Georges Autard

peintre et graveur français (1951-) From Wikipedia, the free encyclopedia

Georges Autard né à Cannes le est un peintre et graveur français.

Naissance
(74 ans)
Cannes
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Georges Autard
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Il vit et travaille à Marseille et fut enseignant à l'École supérieure d'art et de design Marseille-Méditerranée[1]. Son œuvre s'inscrit dans la suite du courant de l'expressionnisme abstrait[2].

Biographie

Tableau noir, 1981-1982, 160 × 180 cm, localisation inconnue.

Commençant à peindre en 1975[2] alors qu'il suit les cours de mathématiques de l'université de Provence à Marseille, Georges Autard, titulaire de sa maîtrise en 1976, est dans un premier temps professeur de mathématiques. C'est ainsi que Philippe Piguet restitue qu'« il apparaît sur la scène artistique au début des années 80 avec toute une iconographie de formules mathématiques reversées à l'ordre de la peinture. Grands tableaux noirs, dessins algébriques, axiomes et théorèmes formalisés sanctionnent alors sa façon de s'approprier le champ de la toile dans une urgence singulière »[3].

Après ses accumulations d'objets des années 1982-1984  les Lunettes, les Vestes, les Bicyclettes , les œuvres de Georges Autard persistent à présenter de nettes réminiscences de sa formation puisqu'elles suggèrent toujours des tableaux noirs chargés de signes et d'écritures, comme pour une histoire qui y semble codifiée. En 1990, en même temps qu'il aborde deux de ses thèmes importants, Per ornamento[4],[Note 1] et les Dessins napolitains[5], Georges Autard donne à ses tableaux plus de matière et plus de couleur. Intéressé alors par les travaux de Claude Viallat, simultanément fasciné par une Descente de croix de Fra Angelico, il s'affirme « expressionniste » et « narratif », mais aussi poursuivi par l'idée de chaos. Plusieurs récits désordonnés interfèrent en un seul tableau, comprend ainsi Annie Pagès[2]. Tel Dessin napolitain (pastel)[6] est de la sorte constitué d'« îlots de sens » : hétéroclite, pluriel, il met en situation des bribes de croix, des clous christiques ensanglantés, légendés du mot « relique », et l'écriture omniprésente du nom de Pythagore qui surgit là inopinément, à la façon d'une immixtion mathématique (ce qu'Autard appelle « le bon sens ») dans un univers mystique (ce qu'il conduit par jeu de mots à devenir « le Bon Sang »). « Raffolant à l'extrême des jeux de mots, des doubles sens et des analogies »[7], faisant de la sorte glisser les « sens », Autard jette des ponts qui font se rejoindre des champs différents, l'ordre logique et l'ordre sacré[2], « l'analytique et le métaphysique »[1], voire plus directement encore le Christ (les clous-reliques) et l'anti-Christ (Pythagore)[Note 2], offrant à Élisabeth Védrenne d'interpréter que « la perte de ce sang a entraîné la perte du sens, puis l'absence de centre, puis l'absence du linéaire, entraînant à son tour la multiplication des faisceaux, elle-même égale à la perte du sens unique, au règne de la simultanéité[7] ». Distribuant donc les « îlots de sens » que sont les motifs figuratifs (ici le clou et les bribes de croix) et les légendes (ici les mots « relique » et « Pythagore ») en une surface abstraite, privée de centre et cependant géométriquement organisée en stries et arabesques multicolores, l'œuvre suggère finalement à Jean-Pierre Delarge un fragment de papier peint des années 1930[8].

C'est à compter de 1998 que Georges Autard se rend régulièrement dans les hauts-lieux du bouddhisme tibétain (huit séjours au Ladakh et au Zanskar) et du bouddhisme zen (quatre voyages au Japon, dont il étudie la langue) qui lui inspirent tant des séries abstraites  les Prosternations[9] inspirées des traces des moines tibétains qui rampent sur le sol[10]  que de semi-figuratifs Dessins sur papier non titrés évoquant tout autant la vie monacale[11]. Dans le même temps d'autres tableaux le conduisent des citations de Paul Cézanne, des Nymphéas de Claude Monet, de Pablo Picasso et de Joseph Beuys à sa suite des Slogans (Paradise Now, My black is back, Wisdom and compassion…).

