Gomphotherium
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Gomphotherium est un genre fossile de la famille des Gomphotheriidae (ordre des Proboscidea, comme les éléphants actuels) qui vivait en Europe, Asie et Amérique du Nord au cours du Miocène. Selon Paleobiology Database en 2025, Trilophodon est un synonyme de Gomphotherium.
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Embranchement | Chordata |
| Classe | Mammalia |
| Super-ordre | Afrotheria |
| Ordre | Proboscidea |
| Sous-ordre | Elephantiformes |
| Famille | † Gomphotheriidae |
- voir paragraphe #Liste des synonymes
Espèces de rang inférieur
- voir paragraphe #Liste des espèces
Description



Les Gomphotheriums possédaient quatre défenses et des molaires raboteuses. Leurs quatre défenses étaient presque droites. Celles du bas se trouvaient le plus souvent tout près l'une de l'autre dans la mâchoire inférieure allongée et étroite, et elles ont pu être utilisées comme une pelle. Celles du haut étaient recouvertes d'une bande d'émail qui couvrait probablement toutes les défenses des proboscidiens anciens, mais a disparu chez les éléphants actuels. Elles font penser à des pics de mineurs et servaient probablement à creuser. Les Gomphotherium avaient également une courte trompe qui retombait sur la mâchoire inférieure (à peu près comme chez le tapir plus récent).
Historique
Quatre dents d'un Gomphotherium (qui fut alors appelé le « mastodonte des Pyrénées ») furent trouvées en 1857 à Saint-Frajou près de L'Isle-en-Dodon, en Haute-Garonne. Elles sont conservées pour deux d'entre elles au Muséum national d'histoire naturelle, à Paris, et pour les deux autres au muséum de Toulouse[1].
À Mettmach, dans le quartier de l'Inn, à la limite de la forêt de Kobernauss, une défense de Gomphotherium a été découverte dans les années 1960.
Un squelette complet de Gomphotherium a été trouvé en 1971 dans le sable du bord de l'Inn, au sud de Mühldorf am Inn, en Bavière. Son âge a été estimé à environ 10 millions d'années. D'après son lieu de découverte, on a appelé l'animal Mühldorfer Urelefant, l'éléphant ancien de Mühldorf. Le squelette original est conservé au Musée d'État de Munich, un moulage se trouvant au muséum Senckenberg. Il s'agit d'un mâle d'environ 50 ans. Des altérations pathologiques anatomiques au pied arrière droit indiquent une blessure sérieuse de l'animal dans sa jeunesse. Il a été placé dans le groupe Gomphotherium aff. steinheimense.
Un squelette complet de Gomphotherium, trouvé à Sansan (Gers), est exposé au Muséum national d'histoire naturelle, à Paris.
En 2014, un agriculteur découvrit à Montesquieu-Guittaut (Haute-Garonne) le crâne fossile quasi complet du Gomphotherium d'où provenait les dents de 1857, en Haute-Garonne, mais de peur de voir son terrain envahi par des chercheurs de fossiles, il ne signala sa découverte au muséum de Toulouse que deux ans plus tard[1],[2]. Le fossile est désormais conservé dans ce muséum[1].
De nombreux fragments de Gomphotherium, sous espèce trilophodon, ont été découverts dans les gravières de Desnes (Jura).
Liste ses synonymes
Selon Paleobiology Database en 2025, le nombre de synonymes est de dix[3] :
- Genomastodon Barbour, 1917,
- Mastodon (Trilophodon) Falconer, 1857,
- Ocalientinus Frick, 1933,
- Serridentinus Osborn, 1923,
- Tatabelodon Frick, 1933,
- Tetrabelodon Cope, 1884,
- Trilophodon Falconer, 1857,
- Trilophodon (Serridentinus) Osborn, 1923,
- Trilophodon (Tetrabelodon) Cope, 1884,
- Trobelodon Frick, 1933
Liste des espèces
- Gomphotherium anguirvalis Osborn, 1926
- Gomphotherium angustidens (Cuvier 1806)
- Gomphotherium annectens Matsumoto, 1924 (Japon)
- Gomphotherium brewsterensis Osborn, 1926
- Gomphotherium nebrascensis Osborn, 1924
- Gomphotherium obscurum Leidy, 1869
- Gomphotherium productum Cope, 1874 (Gomphotherium commun)
- Gomphotherium rugosidens Leidy, 1890
- Gomphotherium simplicidens Osborn, 1923
Autres espèces
- Gomphotherium willistoni Barbour, 1916 synonyme de Trilophon osborni
Phylogénie


Les caractéristiques de leur denture avaient d'abord fait ranger les gomphotheriums parmi les Mammutidae (ou mastodontes). Ces derniers avaient quatre défenses et des molaires raboteuses. Les éléphants actuels n'ont plus que deux défenses et leurs molaires ont une surface masticatoire en forme de lamelles.
Cependant, par la forme allongée de leur crâne et leurs défenses le plus souvent droites, les gomphoteriums se distinguent des Mammutidae. C'est pourquoi ils sont aujourd'hui placés dans le groupe des Gomphoteriidae. Un groupe plus restreint de Gomphoteriums trilophodontes est parfois appelé trilophodontidae.
Phylogénie des genres d'éléphants ainsi que d'autres familles proches, d'après les caractéristiques de leur os hyoïde, selon Shoshani et al. (2007)[4], les caractéristiques anatomiques du squelette, selon Cozzuol et al. 2012[5], et les caractéristiques génétiques selon Meyer et al. 2017[6] :
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Formes voisines
Les Platybelodon sont cousins des Gomphotheriums. Chez eux, les deux défenses inférieures se sont réunies pour former une pelle avec laquelle les animaux creusaient probablement dans les terrains limoneux des zones humides pour trouver des plantes aquatiques. Les représentants connus de ce genre sont les Platybelodon d'Afrique et d'Asie ainsi que l'Amebelodon américain. La forme primitive des Platybelodon a été trouvée en Europe : il s'agit d'Archaeobelodon qui vivait il y a 15 millions d'années. En 2004, les paléontologues d'Augsbourg en ont mis au jour un squelette presque complet.
Liens externes
Bibliographie
- Jean-Guy Michard, Pascal Tassy, Alexandre Mille, Le Secret de l'Archéobelodon. Deux siècles d'enquête sur un fossile mythique, Belin, , 144 p.