Pierre-Dominique Bazaine (1786-1838)

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Décès
(à 52 ans)
Paris
Sépulture
Division 19 du cimetière de Montmartre (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Pierre-Dominique Bazaine
Пётр Петрович Базен
Peinture, portrait de P-D Bazaine (vers 1830).
Biographie
Naissance
Décès
(à 52 ans)
Paris
Sépulture
Division 19 du cimetière de Montmartre (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
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Lieutenant général (en Russie)
Inspecteur général (en France)
Distinction
Vue de la sépulture.

Pierre-Dominique Bazaine, né le à Scy-Chazelles et mort le à Paris, Пётр Петрович Базен (Petr Petrovich Bazin), est un Français, polytechnicien ingénieur des ponts et chaussées, sélectionné pour aller exercer en Russie, à la suite d'un accord entre Napoléon Ier et Alexandre Ier.

Par ailleurs, il est le père de l'ingénieur Pierre-Dominique Bazaine (1809-1893) et du maréchal François Achille Bazaine (1811-1888), ainsi qu'un ancêtre direct de l'artiste peintre Jean Bazaine (1904-2001).

Parents et formation

Parents

Pierre-Dominique Bazaine est né le à Scy, près de Metz. Son père, Pierre Bazaine (1759-1832) est vigneron propriétaire[1] dans ce village et dispose sur son territoire du mont Saint-Quentin de vignes donnant des vins rouges et blancs de bonne réputation[2]. Son père et sa mère Françoise née Gilbert[3] (1758-1840), se sont mariés en 1780.

En 1792 la famille quitte la Moselle pour s'installer à Paris où Pierre, son père, d'abord portier rue Sainte-Anne passe en 1794 à la barrière de Bercy où il occupe le poste de contrôleur-jaugeur de l'octroi de bienfaisance et celui de receveur du droit de passe à Paris avant de retrouver une fonction de contrôleur-jaugeur à la barrière d'Enfer. Il publie plusieurs études scientifiques en relations avec les Poids et mesures dans le Système métrique, ce qui l'amène à enseigner à l'Athénée des Arts et à fréquenter diverses sociétés savantes et entrer en relation avec des membres de l'Académie des sciences comme Adrien-Marie Legendre et Sylvestre-François Lacroix, mais aussi avec le gouverneur de l'École polytechnique Jean-Girard Lacuée[4],[5].

Formation

Le jeune Pierre-Dominique Bazaine montre dans sa scolarité des facilités et des capacités. En 1802, à 16 ans, il passe les épreuves du concours général et se distingue avec un prix de mathématiques. Un an plus tard il réussit le concours d'entrée à l'École polytechnique. Élève de la promotion 1803, il choisit d'aller dans le « service de l'artillerie ». Après ces deux années il sort second de sa promotion[6]. Il y a notamment été l'élève de : Joseph-Louis Lagrange, Gaspard Monge, Jean Nicolas Pierre Hachette et Lazare Carnot, des enseignants mettant l'esprit de mathématiques comme « l'essence de la formation de l'ingénieur »[7].

Ce classement lui permet, à 19 ans, d'intégrer l'École d'application de son choix. Il suit les conseils et l'insistance de ses parents, il choisit d'aller dans le corps des ponts-et-chaussées. Du fait des capacités montrées dans les cours, il est nommé « répétiteur d'analyse à Polytechnique » dès son entrée à l'École d'application. Il termine sa formation en réalisant des missions dans le midi et en Italie[6].

Famille

Relation avec Marie-Madeleine Vasseur

Il a d'abord une relation avec Marie-Madeleine Vasseur (1788-1840) qui lui donne trois enfants dont les naissances sont déclarées sans qu'il apparaisse comme le père. D'abord en 1808, une fille, Mélanie Vasseur, dont l'acte de naissance ne porte que le nom de la mère, Vasseur, puis en 1809 un garçon, Dominique Bazaine Vasseur, encore sans précision du nom du père, Bazaine pouvant apparaître comme un prénom[8], enfin en 1811, un autre garçon François Achille Bazaine, dont l'acte de naissance précise cette fois le nom du père. Quelques mois avant la naissance du dernier né, Pierre-Dominique était parti pour la Russie d'où il envoya une lettre à Marie-Madeleine l'assurant qu'il est fier d'avoir un fils et qu'il aura les moyens pour subvenir aux besoins des trois enfants[4].

