Grottes de Castellana
From Wikipedia, the free encyclopedia
Les grottes de Castellana[N 1] sont des cavités naturelles d'intérêt touristique, situées à deux kilomètres de la ville de Castellana Grotte, dans la province de Bari, région des Pouilles.
À proximité des grottes, se trouve un musée de la spéléologie.
En 1938, les responsables de l’Office provincial de tourisme de Bari demandèrent à l’Institut italien de spéléologie de Postumia l’intervention d’un expert spéléologue pour procéder à une inspection dans des grottes déjà connues dans le territoire en vue de leur utilisation touristique. Mais toutes les cavités explorées se montrèrent petites et impropres à l'usage convoité.
Le , enfin, Franco Anelli descendit dans le gouffre dit " la Grave", le fond de laquelle était recouvert par une grande quantité d’ordures, qui s’étaient accumulés avec le temps.
L’explorateur atteignit le sol et identifia un couloir qui se perdait dans le noir ; en s’aventurant à l’intérieur il se trouva, au-delà d’un passage partiellement caché par des stalactites et des stalagmites, en face d’une exaltante découverte : une grande galerie ensuite appelée caverne des Monuments, si grande que le faisceau de sa lampe ne pouvait pas allumer la voûte et les parois.
Après avoir apporté la nouvelle à l’extérieur, Anelli planifia d’y revenir deux jours après, pour continuer les explorations. Cette fois, pour descendre avec lui dans la Grave, il y avait aussi un courageux ouvrier de Castellana : Vito Matarrese. Ils continuèrent les explorations interrompues, poursuivirent à l’intérieur environ 300 mètres, et ils s’arrêtèrent au bout d’une galerie descendante, aujourd'hui appelée couloir du Serpent, en face d’un puits profond.
Deux mois après, en , Anelli revint à Castellana et, toujours avec Matarrese, il continua les explorations pour plus de 600 mètres de distance de la Grave, où un nouveau puits, situé dans l’actuel couloir du Désert, arrêta encore une fois les explorations.
Anelli resta quelques jours à Castellana et il réalisa le premier plan des grottes, qu’il termina en septembre de la même année, quand il vint à Castellana pour la troisième fois.
Après le départ d’Anelli, Vito Matarrese poursuivit les explorations, il franchit le puits du couloir du Désert et il rejoignit la dernière caverne : la grotte Blanche, découverte en 1940.
Description
Les grottes de Castellana s’ouvrent dans les Murges sud-orientales, à 330 m au-dessus du niveau de la mer, sur le plateau calcaire qui remonte au Crétacé supérieur, il y a presque 90-100 millions d'années. Le territoire des grottes de Castellana se caractérise par des roches calcaires composées principalement de carbonate de calcium, en particulier les calcaires présents dans la zone sont appelés Calcaire d’Altamura.
Les grottes de Castellana s'étendent sur une longueur de 3 348 m et atteignent une profondeur maximale de 122 mètres à partir de la surface du sol. La température de l’intérieur est d'environ 18 °C.
Les grottes sont ouvertes tous les jours de l'année à l'exception de Noël et du premier de l’an. La visite se développe le long de deux itinéraires, avec des horaires différents selon la saison : le premier itinéraire d’une longueur de 1 km et de durée d’environ 50 minutes, le second de 3 km et de durée d’environ deux heures. Des visites nocturnes sont prévues en été.
Le gouffre dit "la Grave" est la première et la plus grande salle du système karstique qui mesure 100 mètres de longueur, 50 de largeur, 60 de profondeur. Elle est le seul orifice qui communique avec l’extérieur.
Au-delà de la Grave, stalactites, stalagmites, draperies, colonnes, précieux cristaux pointent partout. Les noms des environnements traversés sont le fruits de l’imagination des premiers explorateurs : la Louve, les Monuments, la Chouette, la Petite Vierge Marie, l’Autel, le Précipice, le couloir du Désert, la Colonne Renversée, le couloir Rouge, la Coupole, la grotte Blanche : la dernière galerie et la plus étincellante.
Particularités
Les particularités qui rendent unique les grottes de Castellana sont surtout trois : "la Grave", la "grotte Blanche" et les concrétions des "Cavernes".
