Guesch Patti
auteur-compositeur-interprète, chorégraphe et danseuse française
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Guesch Patti est une autrice-compositrice-interprète, chanteuse, danseuse, chorégraphe et actrice française, née le à Neuilly-sur-Seine et morte le à Paris.
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Patricia Yolande Ghislaine Porrasse |
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Guesch Patti |
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Elle est principalement connue pour sa chanson Étienne, numéro 1 au Top 50, certifiée disque d'or, classée dans le top 10 européen et qui lui a valu une Victoire de la musique en 1987 ainsi que le prix Vincent-Scotto, un succès international dont elle estimera quelques années plus tard qu'il aura phagocyté sa carrière.
Autrice et interprète de cinq albums studio, elle s'est aussi illustrée comme danseuse contemporaine et comme comédienne de théâtre notamment dans Les Monologues du vagin et L'Opéra de quat'sous, en plus de quelques apparitions au cinéma et à la télévision.
Biographie
Famille et enfance
Patricia Yolande Ghislaine Porrasse naît le à Neuilly-sur-Seine de Linda et Jean Porrasse (1923-1995), agent et directeur artistique chez Pathé-Marconi[1],[n 1]. Elle a pour parrain le comédien Bernard Blier[2].
Elle apprend la danse classique et devient, à l'âge de neuf ans, petit rat de l’Opéra de Paris[2].
Carrière
Danseuse à l'Opéra de Paris
Engagée à l'âge de 15 ans par Roland Petit à l’Opéra de Paris[2], elle opte huit ans plus tard pour la danse contemporaine[2]. Elle collabore avec Joseph Russillo, Carolyn Carlson[2]; Pina Bausch[2], Karlheinz Stockhausen, Sylvano Bussotti puis avec le Four solaire d’Anne-Marie Reynaud et d'Odile Azagury en 1976. Par ailleurs, elle travaille pour la télévision comme danseuse, et accompagne notamment Nana Mouskouri et Sylvie Vartan sur scène[3].
Groupes musicaux
En parallèle de sa carrière de danseuse, elle se lance en 1964 dans la chanson et enregistre avec son mari, le chanteur et pianiste Yves Gilbert, quatre 45 tours sous les noms d’Yves et Patricia[1].
En 1984, elle participe à la formation du trio Dacapo (avec Lydie Callier), et remporte le prix Radio Mont-Blanc de la découverte lors d'un festival à Dijon. Elle choisit son nom de scène « Guesch » en référence au sobriquet d'origine basque (Gaixoa) que lui donnait son grand-père[4].
Succès international d'Étienne
Se lançant dans une carrière solo, Guesh Patti connaît le succès avec la chanson Étienne qu'elle a écrit sur une musique de Vincent Bruley et sortie en juin 1987. Classé n°1 en France et en Italie[5], n°3 en Suisse, n°6 en Autriche et n°9 en Allemagne de l'Ouest[6], le titre s'écoule au total à plus d'1,5 million d'exemplaires et obtient un disque d'or en France[7]. Le 19 décembre suivant, Guesh Patti est récompensée d'une Victoire de la musique dans la catégorie « Révélation féminine de l'année », devant Vanessa Paradis et Maurane.
Le clip, principalement en noir et blanc, est réalisé par Lydie Callier et fait polémique en raison de son contenu mêlant sexe et drogue[1]. Il aurait inspiré Madonna durant cette même période[4],[8]. La cinéaste, photographe et plasticienne Élodie Lachaud témoigne : « Ces deux guerrières se zieutaient en permanence. Madonna suivait tous les clips de Guesch. Celle-ci en parlait souvent. C’était sa grande fierté. Guesch était instinctive et cérébrale. Les arts, c’était sa vie. Ce n’est pas un hasard si elle nous a quittés le soir de la Fête de la musique »[8].
Guesch Patti signe aussi pour ce titre deux contrats en parallèle avec deux producteurs différents, provoquant un imbroglio inextricable et un long conflit juridique (conclu en 1995 par un tribunal) pour déterminer quel est le bon contrat[7].
Albums
En 1988, elle publie l'album Labyrinthe[9], dont est extrait un deuxième titre, Let Be Must the Queen, qui se classe vingt-cinquième au Top 50.
Nomades, son deuxième album, sort en janvier 1990[9], suivi d'une tournée européenne et de concerts donnés aux États-Unis, ainsi qu'au Canada. Toutefois, ni l'album ni les titres L'Homme au tablier vert, Comment dire et Nomades ne rencontrent le succès.

