Franz Suchomel
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Krumlau (royaume de Bohême)
Altötting (Allemagne de l'Ouest)
| Franz Suchomel | |
| Naissance | Krumlau (royaume de Bohême) |
|---|---|
| Décès | (à 72 ans) Altötting (Allemagne de l'Ouest) |
| Allégeance | NSDAP |
| Grade | SS- Unterscharführer |
| Conflits | Seconde Guerre mondiale |
| Famille | Marié, deux enfants |
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Franz Suchomel (né le à Krumlau en royaume de Bohême, alors en Autriche-Hongrie et mort le en Bohême) est un Allemand des Sudètes, affecté pendant la Seconde Guerre mondiale à l’Aktion T4 puis à l’Aktion Reinhardt et aux Einsatzgruppen en région Adriatique.
Reconnu coupable de complicité de meurtre et crimes contre l'humanité de plus de 300 000 personnes juives et tziganes lors des procès de Treblinka, il est condamné en à six ans de prison. Libéré en 1967, il est interviewé (et filmé à son insu) par Claude Lanzmann pour le film Shoah, devenant l’un des visages concrets du fonctionnement des camps.
Jeunes années
Suchomel naît à Krumlau, en Bohême, alors rattachée à l’empire austro-hongrois. Après avoir quitté l’école, il entre comme apprenti dans la boutique de tailleur de son père et reprend l’affaire familiale en 1936. Il effectue son service militaire dans l’armée tchèque à la fin des années 1920 et, brièvement, en 1938. Catholique pratiquant, il rejoint la même année le Sudetendeutsche Partei.
Après l’incorporation de la région des Sudètes au Troisième Reich en vertu des accords de Munich, il devient membre du Nationalsozialistisches Kraftfahrkorps (NSKK), une organisation paramilitaire du parti nazi[1].
Pendant la Seconde Guerre mondiale
Engagé dans l’armée du Troisième Reich comme tailleur, Suchomel participe à la bataille de France[1]. En , il devient photographe au Centre d’Euthanasie de Hadamar, l’un des six centres créés par le Troisième Reich pour la mise en œuvre de « l’Aktion T4 » (mise à mort par gazage des déficients mentaux) ; il a pour tâche de photographier les victimes avant leur exécution[2].
Treblinka
Comme d’autres membres du personnel de l’Aktion T4, il est transféré en au camp d’extermination de Treblinka (qui relève de l’Aktion Reinhard) avec le rang de SS-Unterscharführer (sergent)[1]. Il est d’abord affecté au quai de débarquement où il presse les femmes vers les chambres à gaz (camouflées en douche) en leur disant[3] : « Vite, vite, vite, Mesdames, l’eau refroidit[2]. » Il est ensuite nommé, jusqu’au démantèlement du camp, responsable des Goldjuden, chargés de la récupération et du tri d’objets de valeur.
Après Treblinka
Brièvement employé au camp d'extermination de Sobibor en , il n’y reste qu’un mois, l’Aktion Reinhard prenant fin en . Comme le personnel de cette Aktion est jugé « encombrant » pour la hiérarchie, il est transféré dans la zone d’opération du littoral adriatique où il opère, sous le nom de Sonderabteilung Einsatz R (unité d’action spéciale R[einhard]) ; Suchomel participe, à Trieste, à l’extermination des Juifs, la spoliation de leurs biens et la lutte contre les partisans[2]. L’unité R tente de se retirer d’Italie vers et Suchomel est fait prisonnier par l’armée américaine avant d’être libéré en [4].
Après la guerre
Vers 1950, Suchomel s’est établi à Altötting, en Bavière. Il a repris sa profession de tailleur et participe à cinq orchestres amateurs, ainsi qu’au chœur de l’église[2].
Son passé le rattrape lorsque des équipes d’enquête établissent sa participation aux crimes contre l'humanité commis au camp de Treblinka ; il est arrêté le [4] et reconnu coupable, au terme des procès de Treblinka ( - ), de complicité de meurtre d’au moins 700 000 Juifs, assauts, exécutions et pendaisons de prisonniers. Condamné à six ans de prison[3], Suchomel dépose également lors de l’enquête préliminaire au sujet de Franz Stangl, ancien commandant du camp, en 1970[5]. Libéré de prison le , il meurt à son domicile le [6].