Georges Henri Rivière (muséologue)
muséologue français
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Georges Henri Rivière[2], né le à Paris 18e et mort le à Louveciennes (Yvelines)[3], est un muséologue français, fondateur du Musée national des arts et traditions populaires à Paris.
| Directeur de musée |
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| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom dans la langue maternelle |
Georges Rivière |
| Nom de naissance |
Georges Henri Léon Rivière |
| Surnom |
« GHR » |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activité | |
| Famille |
Henri Rivière, son oncle |
| Fratrie | |
| Conjoint |
Nina Spalding Stevens[1] (1877-1959) |
Surnommé « le magicien des vitrines »[4], il a joué un rôle important dans le mouvement de la « nouvelle muséologie » et dans le développement des musées d'ethnographie à l'échelle mondiale au sein du Conseil international des musées (ICOM).
Biographie
Famille
Né dans le 18e arrondissement de Paris, Georges Henri Rivière est le neveu du dessinateur Henri Rivière, auquel il emprunta son second prénom en 1920, pour se faire appeler Georges Henri lorsque son oncle s'occupa de lui après le suicide de son père Jules en 1912[5]. Son oncle exercera une forte influence sur lui et dira à son propos : « Inspirateur explicite d'une carrière musicale refoulée, inspirateur implicite d'une carrière muséale développée, il a marqué ma vie[5]. »
Il est le frère aîné de l'ethnologue de terrain Thérèse Rivière à qui il fit découvrir le monde de l'ethnologie en l'engageant comme assistante dès son arrivée en 1928 au musée d'ethnographie du Trocadéro[6].
Formation
Il fait ses études au prestigieux collège Rollin. Sa grand-mère lui fait étudier le piano et, après son baccalauréat, il s'inscrit en 1915 au conservatoire national de musique et de déclamation dont il suit les cours pendant deux années[5].
Jusqu'en 1925, il étudie la musique et, de 1923 à 1925, suit les cours de l'École du Louvre qui éveillent son intérêt pour les musées[5].
Musée d'ethnographie du Trocadéro

En 1926, il devient intendant des collections artistiques de David David-Weill[5] où il est chargé de sa réorganisation[7].
Il découvre au musée d'ethnographie du Trocadéro des pièces d’art précolombien avec l'idée de faire un article pour la revue Cahiers d'art de Christian Zervos. Il est enthousiasmé par ce qu'il y découvre et décide de monter un projet d'exposition, soutenu par le collectionneur. Il obtient les autorisations nécessaires et peut monter son exposition avec l'aide d’un jeune expert inconnu, Alfred Métraux.
Le nouveau directeur du musée d'ethnographie, Paul Rivet, décide de réorganiser le musée avec l'aide de Rivière[7] qui y présente près de 70 expositions dès 1928. Le musée d'ethnographie ferme définitivement en 1935 et donne naissance à deux institutions : le musée de l'Homme et le musée des arts et des traditions populaires[8].
Le Musée des arts et des traditions populaires

