Tamil Nadu
Géolocalisation sur la carte : Inde
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La forteresse de Gingee ou « Senji » (aussi connu sous le nom de Chenji, Chanchi, Jinji ou Senchi) est l'un des derniers forts existant au Tamil Nadu en Inde. Elle se trouve dans le district de Vilupuram, à 147 km de la capitale de l'État, Madras, non loin du territoire de Pondichéry.
L'ouvrage est si puissamment fortifié que le roi marathe Shivaji, l'a classé comme la forteresse la plus imprenable de l'Inde et il a été appelé la Troie de l'Orient par les Britanniques.
Le fort est étroitement lié au raja Tej Singh, qui s'est révolté sans succès contre le nabab d'Arkât et a fini par perdre la vie dans une bataille.

Le fort est entretenu et administré par l'ASI (l'Archaeological Survey of India). C'est l’une des destinations touristiques principale du district de Viluppuram. La ville la plus proche avec une gare ferroviaire est Tindivanam et l'aéroport le plus proche est Chennai. Gingee est à 147 km de Chennai et à 64 km de Pondichéry.
Elle est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO lors de 47e session du Comité du patrimoine mondial à Paris en . La forteresse de Jinji, fortement associée à la formation et à l'expansion de l'empire marathe, est un des sites qui composent l'ensemble des paysages militaires marathes de l'Inde.
Les sultans de Bijapur, qui ont occupé le fort de 1660 à 1677, l'ont appelé Badshabad, tandis que les Marathes qui leur ont succédé l'ont appelé Chandry ou Chindy. Lors de leur prise du fort en 1698, les Moghols l'appelèrent Nusratgadh en l'honneur du Nawab Zulfiqar Khan Nusrat Jung, commandant en chef de l'armée assiégeante. Plus tard, les Anglais et les Français l'appelèrent Gingee ou Jinji. Les premiers documents anglais de Madras donnent l’orthographe Chingee ou Chengey[1],[2],[3].
Selon une légende tamoule, le destin tragique de Raja Tej Singh, populairement connu en langue tamoule sous le nom de Thesingu Raasan, est associé au fort. L'histoire de la vie de Tej Singh et de son général, Mehboob Khan (alias Maavuthukaran), qui étaient amis, a inspiré de nombreux poèmes, pièces de théâtre de rue et d'innombrables récits. Il était le fils de Swarup Singh (un chef de clan Bundelâ) et s'est révolté contre le Nabab d'Arcate. Il a été vaincu et tué lors de la guerre qui a suivi. Bien que Gingee fût devenu une partie du territoire des Nababs en 1714, le jeune et courageux Tej Singh devint une légende et sa vie, son amour et sa fin courageuse mais tragique furent loués sous diverses expressions artistiques.
Histoire
Jusqu'au XVe siècle

La source principale des deux cents premières années de l'histoire du lieu est l'histoire complète des rois carnatiques issue des manuscrits de Mackenzie. Selon l'historien Narayan, un petit village appelé Melacerri, situé à 5 km, s'appelle Old Gingee et possède des traces de fortifications datant d'environ 1200[4].
C'est la dynastie Kon qui aurait jeté les bases du fort en 1190[5], mais la première mention du fort de Gingee se trouve dans une inscription évoquant le roi Chola Vikrama (en) (1118-1133) datée de son dixième anniversaire[6], et un feudataire Kadava s'appelle le seigneur de Senjiyar (du fort assiégé)[7],[8].
À l'origine, c'est le site d'un petit fort construit par les rois de la dynastie des konars et entretenu par la dynastie Chola au IXe siècle. Il fut ensuite modifié par les Rois de Vijayanagar au XIIIe siècle qui en font une citadelle afin de protéger la petite ville de Gingee. C'était aussi le quartier général des Nayaks de Gingee[9],[10] pendant la domination Nayak dans le nord du Tamil Nadu.
Du XVIe siècle au XVIIe siècle
Gingee est ensuite passé entre les mains des différentes dynasties au pouvoir en Inde du Sud, à partir des Cholas[11].

Selon certaines sources, les fortifications actuelles ont été érigées au cours des XVe siècle et XVIe siècle par les Nayaks de Gingee, les vassaux du royaume Vijayanagara, qui sont ensuite devenus des rois indépendants, les Nayaks de Gingee[12]. En 1638, Gingee est donc sous le contrôle indirect du sultanat de Bijapur du Vijayanagar. Il organise l'Inde du Sud sous la direction de trois Nayaks placés à la tête de trois régions; Madurai, Thanjavur et Gingee. Sous les Nayaks, les forts sont renforcés et la ville considérablement agrandie.
Le fort passa ensuite aux Marathes sous le règne de Shivaji en 1677, puis au sultanat de Bijapur et fut repris par Shivaji. En 1691, la forteresse fut assiégée par les généraux du Moghol Aurangzeb mais fut défendue avec succès par Santajî Ghorpade[13].
Pendant la campagne d'Aurangzeb, le deuxième fils de Shivaji Chhatrapati Rajaram qui avait pris le trône, s'est enfui à Ginjee et a continué le combat. Le fort fut le siège de l'Empire Marathe pendant quelques mois[1]. Malgré un siège de sept ans les Moghols ne purent s'emparer du fort.
Le fort fut finalement capturé en 1698, mais pas avant que Chhatrapati Rajaram ne s'échappe.
L'occupation française et britannique
La triple forteresse de Gingee passe ensuite aux mains de la Compagnie française des Indes orientales le , enlevée par les troupes de Muzzafer-Sing aidées par les volontaires du général de Bussy-Castelnau. Ils prennent bien soin de sécuriser le fort par une forte garnison, soutenue par de l'artillerie et des munitions en suffisance. À cette époque de nombreux éléments sculpturaux de Gingee sont transférés à Pondichéry par les Français.
Gingee reste fermement en possession de la France jusqu'à la prise de Pondichéry par le général britannique Eyre Coote en 1762. Avec la chute de Gingee, les Français perdent leur dernière possession dans le Carnatique au profit des Raj britanniques.
La forteresse de Gingee retrouve son importance politique, pour la dernière fois de son histoire en 1780, lorsque Haidar Alî sultan de Mysore, aidé par des officiers français compétents, reprend le Carnatic avec une force de 90 000 hommes. Les troupes de Haidar prennent facilement la forteresse en [2],[14].
Les Britanniques la reconquièrent à la fin de la deuxième des quatre guerres de Mysore contre Tipû Sâhib.
Après cela, Gingee ne subit plus les ravages de la guerre, mais ceux de la décrépitude. Pendant les fréquentes guerres franco-indiennes, le résident britannique souhaite même, mais en vain, que le fort soit démoli.


