Félix de Roquefeuil

From Wikipedia, the free encyclopedia

Décès
(à 59 ans)
Versailles (Yvelines)
Nom de naissance
Louis Félix de Roquefeuil-CahuzacVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
française
Félix de Roquefeuil
Félix de Roquefeuil, conseiller à la Cour des comptes
Fonction
Conseiller référendaire à la Cour des comptes
-
Biographie
Naissance
Décès
(à 59 ans)
Versailles (Yvelines)
Nom de naissance
Louis Félix de Roquefeuil-CahuzacVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
française
Activité
magistrat, militant catholique social
Famille
Enfants
Robert de Roquefeuil (1864-1940), Henri de Roquefeuil (1869-1928)
Autres informations
Membre de
Distinction
Commandeur de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand (1877)
Blason.

Louis-Félix de Roquefeuil, né le à Dreux (Eure-et-Loir)[1] et mort le à Versailles[2], est une personnalité du catholicisme social français du XIXe siècle. Conseiller référendaire à la Cour des comptes, cofondateur des « Cercles Catholiques d'Ouvriers », il contribue à la définition de la doctrine sociale de l'Église catholique et apporte une contribution décisive aux travaux préparatoires de l'encyclique Rerum Novarum (1891).

Félix de Roquefeuil appartient à la branche de Cahuzac de la famille de Roquefeuil Blanquefort, famille subsistante de la noblesse française, d'extraction chevaleresque, originaire de Guyenne puis du Rouergue, issue en 1380 de l'union entre Jean de Pujols de Blanquefort et Catherine de Roquefeuil-Anduze, et qui a compté parmi ses membres de nombreux officiers dont des amiraux et des généraux[3],[4].

Il est le fils de Jules de Roquefeuil-Cahuzac (1801-1839), garde général des forêts de l'État à Beauvais, et d’Yvonne Duhamel de Brazais (1810-1892), fille du marquis de Brazais, ami du poète André Chénier[5].

Il épouse en 1864, à La Chapelle-Caro (Morbihan), Charlotte Jeanne Marie Edmée de Pontbriand (1838-1923)[1]. De cette union naissent notamment Robert de Roquefeuil (1864-1940), premier président de l'Association catholique de la jeunesse française, et Henri de Roquefeuil (1869-1928), capitaine de vaisseau et officier de renseignement, attaché naval en Grèce pendant la Première Guerre mondiale[5].

Biographie

Formation et carrière à la Cour des comptes

Licencié en droit, Félix de Roquefeuil entre au ministère des Finances le , avant d'être nommé auditeur à la Cour des comptes le , puis auditeur de première classe le . Lors de la guerre franco-prussienne de 1870, il est envoyé à Bordeaux comme secrétaire de la commission de contrôle provisoire des marchés de la guerre. Rentré à Paris en , il est nommé conseiller référendaire le . Selon l'éloge prononcé par le procureur général Renaud à la Cour des comptes, il laisse « le souvenir d'un magistrat laborieux et éclairé, scrupuleusement appliqué à la tâche de chaque jour »[5].

Fondation des Cercles catholiques d'ouvriers

Au lendemain de la Commune de Paris, Albert de Mun et René de La Tour du Pin, rejoints par Maurice Maignen, Léon Harmel et Félix de Roquefeuil-Cahuzac, fondent l'œuvre des « Cercles catholiques d'ouvriers »[6]. L'Œuvre est présidée par le comte de Villermont ; Albert de Mun en est le secrétaire général ; Félix de Roquefeuil, en tant que responsable de la doctrine, met « sa puissance de travail, sa fermeté doctrinale au service de l'élaboration d'un programme social »[5]. Le premier cercle est inauguré à Belleville en 1872 ; d'autres s'ouvrent rapidement à Paris, Lyon et en province. À Paris, dans la paroisse de Sainte-Clotilde, Mgr Gaspard Mermillod contribue au lancement du mouvement. En 1878, l'Œuvre rassemble environ 37 500 ouvriers répartis en 375 cercles[6].

Le Conseil des études et la Revue de l'Association catholique

En 1878, un Conseil des études est confié à Félix de Roquefeuil pour énoncer des principes propres à contrer « le libéralisme économique qui enfonce l'ouvrier dans la servitude ». Il y préside plusieurs commissions portant sur le régime de la liberté du travail, de la propriété, des échanges, des grèves et coalitions, des associations professionnelles d'arts et métiers, et des devoirs du pouvoir envers le travail[5]. Parallèlement, Félix de Roquefeuil expose les idées et la doctrine des cercles ouvriers d'abord dans les journaux catholiques, puis fonde la Revue de l'Association catholique, qui atteint jusqu'à 5 000 exemplaires. L'abbé Charles Molette, dans sa thèse, a analysé les 570 lettres adressées par Albert de Mun à Félix de Roquefeuil entre 1872 et 1890, témoignant de la profondeur de son influence sur la pensée sociale chrétienne d'Albert de Mun[7]. L'historien Philippe Levillain confirme ce rôle central dans sa thèse consacrée à Albert de Mun[8]. Beaucoup d'officiers, séduits par la cause, soutiennent et organisent des conférences jusqu'en 1884, date à laquelle le gouvernement anticlérical les en empêche. En 1889, malade, Félix de Roquefeuil doit abandonner la présidence du Conseil des études. Après son retrait, l'association catholique militante stagne puis décline.

Contribution aux travaux préparatoires de Rerum Novarum

Les travaux doctrinaux conduits par Félix de Roquefeuil dans le cadre du Conseil des études contribuent aux réflexions qui aboutissent à la promulgation de l'encyclique Rerum Novarum en 1891 par le pape Léon XIII, premier grand texte de la doctrine sociale de l'Église catholique[7],[8]. Son fils Robert de Roquefeuil entérine le ralliement de la famille à la République, conformément aux demandes de Léon XIII, dès 1891 à la tête de l'Association catholique de la jeunesse française[5].

Distinctions

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI