La frontière entre le Mozambique et la Zambie, matérialise les limites territoriales entre la république du Mozambique et celle de Zambie. Elle découle d'un traité signé entre la Grande-Bretagne et le Portugal en 1891.
D'une longueur de 439 km, la frontière court du tripoint entre le Zimbabwe, la Mozambique et la Zambie, et celui entre ces deux derniers et le Malawi[1].
Histoire
Lourenço-Marques, chef-lieu du Mozambique, durant la période coloniale.
La frontière est le résultat d'un compromis datant du XIXesiècle établi entre les deux puissances coloniales en présence dans la région, la Grande-Bretagne et le Portugal[2].
Leurs ambitions à la fin du siècle sont en apparence incompatibles: le Portugal veut créer un lien entre le Mozambique et l'Angola, tandis que Cecil Rhodes a comme projet de créer un lien terrestre vers Le Caire depuis le sud de l'Afrique, tout en espérant avoir un accès à l'Océan indien depuis le bassin du Zambèze[2].
Carte des implantations des missions écossaises dans les Hauts plateaux de la Shire, avec les différentes routes accédant à la côte du Mozambique.
Des tensions se produisent au sujet des Hauts plateaux de la Shire, des missions écossaises y étant très actives, et Salisbury craignant une réaction de l'opinion publique si son gouvernement laisse s'établir une mainmise de la part d'un pays catholique. D'autre part, le secteur est considéré par Rhodes, comme idéal pour assurer le lien vers le Nord qu'il ambitionne de réaliser[2].
Caricature du lien Le Cap-Le Caire, 1904.
L'envoyé sur place de Salisbury, Harry Johnston, a pour mission de conclure des traités et établir un protectorat britannique. Mais les Portugais n'en tiennent pas compte et organise une expédition. La réaction britannique est un ultimatum leur intimant d'ordonner le retour de cette expédition. Les Portugais s'exécutent mais obtiennent l'ouverture de négociations qui aboutissent à une convention signée le . Elle crée un lien physique entre l'Angola et le Mozambique, cogéré par les deux pays. Mais le parlement portugais refuse de le ratifier en raison de clauses donnant un droit de regard des Britanniques sur l'avenir de territoires que le Portugal a en sa possession. Les négociations reprennent et aboutissent au traité du 11 juin 1891. Les Portugais renoncent au lien Angola-Mozambique en contrepartie de la garantie d'avoir un hinterland conséquent pour leurs colonies. Les Britanniques renoncent, quant à eux, à l'accès à l'Océan indien[2].
Du coté portugais, le Mozambique reste une colonie jusqu'en 1975, et durant la guerre d'indépendance, de nombreux réfugiés, qui fuient les combats, traversent la frontière[4].