Gaston Leinekugel Le Cocq

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Décès (à 97 ans)
Perpezac-le-Blanc (Corrèze)
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Ingénieur hydrographe
Ingénieur constructeur
Gaston Leinekugel Le Cocq
Naissance
Cambrai (Nord)
Décès (à 97 ans)
Perpezac-le-Blanc (Corrèze)
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Ingénieur hydrographe
Ingénieur constructeur
Autres activités
Président directeur général de la Société de construction métallique de la Corrèze à Larche (SCMCL)
Formation
École polytechnique
Ingénieur hydrographe de la Marine[1]
Distinctions

Gaston Leinekugel Le Cocq est un ingénieur français, né à Cambrai le , mort à Perpezac-le-Blanc le (à 97 ans).

Première Guerre mondiale

Il est reçu 4e à l'École polytechnique en 1890. Il est élève ingénieur-hydrographe en 1892. Il embarque sur le vaisseau-école des officiers de marine Iphigénie en , jusqu'en 1893.

Les années suivantes, il fait des campagnes à bord de l'aviso La Chimère, entre l'embouchure de la Loire en 1893 et la frontière espagnole en 1895-1896.

De 1899 à 1900, il participe à la campagne de Madagascar comme enseigne de vaisseau, en qualité d'ingénieur hydrographe. La reine Ranavalona III se rend. Pour la protéger, il a raconté qu'il l'a prise dans ses bras pour la conduire jusqu'à son navire qui l'a amenée à La Réunion. En 1899, il fait des relevés hydrographiques à Diego-Suarez. C'est pendant cette campagne qu'il a rencontré Georges Arnodin, fils de Ferdinand Arnodin[2].

Après son mariage avec la fille de Ferdinand Arnodin, le , il démissionne de la Marine en 1901, pour travailler dans l'entreprise de son beau-père et le seconder sur la construction de ponts.

Il participa alors à la conception des différents ponts transbordeurs que réalise l'entreprise de Ferdinand Arnodin. En 1903, ils présentent une étude de pont transbordeur porte-train pour franchir la Seine entre Quillebeuf et Port-Jérôme.

Il met au point des méthodes de mesures de tension dans les câbles à l'aide de tensiomètres à l'occasion de la construction des ponts transbordeurs de Marseille et de Brest[3]

En 1900, le commandant Gisclard dépose un brevet de pont suspendu rigide. Ferdinand Arnodin obtient la licence exclusive des ponts suspendus Gisclard. Gaston Leinekugel Le Cocq va superviser la construction des premiers ponts de ce type : quatre ponts dans le Haut Ogoué, au Congo[4], et la passerelle Marguerite sur la Foa, en Nouvelle-Calédonie, en 1907[5].

Le a lieu les épreuves du pont de Cassagne. Après la fin des épreuves, le commandant Gisclard, Ferdinand Arnodin, Gaston Leinekugel Le Cocq et d'autres sont montés dans le train pour revenir. Les freins ayant lâché, Gaston Leinkugel Le Cocq a été blessé en sautant, le train étant sorti de la voie, le commandant Gisclard est tué et Ferdinand Arnodin est blessé.

Mise en service en 1912 du pont sur les gorges du Rhummel à Constantine, le pont suspendu Sidi M'Cid de 164 m de portée, 175 m au-dessus des gorges[6]. Un peu plus tard, l'entreprise Arnodin a obtenu le marché de construction de la passerelle Perregaud.

En 1911, Ferdinand Arnodin a obtenu le marché de construction du viaduc des Rochers Noirs, ou pont de Lapleau, pont suspendu Gisclard permettant de franchir les gorges de la Luzège, à 92 m au-dessus de la rivière[7]

Pendant la Première Guerre mondiale est mobilisé en tant qu'ingénieur hydrographe de la Marine. En 1914 et 1915, il est attaché au service des ponts de l'arrière des armées d'opération. Il propose de construire des ponts suspendus pour remplacer les ponts détruits. Le système Pigeaud est adopté pour les portées allant jusqu'à 32 m en raison de leur facilité de montage. Pour les ponts de plus grande portée, c'est le système Gisclard qui est adopté en raison de sa meilleure résistance et sa plus grande rigidité. Pour la construction des ponts de type Gisclard, il met au point un type unique de tablier formé d'éléments légers. Ce type de pont est réalisé par les Ateliers Arnodin. Quinze ponts ont été construits sur ses plans :

