Gouvernement Zapatero II
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(es) Segundo Gobierno Zapatero
| Roi | Juan Carlos Ier |
|---|---|
| Président du gouvernement | José Luis Rodríguez Zapatero |
| Vice-président |
Elena Salgado Manuel Chaves |
| Élection | |
| Législature | IXe |
| Formation | |
| Fin | |
| Durée | 3 ans, 8 mois et 8 jours |
| Coalition | PSOE-PSC |
|---|---|
| Ministres | 17 |
| Femmes | 9 |
| Hommes | 8 |
| Moyenne d'âge | 52 ans et 1 mois |
| Congrès des députés |
|
|---|---|
| Sénat |
|
| Chef de l'opposition | Mariano Rajoy |
Le gouvernement Zapatero II (en espagnol : Segundo Gobierno Zapatero) est le gouvernement du royaume d'Espagne entre le et le , sous la XIe législature des Cortes Generales.
Il est dirigé par le socialiste José Luis Rodríguez Zapatero et formé après les élections générales du 9 mars 2008. Zapatero obtient l'investiture au second tour de vote, une première depuis 30 ans. L'exécutif se compose initialement de 17 ministres, dont deux portent initialement le titre de vice-président du gouvernement. Il est remanié en , comptant alors trois vice-présidents, et . À la fin de son mandat, il compte 15 ministres, dont deux vice-présidents. Il s'agit du premier gouvernement majoritairement féminin de l'histoire espagnole.
Minoritaire aux Cortes Generales, il est constitué du seul Parti socialiste (et son allié permanent catalan). Il bénéficie du soutien sans participation des partis nationalistes périphériques.
Il succède au gouvernement Zapatero I, qui assumait la gestion des affaires courantes depuis les élections générales, et cède le pouvoir au gouvernement Rajoy I à la suite des élections de 2011, marquées par une alternance au profit du Parti populaire de Mariano Rajoy.
Contexte
Ce gouvernement est dirigé par le président du gouvernement socialiste sortant, José Luis Rodríguez Zapatero. Il est constitué par le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et le Parti des socialistes de Catalogne (PSC). Ensemble, ils disposent de 169 députés sur 350, soit 48,3 % des sièges du Congrès des députés, et initialement de 117 sénateurs sur 264, soit 44,3 % des sièges du Sénat.
Il bénéficie du soutien sans participation d'Izquierda Unida (IU) et des partis nationalistes périphériques.
Il est formé à la suite des élections générales du 9 mars 2008. Il succède donc au gouvernement Zapatero I, constitué dans les mêmes conditions. Il cède le pouvoir au gouvernement Rajoy I, constitué du seul Parti populaire (PP).
À la suite de l'adoption définitive du projet de loi de finances pour 2008, le président du gouvernement José Luis Rodríguez Zapatero confirme le son intention de convoquer les prochaines élections générales le [1]. Le , il procède formellement à la dissolution des Cortes Generales[2].
Au cours du scrutin, le Parti socialiste (PSOE) de Zapatero renforce sa majorité relative au Congrès des députés avec 169 députés, soit cinq de plus que lors des élections précédentes, et un record de 11 millions de voix[3]. S'il progresse en Aragon et dans les Canaries, sa victoire est particulièrement nette au Pays basque, où il vire en tête pour la première fois depuis dix ans, et en Catalogne, où le Parti socialiste conquiert quatre nouveaux sièges[4]. Avec 101 sièges sur 208 à pourvoir, le Parti populaire (PP) remporte le plus grand nombre d'élus au Sénat, où le PSOE gagne huit nouveaux sièges[5].
Investiture
Le roi Juan Carlos Ier reçoit l'ensemble des partis politiques représentés au Congrès des députés les , et afin de proposer un candidat à la présidence du gouvernement[6], dont les dates du débat et vote d'investiture ont déjà été établies aux et [7]. À l'issue de ces entretiens, le monarque propose formellement la candidature de José Luis Rodríguez Zapatero au président du Congrès, José Bono, qui annonce à son tour de manière formelle la convocation de la session d'investiture aux dates précédemment annoncées[8].