« Le parcours de Georges Autard traverse des styles si différenciés, des démarches si diverses, des techniques si inconciliables, écrit François Bazzoli, qu'il atteint aujourd'hui à une cohérence et une logique reconnaissables […] Ayant intégré dans sa violence picturale, maintenant contenue et canalisée, les architectures théoriques de Paul Cézanne aux cubistes jusqu'à nos jours, Georges Autard les détoure et les détourne avec les moyens techniques et analytiques de son temps ». Et Frédéric Valabrègue d'ajouter : « On a là tout le vide-poche, tous les bavardages d'atelier, toute la sédimentation de possibles rassemblant le geste ultime ou de dernier ressort. On traverse la multiplicité des intérêts, des époques et des admirations […] pour en ressentir que c'est là le contraire d'une œuvre tendancieuse, mais demeurant mobile et d'une jeunesse regagnée »[12].

Bibliophilie

  • Bernard Lamarche-Vadel, L'eusses-tu cru que ton père fut là peint?, illustré de 13 alugraphies de Georges Autard, 320 exemplaires numérotés, édité par Centre de création contemporaine, Tours, Éditions Voix Richard Meier, 1985.
  • Lettre à Georges Autard, poème de Michel Butor, avec une peinture de Georges Autard, un vidéogramme de Jean-Michel Vecchiet et une photographie d'André Villers. 60 exemplaires numérotés, Éditions de la Malautière, 1993.

Expositions

Expositions personnelles

Grand E blanc, 1984, 220 × 230 cm, localisation inconnue.
  • Galerie associative Robert Grimaldi, Aix-en-Provence, 1981.
  • Galerie Christian Laune, Montpellier, 1984.
  • Galerie Arlogos, Nantes, 1984, 1986.
  • Galerie Terzo Livello, Florence, 1984.
  • A.R.C.A., Marseille, 1985.
  • Galerie Montenay-Delsol (puis Montenay-Giroux), Paris, 1985, 1986[13], 1987, 1990 (Thème des Dessins napolitains[5]), 1991 (stand FIAC), 1994, 1997, 1998.
  • Studio Guenzani, Milan, 1987.
DAS…, 2017, 150 × 150 cm, localisation inconnue.
Black is back, 2017, 20 × 30 cm, localisation inconnue.
  • Galerie Françoise Vigna, Nice, 1999[17].
  • Georges Autard - Œuvres récentes, Musée d'Art moderne de Céret, octobre 2001 - janvier 2002[18].
  • L'eusses-tu cru que ton père fut là peint?, Galerie AL/MA, Montpellier, [19].
  • Galerie Porte avion, Marseille, janvier-[20].
  • Villa Tamaris, La Seyne-sur-Mer, janvier-.
  • Georges Autard, Peintures et dessins, galerie Künstburoberlin, Berlin, [21].
  • Prosternations, galerie AL/MA, Montpellier[10] et galerie Porte avion, Marseille[22],[9], 2009.
  • Paradise Now, galerie du Tenyidor, Collioure, 2011[23].
  • Paradise Now, galerie Porte avion, Marseille, 2013[24].
  • Black is back, galerie AL/MA, Montpellier, novembre-[25],[26],[27].
  • Mystik Esthetik Kommando, CAIRN Centre d'art, Digne-les-Bains, avril-[28],[29].
Série Statements, 2017, localisation inconnue.
  • Statements, Brigitte March International Contemporary Art, Stuttgart, 2019[30].
  • La forme informe, galerie AL/MA, Montpellier, 2020[31].
  • Mystik Esthetik Kommando, galerie Patrick Bartoli, Marseille, 2020.
  • Do your own thing - Georges Autard, latest pieces, Galerie Ars Longa, Aix-en-Provence, 2021.
  • Georges Autard - Paradise now, Galerie Zemma, Marseille, février-mars 2023[32],[33],[34], Galerie Ars Longa, Aix-en-Provence, février 2025[35].

Expositions collectives

  • Dix ans de création, musée Cantini, Marseille, 1980.
  • Midi et demi, Festival d'Avignon, 1981.
  • 7e Biennale de la peinture méditerranéenne, galerie des Ponchettes, Nice, 1981.
  • Attention, peinture fraîche ! - Georges Autard, Gilbert Della Noce, Didier Demozeau, Claude Goiran, Didier Mencoboni, Henri Olivier, galerie d'art contemporain des musées de Nice, 1983.
  • Trans-figuration, ARCA, Marseille, 1983.
  • Cent ans après, dix ans plus tard, cinq peintres d'aujourd'hui, galerie 73, Giverny.
Ego trip, 2016, 150 × 150 cm, localisation inconnue.
Croix blanche sur fond noir, 1985, 150 × 180 cm, localisation inconnue.