Sa fille Mélanie Vasseur (1808-1852)[9] épouse l'ingénieur Émile Clapeyron le à Paris[10]. Son premier fils, Pierre-Dominique Bazaine (1809-1893), devenu polytechnicien et ingénieur des Ponts et chaussées ingénieur se marie, le avec, une Anglaise, Georgina Elizabeth Hayter[11]. Son second fils, François Achille Bazaine[12], maréchal de France sous le Second Empire, sera accusé de trahison et lourdement condamné pour sa défection à Metz, en Lorraine, lors la défaite de la Guerre franco-allemande de 1870[13].

Mariage avec Stéphanie de Senovert

Étienne-François de Sénovert (1753-1831)

En Russie, Pierre-Dominique Bazaine se marie à Saint-Pétersbourg, le [14], avec Alexandrine Sophie Stéphanie de Senovert (1801-1847), fille d'Étienne-François de Sénovert[15], un émigré français[16] devenu général-major et « premier directeur de l'Institut »[17]. À Saint-Pétersbourg, le , nait Mathilde Élisabeth Pauline Bazaine (1819-1899), qui épousa en 1842 Ernest Pépin Lehalleur (1819-1869)[18].

Stéphanie de Senovert a été inhumée au cimetière de Montmartre dans la même sépulture que son mari, où reposent aussi René Valère Joseph Pépin Lehalleur (1857-1928) et Marcel Pépin Lehalleur (1896-1968), son petit-fils.

Ingénieur en Russie

Choisi, premières études (1809-1812)

En 1809 dans l'Empire russe d'Alexandre Ier, allié de Napoléon 1er, Agustín de Betancourt, un ingénieur espagnol récemment nommé inspecteur de l'Institut du Corps du Génie des voies de communications de Saint-Pétersbourg, manque d'enseignants scientifiques de qualité. Après avoir épuisé les ressources en hommes présents sur place, il lui reste encore quatre postes à pourvoir. Pendant l'été, le directeur des Communications par Eau et par Terre, le prince G. Golstein-Oldenburg, conseille à l'empereur Alexandre Ier d'inviter des ingénieurs français afin de satisfaire aux besoins de l'Institut et de l'ensemble du Corps des voies de communications. Au début du mois de novembre l'ambassadeur russe à Paris, Alexandre Kourakine, lors d'un entretien avec Napoléon Ier remercie celui-ci pour avoir autorisé quatre de ses ingénieurs à entrer au service de la Grande Russie[19]. Ce transfert de compétences concerne quatre jeunes polytechniciens et ingénieurs des ponts et chaussées : Jacques Alexandre Fabre (X1801), Pierre-Dominique Bazaine (X1803), Jean Antoine Maurice Destrem (X1803), et Charles Michel Potier (X1805)[20]. Ils sont mis en congé illimité par le corps des ponts et chaussées français[19] et un accord franco-russe prévoit que leur avancement sera équivalent en France à celui obtenu en Russie[6].

Au mois de , Pierre-Dominique Bazaine, accompagné de ses trois camarades, prend la route pour Saint-Pétersbourg[19]. À son arrivée il se voit attribuer le grade de Lieutenant-Colonel, envoyé dans la région méridionale de l'Empire russe sous les ordres du duc de Richelieu, Armand-Emmanuel du Plessis[6] qui est gouverneur-général de cette région dénommée Nouvelle Russie[21]. De 1810 à 1812, Pierre-Dominique Bazaine et son camarade Destrem sont au travail dans les villes d'Odessa et de Kherson[22]. En Pierre-Dominique Bazaine retourne à Saint-Pétersbourg où il reçoit la médaille de deuxième classe de l'Ordre de Sainte-Anne[6].

Exile et isolement (1812-1815)

En 1812, les rapports entre Alexandre et Napoléon se détériorent au point d'aboutir à une guerre qui débute au mois de juin avec la Campagne de Russie de la Grande Armée. Cet événement a immédiatement des répercussions pour les quatre ingénieurs français, l'ambassadeur de France, Jacques Alexandre Law de Lauriston, leur suggère de rentrer mais les Russes, au regard de leur situation de ressortissants de membres d'un État ennemi refusent de les laisser partir[23]. Pierre-Dominique Bazaine et ses trois camarades sont arrêtés et envoyés en exil "intérieur", le , dans la province de Iaroslavl, d'où le ils sont transférés à Pochekhonié avant d'atteindre leur destination finale à Irkoutsk en Sibérie le [24].

