Groupe Saur
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Saur (acronyme de Société d’aménagement urbain et rural) est un groupe français du secteur de l’eau et de l’assainissement. Son activité s’organise autour de la gestion déléguée de services pour les collectivités locales et la fourniture de solutions de traitement de l’eau pour les industriels. Il est aussi actif sur le marché de l'ingénierie et de la construction d’ouvrages liés au traitement de l'eau.
| Saur | |
| Création | 1933 à Angoulême [1] |
|---|---|
| Dates clés | 28 octobre 1986 [2] : immatriculation de la société actuelle |
| Fondateurs | Pierre Crussard |
| Forme juridique | Société par actions simplifiée |
| Siège social | Issy-les-Moulineaux |
| Direction | Patrick Blethon (président exécutif)[3] |
| Actionnaires | Principal actionnaire : EQT Partners[4], DIF Capital Partners, PGGM infrastructure fund[5],[6] |
| Activité | Captage, traitement et distribution d'eau, assainissement[7] |
| Produits | Eau, ingénierie, travaux, services aux collectivités locales et aux industriels |
| Filiales | Natural System Utilities[8], Stereau, Cise TP, Imageau, Nijhuis Saur Industries, Saur Services, Odalie[9], Coldep, Aquachem |
| Effectif | 12 000 (chiffre 2025) dans le monde[10],[11] |
| SIREN | 339 379 984 |
| Site web | www.saur.com |
| Chiffre d'affaires | 2 317 000 000 € en 2024 (+10,8 %)[12] |
| Résultat net | 19 millions d'€ (2024) [12] |
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En France, Saur est le troisième opérateur de gestion de l'eau. Le groupe est présent à l’international, notamment en Europe, en Amérique du Nord, au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est. En 2024, Saur réalise un chiffre d'affaires de 2,3 milliards d’euros.
Historique
Origines et développement (1933-2004)
Saur est créée en 1933 à Angoulême. Elle se spécialise initialement[13] dans la production et de la distribution de l’eau potable et du traitement des eaux usées dans l’ouest de la France[14].
En 1984, le groupe Bouygues devient l'actionnaire majoritaire[15].
Saur International est créé en 1994, à la suite d'un accord entre Bouygues et Électricité de France (EDF)[16].
En 1997, le groupe Saur fusionne avec la Cise, la filiale environnement de Saint-Gobain[17]. En 2001, EDF cède sa participation dans le capital et Bouygues redevient l'unique actionnaire. En 2006, après en avoir fait l’annonce en 2004, Bouygues revend sa participation dans Saur[18],[19].
Changements d’actionnariat et restructurations (2005-2017)
En 2006, après en avoir fait l’annonce en 2004, Bouygues cède ses parts dans Saur[20],[19]. En 2007, PAI partners cède ses parts à un consortium composé de[21] la Caisse des dépôts et consignations (47 %), Séché Environnement (33 %) et AXA (20 %)[21]. En 2008, la Caisse des dépôts et consignations et Axa Private Equity vendent respectivement 9 % et 3 % du capital à Cube Infrastructure, fonds de Natixis[22].
En 2013, face à son endettement proche de deux milliards d'euros[23], le groupe Saur est en difficultés[24] et proche de la faillite[25]. En , un plan de refinancement est approuvé, permettant aux banques créancières (BNP Paribas et le groupe BPCE) de devenir actionnaires majoritaires et de réduire la dette de Hime, holding de Saur[26]. Ce plan de refinancement s’accompagne d’un plan social et d’une réorientation entraînant la suppression de plusieurs centaines de postes[27], le groupe est « passé tout près du gouffre »[26].
Le groupe Saur s'engage dans un programme de transformation numérique fin 2013[28].
En , Paprec annonce l'acquisition de Coved, la filiale spécialisée dans le traitement de déchets de Saur, pour un montant évalué entre 220 et 280 millions d'euros[29].
Le 5 avril 2017, le groupe Saur se recentre sur son cœur de métier[30], l’eau, et annonce la cession officielle de sa filiale propreté (Coved) à Paprec pour un montant estimé à environ 250 millions d’euros[31],[32].
En , Saur annonce sa nouvelle ambition stratégique avec l’objectif de faire croître son chiffre d’affaires de 700 millions d’euros d’ici 2022[26],[33]. Endettée, dans l’obligation de refinancer sa dette pour 2019, la direction de Saur demande à trois banques (Natixis, Morgan Stanley et BNP Paribas) de préparer l’évolution de sa structure financière et capitalistique[34].
En , le groupe Saur annonce qu’il va vendre 70 % de ses actions et recherche d’un ou de plusieurs « partenaires stables ». Plusieurs candidats se proposent dont surtout des fonds d’investissement, dont Macquarie, Kohlberg Kravis Roberts & Co., Global Infrastructure Partners, Mirova, Ardian et Antin Infrastructure) ainsi que des industriels comme Mitsubishi, Remondis et Aqualia[35],[36].