Liste des ponts de type Gisclard
LieuDate de montagePortée principaleDépartement
Attichy
47,71 m
Oise
Creil
55,90 m
Oise
Jaux
82,30 m
Oise
Breuil-Vesle
80,00 m
Marne
Boran
70,00 m
Oise
Mareuil-sur-Ay
72,09 m
Marne
Pont-Saint-Maxence
81,50 m
Oise
Verneuil
70,00 m
Oise
Port-à-Pinson
75,50 m
Marne
Dormans
81,00 m
Marne
Pontoise
82,30 m
Val d'Oise
Pommiers
80,00 m
Aisne
Attigny-sur-Aisne
69,20 m
Ardennes
Braux-sur-Meuse
71,00 m
Ardennes
Cumières-sur-Marne
71,50 m
Marne

Il propose en 1915 d'utiliser les câbles pour remettre en état les ponts qui ne sont sectionnés que dans leur partie centrale. De à , il a été affecté à la fabrication du matériel militaire comme chef du service de fabrication des affûts et obus de l'Établissement d'Indret, en Loire-Atlantique et aux chantiers de la Loire, à Nantes et Saint-Nazaire, et aux ateliers de Bretagne, à Nantes. De à , il est affecté à l'arsenal de Cherbourg où il supervise la construction d'obus de 75 avec comme objectif d'en fabriquer 8 000 par jour. En 1918, nommé commandant, il est attaché à l'artillerie lourde sur voie ferrée, sous les ordres du général Maurin et du colonel Lucas Gérardville, pour assurer la construction d'affûts-trucks en béton de ciment armé pour des canons de marine de 320 centimètres[8].

Il profite de ses années de guerre pour réfléchir à des systèmes de construction de hangars pour le transport maritime et aérien[9].

Il est démobilisé en et nommé lieutenant-colonel pour ses services dans l'armée.

Après 1919

Les brevets déposés par Gaston Leinekugel Le Cocq pendant la Première Guerre mondiale sont exploités par la Société des ateliers et chantiers de la Gironde.

L'usine hydroélectrique de Larche

Le , Gaston Leinekugel Le Cocq a acheté l'usine hydroélectrique de Larche (Corrèze) à l'audience des criées du tribunal de Brive. Après travaux, il transforme l'usine qui a pris le nom d'Établissements métallurgiques de Larche Gaston Leinekugel Le Cocq[10].

En 1922, il a obtenu sur sa conception[11] le pont suspendu système Gisclard de Lézardieux sur le Trieux avec une travée centrale de 111,86 m permettant une circulation routière et de la voie ferrée départementale Plouha-Paimpol-Tréguier[12]. La charpente métallique est fournie par les Ateliers et chantiers de la Gironde, la suspension par les Établissements métallurgiques de Larche et les Établissements Arnodin. Les épreuves de l'ouvrage sont faites le . Ce pont avait fait l'objet d'une controverse entre Ferdinand Baudin et Louis Harel de la Noë en 1913[13].

Construction du pont suspendu de Santa Fe

À partir du , il a participé comme ingénieur-constructeur avec les ateliers et chantiers de la Gironde à la construction du pont suspendu système Gisclard de Santa Fe de la Vera Cruz en Argentine. Le pont a une longueur totale de 295,40 m pour une travée centrale de 147,20 m. Les ateliers de Larche ont fourni les câbles. Le montage a commencé en . Il a été mis en service le . Le pont s'est effondré le mais a été reconstruit en conservant son aspect d'origine[14].

Passerelle suspendue de Deir-Ez-Zor sur l'Euphrate

Ferdinand Arnodin meurt le . Il est nommé administrateur provisoire de l'Établissement Arnodin avec Georges Arnodin, fils de Ferdinand, et l'expert comptable. Il a alors réalisé :

Ils ont terminé la construction du pont du Port-à-l'Anglais à Vitry-sur-Seine[17].

Il a obtenu, en 1925, le marché de construction du pont Libertador entre San Cristóbal (Venezuela) et Táriba sur le rio Torbes, inauguré le , centenaire du décès de Simón Bolívar[18]. Ce pont suspendu à une longueur de 172,70 m pour une travée centrale de 112,80 m. La construction du pont a été dirigée par l'ingénieur franco-italien Luis Ramozzi. Ce pont a été endommagé par une crue en 1943[19],[20].

Il obtient en 1926 le marché du pont suspendu Pont Général Juan Vicente Gómez de Guárico sur le rio Cuyuní, au Venezuela, terminé en 1930, avec une portée de 120 m[21],[22].

En février et il fait un voyage d'études aux États-Unis où il visite avec les ingénieurs Leon Moisseiff et Ralph Modjeski les grands ponts suspendus. Il a présenté dans une conférence à la Société des ingénieurs civils les ouvrages visités[23].