Le , après avoir rencontré les différents groupes parlementaires, le nouveau porte-parole du groupe socialiste José Antonio Alonso prend acte que Zapatero sera investi au second tour, n'ayant pas cherché à obtenir le soutien des partis nationalistes ou minoritaires[9]. Lors des échanges, ces formations ont effectivement fait part de leurs réticences ou exprimé des exigences qui pourraient conditionner et limiter l'action du gouvernement. Refusant cette hypothèse, le président du gouvernement sortant ordonne à la direction de son parti de ne pas négocier, assumant de devoir échouer au premier tour de vote[10]. Déjà pour l'élection de José Bono à la présidence du Congrès, le PSOE avait choisi d'attendre le second tour, afin de ne pas donner une image de dépendance aux formations territoriales[11].

Le , Zapatero prononce son discours de politique générale devant les députés, centré sur des mesures pour limiter les premiers effets de la crise économique, la hausse du salaire minimum et des retraites, et cinq propositions d'accord national transpartisan en matière de lutte contre le terrorisme, de politique extérieure, de réforme de la justice, de financement des communautés autonomes et de dialogue social[12]. À l'issue du débat, le , le candidat échoue, comme prévu, à remporter l'investiture avec 168 voix pour, 158 voix contre et 23 abstentions, une représentante socialiste étant absente. Seuls les députés du Parti socialiste le soutiennent tandis que ceux du Parti populaire, de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) et d'Union, progrès et démocratie (UPyD) votent contre. Les parlementaires de Convergence et Union (CiU), du Parti nationaliste basque (EAJ-PNV), du Bloc nationaliste galicien (BNG), d'Izquierda Unida (IU), d'Initiative pour la Catalogne Verts (IC-V) et de Nafarroa Bai (NaBai) évitent de se prononcer. S'il s'agit du deuxième échec d'un candidat au premier tour depuis après Leopoldo Calvo-Sotelo en , c'est la première fois qu'une telle situation se produit juste après des élections générales[13],[14]. Lors du deuxième vote le , José Luis Rodríguez Zapatero obtient la confiance du Congrès avec 169 voix pour, 158 voix contre et 23 abstentions[15].
Il prête serment le au palais de la Zarzuela devant Juan Carlos Ier, en présence des présidents du Congrès des députés, José Bono, du Sénat, Javier Rojo, du Conseil général du pouvoir judiciaire et du Tribunal suprême, Francisco José Hernando, et du Tribunal constitutionnel, María Emilia Casas, ainsi que du ministre de la Justice Mariano Fernández Bermejo, en sa qualité de grand notaire du Royaume[16].
Formation

La composition du gouvernement est dévoilée le . Comptant 17 ministères, soit un de plus que l'exécutif sortant, le cabinet intègre cinq nouveaux ministres et compte, pour la première fois dans l'histoire espagnole, une majorité de femmes[17].
Principale nouveauté, la ministre du Logement, Carme Chacón, est promue ministre de la Défense, alors qu'elle semblait pressentie pour occuper un ministère en lien avec la politique sociale. C'est la première fois qu'une femme occupe ce poste dans l'histoire espagnole. Autre surprise, le ministre du Travail et des Affaires sociales Jesús Caldera, figure de la législature précédente et coordonnateur du programme électoral du PSOE, n'est pas reconduit. Son portefeuille est d'ailleurs divisé entre le ministère du Travail et de l'Immigration, confié au maire de L'Hospitalet de Llobregat et président de la députation provinciale de Barcelone Celestino Corbacho, et le ministère de l'Éducation et de la Politique sociale, qui revient à la ministre sortante de l'Éducation Mercedes Cabrera. Si Corbacho et Chacón constituent le « quota catalan », la nouvelle ministre de l'Innovation Cristina Garmendia représente le « contingent basque », absent du gouvernement précédent. Elle ainsi que la nouvelle ministre du Logement Beatriz Corredor sont issues du cercle de confiance de Miguel Sebastián, ancien directeur du bureau économique du président du gouvernement et ex-candidat socialiste à la mairie de Madrid, à qui Zapatero n'a pas tenu rigueur de sa défaite en lui confiant le ministère de l'Industrie, du Tourisme et du Commerce[17]. Outre le ministère de l'Innovation, le président du gouvernement crée le ministère de l'Égalité, qu'il confie à Bibiana Aído, plus jeune ministre de l'histoire démocratique[18], et fusionne les ministères de l'Environnement et de l'Agriculture au profit d'Elena Espinosa, ce qui marque la sortie de Cristina Narbona. Sont confirmés les principales figures de l'exécutif sortant María Teresa Fernández de la Vega, Pedro Solbes, Alfredo Pérez Rubalcaba — qui a dû se laisser convaincre — ainsi que les deux ministres les plus controversés, le ministre de la Justice Mariano Fernández Bermejo et la ministre de l'Équipement Magdalena Álvarez[19].
