Giorgio Basta

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TitreComte d'Hust et du Saint-Empire
CommandementGouverneur de Transylvanie
Giorgio Basta
Image illustrative de l’article Giorgio Basta
Giorgio Basta, gravure de Dominicus Custos selon un portrait de Hans von Aachen

Titre Comte d'Hust et du Saint-Empire
Grade militaire Général du Saint-Empire romain germanique

Lieutenant général de la Sainte-Église

Commandement Gouverneur de Transylvanie
Conflits Guerre de Quatre-Vingts Ans, Longue Guerre
Faits d'armes Bataille de Brașov, bataille de Sibiu, bataille de Guruslău
Distinctions Ordre de l'Éperon d'or
Biographie
Naissance
Rocca (royaume de Naples)
Décès
Prague

Giorgio Basta (en français Georges Basta, en allemand Georg Basta[1]), comte d'Hust et du Saint Empire[2], né le [3] à Rocca (royaume de Naples) ou dans le Montferrat (Piémont)[4] et mort le à Prague (royaume de Bohême)[5], était un général du Saint-Empire romain germanique d’origine albanaise et byzantine[6], gouverneur de Transylvanie de 1601 à 1604.

Au service de l'Espagne à partir de 1577, il est nommé commissaire général de la cavalerie par Alexandre Farnese, gouverneur général des Pays-Bas. A la suite du décès de celui-ci, il devient gouverneur de Gueldre. En 1598, il est nommé général de la cavalerie impériale.

Il est envoyé par l'empereur Rodolphe II du Saint-Empire romain germanique pour commander les forces des Habsbourg pendant la Longue Guerre (1591-1606) contre les Turcs et plus tard pour administrer la Transylvanie pour leur compte.

Sur ses ordres, son allié Michel Ier le Brave, prince de Valachie et de Moldavie, fut assassiné le , parce que Basta le soupçonnait de vouloir se retourner contre Rodolphe II, quelques jours après leur victoire commune à la bataille de Goroszló (en roumain Guruslău, commune de Hereclean, dans le județ de Sălaj).

Les historiens hongrois et roumains le dépeignent comme un homme déloyal, licencieux et violent, célèbre pour sa barbarie, motivé par une haine profonde contre la noblesse hongroise fréquemment opposée aux Habsbourg.[réf. nécessaire] Aux Pays-Bas méridionaux, il garde la réputation d'un homme sans état d'âme mais toujours fidèle à sa parole[7]. L'historien italien Ambrogio Merodio le décrit comme « la terreur des armées ottomanes » fu lo spavento delle armi ottomane »)[8].

Il naît en 1544, soit à Rocca (aujourd'hui Roccaforzata), cité du royaume de Naples, soit dans le Montferrat (Piémont), dans une famille d'origine albanaise[9]. Il reçoit une solide formation militaire dans les Pays-Bas du sud, province du Saint-Empire.

Il commence sa carrière militaire au service de Philippe II, combattant principalement sur le front français, puis passe en 1578 sous les ordres d'Alexandre Farnèse (1545-1592) dans les Pays-Bas espagnols.

Bénéficiant des recommandations de Philippe II, Rodolphe II nomme Georges Basta général de sa cavalerie légère et le fait chevalier de l'ordre de l'Éperon d'or le [10], après avoir déjà servi l'Autriche en 1595 et 1596. Il sert principalement en Hongrie royale et en Transylvanie, où il commande les forces des Habsbourg dans la guerre contre l'Empire ottoman et ses alliés hongrois dont Sigismond Ier Báthory.

