Depuis la disparition du royaume de Petite-Arménie, la Cilicie sous l’autorité lointaine des sultans mamelouks du Caire sombre dans l’anarchie. Le clergé arménien, particulièrement celui de la Grande-Arménie qui bénéficie d’une sécurité relative depuis l’intégration de l’Arménie dans l’empire de Jihan Shah des TurcomansQara Qoyunlu, constate qu’il n’y a aucun avantage ni utilité de maintenir la résidence patriarcale éloignée de son siège historique. Une assemblée générale de sept cents membres du clergé, évêques, archimandrites, docteurs, archiprêtres, princes et notables, réunis à Etchmiadzin en mai 1441 prend dès lors la décision de ramener le siège du Catholicossat dans cette ville.
Grégoire IX Mousabegian, qui occupe le siège patriarcal à Sis, aurait été invité à accomplir ce transfert. Les sources divergent sur sa réaction: selon certains, il refuse[2], tandis que selon d’autres, il y consent et abdique[3].
Pour couper court à la compétition de plusieurs évêques puissants et ambitieux comme Zakaria, patriarche d'Aghthamar, Zakaria de Havoutztar, chef du clergé de Siounie, et Grigor Djélalbeguian, archevêque d'Ardaze, le synode décide d’élire comme Catholicos à EtchmiadzinKirakos de Virap, ecclésiastique plus réputé pour sa piété et la sainteté de ses mœurs que pour son influence.
À Sis, Grégoire IX Mousabegian refuse de s’incliner[4], et il se maintient comme patriarche jusqu’à sa mort en 1446. L’élection de son successeur Garabed de Tokat est à l’origine des Catholicos arméniens de Cilicie qui ont perduré jusqu’en 1930 avant que le siège ne soit transféré au Liban, à Antélias.
↑ Claude Mutafian, Les Arméniens en Cilicie: Vingt siècles de présence, deux siècles de royauté, octobre 2002 [lire en ligne(page consultée le 18 octobre 2009)].
↑ Malachia Ormanian, L’Église arménienne — son histoire, sa doctrine, son régime, sa discipline, sa liturgie, sa littérature, son présent, 1910, «Histoire», chapitre XV[lire en ligne(page consultée le 17 octobre 2009)].
↑ Ce qui va à l'encontre de la thèse consensuelle de 1910 évoquée ci-dessus.
Bibliographie
Malachia Ormanian, L’Église arménienne — son histoire, sa doctrine, son régime, sa discipline, sa liturgie, sa littérature, son présent, 1910, «Histoire», chapitre XV[lire en ligne(page consultée le 17 octobre 2009)].