La Grave
Le gouffre dit La Grave est un immense panthéon naturel. Dans la voûte de cette caverne s’ouvre un lanterneau bordé par une couronne de yeuses à l’intérieur duquel transparaît un pan de ciel. Un gigantesque cône de lumière solaire vient d’en haut, il se meut en suivant des cadences et des parcours récurrents sur la base des heures et des saisons. La lumière semble dessiner, tout d’abord, les contours d’un grand écran blanc sur les parois rocheuses abruptes, puis elle anime les lointains Cyclopes stalagmitiques, pareils à des géants marins émergeant du chaos d’une mer orageuse. Enfin, la lumière explore et sonde l’irrégulier fond du gouffre, en ignorant les sombres parois méridionales de l’abîme, les grandes draperies cassées et les colonnes recouvertes d’antiques mousses et de lichens, au-delà desquelles se montrent les fantastiques architectures élevées dans l’obscurité millénaire. La Grave, la première grandiose caverne du monde souterrain des grottes de Castellana est la seule qui communique avec l’extérieur.
L’histoire de la Grave commence au Crétacé supérieur (il y a presque 90-100 millions d’années), quand les Pouilles étaient submergées par une antique mer, dans laquelle vivaient des vastes colonies de mollusques et des végétaux marins. Pendant des millions d'années, plusieurs générations de ces formes de vie se sont succédé les unes aux autres et, en mourant, leurs coquilles vidées et leurs carcasses se sont accumulées au fond de la mer, en formant un gigantesque dépôt de boue et de sable. Ce dépôt, en augmentant lentement et continuent, s’était comprimé de plus en plus, jusqu'à former une couche de calcaire de plusieurs kilomètres d'épaisseur. À partir d’il y a soixante-cinq millions d’années, la progressive élévation des terres a amené la région à acquérir son aspect actuel et dans la masse calcaire émergée, à cause de sa rigidité, se sont formées des vastes fractures, qui l’ont fortement gravées.
L’eau des intenses précipitations, en filtrant dans le sous-sol, a ensuite formé une vaste nappe aquifère souterraine, qui a dissous graduellement le calcaire et élargi les fractures. Les coupures se sont unies les unes aux autres à cause de l’écroulement de la roche interposée, en formant ainsi des petits conduits, qui se sont de plus en plus transformés en des cavernes toujours plus grandes. Dans les endroits où un grand nombre de fractures se coupaient (ce phénomène est plus fréquent ici que dans les autres points du système karstique de Castellana) elles ont causé des effondrements étendus et répétés. Les effondrements se sont agrandis de plus en plus vers le haut, en réduisant l’épaisseur de la roche qui séparait la cavité de l’extérieur jusqu'à causer l’éboulement de la couche résiduelle, désormais amincie, en faisant arriver le premier rayon de soleil à l’intérieur de la grotte.
La "Grotte Blanche"
À l’extrémité du parcours souterrain et à environ 1500 m de la Grave, un petit portail creusé dans une imposante paroi d’albâtre introduit dans la dernière et le plus bel endroit des grottes de Castellana : la grotte Blanche (entendre la "galerie blanche").
Soudainement toutes les merveilles des environnements traversés jusqu'ici, disparaissent presque en face de l’éclat de cet angle de Paradis. En avançant lentement, presque en religieux silence dans ce temple souterrain, toute la blancheur de l'albâtre se déploie autour du visiteur étonné, pour cette raison cette grotte est définie la plus resplendissante au monde entier.
Un petit bassin, jadis bien rempli d’eau de stillation, montre maintenant une gemmation de cristaux qui couvrent le fond et le parois de ce minuscule, mais spectaculaire petit lac. Des stalactites blanches et diaphanes, qui reflètent la lumière, couvrent chaque coin de la caverne.
Le dernier scénario est de face : deux hautes imposantes colonnes semblent soutenir la voûte de la dernière caverne, partout ornée de blanches stalactites et de concrétions coralloïdes. Ceci est la dernière limite de l’excursion souterraine et certainement le moment le plus suggestif, qui nous rappelle encore une fois la puissance et la beauté de la nature.
