Fête nationale de la Grèce
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| Fête nationale de Grèce | |
Enfants paradant en costume traditionnel. | |
| Observé par | |
|---|---|
| Type | Fête nationale |
| Signification | Commémoration du début de la guerre d'indépendance de 1821 |
| Date | 25 mars |
| Célébrations | Défilés militaires, feux d'artifice, bals |
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La fête nationale de la Grèce est l'une des deux fêtes nationales de la République hellénique. Elle commémore la déclaration d'indépendance du pays vis-à-vis de l'Empire ottoman, proclamée le par les indépendantistes hellènes, réunis en Sénat à Kalamata[1]. Ce jour est symbolique puisqu'il s'agit également du jour de l'Annonciation, important pour la société grecque orthodoxe. Il est déclaré fête nationale par le décret royal d'Othon Ier, en 1838.
Le est un jour férié. Ces célébrations donnent lieu à des manifestations populaires, notamment à Athènes et à Thessalonique où des parades militaires sont organisées. Des évènements similaires ont lieu dans les pays où la diaspora hellène est nombreuse, comme aux États-Unis. Le est également férié à Chypre, pays hellénophone et historiquement liée à la Grèce.
Elle est l'une des deux fêtes nationales grecques avec le 28 octobre, le Jour du Non, commémorant le refus du Premier Ministre Ioannis Metaxás de céder à l'ultimatum italien et de laisser la Grèce se faire envahir par l'Italie fasciste, enclenchant la Guerre italo-grecque.
Émergence de l'identité grecque
L'identité nationale grecque s'articule autour de l'héritage classique (Antiquité), la période byzantine (époque médiévale) et la période contemporaine (depuis le XIXe siècle et la Guerre d'indépendance grecque).
Le patrimoine historique de l'Antiquité façonne sensiblement la Grèce contemporaine au moment de l'accession à l'indépendance, en 1830. Entre 330 et 1453, l'Empire byzantin est un empire hellénisé, la langue vernaculaire est le grec. Constantinople joue un rôle essentiel dans la transmission de l’héritage gréco-latin. Tout cela contribue à lier l'héritage byzantin à l'identité grecque[2],[3]. Avec le schisme de 1054, la rupture avec le catholicisme, déjà sérieusement amorcée avec le concile de Nicée-Constantinople[4] et la querelle du Filioque[5], l'orthodoxie devient une composante identitaire très forte pour les Grecs, qui ne sont plus simplement une partie du monde catholique, mais une partie distincte du christianisme. Les Grecs ne se définissaient alors pas comme « grecs », mais ils se qualifiaient plutôt de Romioi (Ρωμαίοι). L'Empire byzantin ne s'est jamais appelé ainsi, se considérant plutôt dans la continuité de l'Empire Romain d'Orient. Ce n'est qu'au XVIe siècle que le terme « byzantin » est inventé par l'historien germanique Hieronymus Wolf[6].
Avec la chute de Constantinople en 1453, la Grèce, qui était jusqu'alors partie intégrante de l'Empire byzantin, passe sous domination ottomane. L'Empire ottoman est un empire décentralisé où coexistent plusieurs identités culturelles : Albanais, Serbes, Roumains, Bulgares. La religion et la langue deviennent des marqueurs identitaires : sont « grecques » les populations hellénophones et orthodoxes. Au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, l'identité grecque connaît un essor intellectuel nourri par les Lumières européennes qui font émerger une conception nouvelle : la conception de l'État-Nation. Des écrivains comme Rigas Feraios, Adamántios Koraïs et Dionýsios Solomós introduisent cette idée dans le monde grec : ce sont les Lumières néohellènes. La Révolution française, puis la période napoléonienne, aboutissement du sentiment d'État-Nation, ont beaucoup d'influence sur les élites grecques, qui forment la classe éclairée de l'Empire ottoman grâce à leur place prééminente dans le milieu économique, notamment maritime. En 1803, Adamantios Koraïs publie à Paris un Mémoire sur l'état actuel de la civilisation en Grèce[7], complété en 1806 par le Discours sur la Liberté[8]. En 1815, fut formé à Odessa une société secrète, la Filikí Etería (Φιλικὴ ἐταιρεία) autour d'Alexandre Ypsilántis. Cette organisation fut à l'origine du mouvement d'indépendance nationale et de la proclamation du [9].
Proclamation d'indépendance

Le ne fut pas choisi par hasard : c'était un jour très important, celui de l'Annonciation. Les combattants grecs réunis en assemblée provisoire à Kalamata, dans le Péloponnèse, y déclarent solennellement la guerre d'indépendance[10].
Cette déclaration est officiellement signée par le chef d'un des multiples gouvernements provisoires alors, Pierre Mavromichális. Le même jour, selon la tradition, l'archevêque de Patras Germanós appelle à l'insurrection contre la Sublime Porte au monastère d'Aghia Lavra.
Choix de la date
Le marque donc le début de la guerre d'indépendance grecque. Un an plus tard, le gouvernement provisoire installé à Corinthe décida de commémorer l'évènement au moment de Pâques, une autre fête orthodoxe symbolique pour les Grecs. Deux autres dates marquantes furent aussi proposées. Celle du , en référence à la proclamation d'indépendance adoptée le par l'Assemblée Nationale d'Épidaure ; et le , en hommage à l'insurrection de Iasi menée par Alexandre Ypsilántis le [11].
Institutionalisation
En 1834, Panagiotis Soutsos fut le premier à suggérer l'établissement d'un jour national, férié, pour commémorer l'indépendance. Il propose le , qui est à ses yeux le jour où la Grèce renaquit de ses cendres de manière officielle. Cette idée est soutenue par le Premier Ministre Ioannis Kolettis, qui soumet au roi Othon l'organisation de célébrations avec des jeux panhelléniques similaires aux olympiades de l'Antiquité. Ces célébrations sportives auraient lieu à Athènes, Tripoli, Missolonghi et Hydra, qui alterneraient chaque année, sur le modèle des anciens jeux qui se tenaient entre Olympie, Delphes, Némée et Corinthe.
Le , la première cérémonie officielle eut lieu en présence du monarque Othon et de la reine consort Amélie, au monastère d'Aghia Lavria, à Kalávryta, lieu même ou Germanós aurait exhorté ses compatriotes à la guerre. Pour l'occasion, une médaille commémorative de bronze est fondue, représentant l'archevêque, tenant dans sa main gauche un drapeau et une croix dans sa main droite, entouré de deux soldats armés le saluant, bras levé. L'inscription au recto est : « JE COMBATTRAI POUR LA FOI - KALAVRYTA 25 MAR 1821 ». Le verso représente Germanós, de profil[12].
Le décret royal du déclare officiellement le comme jour de commémoration nationale. Il est signé par Othon, sur une proposition du ministre de l'Instruction Publique et des Affaires Ecclésiastiques Georgios Glarakis[13]. Le roi espérait par ce geste se rapprocher de ses sujets orthodoxes, car il n'avait pas abjuré le protestantisme et refusait toute conversion. Ce décret renforce l'influence de l'orthodoxie dans la société hellénique. Le , eut donc lieu la première fête nationale grecque. Cet évènement fut célébré en grande pompe par une parade militaire[14],[15]. En 1843, la cathédrale d'Athènes fut construite et dédiée à l'Annonciation. À partir de 1841, la fête nationale devient un jour férié.
