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Gabriel Lamé

mathématicien français From Wikipedia, the free encyclopedia

Gabriel Lamé, dit Lamé de La Droitière[1], né le à Tours, mort le à Paris, est un mathématicien français. Il apporta des contributions essentielles à la théorie des équations aux dérivées partielles par l'emploi des coordonnées curvilignes, et à la théorie mathématique de l'élasticité. Les coefficients des coordonnées curvilignes sont encore actuellement dénommés « coefficients de Lamé ». Ses travaux sont poursuivis par Riemann, Darboux, Poincaré, Ricci et Levi-Civita (entre autres).

Naissance
Nom de naissance
Gabriel Léon Jean Baptiste LaméVoir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Naissance, Décès ...
Gabriel Lamé
Portrait de Gabriel Lamé.
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Gabriel Léon Jean Baptiste LaméVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
française
Formation
Activités
Parentèle
Autres informations
A travaillé pour
Université de Paris (-)
École polytechnique (-)
Institut des ingénieurs ferroviaires (d) (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Partenaire
Distinctions
Œuvres principales
Leçons sur la théorie mathématique de l'élasticité des corps solides (d), Leçons sur les coordonnées curvilignes et leurs diverses applications (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Famille

Gabriel Lamé est le fils de Gabriel François Lamé, négociant à Tours puis intendant militaire, et de Julie Madeleine Goislard de La Droitière. Il épouse Marguerite Jeanne Fortunée Bertin de Géraudon (, Haguenau – , Paris), fille de Jacques Bertin, naturaliste, et de Jeanne de Geraudon ; ils ont trois enfants : deux garçons (l'un devient colonel d'artillerie) et une fille, mariée à Eugène de Fourcy. Gabriel Lamé est l'oncle du physicien Alfred Potier.

Biographie

Après des études à Paris au lycée Louis-le-Grand, Lamé entre à l'École polytechnique[1] (X 1814) puis à l'École des mines de Paris (1818–1820) comme élève-ingénieur des mines. Condisciple et ami d'Émile Clapeyron, Lamé est détaché avec lui pour Saint-Pétersbourg en 1820 afin d'y former les élèves de l'Institut et Corps du génie des voies de communication, créé en 1809 et dirigé par Augustin Betancourt. Ils y enseignent pendant onze ans le calcul différentiel et intégral, la mécanique rationnelle, la physique, la mécanique appliquée, la physique appliquée et l'art des constructions. Le gouvernement confie en outre aux deux jeunes Français la conception de ponts suspendus, ce qui, couplé à ses travaux sur la stabilité des voûtes[2] amène Lamé à l'étude de la théorie de l'élasticité. « Il obtient plusieurs résultats fondamentaux »[3].

Avec Clapeyron[n 1], Lamé rédige un « Mémoire sur l'équilibre intérieur des corps solides homogènes » destiné à l'Académie des Sciences de Paris et présenté par Louis Poinsot et Henri Navier en 1828[4]. Dans ce texte apparaît pour la première fois la notion d'ellipsoïde des contraintes. Après les événements de juillet 1830, la tension diplomatique s'aggrave subitement entre la France et le tsar, et les deux ingénieurs des mines doivent rentrer en France : Clapeyron en et Lamé en décembre[5].

Lamé et Clapeyron sont tous deux promus ingénieurs des Mines de 1re classe le . Lamé est élu à l'Académie des sciences le par 43 suffrages sur 49 votants, face à deux autres candidats[6].

Trois mois après son retour, il est nommé professeur de physique à l'École Polytechnique, succédant à César Despretz, de 1832 à 1843 (il est ensuite examinateur jusqu'en 1862), puis à la Faculté des sciences de Paris à partir de 1851, succédant à Guillaume Libri dans la chaire de calcul des probabilités puis de physique mathématique jusqu'en 1863 quand il doit être suppléé par Marcel Verdet à cause de sa surdité. En 1864, il est nommé membre du Bureau des longitudes[7].

En 1836, tout en étant toujours professeur à l'École polytechnique, il entre[8] dans la Compagnie du chemin de fer de Paris à Saint-Germain des frères Pereire pour participer à l'étude du tracé de la ligne de chemin de fer avec trafic voyageurs Paris-Le Pecq, avec Eugène Flachat, Émile Clapeyron et Stéphane Mony, tous[9] saint-simoniens. Il s'occupe plus particulièrement des machines.