Le musée de l'Homme se sépare de sa collection d'ethnographie française, ce qui donne naissance au musée national des arts et traditions populaires grâce à l'impulsion de Rivière[7]. De 1937 à 1967, il dirige ce musée qu'il a conçu et réalisé entièrement.
Bien que la création du musée remonte à 1937, l'ethnologie du domaine français ne prend véritablement son essor qu'avec la mise en place des enquêtes scientifiques[9] organisées sous le patronage de l'État français (régime de Vichy) durant l'Occupation[10]. Il parvient à l'installer sur le site de l'avenue du Mahatma-Gandhi, en bordure du bois de Boulogne. Il y développe une muséographie révolutionnaire et en assure le couronnement scientifique par la création du Centre d'ethnologie française.
Grand découvreur de talents, meneur d'hommes, il joue un rôle essentiel dans la fondation de l'ICOM (Conseil international des musées), dont il est le premier directeur de 1948 à 1965, puis le conseiller permanent jusqu'à sa mort. Il travaille à la mise sur pied de l'organisation à travers ses comités, ses conférences générales et son centre de documentation[11].
La Fondation culturelle bretonne
Rivière apparaît dans la liste des membres du Haut-Comité régional de patronage de la Fondation culturelle bretonne en 1957[12].
Décoration
Théorie du musée
Bien qu'il ait laissé très peu d'écrits, Georges Henri Rivière a fortement renouvelé la muséologie en France[7]. Ses idées très innovantes et son goût pour les mondanités l'ont amené à mettre en place de véritables « opérations de communication » : il met Joséphine Baker dans une vitrine présentant des collections africaines au musée d'ethnographie du Trocadéro[14], ou encore place des gardiens de musée aux quatre coins d'un ring[15].
Sur la base d'une idée lancée au début des années 1950, il participe au développement du concept d'écomusée[7] qui se répand dans le monde au début des années 1970 avec son successeur au poste de directeur du Conseil international des musées (ICOM), Hugues de Varine[16]. Environnement et pluridisciplinarité sont ses idées maîtresses sur lesquelles sont fondées, entre autres, les « Recherches coopératives sur programme d'Aubrac et du Châtillonnais » dans les années 1960.
Même à la fin de sa vie, il continue de conseiller ceux qui poursuivent son œuvre et de les pousser à l'innovation.
Publications
Ouvrages, plaquettes
- Les Arts anciens de l'Amérique (catalogue de l'exposition organisée au Musée des Arts décoratifs, Palais du Louvre, Pavillon de Marsan mai-), introduction de Raoul d'Harcourt, textes d'Alfred Métraux et Georges Henri Rivière, Paris, G. Van Oest, XXIV-120 p., 1928
- Crèches et santons de Provence du XVIIe siècle à nos jours (catalogue de l'exposition[17]), textes de Georges Henri Rivière, Pierre-Louis Duchartre, Marius Dubois et Raimu ; catalogue par Gilbert Mouret, Paris, Orfèvrerie Christofle, 50 p., 1943
- Un musée-laboratoire : le Musée des arts et traditions populaires, Paris, s.l. n.d., paginé 146-155 ; extrait des Archives suisses des traditions populaires, 1947
- Les Livres de raison, 1328-1870 (catalogue de l'exposition[18] à la Maison des chambres d'agriculture, Paris) ; contient : Les Livres de raison, par Charles Braibant, Lettre de Robert Buty. L'intérêt des livres de raison, par Georges Henri Rivière, Quelques événements de la vie d'un paysan briard, par Paul Bailly, L'Histoire rurale et les livres de raison, par Jean Monlaü ; Paris, Maison des chambres d'agriculture, 36 p., 1954
- Le Nouveau Cabinet des Estampes du Musée des arts et traditions populaires, Georges Henri Rivière et Suzanne Tardieu, Paris, paginé 75-90, 1958 ; extrait de Musées et collections publiques de France, nouvelle série, n° 15, 1958
- Palais de Chaillot, Paris, "Mireille", le chef-d'œuvre de Mistral dans l'histoire littéraire et dans son cadre provençal (exposition organisée par la Bibliothèque nationale et par le Musée des arts et traditions populaires[19]), préface d'André Chamson, avant-propos de Georges Henri Rivière, Paris, Éditions des Musées nationaux, 145 p., 1959
- Art naïf, textes de Georges Henri Rivière, Michel-François Braive, Maximilien Gauthier, Anatole Jakovsky et Gaston Diehl, Tanger, Éditions marocaines internationales, 94 p., 1964
- Organisation des musées : Iran, Paris, UNESCO, 34 p., 1972
- André Desvallées et Georges Henri Rivière, Arts populaires des pays de France, vol. I & II, Paris, Joël Cuénot, , 205 & 208

Discours
- « Le Musée des arts et traditions populaires », discours prononcé à l'assemblée générale annuelle de la Société des amis du Louvre, le , Compiègne, s. d., In-8°, 8 p.
Articles
- Dans la revue Cahiers d'art
- Archéologismes, 1926 - 7 - 1re année
- Jean Lurçat, 1926 - 8 - 1re année
- Une sculpture chinoise entre au Louvre, 1926 - 10 - 1re année
- La céramique peinte susienne au musée du Louvre, 1927 - 2 - 2e année
- Un sondage dans l’art égéen, 1927 - 3 - 2e année
- Les disques, 1927 - 6 - 2e année
- Peintures égyptiennes d’époque impériales, 1927 - 9 - 2e année
