Geneviève Rodis-Lewis
philosophe française
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Geneviève Rodis-Lewis est une philosophe française née Lewis le à Lure et morte le à La Verrière[1].
| Directrice Centre d'études cartésiennes (d) | |
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| Nom de naissance |
Geneviève Marie Fanny Lewis |
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École normale supérieure (à partir de ) |
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| Membre de |
Centre d'études cartésiennes (d) () |
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Biographie
Lauréate du concours général de philosophie (1937), Geneviève Lewis est l'une des 41 femmes à avoir intégré l'École normale supérieure (promotion 1938)[2] avant l'interdiction du concours aux femmes à partir de 1940[3]. En 1942, des problèmes de santé l'empêchent de se présenter à l'oral de l'agrégation de philosophie ; le directeur de l'école Jérôme Carcopino, historien vichyste qui désirait se débarrasser au plus vite des dernières femmes présentes à l'ENS, refuse qu'elle s'inscrive en quatrième année pour repasser le concours, contrairement aux usages[4],[5]. Carcopino la prive également comme ses anciennes camarades du titre d'ancienne élève de l'ENS ; l'intercession de Jean Bayet permet cependant à Geneviève Lewis de recevoir une bourse d'agrégation et elle obtient le concours en 1943[5].
Geneviève Lewis épouse en 1954 l'ingénieur Louis Rodis[6], et adopte alors le nom d'usage de Rodis-Lewis. Ils amassent tous deux une collection artistique, qui sera dispersée en 1994[7].
Elle était professeur à l’université Paris-Sorbonne, où elle fonda le Centre d’études cartésiennes en 1981.
Spécialiste de la philosophie moderne, mais aussi de la philosophie antique et d’esthétique, elle a vu la plupart de ses ouvrages traduits dans de nombreux pays et souvent réédités. Elle est surtout connue pour ses travaux sur Descartes, à qui elle consacre une biographie en 1995, et dont elle éclaire les grandes lignes du développement de la pensée dans une étude générale parue en 1971; elle a notamment travaillé chez lui les questions souvent éludées de l'inconscient et de l'individualité. En 1985, l’Académie française lui a déjà décerné à ce sujet le prix Dumas-Millier pour l'ensemble de ses travaux. Elle a également travaillé sur certains auteurs post-cartésiens, comme Desgabets (dont elle a rendu accessibles de nombreux inédits) ou Malebranche (auquel elle a consacré une monographie)[réf. nécessaire].
Œuvres
- L'Individualité selon Descartes, Paris, Vrin, 1950.
- Le Problème de l'inconscient et le cartésianisme, Paris, PUF, (1re éd. 1950).
- La Morale de Descartes, Paris, PUF, , 3e éd. (1re éd. 1956).
- Nicolas Malebranche, Paris, PUF, 1963.
- Platon et la « chasse de l'être », Paris, Seghers, , 4e éd. (1re éd. 1965).
- Descartes et le rationalisme, PUF, coll. « Que sais-je ? », 1966.
- La Morale stoïcienne, Paris, PUF, 1970.
- L'Œuvre de Descartes, Paris, Vrin, 2013 (un volume) (1re éd. 1971 (deux volumes)).
- Epicure et son école, Paris, Gallimard, coll. « Folio », 1993 (deuxième édition complétée) (1re éd. 1976).
- Descartes, Textes et débats, Paris, Hachette, Le livre de poche, 1984.
- Idées et vérités éternelles chez Descartes et ses successeurs, Paris, Vrin, 1985.
- L'Anthropologie cartésienne, Paris, PUF, 1990.
- Regards sur l'art, Paris, Beauchesne, 1993.
- Descartes. Biographie, Paris, Calmann-Lévy, 1995.
- Le Développement de la pensée de Descartes, Paris, Vrin, , 223 p. (ISBN 2-7116-1301-1, lire en ligne).
Elle a édité l'œuvre de Malebranche en deux tomes dans la collection de la Pléiade (Gallimard, 1979 et 1992), et est aussi l'auteur de nombreux articles sur les cartésiens, y compris un auteur peu connus comme Robert Desgabets, ainsi que sur les post-cartésiens célèbres (Baruch Spinoza et Gottfried Wilhelm Leibniz)[réf. nécessaire].