Les 17 ministres prêtent serment, puis entrent en fonction, le au palais de la Zarzuela[20].
Évolution
Février 2009

Le ministre de la Justice Mariano Fernández Bermejo remet sa démission le , en raison des critiques sur sa gestion face à une grève inédite du monde de la magistrature et sur sa participation à une partie de chasse, pour laquelle il n'avait en outre pas de permis, aux côtés du juge d'instruction Baltasar Garzón, peu après que celui-ci a lancé une information judiciaire contre le Parti populaire dans une affaire de corruption[21]. Les erreurs du ministre de la Justice étaient devenues des arguments de campagne du chef de l'opposition Mariano Rajoy pour les élections autonomiques au Pays basque et en Galice[22]. Deux jours auparavant, le journal El País avait révélé l'intention de José Luis Rodríguez Zapatero de se séparer de lui lors d'un prochain remaniement ministériel, attendu d'ici la fin de l'année[23].
Le président du gouvernement décide de le remplacer par Francisco Caamaño, secrétaire d'État aux Relations avec les Cortes depuis , principal négociateur du statut d'autonomie de la Catalogne de 2006 et spécialiste de droit constitutionnel[24]. Il est assermenté le lendemain devant le roi[25].
Avril 2009

Les journaux El País et El Mundo révèlent le que, selon des sources proches de la Moncloa, José Luis Rodríguez Zapatero a l'intention de procéder à un vaste remaniement ministériel afin de faire face à la gravité de la crise économique avec une équipe au poids politique renforcé. La ministre des Administrations publiques Elena Salgado est pressentie comme nouvelle vice-présidente et ministre de l'Économie et des Finances en remplacement de Pedro Solbes, affaibli par la mauvaise conjoncture. Le président de la Junte d'Andalousie Manuel Chaves et le vice-secrétaire général du PSOE José Blanco, attendus comme vice-président délégué aux relations avec les territoires et ministre de l'Équipement, constitueraient les nouveaux hommes forts de l'exécutif[26],[27].
Le , le président du gouvernement procède à son plus important remaniement depuis son arrivée au pouvoir, en , à peine un an après la formation de son gouvernement. Il constitue ainsi l'équipe la plus politique de ses cinq années à la Moncloa. Six ministères changent de titulaire, cinq personnalités font leur entrée au sein de l'exécutif et plusieurs compétences sont transférées, corrigeant l'architecture dessinée en . Ainsi, Elena Salgado devient la première femme à piloter la politique économique et budgétaire de l'Espagne, Manuel Chaves accède à la troisième vice-présidence du gouvernement nouvellement créée, et José Blanco rejoint le Conseil des ministres après neuf années à s'occuper exclusivement de la vie du Parti socialiste. Trinidad Jiménez, qui avait soutenu dès le début Zapatero dans sa course au secrétariat général du PSOE en , est nommée ministre de la Santé et récupère les compétences en matière de politiques sociales du ministère de l'Éducation. Ce dernier est confié à Ángel Gabilondo, président de la conférence des recteurs d'université qui retrouve les compétences sur l'enseignement supérieur jusqu'alors aux mains de la ministre de la Science. Enfin, face au conflit entre le secteur du cinéma et le ministère de la Culture, le chef de l'exécutif fait appel à Ángeles González-Sinde, présidente de l'Académie des arts et des sciences cinématographiques. La majorité féminine parmi les ministres et le nombre de ministères ne sont pas remis en cause[28],[29].
