Gorges de la Dordogne
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| Gorges de la Dordogne | |
Les gorges de la Dordogne vues depuis le site de Saint-Nazaire (Sarroux - Saint Julien) | |
| Géographie | |
|---|---|
| Pays | |
| Régions | Nouvelle-Aquitaine Auvergne-Rhône-Alpes |
| Départements | Corrèze Cantal |
| Coordonnées | 45° 14′ nord, 2° 12′ est |
| Rivière | Dordogne |
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Les gorges de la Dordogne sont le canyon creusé par la Dordogne dans son cours amont, entre Bort-les-Orgues (Corrèze), en amont, et Argentat (Corrèze) en aval. Longues de plus de 80 kilomètres, elles séparent en grande partie les départements de la Corrèze à l'ouest en rive droite, et du Cantal à l'est en rive gauche, formant une frontière naturelle entre Limousin et Auvergne de Bort-les-Orgues à Soursac, sur environ 45 km.
Les gorges accueillent de nombreux ouvrages hydroélectriques, preuve de l'importance que revêt la Dordogne dans la production d'énergie, dont les principaux sont, d'amont vers l'aval :
- le barrage de Bort-les-Orgues ;
- le barrage de Marèges, construit entre 1932 et 1935 ;
- le barrage de l'Aigle ;
- le barrage du Chastang ;
- le barrage d'Argentat.
Les gorges de la Dordogne séparent globalement le massif volcanique du Cantal des plateaux granitiques de la Montagne limousine.
Dans sa partie amont, la vallée de la Dordogne est encaissée, autant que le sont ses affluents, qui en rive gauche, dévalent du volcan cantalien (Sumène, Mars, Maronne), et en rive droite, entaillent les plateaux corréziens qui bordent la montagne limousine (Diège, Triouzoune, Luzège, Doustre). Tous ces cours d'eau ont creusé leurs vallées dans le socle cristallin.
Le profil des gorges n'est pas linéaire ; quelques anomalies existent, comme à Madic, où le canyon s'élargit, trace de la divagation révolue du lit de la Dordogne[1].
Histoire
Les forêts de la haute vallée encaissée de la Dordogne sont intensément exploitées en taillis jusqu'à l'exode rural du XXe siècle[2]. Jusqu'au début de ce siècle, on trouve également de la vigne dans la vallée, qui remonte jusqu'à Bort-les-Orgues[3]. Il existe jusqu'au début du XXe siècle des jardins en terrasses où sont cultivés des fruits et des légumes, parfois précocement en raison de la bonne exposition des coteaux[4],[5].
Aménagement hydroélectrique
Pour répondre aux besoins nationaux en approvisionnement électrique, le potentiel de la vallée encaissée de la Dordogne est identifié dès le début du XXe siècle. Dans les années 1920, le profil du cours d'eau est perçu comme adapté pour l'aménagement de barrages-réservoirs[3]. Dès 1921, le service des Ponts et chaussées instaure un Service d'aménagement de la Haute-Dordogne[6]. Plusieurs édifices de grande importance y sont construits à partir des années 1930[7]. L'ingénieur André Coyne s'implique tout particulièrement dans ce mouvement[8].
La création des barrages modifie la perception du risque d'inondations sur la vallée, notamment parce que cet élan est avant tout guidé par l'impératif d'efficacité énergétique, qui prime sur toute autre considération[6]. La mémoire des habitants de la vallée ennoyée a été particulièrement étudiée par l'anthropologue Armelle Faure à partir de 1998, en coopération avec les archives départementale du Cantal et de la Corrèze ; il en résulte plusieurs actions de valorisation[8],[9],[10]. Parmi les sites engloutis, figurent le village de Nauzenac[8],[11] ou l'ancienne abbaye de la Valette[12],[13].
- Mention du village englouti de Nauzenac (Soursac).
Valorisation touristique
La valorisation touristique des gorges de la Dordogne se traduit notamment par l'aménagement de nombreux belvédères et tables d'orientation tout au long du parcours du fleuve. Les principaux se trouvent en rive droite : site de Saint-Nazaire (Sarroux - Saint-Julien), site du Val Beneyte (Roche-le-Peyroux), saut de Juillac (Liginiac), belvédère de Gratte-Bruyère (Sérandon), sites de Nauzenac, de Spontour (Soursac) ou du jardin de Bardot (Marcillac-la-Croisille), ou encore le roc Castel (Saint-Martial-Entraygues). La préservation des vues panoramiques est présentée comme étant un enjeu majeur pour les paysages de la vallée[14].
La randonnée est tout particulièrement encouragée, comme en témoigne la mise en œuvre du parcours « La Dordogne de Villages en Barrages », ou « Itinérêve », qui consiste en une boucle balisée de 450 km autour des gorges de la Dordogne[15].