Francis Le Basser

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Francis ou François[1] Le Basser, né le à Rennes et mort le à Laval, est un chirurgien, dirigeant sportif, résistant et homme politique français. Il s’illustre notamment par son engagement pendant les deux guerres mondiales, son action dans la Résistance, et sa carrière politique locale et nationale, marquée par son attachement au gaullisme et à la justice sociale[2].

Médecin

Il est fils de petits commerçants, un couple d'épiciers[3]. Orphelin à l'âge de six ans, soutenu par sa famille, il a fait ses études secondaires au Lycée Saint-Martin de Rennes[4]. Il effectue à Paris ses études de médecine[5].

Externe des hôpitaux de Rennes, Interne des hôpitaux de Paris, il est mobilisé en 1914 comme artilleur, puis versé dans le service sanitaire brancardier[3] avec lequel il finit la guerre à Saint-Quentin en [4]. Il est médaillé de la Croix de guerre 1914-1918 en tant que capitaine-major lors de la Première Guerre mondiale[2].

Il devient docteur en médecine en 1921[2] puis assistant d'anatomie à la Faculté de médecine de Paris. Il est obligé pour des raisons pécuniaires d'abandonner ses études de professeur à Paris, ayant sa famille à charge. Il s'installe finalement comme chirurgien à l'Hôtel-Dieu de Laval[5] sur les conseils du professeur Pierre Duval et du docteur Jules Ferron[4].

Le Sport

Il fut sportif tout au long de sa vie, et inaugura de son vivant le stade qui porte son nom : stade Francis-Le-Basser[5]. Fervent pêcheur[6], son violon d'Ingres était les Échecs[5]. Il est président de la section de boxe du Stade lavallois en 1933, puis président du club omnisports du Stade lavallois[7] de 1934 à 1974[8]. Il milite avant-guerre au parti radical.

Il est fait chevalier de la Légion d'honneur en au titre de l'éducation physique.

Résistance

En 1939, dégagé d'obligations militaires, il accepte cependant de faire toute la chirurgie militaire du département de la Mayenne, où il opère jour et nuit jusqu'à l'occupation allemande[4]. Il prit position contre l'occupant en chassant par exemple du Secours National un collaborateur notoire[9] : Paul Brousmiche[10], qu'il remplace comme délégué departemental le [11].

Affiche de propagande sous le régime de Vichy, dessinée par Germaine Bouret, célébrant les cantines du Secours national organisées dans le cadre de « l'entraide d'hiver du Maréchal ».

Lors de la Seconde Guerre mondiale, il participe activement à la Résistance intérieure où il est attaché au Mouvement Libération-Nord[12],[13].

En , il est contacté par le Service National des Maquis (SNM)[14]. Il délivre de fausses cartes d'identité aux travailleurs requis par le STO. Membre du comité départemental de la Résistance, il aide au ravitaillement des maquis en vivres et en chaussures. Son action est en plein développement lorsqu'il est livré et dénoncé à la Gestapo[4].

Membre du Comité départemental de libération de la Mayenne clandestin en , il est arrêté par la Gestapo le [5]. Il est déporté d'Angers, à Compiègne le vers le KL Dachau[15],[2] où il est libéré en par les troupes alliées[5]. Son goût pour la politique active naît pendant ses années noires[5].

Entrée en politique

Malgré son absence pour le 1er tour, il revient de déportation entre les deux tours des élections municipales de 1945. Il est élu conseiller municipal le [5] et devient ensuite maire de Laval le [5]. Il redevient aussi membre du Comité départemental de libération de la Mayenne.

Il est élu conseiller général du canton de Laval-Ouest en aux élections cantonales de 1945, puis devient président du conseil général de la Mayenne au 3e tour avec l'appui du MRP. Il obtient la Médaille de la Résistance avec rosette.

Parcours politique

UDSR, radical

Il soutient le parachutage[16] en Mayenne de Jacques Soustelle, dont sa rencontre détermine son engagement politique[5]. Il est le quatrième de la liste d'Union Républicaine et Sociale et d'action Paysanne composée de trois résistants : Soustelle, Le Basser et Foccart pour les Élections constituantes de 1945. Seul Soustelle est élu[17]. Il est élu conseiller général du Canton de Laval-Ouest en 1945, et devient président du conseil général en 1947[5].