Les nouveaux membres de l'équipe gouvernementale sont assermentés le jour même devant le roi au palais de la Zarzuela[30].
Octobre 2010

Au début du mois de , le ministre du Travail Celestino Corbacho annonce son prochain départ du gouvernement, avec l'accord de José Luis Rodríguez Zapatero, afin de se présenter aux élections autonomiques du 28 novembre en Catalogne[31].
Loin de procéder à un simplement remplacement poste pour poste, le président du gouvernement engage le un ample remaniement ministériel qui renforce nettement la place d'Alfredo Pérez Rubalcaba[32]. Le ministre de l'Intérieur est en effet promu premier vice-président et porte-parole, ce qui acte la sortie de María Teresa Fernández de la Vega, pilier du gouvernement depuis six ans. Le ministère de la Présidence qu'elle occupait revient à Ramón Jáuregui, vétéran du PSOE et fin connaisseur de la vie politique basque. Celestino Corbacho est remplacé par Valeriano Gómez, ancien haut fonctionnaire du ministère du Travail et personnalité importante de l'Union générale des travailleurs (UGT) qui avait pourtant manifesté quelques semaines plus tôt contre la réforme du Code du travail promue par son prédécesseur. Nommée ministre des Affaires étrangères à la place de Miguel Ángel Moratinos, la ministre de la Santé Trinidad Jiménez est remplacée par la secrétaire à l'Organisation du PSOE et ex-secrétaire d'État Leire Pajín. Rosa Aguilar, conseillère aux Travaux publics de la Junte d'Andalousie, ex-maire de Cordoue et ancienne membre d'Izquierda Unida prend la suite d'Elena Espinosa comme ministre l'Environnement et du Milieu rural et marin. Enfin, le ministère du Logement est absorbé par le ministère de l'Équipement et le ministère de l'Égalité est intégré au ministère de la Santé[33]. Avec ce remaniement, Zapatero renforce encore le poids politique de son équipe tout en envoyant des signaux à gauche en s'adjoignant des représentants de la « vieille garde » du PSOE et des personnalités marquées[34].
Les nouveaux membres de l'équipe gouvernementale sont assermentés le lendemain devant le roi au palais de la Zarzuela[35].
Juillet 2011

Alfredo Pérez Rubalcaba annonce le son intention de quitter le gouvernement afin de se consacrer uniquement à la campagne des prochaines élections générales, pour lesquelles il sera chef de file du Parti socialiste ouvrier espagnol[36].
Le suivant, José Luis Rodríguez Zapatero remanie son gouvernement afin de redistribuer les différentes responsabilités occupées par Rubalcaba et procède ainsi à des changements placés sous le signe de la continuité. Ainsi, le ministère de l'Intérieur est confié à Antonio Camacho, secrétaire d'État à la Sécurité et « numéro deux » du ministère depuis . Le poste de porte-parole revient au ministre de l'Équipement José Blanco, un des plus proches collaborateurs du président du gouvernement qui lui témoigne ainsi sa gratitude. Enfin, le nombre de vice-présidences est réduit de trois à deux : Elena Salgado passe de la deuxième à la première et Manuel Chaves de la troisième à la deuxième[37].
Le nouveau ministre et ses collègues qui ont changé d'attributions sont assermentés le lendemain devant le roi, au palais de la Zarzuela[38].
Succession
José Luis Rodríguez Zapatero annonce le son intention de convoquer des élections anticipées pour le suivant, soit quatre mois avant le terme de la législature[39]. Le Conseil des ministres procède formellement à la dissolution des Cortes Generales le [40].
Le Parti populaire (PP) remporte une large victoire lors des élections générales avec une majorité absolue de 186 sièges au Congrès des députés[41]. Le , Mariano Rajoy remporte l'investiture du Congrès avec 187 voix pour[42]. Il dévoile la composition de son gouvernement de 13 ministres le lendemain[43], qui est assermenté et entre en fonction le [44].