Grands boulevards (Grenoble)

From Wikipedia, the free encyclopedia

Grands boulevards
Image illustrative de l’article Grands boulevards (Grenoble)
Boulevard Maréchal Foch et Joseph-Vallier
Situation
Coordonnées 45° 10′ 48″ nord, 5° 42′ 42″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Ville Grenoble
Début Parc Paul-Mistral
Fin Drac

Les grands boulevards constituent une artère principale de la ville de Grenoble qu'ils traversent d'est en ouest, partageant la commune en deux parties distinctes identifiés par deux codes postaux différentes (38000 et 38100)[1].

Situation

Partageant la ville en son milieu et orientés selon un axe est-ouest sur 2,3 km, cette suite de voies larges empruntées par les voitures, le tramway et les cycles sont constitués de trois boulevards, dénommés d'est en ouest :

Accès

L'ensemble de ces voies sont desservies par cinq stations de la ligne C du tramway de Grenoble : Vallier - Catane, Vallier - Docteur Calmette, Vallier - Libération, Foch - Ferié et Gustave Rivet et une station de la ligne E du tramway de Grenoble, Vallier - Libération.

Ces voies sont accessibles depuis la voie autoroutière urbaine A480 de la métropole grenobloise au niveau de la sortie n°3 :

  • Sortie 3 : Grenoble-centre, Seyssinet-Pariset, Z.I. des Vouillands

Historique

Importante ville de garnison, Grenoble a possédé plusieurs générations d'enceinte de fortifications depuis l'époque romaine[2]. L'emplacement de ces grands boulevards était occupé par la dernière génération de fortification, celle construite de 1873 à 1879 sous la direction du chef du génie, Mamès Cosseron de Villenoisy.

Les générations de fortifications à Grenoble.

Tenant compte de la défaite de la guerre de 1870, il rédige un projet en mars 1873[3], organisant la défense de la ville par la construction d'une ceinture fortifiée autour de la ville, d'une nouvelle enceinte au nord de la ville rejoignant le Drac, et enfin l'extension de l'enceinte sud à partir de celle construite par le général Haxo, également en direction du Drac.

Cette dernière extension est pratiquement achevée le [3], puisqu'on nomme les six nouvelles portes permettant de franchir cette nouvelle enceinte d'une longueur de 2 kilomètres. La hauteur de la muraille est finalement de 4 mètres au lieu des 5 mètres prévus, la largeur du fossé est de 20 mètres. De l'est vers l'ouest, les noms des portes sont les suivants :

  • porte d'Échirolles (deviendra la place Gustave Rivet)
  • porte Mallifaud (à l'extrémité de l'actuelle rue Marceau)
  • Sortie du chemin de fer (sous le boulevard Maréchal Foch)
  • Porte Saint-André (cours Jean Jaurès)
  • Porte de la brasserie (à l'extrémité de la rue abbé Grégoire)
  • Porte des 120 toises[4]

En juin 1884, entre les portes d'Échirolles et Mallifaud, le long de la nouvelle muraille au cheminement légèrement sinueux, s'achève la construction d'une nouvelle caserne militaire. Cette caserne qui vient de déménager depuis le centre de la ville est la caserne de Bonne.

Plan du site des grands boulevards en 1902.

Afin d'accueillir l'Exposition internationale de la houille blanche de 1925, le maire de Grenoble, Paul Mistral, fait détruire une partie de ces remparts, de la porte d'Échirolles[5] à la jonction avec la vieille enceinte Haxo[6], ainsi que l'enceinte Haxo elle-même jusqu'à l'actuelle rue Malakoff, où l'on peut encore en voir le dernier bastion en vestige.

Le , le conseil municipal de Paul Mistral adopte le projet de déclassement des fortifications grenobloises et de l'alignement, ouvrant ainsi la voie à la construction de boulevards à la place des remparts. Une correspondance des Ponts et chaussées précise en date du 25 janvier 1925[7] que les portes des Alpes, Très-Cloitres, et des Adieux sont déjà démolies et que celle d'Échirolles est en cours de démolition.

