Giovanni Abrignani

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Décès
(à 77 ans)
Trapani, Sicile
Nationalité
Activité
Giovanni Abrignani
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Naissance
Décès
(à 77 ans)
Trapani, Sicile
Nationalité
Activité
Mouvement

Giovanni Abrignani, né le à Marsala et mort en à Trapani, est un artiste italien rattaché à l'art brut. Maçon itinérant originaire de Sicile, il est interné en 1964 à l'hôpital psychiatrique de Trapani, où il réalise l'essentiel de son œuvre. Ses dessins, exécutés au stylo-bille et rehaussés de crayons de couleur, représentent des scènes de transport et de vie quotidienne. Découverts par le sculpteur suisse Robert Müller, ils sont conservés dans la Collection de l'art brut à Lausanne et dans plusieurs musées européens.

Giovanni Abrignani naît le à Marsala. Il fréquente l'école primaire jusqu'à la cinquième année, puis exerce le métier de maçon itinérant, voyageant à travers plusieurs pays du bassin méditerranéen. Durant un séjour en Afrique, il développe une bronchite qui nécessite son rapatriement en Sicile, où il est pris en charge dans un établissement de soins pour personnes âgées[1].

Le , Giovanni Abrignani est interné à l'hôpital psychiatrique de Trapani[2] pour s'être querellé sans motif avec un autre patient de la maison de repos[3]. Il y demeure jusqu'en avant de regagner la maison de repos. Deux années plus tard, il est de nouveau hospitalisé en psychiatrie, en proie à des idées paranoïaques : il soupçonne une religieuse de l'établissement de vouloir l'empoisonner. Son comportement devient apathique et engourdi. Très gourmand, il s'alimente de manière excessive malgré les recommandations médicales. Pour obtenir davantage de tabac et de nourriture, il développe une stratégie de séduction, proposant ses dessins en échange de cigarettes ou de sucreries[4].

Il meurt en d'une thrombose cérébrale et d'un arrêt cardiaque.

C'est le sculpteur Robert Müller, interné pendant ses vacances pour un court séjour suite à un épisode psychotique, qui découvre les dessins d'Abrignani. Il achète la totalité de sa production et en remet une vingtaine[5] à la Collection de l'art brut à Lausanne. Il décrit Abrignani comme un homme corpulent, sociable et jovial. C'est grâce à lui et au Dr Ignazio Sergio Aldo Scarpitta, qui avait exercé dans cet hôpital, que les détails de la vie d'Abrignani nous sont parvenus[6].

Son œuvre est présente dans de nombreuses collections publiques et privées : Collection de l'art brut à Lausanne, Musée de la Création Franche à Bègles, Open Art Museum à Saint-Gall, Musée d'art brut de Montpellier[7], Musée du Docteur Guislain à Gand, collections Treger Saint-Silvestre au Portugal, collection Eternod-Mermod à Lausanne, Collection Charlotte Zander à Bönnigheim[8], et collection de Korine et Max E. Ammann à Berne[9].

Œuvre

Ses dessins évoquent les souvenirs de sa vie passée et de ses voyages. Il compose ses dessins de manière ordonnée au stylo-bille[10] en s'aidant d'une règle et d'un compas, puis les colorie au crayon. La plupart ont un caractère narratif : il y intègre des épisodes successifs, son mariage avec l'arrivée du couple en voiture de luxe, la cérémonie et le départ du voyage de noce en calèche. Comme dans la peinture médiévale, il représente à la fois l'aspect extérieur et intérieur des bâtiments. Il dessine aussi des scènes du quotidien : balade des parents avec l'enfant en landau, scène de chasse, arrivée du Tour d'Italie. On y retrouve aussi la Sicile et ses troupeaux de moutons. La représentation récurrente d'une séance de tribunal semble indiquer qu'il aurait eu maille à partir avec la justice[11]. Ses dessins, du même format, sont faits sur des papiers simples ou sur le dos des feuilles de dossier médicaux ou d'observation de l'hôpital psychiatrique.

Expositions

Notes et références

Voir aussi

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