Troisième fils de Grigor-Dérénik, prince de Vaspourakan, et de Sophie Bagratouni, elle-même fille d'Achot Ier Bagratouni, roi bagratide d'Arménie, Gourgen naît en 883 ou en 884[1]. Grigor-Dérénik ayant été tué en 887 lors d'une embuscade tendue alors qu'il tente de soumettre l'émir de Her, ses trois fils mineurs (Achot-Sargis, Gagik et Gourgen) sont placés sous la régence d'un membre de la famille, Gagik Aboumerwan ; ce dernier tente alors de capter l'héritage et emprisonne les trois princes[2]. Pour se racheter de sa défection lors d'une opération militaire menée par Smbat Ier d'Arménie en 898, il libère Gagik, qui le tue et délivre ses deux frères, permettant ainsi à son aîné Achot-Sargis de reprendre les rênes de la principauté[2]. Celui-ci doit néanmoins faire allégeance à Afchin, émir sajide d'Azerbaïdjan et représentant du Calife abbasside, à qui il remet Gagik en otage ; après sept mois, Gagik est remplacé par Gourgen qui, maltraité, s'échappe, provoquant l'occupation du Vaspourakan par Afchin[3] jusqu'en 901[4].
À la mort d'Achot-Sargis en 904[5], Gagik et Gourgen lui succèdent en se partageant son héritage : Gagik hérite du nord-ouest des possessions des Arçrouni, Gourgen du sud-est[6]. Gourgen participe aux opérations de son frère contre divers rebelles, procède avec lui à des échanges de territoires rendant leurs domaines plus compacts, et suit par ailleurs son exemple : il redresse et se livre à plusieurs constructions dans ses territoires, notamment à Adamakert[7]. Il se joint également à son frère dans son alliance avec Yousouf, émir d'Azerbaïdjan et participe ainsi à sa campagne victorieuse contre Smbat Ier d'Arménie en 910[8]. Voyant cependant les ravages occasionnés par cette campagne aux Arméniens, Gourgen, comme Gagik, cherche alors progressivement à se distancier de Yousouf[9]. La mort et le martyre de Smbat Ier en 914 le font entrer en résistance[10], tout comme son frère dont il reste durant toute sa vie l'allié fidèle[11].
Gourgen meurt après 923, apparemment sans laisser de descendance, ce qui permet à Gagik de parachever l'unification vasprakanienne[11].