Le concrétionnement
Sûrement l'aspect le plus fascinant du paysage esthétique des grottes de Castellana est leur concrétionnement : c’est-à-dire le revêtement des nues parois des cavernes par les dépôts de calcaire. Au fil des siècles l’eau pluviale, en traversant lentement les couches rocheuses situées au-dessus, a causé la mise en suspension des sédiments.
Quand l'eau qui suinte par stillation rejoint les creux des cavernes, elle tombe sur le sol en laissant sur la voûte et sur le plancher un dépôt de carbonate de calcium qui permet la croissance des stalactites, les concrétions qui se forment au plafond, et des stalagmites attachées au sol.
Au fil du temps les unes et les autres grossissent graduellement et finissent par se réunir en formant des colonnes.
Mais au-delà de ces formes élémentaires, il y a beaucoup d’autres types de concrétionnement, à savoir les coulées et les draperies, dues à l’écoulement de l’eau, les concrétions coralloïdes et les cristaux engendrés en milieu aquatique, et enfin les concrétions excentriques, qui défient la loi de la gravité, et les perles de grotte, qui ont été formées par le dépôt de couches successives de calcite autour d'un grain de roche.
Les stalactites excentriques méritent un chapitre à part. Ces concrétions, de taille généralement réduite, n’obéissent pas à la loi de la gravité comme les autres stalactites. Elle croissent latéralement, incurvées en demi-cercle et même vers le haut, en créant des formes spectaculaires.
Les spécialistes ont des avis discordants sur leur genèse, la littérature spéléologique présent plusieurs hypothèses ; de toute façon, il y a surement beaucoup de causes différentes à l’origine de leur direction aléatoire.
Hormis le cas de la présence des éventuels courants d’air qui peuvent détourner horizontalement le chemin des gouttes d’eau, dans les autres cas le rôle principal est joué par des formes particulières de cristallisation de la calcite. La calcite est un minéral qui cristallise dans le système rhomboédrique, en effet la canule de la stalactite est formée par une série de rhomboèdres très petits qui s'interpénètrent. Si, pour diverses raisons, une perforation se produit sur le petit tube, l’eau qui fuit à travers cette ouverture crée une apposition latérale d’autres rhomboèdres.
Même la présence d’impuretés de natures différentes peut gêner la formation du rhomboèdre de calcite dans une direction, ceci causera la formation d’une ramification latérale qui continuera à se développer dans une direction différente.
Il y a aussi des stalactites excentriques formées par une canule centrale extrêmement petite, avec un diamètre inférieur au millimètre, dans lequel l’eau coule très lentement. À son extrémité inférieure il y a toujours une gouttelette d’eau dans laquelle les cristaux de calcite peuvent se disposer selon des orientations différentes, donnant origine à des concrétions qui suivent différentes directions.
Faune cavernicole
Les recherches bio-spéléologiques conduites à l’intérieur des grottes de Castellana ont amené à la découverte d’une très riche faune cavernicole, comprenant des nouvelles espèces endémiques, à savoir :
- les crustacés isopodes Murgeoniscus Anellii et Castellanethes Sanfilippoi ;
- le pseudoscorpion Hadoblothrus gigas ;
- le coléoptère pselaphidae Tychobythinus anelli ;
- le coléoptère carabide Italodytes stammeri.
Notamment, l’orthoptère Troglophilus Andreinii est particulièrement répandu dans ces grottes, il s’agit d’une espèce de criquet cavernicole, et les visiteurs les plus heureux peuvent avoir la chance de le rencontrer pendant la visite aux grottes.
L’animal le plus caractéristique des grottes est sans aucun doute la chauve-souris, le seul mammifère capable de vol actif. En effet, elle est dotée d'une subtile et fragile membrane sous-tendue par les longs doigts du membre inférieur, et étendue jusqu'au membre postérieur et parfois jusqu'à la queue.
Cinq espèces sont présentes dans les grottes de Castellana, toutes de petite taille : Miniopterus schreibersii, Rhinolophus ferrumequinum, Rhinolophus mehelyi, Rhinolophus euryale et Myotis capaccinii.