En 1992, l'album Gobe, enregistré à Minneapolis dans les studios de Prince[9] et produit par son ancien batteur, Bobby Z, est un échec commercial. Elle part de nouveau en tournée, proposant un spectacle mêlant danses et chansons avec en décor une peinture sur toile réalisée pendant chaque représentation. L'album Gobe est sans doute le plus abouti de Guesch Patti, tant au niveau des sonorités musicales ou des textes, que des thèmes abordés ou de l'iconographie.
L'album Blonde, sorti en 1995[9], est fortement marqué par une évolution vers des sonorités moins commerciales et de nouvelles collaborations, avec entre autres, Matthieu Chedid, Étienne Daho (sur le titre Blonde) et Françoise Hardy (sur le titre Un peu… beaucoup). Trois extraits font l'objet de singles : La Marquise, Blonde et Amnésie. Par ailleurs, en 1996, Guesh Patti est l'une des artistes choisie par le cinéaste britannique Peter Greenaway pour la bande originale de son film The Pillow Book, avec trois chansons de l'album : La Marquise, Blonde et La Chinoise.
Dernières Nouvelles, paru en 2000[9], le cinquième album de Guesch Patti, met en évidence une ambiance douloureuse et mélo-dramatique empreinte de solitude. Un DVD sorti en complète l'album. Innovant dans le domaine de la musique, il présente une grande partie de l'album, alternant chansons, performances chorégraphiques, ainsi qu'une fausse interview traitant de problèmes existentiels ou de la condition de l'artiste.
Danse, théâtre et spectacles
En 2001, Guesch Patti prend ses distances avec le monde de la musique, cherchant à diversifier ses expériences artistiques : elle confie à l’Agence France-Presse combien le succès d’Étienne lui semble avoir phagocyté sa carrière, même s’il lui a permis de décrocher une Victoire de la musique[1],[10],[11]. À ce sujet, elle confie, le 26 avril 2002 dans le talk-show On ne peut pas plaire à tout le monde sur France 3, « détester les récompenses » considérant que « les artistes sont uniques » et « n'ont pas à être en concours ». Elle confirme que « le show biz l'a rendue malheureuse » et révèle « faire tout sur ses dettes ». Elle reprend ainsi sa carrière de danseuse, puis, sous la direction d’Anne-Marie Reynaud, crée Elle sourit aux larmes, cinq soli signés Odile Azagury, Odile Duboc, Pascale Houbin, Daniel Larrieu et Dominique Mercy[1]. La même année, Guesch Patti s'offre un duo avec Gonzales pour le single Dans tes yeux.
À partir du début des années 2000, on la voit aussi au théâtre, notamment dans les Monologues du vagin[12], dans L'Opéra de quat'sous, de Bertolt Brecht et Kurt Weill, dans Par-dessus bord, de Michel Vinaver, mis en scène par Christian Schiaretti, dans Jesus Camacho 404 284, d’après des textes de Francis Marmande, Victor Hugo et Victor Segalen, adaptés et mis en scène par Patrick Sommier, puis dans Allegro Ricordando, d’Ami Flammer, mis en scène par Georges Lavaudant.
Elle participe au projet d'Odile Azagury, Les Princesses, qui réunit la fine fleur de la danse contemporaine, avec quinze musiciens de l'ensemble Ars nova sous la baguette de Philippe Nahon. Ce spectacle créé à Poitiers, en octobre 2008, conçu comme un parcours dans l'ensemble du bâtiment, permet au public de découvrir ses différents espaces. Il est repris au théâtre national de Chaillot en novembre 2009. À la suite de ces représentations, elle est invitée à participer aux chorégraphies d’hommage à Pina Bausch au théâtre de Vanves en . De cette aventure, naît le projet de son prochain spectacle : La Revue : Mémoire en défense.
En 2009 sort le single Bilingue, suivi en 2010 par Ensemble, tiré du film Ensemble, nous allons vivre une très, très grande histoire d'amour…[13].
Guesch Patti se produit en 2014 à la Ménagerie de verre à Paris dans RE-VUe, un spectacle de théâtre-danse. En 2018, elle lance un nouveau spectacle, Per au travers, œuvre de danse contemporaine dans lequel elle apparait entourée de deux danseurs. Le spectacle tourne jusqu'en 2020[14].
Cinéma et téléfilm
Guesch Patti joue au cinéma, faisant, entre autres, une brève apparition dans Une pour toutes de Claude Lelouch[12], jouant dans les films Elles de Luís Galvão Teles, aux côtés de Miou-Miou, Marthe Keller, Marisa Berenson et Carmen Maura, dans Suzanne de Viviane Candas ainsi que dans le téléfilm Monsieur Max de Gabriel Aghion.
