Félix Gouin
homme d'État français
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Félix Gouin, né le à Peypin dans les Bouches-du-Rhône (France)[1] et mort le à Nice dans les Alpes-Maritimes (France), est un avocat, militant socialiste, résistant et homme d'État français. Il est président du Gouvernement provisoire de la République française, du au .
Ramadier I
| Félix Gouin | ||
Félix Gouin vers 1945-1946. | ||
| Fonctions | ||
|---|---|---|
| Ministre d'État Président du Conseil du Plan Délégué du président du Conseil pour les P.T.T.[a] | ||
| – (10 mois et 6 jours) |
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| Président | Vincent Auriol | |
| Président du Conseil | Paul Ramadier | |
| Président du gouvernement | Léon Blum | |
| Gouvernement | Blum III Ramadier I |
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| Prédécesseur | Poste créé (Plan) | |
| Successeur | Jules Moch (ministre, Plan) | |
| Vice-président du Conseil des ministres | ||
| – (5 mois et 22 jours) |
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| Avec | Maurice Thorez | |
| Président du gouvernement | Georges Bidault | |
| Gouvernement | Bidault I | |
| Prédécesseur | Francisque Gay | |
| Successeur | Pierre-Henri Teitgen et Maurice Thorez (indirectement) | |
| Ministre de la Défense nationale | ||
| – (5 mois et 22 jours) |
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| Président du gouvernement | Georges Bidault | |
| Gouvernement | Bidault I | |
| Prédécesseur | Maxime Weygand (indirectement) | |
| Successeur | André Le Troquer | |
| Président du gouvernement provisoire de la République française (chef de l’État de facto et chef du gouvernement) | ||
| – (4 mois et 29 jours) |
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| Élection | 26 janvier 1946 | |
| Gouvernement | Gouin | |
| Législature | Ire Constituante | |
| Coalition | Tripartisme SFIO-PCF-MRP |
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| Prédécesseur | Charles de Gaulle | |
| Successeur | Georges Bidault | |
| Président de l'Assemblée nationale constituante | ||
| – (2 mois et 14 jours) |
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| Élection | 8 novembre 1945 | |
| Législature | Ire Constituante | |
| Prédécesseur | Lui-même (président de l'Assemblée consultative provisoire) | |
| Successeur | Vincent Auriol | |
| Président de l'Assemblée consultative provisoire | ||
| – (1 an, 8 mois et 24 jours) |
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| Élection | ||
| Réélection | 8 novembre 1944 | |
| Législature | Consultative provisoire d’Alger Consultative provisoire de Paris |
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| Prédécesseur | Édouard Herriot (président de la Chambre des députés) | |
| Successeur | Lui-même (président de l'Assemblée constituante) | |
| Député français | ||
| – (13 ans et 29 jours) |
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| Élection | 21 octobre 1945 | |
| Réélection | 2 juin 1946 10 novembre 1946 17 juin 1951 2 janvier 1956 |
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| Circonscription | 2e des Bouches-du-Rhône | |
| Législature | Ire Constituante IIe Constituante Ire, IIe et IIIe (Quatrième République) |
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| Groupe politique | SOC | |
| – (17 ans, 11 mois et 30 jours) |
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| Élection | 11 mai 1924 | |
| Réélection | 29 avril 1928 1er mai 1932 3 mai 1936 |
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| Circonscription | Bouches-du-Rhône (1924-1928) 1re d’Aix (1928-1942) |
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| Législature | XIIIe, XIVe, XVe et XVIe (Troisième République) | |
| Groupe politique | PS (1924-1936) SOC (1936-1942) |
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| Biographie | ||
| Nom de naissance | Félix Jean Gouin | |
| Date de naissance | ||
| Lieu de naissance | Peypin (Bouches-du-Rhône, France) | |
| Date de décès | (à 93 ans) | |
| Lieu de décès | Nice (Alpes-Maritimes, France) | |
| Nationalité | Française | |
| Parti politique | SFIO | |
| Diplômé de | Lycée Thiers | |
| Profession | Avocat | |
| Religion | Catholicisme | |
| Résidence | Bouches-du-Rhône | |
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| Chefs du gouvernement français | ||
| modifier |
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Biographie
Carrière politique
Troisième République
Fils d'instituteurs laïcs, Félix Jean Gouin[2] est inscrit par ses parents au lycée Thiers[3] de Marseille en tant que boursier[4]. Le baccalauréat réussi, il se tourne vers des études de droit à Aix-en-Provence où il est boursier. Il obtient la licence. En 1902, il s'inscrit au grand cercle socialiste de Marseille, puis adhère à la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO). Avocat, il est inscrit au barreau de Marseille de 1907 à 1953.

Il est initié franc-maçon le à la loge "La parfaite Union" à l'Orient de Marseille. Il fait ensuite partie de la loge "Les Arts et l'Amitié" à l'Orient de Paris[5].
Félix Gouin, alors âgé de 28 ans, est élu conseiller général des Bouches-du-Rhône en 1911.