Les actionnaires de Saur sont liés par une convention de conservation de leurs titres. Cette clause expire en octobre 2018[37].
Depuis 2018 : expansion internationale
En , le fonds d’investissement suédois EQT détenu par la famille Wallenberg est choisi pour reprendre Saur, l'opération étant finalisée à la fin de l'année[38].
En juin 2019, Saur fait sa première acquisition en Amérique du Sud en rachetant le colombien Naunet qui gère la distribution d’eau potable ainsi que l’assainissement[39].
Fin , le groupe Saur décide d'investir sur la technologie en rachetant 51 % du capital du britannique Riventa Ltd, une start-up spécialiste de l'innovation en matière de gestion d'eau[40]. Riventa propose des capteurs ou d'algorithmes qui permettent un suivi en temps réel du rendement des pompes au sein des usines de production d'eau potable[41]. Grâce à ces innovations, la Saur affirme espérer atteindre de bien meilleurs rendements grâce à une baisse importante de la consommation d'énergie de la production[42]. La même année, l’entreprise obtient une certification internationale anti-corruption pour ses activités françaises[43].
En , Saur acquiert la société Nijhuis Industries, société néerlandaise spécialisée dans le traitement des eaux industrielles[44].
En 2021, Saur fait l’acquisition d’Aquapor, acteur majeur dans la gestion des concessions d’eau municipale au Portugal[45].
En 2022, Saur fait l'acquisition de l’entreprise Aqua-Chem, spécialisée dans la purification de l’eau[46], et située dans le Tennessee[47] et annonce son intention de racheter Suez Industrial Water (SIWL)[48] ainsi que Veolia Mobile Water Services[49]. La même année, l’entreprise est valorisée à plus de 3 milliards d'euros[50], et continue le recentrage de ses activités en cédant ses actifs dans d’autres secteurs (cession de la chaîne de campings Flower Camping entre autres)[51].
À la suite de l’annonce faite le d'entrée en négociation exclusive, Saur annonce en qu’EQT a vendu 50 % de sa participation indirecte dans le capital de Holding d’Infrastructures des Métiers de l’Environnement (« HIME »), la société holding de Saur, à un consortium formé par PGGM et DIF Capital Partners[52].
En octobre 2024, l’entreprise annonce l’émission de 500 millions d’euros[53] d’obligations « bleues » (blue bonds), un investissement dédié aux projets en rapport avec la protection des ressources en eau[54]. Toujours en 2024, Saur lance Odalie, sa filiale commune avec Inovaya, une joint-venture spécialisée dans l’immobilier[55], et qui propose notamment Aquapod, une solution qui permet de récupérer les eaux grises[56].
En , la filiale néerlandaise du groupe fait l’acquisition d’une majorité de Coldep, spécialiste du traitement de l’eau industrielle permettant la capture et la concentration de micropolluants[57].
Activités et filiales
En 2022, à travers le monde, Saur compte 20 millions de consommateurs pour 9.500 collectivités locales et industriels[58]. L’entreprise est présente dans plus de 25 pays[59].
L’entreprise est notamment présente en Amérique du Nord (Etats-Unis[47]), en Europe, au Moyen-Orient (Qatar[60], Arabie saoudite et Émirats arabes unis)[61],[62] en Asie[63] et en Amérique du Sud[64].
Activités
Gestion de l'eau et services aux collectivités
Saur, historiquement, est un opérateur de gestion déléguée de services d’eau (DSP[65]). Il intervient pour le compte de collectivités locales (communes, syndicats, métropoles). Saur dessert en France 6 700 communes[66],[67] et sept millions de consommateurs pour les services d'eau et d'assainissement[68],[69]. Le groupe Saur est impliqué dans le développement de procédés de traitement, en particulier pour l'élimination des micropolluants.
Il a en gestion 4 600 stations d'épuration et usines de traitement d'eau potable, 230 000 km de réseaux, et produit 700 millions de m3 d'eau potable[70] ainsi que 500 millions de m3 d'eau assainie par an. En France, Saur est le troisième opérateur[71] pour la distribution d'eau, après Veolia et Suez[72].
Eaux industrielles
Depuis 2020 et l'acquisition de la société néerlandaise Nijhuis Industries, le groupe structure une division dédiée aux clients industriels, baptisée Nijhuis Saur Industries (NSI)[73]. Cette branche conçoit et exploite des installations de traitement des eaux de process et des effluents pour des secteurs tels que l'agroalimentaire, la chimie et la pharmacie[74],[75]. Elle intègre également les services d'eau mobile (unités mobiles de traitement d'eau pour des besoins temporaires ou d'urgence[76],[77], ainsi que la valorisation énergétique (transformation des boues d'épuration et des effluents industriels en biogaz ou biométhane)[78],[79].
