Georges Moreau (résistant)
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| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 65 ans) Vignol |
| Nom de naissance |
Georges Basile Louis Moreau |
| Pseudonyme |
Le Loup |
| Nationalité |
française |
| Activité |
Coiffeur |
| Membre de |
|---|
George Moreau, dit « le Loup », né le à Ouagne (Nièvre) est un résistant français, chef du maquis du Loup dans le Morvan. Il joue un rôle central dans la libération de Clamecy le . Il est décédé le à Vignol, dans la Nièvre[1].
Jeunesse et vie professionnelle
Fils d'artisans, Georges Moreau est coiffeur à Clamecy ; son salon se situe rue Marié-Davy. Il épouse Louisette Moreau.
En , Georges Moreau est mobilisé et est affecté au bureau de poste de Clamecy. Il a pour mission d'assurer la défense aérienne du bâtiment[2]. Il y rencontre Janette Colas, téléphoniste, avec laquelle il coopère immédiatement. Alors qu'il effectue les distributions de courriers, en , il intercepte une correspondance suspecte permettant l'arrestation d'un espion allemand à Paris.
Le , Georges Moreau est profondément marqué par le massacre de 43 tirailleurs à Clamecy[3].
Il est démobilisé en et reprend ses activités de coiffeur.
Premiers actes de résistance
En , il refuse de coiffer deux soldats allemands venus dans son salon. Il est arrêté et détenu quelques jours à la Kommandantur de Clamecy. Dès lors, une affiche est placardée sur sa vitrine avec l'inscription : "Betreten für deutsche Wahrmachtsangehörige verboten" ("Interdit aux membres de la Wehrmacht"). Pour les autorités allemandes, il est déconseillé de faire du commerce avec lui. À partir de cet événement, il tente de récupérer et d'entretenir des armes abandonnées, qu'il stocke dans son salon.

En , il récupère le buste de l'écrivain Claude Tillier, que les autorités allemandes avaient démonté et prévu de fondre.
À partir de , par l'intermédiaire d'André Viau, il entre en contact avec le réseau Confrérie Notre-Dame qui organise des passages clandestins de la ligne de démarcation à des prisonniers évadés et des Juifs. Entre et , il contribue à une quarantaine de passages. À l'été 1942, il est repéré et doit fuir en zone libre et emmène plusieurs compagnons avec lui[4].
Fondation du maquis du Loup
Georges Moreau revient dans la Nièvre en 1943, il participe à des opérations de sabotage, dont la destruction d'une presse à fourrage en septembre, aux côtés de Paul Bernard (Camille) et de Jean Longhi (Grandjean), deux autres chefs de la Résistance en Morvan. Il reçoit un parachutage d'armes en , dont il stocke une partie aux alentours de Creux (commune de Villiers-sur-Yonne).
Le , il s'installe avec cinq camarades dans les bois de Creux, au lieu-dit La Cage au Loup. C'est à partir de ce moment qu'il prend le pseudonyme "Le Loup" et fonde le maquis du même nom. Les effectifs du maquis augmentent rapidement, passant de onze hommes en à plus de deux cents, après que les hommes du maquis Sanglier les aient rejoints en août[5].

Le maquis effectue des sabotages (voies ferrées Clamecy-Cosne, Clamecy-Nevers, Clamecy - Cercy-la-Tour) et reçoit son premier parachutage le . En août, il participe à la grande bataille de Crux-la-Ville pour la libération du territoire, aux côtés d'autres maquis de la région.
Libération de Clamecy

Le , les Allemands quittent Clamecy pour rejoindre Nevers. À la tête de 471 hommes, Georges Moreau prend le commandement militaire de la ville. Il installe son poste de commandement dans l'ancienne Kommandantur, organise des patrouilles, fait arrêter les collaborateurs et place des sentinelles tout autour de la ville. Le Conseil municipal mis en place par Vichy est déchu et remplacé par des membres du comité de Libération[6].
Le maquis du Loup, devenu bataillon du Loup le poursuit ses opérations militaires dans les environs (Vézelay, La Charité, Château-Vert). En , ses effectifs atteignent 770 hommes. Intégrés aux FFI, ils forment le 7e bataillon de la Nièvre, puis le 3e bataillon du 4e régiment d'infanterie, rattaché aux mouvements Libération-Nord et ORA[7].
Avec le Comité de Libération de Clamecy, il organise une commémoration en l'honneur de la Liberté retrouvée le . Cette date n'est pas anodine, c'est celle à laquelle a été inaugurée le monument en hommage à Claude Tillier en 1905, un clin d'oeil à l'histoire mouvementée de cette statue sous l'Occupation[6].
Après-guerre et mémoire
Georges Moreau retourne dans la vie civile après la guerre. Il décède le à Vignol (Nièvre). Janette Colas écrit :
Georges Moreau aimait le contact humain. Il était sportif, riait haut, adorait faire des blagues. Il était généreux. La patience n'était pas son fort. Et pourtant, il lui en fallut beaucoup pendant le lent cheminement de l'apprentissage de la clandestinité. Que de chemin parcouru depuis l'instinctive désobéissance du début ! Une volonté à toute épreuve, une confiance têtue étaient nécessaires pour poursuivre, et parfois repartir à zéro. Le risque encouru était grand. Pour lui, comme pour bien d'autres chefs de maquis, ce sont des circonstances exceptionnelles qui ont été le révélateur de possibilités qu'eux-mêmes ignoraient. Car rien dans leur formation ne laissait prévoir qu'ils puissent assumer d'aussi grandes responsabilités[8].

Une stèle en hommage au maquis du Loup a été inaugurée le à Creux.