Georgina Fletcher
écrivaine anglo-espagnole, militante pour les droits des femmes colombiennes
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Georgina Fletcher Espinosa est une écrivaine, éducatrice, artiste et spécialiste en héraldique, anglo-espagnole résidant en Colombie. Elle lutte pour les droits civils des femmes, en particulier le droit à l'éducation et au travail. Elle est considérée comme l'initiatrice des principes du féminisme colombien au XXe siècle. En 1924, elle est nommée représentante en Colombie de Colombie la Ligue internationale des femmes ibériques et hispano-américaines (es).
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Biographie
La date de naissance précise de Georgina Fletcher n'est pas connue. Elle se situe fin du XIXe siècle ou début du XXe siècle. Son père, George Fletcher est citoyen britannique et sa mère, espagnole, s'appelle Liboria Espinosa des Monteros Escallón. Son grand-père, Antonio Espinosa des Monteros (es), originaire de Murcie, a installé la première imprimerie à Santa Fe en 1777[1]. Sa grand-mère est la poétesse colombienne Silveria Espinosa des Monteros de Rendón[1].
Lutte féministe en Colombie
De nationalité anglo-espagnole, résidant à Bogota pendant toute sa vie, Georgina Fletcher, écrivaine, artiste, éducatrice et spécialiste en héraldique consacre sa vie aux droits des femmes[2]. Elle fonde la revue Hogar y Patria[3]. La journaliste et suffragette Ofelia Uribe de Acosta entame avec le profil de Fletcher son chapitre sur la lutte féministe en Colombie. En décrivant son intérêt pour la science héraldique Uribe souligne que c'est peut-être ce qui a poussé Fletcher à fouiller dans les livres et les archives anciennes pour découvrir « la condition misérable des femmes à travers les siècles »[2].
Uribe explique dans l'un de ses ouvrages sur la lutte féministe en Colombie, comment Fletcher incarne le point de départ de la révolution féministe dans ce pays. « Sereine et insouciante, très sûre d'elle-même et si pauvre en biens matériels que les rats traversaient sans souci le salon recouvert de nattes où elle m'a reçu ; elle possédait une immense richesse spirituelle qui rayonnait de toute sa personne. »[4]. Uribe décrit Fletcher et souligne « la force morale de cette femme célibataire et seule au monde, dont le cœur maternel l'a poussée à adopter Yolanda et à la présenter comme sa fille, sans se soucier de ce que le monde pouvait penser et dire d'elle. »[2].
Georgina Fletcher étudie l'histoire de la Colombie et particulièrement l'influence des femmes dans la guerre d'indépendance de la Colombie et dans la formation de la nationalité colombienne[1].
En 1924, après la tenue à Lima de la deuxième Conférence panaméricaine des femmes, elle est nommée représentante en Colombie de la Ligue internationale des femmes ibériques[5] et hispano-américaines et de la Croisade des femmes espagnoles. Elle est chargée d'organiser la filiale colombienne de la Ligue[1]. Georgina Fletcher prépare une conférence intitulée « La femme colombienne, une étude sociale et historique »[6] et elle est invitée à la présenter au Congrès international de la Ligue des femmes ibériques, qui se tient au Mexique en 1925[6]. La poétesse Maruja Vieira s'installe dans une aile de la maison de Fletcher et dit que « c'est la féministe la plus connue de son temps »[5].
Fletcher entretient une correspondance avec les féministes et suffragettes latino-américaines de l'époque. En 1928 elle dirige la présentation de la Loi sur les droits civils de la femme colombienne et la défend devant la presse avec le journaliste et écrivain Baldomero Sanín Cano. La Loi est présentée devant le Congrès par le sénateur libéral Absalom Fernández de Soto, le mais elle est débattue sans vote faute de quorum. La plupart des sénateurs conservateurs opposés au projet se sont retirés. Sanín Cano écrira un essai intitulé Les irrésistibles publié dans le journal El Tiempo dans lequel il critique les sénateurs qui ont attaqué le projet[7]. Fletcher écrit « En tant que personne et en tant que représentante d'une Ligue de femmes éminentes qui œuvre pour l'amélioration morale et intellectuelle des femmes dans les différents pays où elle est active, je trouve très satisfaisant que ce soit vous, également membre de cette Ligue, qui soyez à l'avant-garde des défenseurs de nos droits dans cette affaire si embarrassante. »[8].
Entre 1927 et 1928 Fletcher s'intéresse au travail et à l'éducation des femmes. Ses articles publiés en Colombie et à New York, montrent sa connaissance du travail de différentes leaders féministes d'Amérique latine et d'Espagne[9].
IVe congrès international des femmes
En 1929, avec des femmes de différents milieux, Fletcher organise le Centre colombien d'action sociale pour les femmes[10], et soutient la tenue à Bogota du IVe congrès international des femmes en 1930[11],[12], organisé pour la première fois à Buenos Aires en 1910. Le quotidien El Tiempo signale en 1930 : « Grâce à la ténacité évangélique de Mme Georgina Fletcher, dont le travail ne sera jamais assez loué, le Congrès international des femmes va se réunir ici, à Bogotá, ville traditionaliste et misonéiste. Surmontant tous les obstacles, dominant l'inertie des uns et l'indifférence des autres, Mme Fletcher, secondée par un groupe distingué de dames, a finalement réussi à faire de ce qui semblait impossible une noble et fructueuse réalité. »[11].
Georgina Fletcher est reconnue comme leader du mouvement pour les droits des femmes, et à ce titre, elle a été persécutée et montrée du doigt. Elle passe ses derniers jours sous la garde de sa fille adoptive Yolanda Bunsen et de sa petite-fille Teresa Naranjo Bunsen. Elle meurt dans les années 1950 dans une maison de retraite.
Bibliographie
- (es) Lucy M. Cohen (pdf), Colombianas en la vanguardia, Colombia, Editorial Universidad de Antioquia, coll. « Colección Clío », (ISBN 958-655-497-X, lire en ligne).
. - (es) Ofelia Uribe, « Capítulo X. Lucha feminista en Colombia » [PDF], (consulté le ).
. - (es) Lola G. Luna et Norma Villarreal M. (Archives téléchargeables 8447703207_2.PDF), Historia género y política movimientos de mujeres y participación política en Colombia 1930 - 1991, (lire en ligne), p. 82, 85, 89.
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