Carte de la frontière datant de 1971 avec mention du nom colonial de Rhodésie du Sud.
La frontière a une longueur de 1 402 km[1]. Au sud, elle part du tripoint avec l'Afrique du Sud jusqu'à celui avec la Zambie, au nord.
Histoire
Les deux puissances coloniales de la région, la Grande-Bretagne et le Portugal nourrissent des ambitions apparemment incompatibles à la fin du XIXesiècle, la première souhaitant pénétrer au cœur du continent africain depuis la colonie du Cap, la deuxième, implantée depuis le XVIesiècle en Angola et au Mozambique, a des vues de jonction pour ses deux colonies. Un premier compromis est signé en 1890, prévoyant une zone gérée par les deux pays, mais il n'est pas ratifié par le Portugal. Le nouveau traité signé le 11 juin1891, abandonne l'idée au profit des Britanniques, mais garantit un arrière-pays conséquent pour le Mozambique[2].
Des différences d'interprétation des sphères d'influence apparaissent toutefois concernant le plateau de Manica. Les notions de bord de plateau et versant, se montrent difficiles à déterminer sur le terrain. Par ailleurs, il n'a pas été défini une langue de référence lors de la rédaction du traité, ce qui conduit à des compréhensions différentes. C'est avec un arbitrage, finalement sollicité auprès de l'Italie, qu'aboutit une définition de frontière précise par la décision du [3].
La zone britannique prend le nom de Rhodésie en 1895[4].
La zone frontalière est à nouveau soumise à des tensions après l'indépendance du Mozambique en 1975. Le pouvoir colonial du gouvernement de la Rhodésie du Sud a décidé d'opter unilatéralement pour l'indépendance en 1965, et se voit confronté à une lutte armée visant à faire reconnaître les droits des autochtones. Le Mozambique indépendant soutient cette rébellion, et l'armée rhodésienne franchit régulièrement la frontière pour frapper des camps de la ZANU et de la ZAPU de 1976[5] à 1979[6],[7], avant le changement de régime instaurant le Zimbabwe en 1980.