GuillaumeIer de Rarogne (en allemand Wilhelm von Raron), ditle Bon, né vers 1351 et mort en 1402, est évêque de Sion de la fin du XIVesiècle et du début du siècle suivant.
Origines
Guillaume de Rarogne est membre de la famille de Rarogne, qui a donné quatre évêques de Sion[1],[2].
Il est naît vers 1351[2]. Il est le fils de Pierre de Rarogne († av.), important seigneur du Valais au service de l'évêque de Sion, et d'Alesia Albi[2]. Son frère, Guichard († av.), sera député de Sion à la Diète valaisanne (1384), Grand bailli du Valais (1391), et bailli épiscopal (1399-1415)[3].
Élection épiscopale
Guillaume de Rarogne commence sa carrière comme chanoine de Sion où il est mentionné en 1367[2]. Il obtient la cure de Viège, en Vallais, en 1381[2].
Il est dans un temps envisager par le comte de Savoie, AmédéeVII, pour succéder sur le siège de Sion[4]. Le comte, cherchant un évêque qui lui serait favorable, s'intéresse au chanoine Guillaume de Rarogne, dont la famille est plutôt proche des Savoie, toutefois il change d'avis, «peut-être parce que la puissance de la famille de Rarogne suscitait l'appréhension des Valaisans eux-mêmes» (Galland, 1998)[4].
Il faut attendre l'année 1391, pour que le pape Boniface IX l'appelle à devenir évêque de Sion et comte du Valais[5],[2]. L'élection a du se dérouler après le où il est mentionné comme simple citoyen à l'occasion d'un contrat d'achat à Brigue[6]. Il faut attendre le , pour qu'il apparaisse comme «electus Sedunensis» dans une lettre papale[6]. Selon la notice du Dictionnaire historique de la Suisse, l'accession à l'épiscopat s'explique par le fait que sa famille s'est détournée de la papauté d'Avignon pour entrer dans l'obédience de Rome[2].
Dans le contexte du Grand Schisme d'Occident, le siège de Sion fait l'objet de tensions entre Avignon, Rome et la Savoie. En 1391, Humbert de Billens est l'évêque d'obédience avignonnaise[2], depuis 1388, soutenu par l'archevêque de Tarentaise et les Savoie[7]. Certains membres du Chapitre ont contesté cette nomination et ont désigné Henri de Blanchis (de Blanches) à sa place, confirmé rapidement par le pape romain, Urbain VI[7]. Il est cependant écarté par les Valaisans, car jugé trop vieux, et sa démission[8] permet à Guillaume de Rarogne de lui succéder[7],[2]. Galland (1998) rappelle cependant que «Sa victoire n'était d'ailleurs pas celle du pape de Rome, mais celle des communautés valaisannes qui refusaient un évêque au service de la maison de Savoie»[7]. En effet, depuis près d'un siècle, un conflit oppose l'Église et les communes du Haut-Valais (partie germanophone)[7].
Épiscopat
En tant qu'évêque, il réside à Loèche, bourg resté fidèle à l'évêque durant la période de tension, jusqu'en 1393[2].
Il est chargé par Rome de collecter les annates et des taxes dans la province ecclésiastique de Tarentaise[9]. Toutefois, sous influence savoyarde, il n'a pas accès à cet espace[9].
À la suite des tensions entre l'Église, les Dizains et les comtes de Savoie, au cours du XIVesiècle, un traité de paix est signé, en 1392[10], entre la régente de Savoie, Bonne de Bourbon, certaines communautés et l'évêque Humbert de Billens, qui n'a toujours pas démissionné[11]. Cet événement précipitera sa chute et l'imposition du nouvel évêque de Rarogne[2].
En raison de la pacification des relations avec la Savoie, il est surnomméle bon[2].
La date de sa mort n'est pas connue, elle se situe certainement entre le et le [6].
Patrick Braun, Brigitte Degler-Spengler, Elsanne Gilomen-Schenkel, Helvetia Sacra: Section I, vol.5: Archidiocèses et diocèses V, Bâle, Helbing Lichtenhahn Verlag, , 564p. (ISBN3-7190-1595-5, lire en ligne[PDF]).
Bruno Galland, «Les papes d’Avignon et la maison de Savoie (1309-1409)», Publications de l'École française de Rome, vol.247, (lire en ligne).