Il obtient le marché de construction du pont suspendu de Montjean-sur-Loire en 1927 où il met en pratique première fois sur un pont, des poutres de suspension à triple articulations[24],[25]. Le pont comporte 6 travées pour une longueur totale de 464,55 m. Le pont est terminé en 1931 mais s'est effondré en 1935. Trois experts sont désignés : Albert Caquot, Louis Grelot et André Coyne. Dans leur rapport du ils incriminent la rupture à l'oxydation des câbles à l'intérieur des culots. Cette conclusion est contestée par l'entreprise et une contre-expertise conclut la cause au cahier des charges et à un manque d'entretien. Nouvelle expertise en 1946 suivi d'un arrêt du Conseil d'État en 1951 retenant la responsabilité de l'entreprise. Ce qui restait du pont avait été emporté par une crue de la Loire, le . Le nouvel ouvrage a été construit par les Établissements Baudin de Châteauneuf-sur-Loire mais a été dynamité en [26].

Construction du pont suspendu de Capens sur la Garonne, de 159 m de portée, en 1930, premier pont avec pylônes en béton armé.

Une crue emporte le pont suspendu de Veurey, sur l'Isère, dans la nuit du 23 au . Gaston Leinekugel Le Cocq emporte le marché de reconstruction en 1929. Le nouveau pont n'a aucun pylône dans le lit de la rivière, avec une seule travée de 209,35 m de portée. Il est mis en service le . Ses essais ne sont faits que le 7 et [27],[28].

En 1930, il a obtenu les travaux de réalisation du pont suspendu de Saint-Denis-de-Pile. Le pont s'est effondré pendant les épreuves le , entraînant la mort de plusieurs personnes dont son fils Jean, directeur de l'usine de Larche. Les experts vont conclure à une responsabilité partielle de l'entreprise. Les frais engagés vont entraîner la dissolution de l'ancienne société de Larche et la création d'une nouvelle, la Société de constructions métalliques de la Corrèze à Larche, en 1935. Son fils, Xavier Leinekugel Le Cocq, en est nommé administrateur. Le fond de l'ancienne société est racheté en 1937.

Le pont suspendu de Bonneuil-Matours

Le pont suspendu de Bonneuil-Matours réalisé en 1932 est le premier pont construit par Gaston Leinekugel Le Cocq n'ayant qu'un seul câble par ferme de suspension du tablier[29].

De à , l'entreprise de Larche construit le pont de Mananjary, dit Anjilajila, à Madagascar, avec une travée centrale de 159,35 m et deux travées latérales de 17 m de portée. Les piles et les culées sont construites par la Société industrielle et commerciale de Madagascar. Le tablier a été construit à 16,40 m au-dessus des eaux. Pendant le cyclone du , les eaux du fleuve sont montées de 15 m[30].

En 1934, il construit deux autres ponts à Madagascar :

Les établissements de Larche construisent le pont suspendu de Mornay-sur-Allier avec une travée centrale de 79 m et deux travées latérales de 64 et 67 m de portée, inauguré le [32],[33].

En 1937, il reprend l'usine Arnodin de Châteauneuf-sur-Loire face à son beau-frère. Il achète tout le fond de la Société Arnodin et emporte à Larche la câbleuse. À partir de cette date, la charpente métallique de tous les ponts Arnodin-Leinekugel sortent de l'usine de Larche. L'usine de Châteauneuf-sur-Loire est vendue. En 1948, la Société de construction métallique de la Corrèze à Larche (SCMCL) change sa raison sociale pour devenir SCMCL et Établissements F. Arnodin Réunis. Une société est créée en Algérie, la Société des Établissements Nord-Africains des petits-fils Arnodin (ENAFA) pour construire des ouvrages en Afrique du Nord.

La mort de son fils dans un accident d'avion, en 1948, l'oblige à reprendre la direction de l'entreprise, à 81 ans[34].

En 1950, il fait un avant-projet de pont suspendu pour franchir la Manche en 12 ponts de 2 400 m de long ayant chacun une travée centrale de 1 200 m.

Il a cessé son activité de concepteur de ponts en 1958. Au total, entre les ponts des Établissements Arnodin et ceux des établissements de Larche, il a étudié, construit et réparé 393 ponts[35].

Famille

Gaston Leinekugel Le Cocq s'est marié le avec Aline Arnodin, fille de Ferdinand Arnodin.

Distinctions

Publications

Notes et références

Voir aussi

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