Il est président de la Fédération des œuvres laïques de la Mayenne en 1946. Il démissionne de son mandat de maire le à la suite de la défaite de Jacques Soustelle aux Élections constituantes de 1946 dans la Mayenne sur un coup de tête[5]. Il est président honoraire de l'Entraide française et membre du bureau de bienfaisance de la ville de Laval.

Gaullisme

Se présentant comme indépendant de gauche[2], il est élu le au Conseil de la République sous l'étiquette du RPF[5]. Inscrit au groupe RPF, il en deviendra président[18].

Il est élu sénateur de la Mayenne à 59 ans. Siégeant d'abord dans le groupe du RPF, il se fait le disciple du général de Gaulle pour sortir la France de la crise d'après-guerre. Il est nommé à la commission de la famille, de la population et de la santé publique[2] et à la commission de l'intérieur[19]. Son action parlementaire est marquée par son engagement en faveur des anciens combattants, des déportés, des familles nombreuses et de la justice sociale[2]. Il dépose plusieurs amendements et rapports, notamment sur le statut des déportés du travail, les allocations familiales, les logements sociaux, et la création d’un conseil supérieur de l’entraide sociale. Il soutient également la construction de petits centres industriels en zone rurale pour lutter contre le chômage[2].

Il rejoint le Groupe Union centriste lors du changement de République, c'est également à ce moment qu'il devient vice-président de la commission des affaires sociales. En 1959, il est réélu sénateur sous l’étiquette de l'Union pour la nouvelle République (UNR), et siège à la commission des affaires sociales jusqu’en 1965[2]. Il intervient sur des sujets comme le rapatriement des Français d’Afrique du Nord, la promotion sociale en Algérie, et la décentralisation. Il vote en faveur des pleins pouvoirs au général de Gaulle en 1958 et soutient les gouvernements de Michel Debré et Georges Pompidou[2].

Baron local

Malgré un début de carrière tardif, il va assez vite grimper tous les échelons propres à un baron local : il est réélu maire de la ville de Laval en 1956[5]. En 1965, Jacques Delalande et Francis Le Basser sont défaits dès le premier tour des élections sénatoriales par des candidats du Centre démocratique, Lucien de Montigny et Raoul Vadepied. Il n'est pas non plus réinvesti dans ses fonctions de maire alors qu'il briguait un second mandat.

Aux élections de 1971, il se retire de la liste de la majorité pour protester contre la présence sur celle-ci de républicains indépendants qu'il juge « trop à droite ». En 1971, Le Basser démissionne de l'Union pour la défense de la République, en déclarant : Je redeviens le radical et l'UDSR que j'étais lors de mes premières élections. Ceci n'entame en rien la vénération que j'ai toujours eue depuis pour le général de Gaulle et que je garderai jusqu'à mon trépas[20]. Cette rupture profite à Robert Buron, qui devient maire de Laval, succédant à Francis Le Basser.

Case 2813 au columbarium du Père-Lachaise.

Durant son mandat, il aura beaucoup fait pour que la ville se dote d'un stade de football moderne, et aussi développer l'industrialisation de la ville[5]. En 1971, ce stade voit le jour et prend le nom de l'élu : stade Francis-Le-Basser. Personnage hors du commun, il avait le don de s'attirer la sympathie de ses concitoyens avec sa verve souvent truculente, son franc-parler et son sens inné des formules-chocs[5].

Le départ

« J'aimerai partir discrètement. Vous ne retrouvez jamais le cadavre d'un chat que vous aimez. C'est magnifique, n'est-ce-pas ? C'est celà que je voudrais faire[5]. »

Très malade depuis 1972, il ne se représente pas aux Élections cantonales de 1973[5]. Il décède d'une longue maladie le [5].

Vie privée

Il se marie en 1913, divorce et se remarie en 1939[3]. Il est le père de trois enfants, deux filles et un fils, sergent au 9e régiment de zouaves, qui combattait au Liban en 1945[4].

Distinctions

Mandats

Liens externes

Notes et références

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