Pendant son séjour aux Pays-Bas, il épouse en 1589, Anne de Liedekerke, fille d'Antoine de Liedekerke, vicomte de Bailleul et seigneur de Mouscron. Par son mariage, il devint le beau-frère de plusieurs hommes de guerre[11] :

Conquête de la Transylvanie

Giorgio Basta, aquarelle du XVIIe siècle

En , à la bataille de Goroszló, Giorgio Basta et Michel le Brave défient la noblesse hongroise alliée aux Ottomans, menée par Sigismond Báthory. Michel le Brave voulut alors, selon Georges Basta, traiter en secret avec les Ottomans pour reprendre le trône transylvain, en dépit de son serment d'allégeance à Rodolphe II. Basta envoi deux compagnies de Wallons et deux compagnies d'Allemands chercher le prince roumain. Face à son refus de les suivre, ils l'exécutent[13]. Georges Basta, victorieux, reste seul maître en Transylvanie, pour le compte de Rodolphe II.

Illustration d'une exécution

La noblesse hongroise transylvaine, en grande partie protestante (la Transylvanie avait un Édit de Tolérance depuis 1568), entre alors en révolte contre les Habsbourg. Cette révolte est menée par Étienne II Bocskai (István Bocskai), ancien conseiller de Sigismond Bathory, et futur prince de Transylvanie. Avec ses 20 000 hommes, Georges Basta organise la répression contre le soulèvement et fait régner la terreur de 1601 à 1604 : ses mercenaires ravagent la région, les transylvains de toute condition sont pillés, la contre-Réforme est imposée par les armes. Basta massacre un camp de révoltés et de leurs alliés Turcs à Edelény, puis reprend Szendrő, Tokay, et plusieurs villes de la région de Zips. La Transylvanie perd un tiers de sa population et sa noblesse est réduite à l'impuissance.

Mais le manque de vivres et des émeutes internes font échouer l'attaque de Basta sur Cassovie, et l'oblige à se replier à Eperies. Profitant de l'occasion, les généraux de Bocskai s'emparent de toute la région, avec les villes de Szathmar, Hust, Neutra et Tyrnau. Le soulèvement finit par gagner et contraint Basta à se retirer.

Le , en remerciement de sa participation au rappel du général Basta par Rodolphe II, la diète hongroise désigne Étienne II Bocskai comme prince de Transylvanie.

Matthias Ier, succédant à son frère Rodolphe II, négocie la paix de Vienne avec le nouveau prince Étienne II Bocskai le et la Paix de Zsitvatorok avec les Ottomans le de la même année.

Retrait du pouvoir et lieutenant général de la Sainte-Église

Bataille de Kronstadt/Brașov
Bataille Goroszló/Guruslău

Après ses défaites de Transylvanie, Georges Basta se retire à Prague et à Vienne.

Profitant de son expérience dans les guerres de l'est, il rédige plusieurs traités sur l'art de la guerre. Trois de ces traités sont traduits dans d'autres langues et sont devenus des classiques de l'enseignement militaire, utilisés encore de nombreuses années après sa mort:

  • II maestro di campo generale de Governo della cavalliera (Venise, 1606)
  • Il governo della cavalleria leggiera (Venise, 1612, publié à titre posthume)
  • Del Governo dell'Artigliera (Venise, 1612, publié à titre posthume)

Mis à l'écart du pouvoir, ses revenus énormes de 42 200 florins sont réduits à 3 240 florins, somme déjà respectable pour l'époque, mais ne permettant plus un train de vie princier, ni l'engagement de mercenaires. Il reste dans l'attente des fiefs de Troppau et de Greiffenstein en Silésie, promis par l'Empereur, qui ne tiendra pas ses engagements.

Le , le pape Paul V prononce un interdit contre la république de Venise. Le , Georges Basta est nommé lieutenant général de la Sainte Église[14]. L'interdit vénitien s'étant résolu le à l'intervention d'Henry IV, Basta ne prendra jamais son commandement de manière effective. Giorgio Basta meurt la même année, le , dans son domaine de Prague. Il est inhumé en l'église de Sainte-Croix à Vienne.

Son épouse, Anne de Liedekerke, meurt à Courtrai le . Elle est inhumée dans la Chapelle des comtes de Flandre de l'église Notre-Dame de Courtrai. Son mausolée a disparu pendant la Révolution française[15].

Comte d'Hust et du Saint-Empire

Notes et références

Voir aussi

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