Collections publiques

Drapeau de l'Allemagne Allemagne

Les quatre Singularités, 1984, 75 × 110 cm, localisation inconnue.
Paradise now, 2017, 25 × 25 cm, localisation inconnue.

Drapeau du Canada Canada

France

Drapeau de l'Italie Italie

Collections privées

Citations

Dits de Georges Autard

  • « Mes textes sont écrits de façon visible même s'il m'arrive de découper les mots de façon arbitraire. Mais cette écriture est très picturale : il ne s'agit pas d'une écriture froide, typographique comme chez certains artistes conceptuels. L'écriture a toujours collé à ma peinture : au début, j'écrivais sous les images ce qu'elles représentaient : "réveil" sous l'image d'un réveil, "lunettes" sous l'image des lunettes. À un premier niveau, cela pouvait signifier que la chose était bien ceelle que l'on percevait. À un second niveau, c'était le contraire : s'il fallait des mots pour légitimer la perception, c'est que celle-ci était loin d'être garantie. Les mots introduisent un doute, un écart dans la représentation. Le redoublement de la chose percçe redouble le pouvoir d'illusion. » - Georges Autard[61]

Réception critique

  • « Autard est un peintre abstrait qui peint avec des images figuratives[62]. » - Marc Partouche
  • « La vitalité des œuvres de Georges Autard est rageuse, excessive, acharnée. Dans son œuvre, le bien-peint succède au mal-peint, l'abstrait au figuratif et le narratif au dépouillement[63]. » - Pierre Manuel
  • « À force de s'être imprégné de raisonnements et de schémas mathématiques, Georges Autard continue à les utiliser comme une grille commode, une toile de fond familière prête aux recouvrements de toutes sortes[7]. » - Élisabeth Védrenne
  • « Le travail d'Autard, qui trouve son propre renouvellement dans sa remise en question, introduit la notion de dérèglement[64]. » - Gérald Schurr
  • « Prolixe artiste marseillais, Georges Autard enveloppe les visiteurs au creux d'un ensemble d'œuvres d'une agressivie spiritualité. Proches de la publicité et du graffiti tout en entretenant des rapports avec l'Histoire de l'art, le Bouddhisme zen et le rock, ces travaux, déclinés sous différents médiums, donnent lieu à un moment de fluorescente synesthésie. Préméditée et spontanée[24]. » - Antoine Gautron
  • « Ne jamais laisser la surface en repos; l'assaillir également par tous les bords; l'emplir de tout un répertoire d'images disparates ; y organiser des rencontres fortuites; la ponctuer de signes; la réserver ici, l'occulter là ; en suggérer l'idée d'une extension à l'infini ; l'enguirlander enfin de paroles érudites[5]. » - Philippe Piguet
  • « Pour Georges Autard, la seule harmonie possible est celle qui fond intimement la décision et le geste réconciliés, la pensée et le corps, la pensée faite corps. La spiritualité extrême-orientale dont il se nourrit sans puritanisme stimule sa recherche d'un satori pictural[12]. » - François Valabrègue
  • « Les voyages de Georges Autard lui ont fait découvrir ces autres mondes, cultures, formes d'expression où le Rien ne s'oppose pas au Tout, où le Vide seul permet de faire résonner le Plein, où la Permanence ne prend son sens que si elle fait apparaître, fulgurante, le passage sur la toile d'un instant qui déjà s'efface[21]. » - Jean-Claude Crespy
  • « Mû par cet élan vital parfois exacerbé qui aiguise toute recherche d'un esprit quelque peu scientifique, mais aussi par la spiritualité d'un Extrême-Orient dont son œuvre est amplement nourrie, Georges Autard, pour qui l'acte même de peindre fait œuvre, affirme dans sa démarche l'entière souveraineté de la peinture[22]. » - Caroline Figwer

Récompenses et distinctions

  • Grand prix du 17e festival international de la peinture du Haut-de-Cagnes, 1985[65].

Notes et références

Annexes

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