Il est élu maire d'Istres en 1919, et est constamment réélu jusqu'à son retrait de la vie politique, exception faite de la période du régime de Vichy. En 1924, il est élu député des Bouches-du-Rhône, mandat qu'il conserve également toute sa carrière, sauf sous le régime de Vichy. En 1938, il devient vice-président du groupe socialiste à la Chambre des députés.
Résistance et Libération
En 1940, Félix Gouin fait partie des quatre-vingts parlementaires qui refusent les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Cela lui vaut d'être révoqué par le régime de Vichy de son poste de maire d'Istres[6]. Il diffuse dès l'été 1940 une circulaire justifiant son vote contre Pétain. Au procès de Riom de 1942, il assure la défense de Léon Blum dont il est l'ami intime.
En , Félix Gouin cofonde le Comité d'action socialiste avec Daniel Mayer. Il écrit dans Le Populaire, journal clandestin des socialistes résistants[6]. Il est par la suite incarcéré pendant trois mois au Camp de concentration Miranda de Ebro en Espagne, alors qu'il cherchait à rejoindre la France libre en Angleterre. Il parvient finalement à rejoindre Londres, puis Alger où il préside la Commission de réforme de l'État du Comité français de la Libération nationale qui établit entre autres le texte instituant une Assemblée consultative provisoire, dont il est élu président le .
En , l'Assemblée consultative provisoire, désormais installée à Paris, le réélit à sa présidence. En octobre 1945, il est élu député de Marseille (tête de liste socialiste) à la première Assemblée constituante, dont il devient président lors de sa session inaugurale le suivant.
Présidence du gouvernement provisoire de la République française
Le , alors que le Général de Gaulle vient de démissionner de sa fonction de chef du gouvernement provisoire, Félix Gouin est élu président du 3e gouvernement provisoire, par 497 voix contre 35 à Michel Clemenceau du PRL, 17 à Jacques Bardoux, 3 au général de Gaulle (non candidat) et 3 abstentions. Il exerce de fait une fonction équivalente à celle de chef de l'État. Félix Gouin répartit les portefeuilles entre les trois partis de la coalition et laisse à leurs chefs, Thorez pour le PCF et Bidault pour le MRP, le soin d'en désigner les titulaires, affaiblissant ainsi son autorité sur les membres de son cabinet et renforçant l'influence des partis[7]. Le , son gouvernement (dans lequel il s'est réservé le portefeuille de la Défense), qui comporte 23 ministres d'une coalition communistes-socialistes-MRP (les gaullistes en étant exclus), obtient la confiance de l'Assemblée par 503 voix contre 44.
Son gouvernement fait voter la nationalisation de l'électricité et du gaz (création d'EDF et de GDF), des bassins houillers non nationalisés en 1944, et de trente-quatre compagnies d'assurance. Il fait également adopter la loi Marthe Richard.
Son nom est mêlé au retentissant « scandale du vin », à la suite de sa mise en cause par l'homme politique Yves Farge, et il n'occupe plus de fonctions de premier plan.
Fin de carrière
Au début de la Quatrième République, Félix Gouin participe à plusieurs gouvernements et, par la suite, il exerce différents mandats : député, maire, membre de la délégation française à la 11e session de l'Assemblée générale des Nations unies à New York en 1956.
En 1958, il vote non au référendum constitutionnel, en opposition avec la majorité de la SFIO. Il renonce ensuite à toute carrière politique et démissionne de tous ses mandats. Il se retire à Nice avec son épouse, née Laure Baudouin (petite-fille d'Eugène Baudouin, maire de Vanves et conseiller général de la Seine[8] et cousine du psychanalyste franco-suisse Charles Baudouin)[9], qui meurt en 1971, à l'âge de 74 ans.
Mort et hommage
Félix Gouin meurt le à l'âge de 93 ans. Ses traits nous restent fixés par le portrait qu'en peignit Jean Julien.
Un hommage lui est rendu, à Peypin, son village natal, le , par l'inauguration d'une plaque commémorative sur la façade de la maison où il est né, à l'occasion des Journées européennes du patrimoine[10].
Récapitulatif des fonctions
Fonctions gouvernementales
- Président du Gouvernement provisoire de la République Française, du au .
- Vice-président du Conseil du gouvernement Bidault I, et ministre de la Défense nationale du au .
- Ministre d'État, commissaire général au Plan du gouvernement Blum III, du au .
- Ministre d'État, président du Conseil du Plan du gouvernement Ramadier I, du au .
- Ministre délégué pour les PTT du gouvernement Ramadier II, du au .
Autres mandats
- Maire d'Istres, de 1922 à 1959
- Député socialiste d'Aix-en-Provence, de 1924 à 1940.
- Député des Bouches-du-Rhône, de 1946 à 1958.
- Conseiller général d'Istres, de 1911 à 1958.
Décorations
Grand-croix de la Légion d'honneur le 23 janvier 1946, comme président du gouvernement provisoire, grand maître de l'ordre de la Légion d'honneur[11]
Médaille d'honneur départementale et communale, échelon argent, en tant qu'« ancien président du gouvernement provisoire de la République, député des Bouches-du-Rhône, conseiller général et maire d'Istres » (1955)