À Irkoutsk, étroitement surveillés, ils résident ensemble dans une même maison . Ils n'ont ni l'autorisation d'en sortir ni celle de recevoir des visiteurs[23]. Malgré cet environnement hostile, ils s'occupent en perfectionnant leurs connaissances en langues et en effectuant des traductions. Pierre-Dominique Bazaine complète ses activités en reprenant et poursuivant les travaux de recherche en mathématiques qu'il avait débutés dès leur arrivée à Pochekhonié, mais où il avait dû abandonner ses feuillets lors du départ pour Irkousk. Il « rédige un traité du calcul différentiel et quelques mémoires sur les applications de la géométrie plane et sur les différentes propriétés des corps tridimensionnels »[25].

Ingénieur et professeur (1815-1824)

Directeur de l'Institut (1824-1834)

Sa mission est de créer un Institut d’ingénieurs des ponts et chaussées, comparable à l'École des Ponts et Chaussées de Paris. En 1824, Pierre-Dominique Bazaine devient le directeur de cet Institut. Il reste en Russie jusqu'en 1832, organisant le réseau des routes et aménageant celui des voies navigables. Il fut le concepteur de nombreux ponts à Saint-Pétersbourg et dans ses faubourgs, aussi bien des petits ponts de fer, à la fois élégants et légers, (dans le Jardin d'été et sur la Moïka), que des ouvrages majeurs du génie civil. C’est lui qui a conçu les constructions des planchers du palais d'Hiver, du Théâtre Alexandrinski et de la Cathédrale de la Sainte-Trinité. Il dirigea par ailleurs les travaux de construction du canal Obvodni, ceux des bâtiments du Sénat et du Synode des écluses de Schlüsselbourg, ainsi que les constructions hydrauliques de l’usine Okhtinski. C’est aussi lui qui élabora le premier projet de protection de Saint-Pétersbourg contre les inondations. Il a rédigé plusieurs écrits traitant de mathématiques, de transport et de Génie civil[26].

Retour en France et décès (1834-1838)

Toutes ses activités ont raison de son corps et c'est malade qu'il rentre en France en 1835, avec le projet de retourner en Russie et y poursuivre ses activités dès que sa santé le permettra[27].

Son épouse Stéphanie Bazaine est active dans la propagation du fouriérisme, il y participe également. Le couple fréquente notamment Clarisse Vigoureux et Victor Considerant[15].

Pierre-Dominique Bazaine meurt à 52 ans, le , à son domicile au no 9 de la rue Neuve des Capucines à Paris[28]. Il est inhumé au cimetière de Montmartre 19e division[29].