En 1851, il devient professeur de probabilité et physique mathématique à la Sorbonne[10].

Travaux

« Enseignement scientifique »

Saint-simonien convaincu, il fait partie de cette génération de polytechniciens qui, persuadés de la nécessité d'un enseignement scientifique de qualité, participent au développement de la « physique mathématique rationnelle » (citons Poisson, Navier, Coriolis, Saint-Venant, Darcy). « Écartez à tout jamais la division de la science en mathématiques pures et en mathématiques appliquées[11]. » Dans son esquisse d'une réforme pour l'enseignement des sciences, il définit trois buts : le but rationnel est d'exercer et de nourrir la faculté du raisonnement ; le but pratique est de faire connaître les formules et les règles dans les sciences d'applications ; le but progressif propose d'inspirer le goût de la recherche pour faire accélérer les progrès : « Voilà jusqu'où peut aller l'influence d'un programme d'enseignement. C'est un levier dont les gouvernements peuvent se servir pour transformer, jusqu'à un certain point, l'esprit et les allures d'une nation. Par le seul enseignement rationnel, cette nation deviendra raisonneuse, sans activité. Par l'enseignement pratique, elle sera active, mais routinière. Par l'enseignement progressif, son activité sera constamment créatrice[12]. »

Mathématiques

Notation, ou courbe, de Lamé

Lamé se fit connaître particulièrement par ses travaux sur les coordonnées curvilignes, pour lesquelles il imagina des notations toujours utilisées dans le contexte du calcul tensoriel. Parmi ces systèmes curvilignes, il y a lieu de mentionner les quadriques homofocales. La recherche des solutions de l'équation de Laplace sur des géométries particulières (cylindres, triangles, etc.) l'amena à l'étude de certaines courbes ressemblant à des ellipses, appelées maintenant courbes de Lamé[13] :

où n est un nombre réel positif.

Lamé étudia également les modes propres et introduisit de nouvelles fonctions, comme les fonctions de Lamé dont font partie les harmoniques ellipsoïdales[14]. Les fonctions, A, B, C qu'il introduira seront analogues aux fonctions elliptiques de Jacobi introduites par Jacobi (1827), sn(x,k), cn(x,k) et dn(x,k). En physique mathématique, on retrouve selon les cas l'une ou l'autre des notations[n 2]. Son élève Émile Mathieu, poursuivant ce travail, décrira l'équation de Mathieu.

Lamé est surtout connu et reconnu pour ses « immortels travaux »[15] sur les coordonnées curvilignes. Il est même parfois présenté comme les ayant « inventées »[16]. Il s'agit d'un abus de langage car il n'est pas le premier à en avoir utilisé[17],[18]. Mais c'est lui qui, le premier, les a ainsi désignées[17],[19] et en a établi une « théorie générale »[20],[21],[22]. Il est ainsi considéré comme ayant introduit tant la notion même de coordonnées curvilignes[23] que leur désignation.

Par ses travaux sur les coordonnées curvilignes, Lamé a généralisé ceux de Leonhard Euler (-) sur les plans et ceux de Carl Friedrich Gauss (-) sur les surfaces[24]. Pour Élie Cartan[25] (-) et d'autres mathématiciens, tel Paul Vincensini[26] (-), Lamé est le « cofondateur » de la géométrie riemannienne[24].

Algorithmique

Lamé est aussi connu pour son analyse de la complexité algorithmique de l'algorithme d'Euclide. En utilisant la suite de Fibonacci, il a démontré que cet algorithme trouve le PGCD des entiers a et b, où a est strictement supérieur à b, en n'excédant pas 5 k étapes, où k est le nombre de chiffres de b[3].

Dernier théorème de Fermat

Il a aussi contribué à l'étude du dernier théorème de Fermat[3]. Il résout l'équation xn + yn = zn dans le cas n = 7. La démonstration est publiée en 1839[27]. Il travaille beaucoup, sans succès, à la démonstration complète de ce théorème[28].

Publications

Pour une liste plus complète de ses publications, voir la liste de ses travaux et des fonctions qu'il a occupées.