Membre de jury
Durant l'été 2006, elle est jurée dans le Dancing Show[15], avec Blanca Li, Abou Lagraa et Marc Couderc, diffusé en première partie de soirée sur France 2 et présenté par Anthony Kavanagh. Ce concours dans lequel s'affrontent dix couples de danseurs amateurs, permet notamment la révélation au grand public de Fauve Hautot[15].
Elle est également membre du jury du premier prix Barbara créé par le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand en .
Mort
Guesh Patti meurt dans la nuit du 21 au 22 juin 2026 à Paris, à l'âge de 80 ans des suites d’une longue maladie[1],[16],[12].
Vie privée
De 1964 à 1974, elle est mariée au pianiste Yves Gilbert avec lequel elle forme un duo vocal au début de sa carrière.
Discographie
Singles
- Sous les noms d'Yves et Patricia (avec Yves Gilbert)
- 1964 : La Petite Histoire
- 1964 : Il est bleu, il est gris
- 1965 : Dès que tu me tournes le dos
- 1965 : Voyager
- Sous le nom de Guesh Patti (en solo)
- 1984 : Somnifères (avec le groupe Dacapo)
- 1987 : Étienne
- 1988 : Let Be Must the Queen
- 1988 : Cul cul clan[n 2]
- 1988 : Bon Anniversaire
- 1990 : L'Homme au tablier vert (Fleurs carnivores)
- 1990 : Comment dire
- 1990 : Nomade
- 1992 : Wake Up
- 1992 : Mélomane
- 1995 : La Marquise
- 1995 : Amnésie
- 1996 : Blonde
- 2000 : 4+1
- 2002 : Dans tes yeux (en duo avec Gonzales)
- 2009 : Bilingue
- 2010 : Ensemble
Albums
- 1988 : Labyrinthe
- 1990 : Nomades
- 1992 : Gobe
- 1995 : Blonde
- 2000 : Dernières Nouvelles
Vidéographie
- 2002 : Dernières Nouvelles
- 2007 : Suzanne
Filmographie
Cinéma
- 1997 : Elles de Luís Galvão Teles : Branca
- 1999 : Le Gang des TV, court métrage d'Artus de Penguern
- 1999 : Une pour toutes de Claude Lelouch : la copine gay
- 2007 : Suzanne de Viviane Candas : Ingrid
- 2010 : Toi, moi, les autres d'Audrey Estrougo : la femme de l'Est
Télévision
- 2007 : Monsieur Max, de Gabriel Aghion : la bourgeoise
Théâtre
- 2003 : Marche's de Pedro Pauwels, théâtre de l'Étoile du Nord
- 2004 : Les Monologues du vagin d'Eve Ensler, mise en scène Isabelle Rattier, Petit Théâtre de Paris
- 2003-2004 : L'Opéra de quat'sous de Bertolt Brecht et Kurt Weill, mise en scène Christian Schiaretti, TNP Villeurbanne puis Théâtre national de la Colline et Théâtre national de Strasbourg
- 2006 : Jésus Camacho 404 284 de Francis Marmande, Victor Hugo, Victor Segalen, mise en scène Patrick Sommier, MC93 Bobigny
- 2008 : Par-dessus bord de Michel Vinaver, mise en scène Christian Schiaretti, TNP Villeurbanne puis Théâtre national de la Colline
- 2009 : Allegro ricordando d'Ami Flammer, mise en scène Georges Lavaudant, MC93 Bobigny
- 2009 : Les Princesses d'Odile Azagury, Théâtre national de Chaillot
- 2012 : La culture c'est la règle, l'art c'est l'exception, lectures et chants, avec Le Collectif artistique de la Comédie à Valence (Drôme)
- 2012 : Une heure avec de Reinhardt Wagner. Récital de chant et piano en hommage à Roland Topor à Nancy
- 2014 : RE-VUe, spectacle théâtre et danse de Guesch Patti dans le cadre du festival Étrange Cargo à la Ménagerie de verre (Paris)
Distinctions
Récompenses
- Prix Radio Mont-Blanc de la découverte (festival de Dijon, 1984)
- Victoires de la musique 1987 : révélation féminine de l'année[17].
- Prix de l'artiste européenne 1987[3].
- Prix Vincent-Scotto 1988.
- Prix René-Jeanne 2008 pour sa contribution artistique et sa longévité dans le monde du spectacle[18].
Nomination
- Victoires de la musique 1988 : nommée dans la catégorie « Artiste interprète féminine »