Ingénierie et construction
Stereau est la filiale ingénierie du groupe Saur. Pour le compte d'entreprises industrielles ou de collectivités locales, Stereau assure « la conception[80], la construction et l'assistance à l'exploitation » de stations d’épuration et d’usines de production d’eau potable. Stereau intervient également dans la construction d’usines de traitement des eaux de process et d’équipements de traitement des odeurs, des graisses, de réduction du volume des boues[81].
Cise TP conçoit, installe et réhabilite des réseaux de distribution d'eau. L'entreprise intervient sur les travaux hydrauliques, incluant la pose, la réhabilitation et l'entretien des réseaux de distribution d'eau et de collecte des eaux usées.
Technologies de traitement et dépollution
Sur le site de Sérignac, en Garonne, Saur met en place pour la première fois la technologie Carbo Plus, qui utilise du charbon actif pour traiter les pesticides, les micropolluants ainsi que les résidus pharmaceutiques[82].
En 2024, l’entreprise propose un nouveau service dans le secteur immobilier avec la réutilisation des eaux grises des bâtiments[83],[55].
La société Coldep est une entité avec une technologie brevetée de séparation par pression du vide (Vacuum Air Lift), permettant de séparer les contaminants de l’eau[57].
Développement international
Fondé en 1933, le groupe Saur s’est développé à l’étranger dès les années 1960, en Afrique[84] d’abord, mais aussi en Europe, en Asie et en Amérique du Sud. L’arrivée de nouveaux actionnaires en 2007 a permis au Groupe de reprendre son développement, et de rapidement se déployer en Pologne, en Espagne[21], au Portugal et plus récemment en Arabie Saoudite[85],[86].
Depuis 2010, la National Water Company (NWC) d'Arabie saoudite confie à Saur le management contract d’eau et d’assainissement des villes de La Mecque et de Taëf[87]. En , Saur s’implante en Amérique latine par l’acquisition de l’entreprise colombienne Naunet[88]. Le , Saur renouvelle pour cinq ans son partenariat avec Marafiq pour l’exploitation des villes industrielles d'Al-Jubayl, Yanbu et Ras Al-Khair (Arabie saoudite)[89].
En , Saur fait l'acquisition d'Aquapor, un acteur majeur[90] au Portugal[91], puis d’autres acteurs dans le traitement des eaux industrielles en Europe (en Espagne avec Gestagua[92]) et aux États-Unis (avec Aqua-Chem en 2022)[93].
Toujours en 2021, un consortium d’entreprises emmené par le groupe Saur remporte un nouveau contrat dans le cadre du programme de privatisation des infrastructures d’eau en Arabie saoudite. Fin 2020, un consortium d’entreprises emmené par le groupe Saur avait déjà remporté un premier contrat, toujours dans le cadre du programme de privatisation des infrastructures de l’eau en Arabie saoudite pour la gestion du « Cluster du Nord-Ouest »[94],[95],[96].
Fin 2025, le groupe Saur annonce avoir remporté un contrat d'assainissement de 430 millions d'euros sur cinq ans au Qatar, qui porte sur la ville de Doha et le sud du pays[97].
Actions et communication
Lobbying
Saur déclare à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique exercer des activités de lobbying en France pour un montant qui n'excède pas 300 000 euros sur l'année 2018[98].
Le cabinet Public & Private Link[99], ainsi que la Fédération professionnelle des entreprises de l'eau[100] indiquent mener des activités de lobbying pour le compte de Saur.
Controverses
Condamnations pour coupures d'eau
Saur est condamné à plusieurs reprises, pour avoir coupé ou réduit l'alimentation en eau d'un client. La loi Brottes de 2013 interdit les coupures d'eau dans une résidence principale, quelle que soit la situation financière du ménage[101],[102].
Polémique autour des marges effectuées à Nîmes
En , l’émission Cash Investigation dénonce, lors d’une enquête sur le contrat liant l'agglomération de Nîmes Métropole et Saur depuis 2002, une marge trop importante effectuée par la société Saur. L'expert-comptable Patrick du Fau de Lamothe annonce dans l'émission que les Nîmois paient entre 30 et 40 % leur eau trop chère. Il a également signalé que la marge effectuée par Saur à Nîmes était « deux à trois fois plus importante que celle réalisée par les opérateurs de l'eau à Cergy, Dunkerque ou Toulouse »[103],[104]. Le groupe Saur a démenti ces informations dans un communiqué en date du [105].
Gouvernance
Soupçons de favoritisme
En 2009, il est reproché à Olivier Dussopt, alors maire député-maire d’Annonay, d’avoir favorisé Saur. En janvier 2024, la justice relaxe Olivier Dussopt en indiquant qu’ « aucune information privilégiée » n’avait été communiquée et qu’il « n’y a pas eu de violation du code des marchés publics »[108],[109].