Mémoires, notices et traités

Publications

  • 1817
    • Traité élémentaire de calcul différentiel : à l'usage des élèves de l'Institut des voies de communication, Saint-Pétersbourg, Imprimerie de la Marine, , 244 p. (lire en ligne)[30].
    • Mémoire sur la théorie du mouvement des barques à vapeur et sur leur application à la navigation des canaux, des fleuves et des rivières, Saint-Petersbourg, Impr. d l'Académie impériale des sciences, , 79 (3 planches) (SUDOC 150009526, présentation en ligne).
  • 1818
    • Mémoire sur l'application à la géométrie plane de plusieurs propriétés de l'hyperboloïde de révolution et du cône, et sur la résolution de quelques problèmes relatifs aux courbes du second degré (présenté à l'Académie royale des sciences)
  • 1825
    • avec G. Lamé, Traité élémentaire de calcul intégral : à l'usage des élèves de l'Institut des voies de communication, vol. 1, Saint-Pétersbourg, Impr. de la Marine, [31].
    • avec G. Lamé et É. Clapeyron, « Description d'un pont suspendu de 1022 pieds d'ouverture », Annales des Mines, Paris, 1re série, vol. 11, , p. 265-278 (lire en ligne, consulté le ).
  • 1828
    • « Sur l'état actuel de la navigation du canal de Ladoga (année 1826) », Journal du génie civil, des sciences et des arts, t. 1, , p. 369-370 (lire en ligne, consulté le ).
    • « Mémoire sur l'établissement des bassins d'épargne dans les canaux de navigation : et sur les moyens d'économiser une grande partie de l'eau qui se dépense annuellement au canal de Ladoga », Journal du génie civil, des sciences et des arts, t. 1, , p. 371-408 (lire en ligne, consulté le ).
    • « Notice sur un nouvel artifice propre à diminuer la dépense d'eau des canaux en général et sur un nouveau système de petite navigation », Journal du génie civil, des sciences et des arts, Paris, t. 1, , p. 476-492 (lire en ligne, consulté le ).
  • 1829
    • « Précis historique : Sur la navigation intérieure de l'Empire de Russie, depuis le règne de Pierre-le-Grand », Journal du génie civil, des sciences et des arts, t. 2, , p. 20-32 (lire en ligne, consulté le ).
  • 1830
    • « Notice sur la communication entre le lac Sélichère et le lac Cilment », Journal du génie civil, des sciences et des arts, t. 7, nos 19-21, , p. 433-442 (lire en ligne, consulté le ).
    • « Notice, sur les moyens employés ou proposés pour améliorer la navigation de la Seine », Journal des voies de communication, Saint Pétersbourg, Imprimerie des Voies de communication, vol. 18-24, no 19, , p. 17-39 (lire en ligne, consulté le ).
    • « Nouvelle démonstration du binôme de Newton pour le cas de l'exposant entier et positif, indépendante de la théorie des permutations et des combinaisons », Journal des voies de communication, Saint Pétersbourg, Imprimerie des Voies de communication, vol. 18-24, no 19, , p. 40-49 (lire en ligne, consulté le ).
    • Introduction à l'étude de la statique synthétique à l'usage de l'Institut du corps des voies de communication de Saint-Pétersbourg, Saint-Pétersbourg, Imp. des voies de communication, , 53 p. (SUDOC 201731932).
  • 1831
    • « Notice sur la construction des paratonnerres », Journal des voies de communication, Saint Pétersbourg, Imprimerie des Voies de communication, vol. 18-24, no 20, , p. 42-72 (lire en ligne, consulté le ).
    • « Mémoire sur la construction des Chaussées, et sur la détermination des distances moyennes pour le transport des matériaux », dans Mémoires présentés à l'Académie impériale des sciences de St.-Pétersbourg par divers savans et lus dans ses assemblées, t. 1, Saint-Pétersbourg, Académie impériale des sciences, (lire en ligne), p. 52-73.
  • 1832
    • Démonstration du principe des vitesses virtuelles, considéré comme base de la mécanique, Saint-Pétersbourg, Imprimerie des voies de communication (avec 3 planches), , 43 p. (SUDOC 170718379).
  • 1835
    • « Mémoire sur les machines à vapeur (avec trois planches gravées) », dans Mémoires présentés à l'Académie impériale des sciences de St. Pétersbourg par divers savans et lus dans ses assemblées, t. 2, Saint-Pétersbourg, Académie impériale des sciences, (SUDOC 020213077, lire en ligne), p. 213-268.
    • « Mémoire sur l'évaluation de la force expansive de la vapeur et sur les avantages qu'on peut en tirer, pour augmenter la puissance des machines dans lesquelles on la fait agir comme moteur », dans Mémoires présentés à l'Académie impériale des sciences de St.-Pétersbourg par divers savans et lus dans ses assemblées, t. 2, Saint-Pétersbourg, Académie impériale des sciences, (SUDOC 020207530, lire en ligne), p. 269-287.

Manuscrits

  • Mémoire sur les moyens de préserver les machines à vapeur des explosions auxquelles elles sont exposées (feuillets signés), Saint-Pétersbourg, , 52 p. (présentation en ligne).
  • Mémoire sur l'état actuel du système de Vychni-Volotchok, ou de la principale communication artificielle établie entre la mer Caspienne et la Baltique
  • Mémoire sur l'impossibilité de ramener par un simple approfondissement le niveau du canal de Ladoga, à la même hauteur, que celui du lac du même nom
  • Mémoires sur les méthodes de raccordement à employer pour les alignements des routes
  • Notice sur un nouvel appareil gazogène
  • Introduction à l'étude de la statique synthétique, à l'usage des élèves de l'institut des voies de communications
  • Notices sur la composition des reliefs
  • Memoire sur un nouveau système relatif à l'établissement d'un chantier général destiné à la construction, au radoub et à la conservation des vaisseaux
  • Mémoire sur la fabrication, et en particulier sur le séchage de la poudre à canon

Carrière

Pierre-Dominique Bazaine est aspirant du corps des ingénieurs des ponts et chaussées lorsqu'il est choisi pour aller en Russie où il effectue toute sa carrière[32].

En Russie

En France

  • 1810 : ingénieur ordinaire[32].
  • 1828 : ingénieur en chef[32].
  •  : inspecteur divisionnaire[32].

Distinctions et hommages

Notes et références

Voir aussi

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