Ce n'est qu'à partir de 1935 que le reste de la muraille est détruite jusqu'au Drac et aménagée à la place par un ensemble de larges avenues en enfilade orientées Est-Ouest. Le Petit Dauphinois du 1er octobre 1936 publie une photographie de maisons en cours de démolition près de l'ancienne porte d'Échirolles où prendra place le boulevard extérieur[8]. Créés en 1938 à l'emplacement des anciens remparts de 1879 et appelé initialement boulevard des fortifications, c'est le 18 novembre 1938 que sont dénommés les boulevards Joseph-Vallier, Maréchal Foch et Maréchal Joffre[9].

En 1941, le long du boulevard Joseph Vallier s'installe l'école des pupilles de l'air qui restera présente sur le site jusqu'en 1987. Les grands boulevards sont le site de remise de la médaille de l'ordre de la Libération par le général de Gaulle à la ville de Grenoble le 5 novembre 1944. Le maire Frédéric Lafleur reçoit cette médaille au nom de la ville sur la place Pasteur.

Enfin, c'est en 1956 qu'est inauguré un pont qui prend le nom de Catane le 29 mars 1963, permettant ainsi de relier la rive gauche du Drac (Seyssins, Seyssinet-Pariset, Fontaine, Sassenage) à l'Est de l'agglomération (La Tronche, Meylan, Saint-Martin d'Hères, campus universitaire, Gières).

Le tout premier magasin sous enseigne Casino Supermarché ouvre sur le boulevard Joseph Vallier en 1960.

Le ouvre le tout premier Casino Supermarché [10] sur le boulevard Joseph Vallier[11].

L'intersection avec le cours de la Libération en 1964.

Ces boulevards se bordent très vite d'immeubles comportant de huit à dix étages dont les derniers sont construits au début des années 1960.

En 1967, à l'occasion des Jeux olympiques d'hiver de 1968, un autopont est construit entre les boulevards Maréchal Foch et Joseph Vallier au-dessus du cours Jean Jaurès. Ce pont et l'aménagement de la voirie (trois et parfois quatre voies de circulation dans chaque sens) donnent un aspect autoroutier aux boulevards avec une circulation automobile grandissante au fil des années et estimée à 60 000 véhicules par jour au début des années 2000, rendant peu attractif le quartier.

Lors des jeux olympiques d'hiver de 1968, le boulevard a été le lieu de passage de la flamme olympique le 6 février vers 16 heures au niveau de la place Gustave-Rivet, en provenance du boulevard Gambetta et se dirigeant vers les avenues Albert 1er de Belgique, Marcellin-Berthelot et le stade olympique de Grenoble.

À l'occasion de la construction de la troisième ligne de tramway, la double rangée de platanes (520 arbres), plantée au début de l'urbanisation des boulevards, est coupée et l'autopont détruit par dynamitage le 17 juillet 2004. Le 20 mai 2006, la ligne C du tramway de Grenoble est inaugurée. Depuis, la circulation automobile est estimée à 30 000 véhicules par jour[12].

Entre 2005 et 2010, les bâtiments sont dans leur quasi-totalité ravalés, et certaines copropriétés auront également collaboré à l'Opération Programmée d'Amélioration Thermique des Bâtiments[13]. Mise en place grâce à l'ADEME, la Ville et l'Union Européenne, cette vaste opération était l'occasion d'expérimenter à grande échelle la réhabilitation thermique des immeubles construits entre 1945 et 1975 (environ 90 % des immeubles des grands boulevards). Le succès fut au rendez-vous sur les habitations, dans une moindre mesure sur les commerces[14]. Ce renouveau des grands boulevards s'accompagne d'une hausse de l'attractivité immobilière et par conséquent d'une forte revalorisation des loyers et du prix de vente des appartements et locaux commerciaux.

Occasionnellement, les grands boulevards reçoivent les manifestations qui partent de la gare SNCF pour rejoindre le parc Paul-Mistral, la mairie ou la préfecture.

Au début de 2010, le bâtiment gérant la Gestion multimodale centralisée des déplacements pour l'agglomération est inauguré sur le boulevard Joseph Vallier.

Urbanisme

Architecture

Notes et références

Related Articles

Wikiwand AI