Ouvrages

  • [1818] Examen des différentes méthodes employées pour résoudre les problèmes de géométrie, Paris, Vve Courcier, , 164 p., sur archive.org (lire en ligne).
  • [Bavier, Lamé & Clapeyton 1827?] Henri Navier, Gabriel Lamé et Émile Clapeyron, Théorie des corps solides élastiques, 1827?, 562 p. (présentation en ligne).
    Ce livre comporte les trois articles suivants :
    • [Navier 1822 / 1827] Henri Navier, « Mémoire sur les lois du mouvement des fluides » (lu à l'Académie royale des Sciences le 18 mars 1822, publié en 1827), Mémoires de l'Académie des sciences de l'Institut de France, t. 6, année 1823,‎ 1822 / 1827, p. 389-440 (lire en ligne [sur gallica]) ;
    • [Navier 1821 / 1827] Henri Navier, « Mémoire sur les lois de l'équilibre et du mouvement des corps solides élastiques » (lu à l'Académie royale des Sciences le 14 mai 1821, publié en 1827), Mémoires de l'Académie des sciences de l'Institut de France, t. 7,‎ 1821 / 1827, p. 375-393 (lire en ligne [sur gallica]) ;
    • [Lamé & Clapeyron 1831] Gabriel Lamé et Émile Clapeyron, « Mémoire sur l'équilibre intérieur des corps solides homogènes », Mémoires de l'Académie des sciences de l'Institut de France,‎ , p. 465- (lire en ligne [sur gallica]).
  • [Lamé, Clapeyron, Flachat & Flachat 1832] Gabriel Lamé, Émile Clapeyron, Stéphane Flachat et Eugène Flachat, Vues politiques et pratiques sur les travaux publics en France, Paris, Éverat, , 1re éd., 335 p., sur gallica (lire en ligne).
  • [Lamé & Clapeyron 1833] Plan d'écoles générale et spéciales pour l'agriculture, l'industrie manufacturière, le commerce et l'administration, Paris, impr.-libr. Bachelier, , 135 p., sur books.google.fr (lire en ligne)
    Attaque contre la formation aux humanités et la préférence donnée au latin et au grec par rapport aux langues modernes. « [N]ous avons principalement cherché à démontrer [dans cet ouvrage] l'impuissance des doctrines du laissez-faire, doctrines dont la conséquence logique est d'établir une séparation de plus en plus profonde entre la société et son gouvernement ; comme si la marche évidente de la société, son besoin, sa mission, n'étaient pas, au contraire, de se constituer un gouvernement qui soit son expression la plus élevée et la plus complète[29]. »
  • [1836-1837] Cours de physique de l'École polytechnique, Paris, impr.-libr. Bachelier, 1836-1837 :
    • tome 1  ; tome 2 : 1re partie , 2e partie  ;
    • Seconde édition de 1840 : tome 1 ; tome 2 ; tome 3 .
  • [1848] Esquisse d'un traité de la république, Paris, impr.-libr. Bachelier, , 71 p., sur gallica (lire en ligne).
  • [1852] Leçons sur la théorie mathématique de l'élasticité des corps solides, Paris, impr.-libr. Bachelier, (réimpr. 2e édition, 1866), 335 p., sur gallica (lire en ligne)
    Cours donnés dans le cadre de la chaire de physique mathématique de la faculté des sciences de Paris : « C'est le premier énoncé de la théorie générale de l'élasticité, qui constitue une nouvelle conquête de la mécanique analytique[30]. »
  • [1857] Leçons sur les fonctions inverses des transcendantes et les surfaces isothermes, Paris, impr.-libr. Mallet-Bachelier, , 321 p., sur gallica (lire en ligne)
    Cours donnés dans le cadre de la chaire de physique mathématique de la faculté des sciences de Paris.
  • [1859] Leçons sur les coordonnées curvilignes et leurs diverses applications, Paris, impr.-libr. Mallet-Bachelier, , 368 p., sur archive.org (lire en ligne)
    Cours donnés dans le cadre de la chaire de physique mathématique de la faculté des sciences de Paris.
  • [1861] Leçons sur la théorie analytique de la chaleur, Paris, impr.-libr. Mallet-Bachelier, , 414 p., sur gallica (lire en ligne)
    Cours donnés dans le cadre de la chaire de physique mathématique de la faculté des sciences de Paris.
  • [1866] Résumé de plusieurs discours préliminaires sur les programmes des sciences exactes, Paris, Gauthier-Villars, , 20 p., sur gallica (lire en ligne).
  • [1867] Esquisse d'une réforme de l'enseignement des sciences, Paris, Gauthier-Villars, , 16 p. (OCLC 457412296).

Articles

Hommages

Notes et références

Voir aussi

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