Francesco Musotto exerce comme avocat pénaliste[4]. Dans les années 1970, il défend pour le compte du Soccorso rosso militante(it), des Brigades rouges (dont Renato Curcio[1]) et des militants d'extrême gauche[2], notamment lors de la mutinerie de la prison de Termini Imerese en 1979, durant laquelle il sert de médiateur avec les forces de l'ordre coordonnées par le général Carlo Alberto dalla Chiesa[3]. Puis, il se constitue sa clientèle dans les années 1980[2].
Sous les couleurs de Forza Italia dont il est l'un des fondateurs en Sicile, il est élu président de la province de Palerme en .
Comme avocat, il défend également des membres de la mafia[1] et représente les intérêts de l'entrepreneur Salvatore Sbeglia accusé d'avoir fourni la télécommande de l'attentat de Capaci contre le juge Giovanni Falcone[6]. Il a aussi siégé au Conseil de justice administrative de la Région sicilienne.
Enquête pour association mafieuse
Francesco Musotto est démis de sa fonction électorale après son arrestation en pour participation à une association mafieuse, accusé notamment par 10 repentis d'avoir rencontré des chefs mafieux dont Leoluca Bagarella et d'avoir «aidé les fugitifs, fourni des opportunités de gagner de l'argent public, assuré un soutien logistique même lors de l'accomplissement de crimes graves...»[7]. Forza Italia organise une manifestation devant le palais de justice contre cette arrestation[3].
Il est acquitté des charges de complicité extérieure, d'association mafieuse et de banqueroute en première instance ()[8], en appel () et en cassation ()[9]. Son frère Cesare est condamné en première instance, et sa culpabilité confirmée avec une peine réduite en deuxième instance à cinq ans d'emprisonnement[9]. Cesare est condamné également en 2000 à 2 ans et 6 mois d'emprisonnement et plus d'un million et demi d'amende pour avoir conservé des armes à feu chez lui pour le parrain Leoluca Bagarella[10].
Président de la province de Palerme et député européen
Quelques semaines après avoir été innocenté en première instance[5], Francesco Musotto retrouve la présidence de la province en , et la conserve jusqu'en [11]. Il est par ailleurs élu député européen en 1999, obtenu plus de voix que Marcello Dell'Utri[3].
Acquitté de toutes les charges pesant contre lui, il se présente comme un symbole des hommes politiques victimes des abus du pouvoir judiciaire. Pressenti pour représenter Forza Italia aux des élections municipales de 2001 à Palerme, il est écarté par Gianfranco Miccichè au profit du député Diego Cammarata mais décide de maintenir sa candidature en dissidence, ce qui entraine son exclusion de Forza Italia[12]. Il obtient 18,5% des voix.
En , il est exclu par Raffaele Lombardo du groupe de l'Assemblée régionale et du parti après que, lors des élections municipales de 2012 à Palerme, il a tenu des propos favorables envers Leoluca Orlando et assisté à une réunion de soutien à Massimo Costa, tous les deux adversaires du candidat du MpA, Alessandro Arico[14].
Après avoir quitté l'ARS en , il se consacre à son exploitation agricole près de Pollina. La Cour des comptes lui réclame 700 000 euros de dommages et intérêts fiscaux pour détournement de fonds publics[15].
↑Jean-Louis Briquet, «7. La confrontation pénale. Justice et politique à l’épreuve du procès Andreotti», dans Mafia, justice et politique en Italie. L'affaire Andreotti dans la crise de la République (1992-2004), Paris, Karthala, coll.«Recherches internationales», (lire en ligne), p.279-330
↑André Fazi, «L'émergence d'un néo-méridionalisme politique en Italie: vers l'accroissement de la fracture territoriale?», Critique internationale, vol.2011/1 «La politisation des individus», no50, , p.111-128 (DOI10.3917/crii.050.0111, lire en ligne)