Mohamed Hamdan Dogolo
officier soudanais
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Mohamed Hamdan Dogolo (ar : محمد حمدان دقولو) (var. : Dagalo, Daglo, Daglu) alias Hemedti (ar : حميدتي) (var. : Hemeti, Hemeidti, Himeidti, Hemmeti, Hemetti, Himeiti, « petit Mohamed »[1]), né en 1975, est un chef de guerre et homme politique soudanais.
| Mohamed Hamdan Dogolo محمد حمدان دقولو | |
Hemedti reçu en audience en Russie le 25 février 2022. | |
| Fonctions | |
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| Président du Conseil présidentiel du gouvernement de paix et d'unité | |
| En fonction depuis le (1 an) |
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| Vice-président | Abdelaziz al-Hilu |
| Premier ministre | Mohamed Hassan al-Taaychi |
| Prédécesseur | Poste créé |
| Vice-président du Conseil de souveraineté de transition de la république du Soudan | |
| – (1 an, 6 mois et 8 jours) |
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| Président | Abdel Fattah al-Burhan |
| Prédécesseur | Lui-même |
| Successeur | Malik Agar |
| Vice-président du Conseil de souveraineté de la république du Soudan | |
| – (2 ans, 2 mois et 4 jours) |
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| Président | Abdel Fattah al-Burhan |
| Prédécesseur | Lui-même (vice-président du CMT) |
| Successeur | Lui-même |
| Vice-président du Conseil militaire de transition | |
| – (4 mois et 8 jours) |
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| Président | Abdel Fattah al-Burhan (président du Conseil militaire de transition) |
| Prédécesseur | Kamal Abdelmarouf |
| Successeur | Lui-même (vice-président du CS) |
| Commandant des Forces de soutien rapide (FSR) | |
| En fonction depuis mi-2013 | |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Mohamed Hamdan Dogolo Moussa |
| Surnom | Le Boucher du Darfour |
| Date de naissance | (50-51 ans) |
| Lieu de naissance | Soudan ou Tchad |
| Nationalité | Soudanaise |
| Parti politique | Indépendant |
| Fratrie | Abdul Rahim Hamdan Dogolo |
| Profession | Officier |
| Religion | Islam sunnite |
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| Vice-chefs d'État soudanais | |
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Il est le commandant de l'une des plus puissantes milices génocidaires[source insuffisante] du Darfour pro-gouvernementales, dite janjawid, dans la guerre du Darfour[2]. Puis, il est le chef d'unités régulières paramilitaires qui ne sont en fait que des milices janjawid officialisées, à savoir la Brigade du renseignement aux frontières et depuis 2013 les Forces de soutien rapide (FSR)[3]. Cette milice, financièrement soutenue par le gouvernement des Émirats arabes unis, mène depuis une rébellion contre les Forces armées soudanaises, et contrôle à ce jour certaines parties de la région de la capitale Khartoum, certaines parties de la capitale à proprement parler et de la région du Darfour. Les FSR, qui défendent le suprémacisme baggara, commettent de nombreuses atrocités contre les populations autochtones noires non-arabes du Darfour[4]. Hemedti est un des principaux perpétrateurs du génocide du Darfour, tant dans les années 2000 qu'actuellement dans les années 2020.
Il est accusé d'avoir commis « d'innombrables crimes de guerre. » declare Niemat Ahmadi, fondatrice du Darfur Women Action Group. Elle dit que Hemedti est devenu très connu durant la guerre du Darfour « à cause des personnes qu'il a tuées, du nombre de villages qu'il a détruits, des nombreuses femmes qui ont été violées[5]. » Eric Reeves, chercheur et professeur universitaire spécialiste du Soudan, estime qu'il est probable que Hemedti ait « accumulé plus de sang soudanais sur ses mains dans le conflit au Darfour et dans le conflit au Kordofan du Sud — ainsi qu'à Khartoum et ailleurs — que tout autre homme dans le pays » et que la gestion de la guerre par Hemedti s'est faite « au moyen de crimes atroces en série, y compris un génocide et des crimes contre l'humanité[6]. »
En 2019, à la suite de la chute du régime d'Omar el-Bechir, il devient le numéro deux du Conseil militaire de transition, puis du Conseil de souveraineté, tous deux présidés par le général Abdel Fattah al-Burhan.
Le , il est nommé par al-Burhan vice-président du Conseil de souveraineté de transition de la République du Soudan. En , voulant devenir le seul maître du Soudan, Hemedti rompt son alliance avec al-Burhan et déclenche l'actuelle guerre civile, surnommée la « guerre des généraux » en raison de l'antagonisme personnel entre les deux généraux qui constitue l'élément central de cette guerre[7]. Durant cette guerre, il commet de nouveau un génocide dans le Darfour. Cette guerre contribue à créer une famine qui touche 20 millions de personnes et qui a causé la mort de 522 000 enfants[8].
Hemedti est considéré comme l'homme le plus riche du Soudan ; il emploie sa fortune sans compter pour blanchir son image à la recherche d'une reconnaissance internationale servant ses ambitions politiques.
Jeunesse et famille
Mohamed Hamdan Dogolo, un arabophone des Mahariya des Rizeigat, une tribu membre du peuple baggara[9], est le neveu de Juma Dogolo, leader du clan Aoulad Mansour[2] au sein des Mahariya. Ce dernier aurait dirigé la première grande attaque contre le gouvernement par les Janjawids sur la montagne centrale de Jebel Marra sur Kidinjir, quatre mois avant que les rebelles du Darfour se soient déclarés.
Issu d'un milieu nomade, la date de naissance complète de Hemedti est inconnue, tandis que son année et lieu de naissance ne sont pas connus avec certitude. Il déclare être né au Soudan, mais selon la BBC[10], The Guardian[11] et Al Jazeera[12], il serait plutôt né au Tchad, sa famille s'étant réfugiée au Darfour dans les années 1980 afin de fuir la violence de la guerre civile tchadienne et la sécheresse. Son année de naissance est probablement 1975, mais les années 1973 et 1974 sont également proposées.
Dans une entrevue accordée en 2009 au journaliste et chercheur Jerome Tubiana, spécialiste du Soudan et anciennement membre du International Crisis Group[13], Hemedti déclare que son oncle, Juma Dogolo, a échoué à être reconnu comme chef tribal dans le Darfour du Nord et s'est réfugié avec sa famille dans le Darfour du Sud[12]. Il raconte qu'ils y ont été chaleureusement accueillis par les chefs du peuple masalit qui les autorisent à s'installer sur une terre appartenant au peuple four (deux peuples qui seront plus tard victimes des exactions génocidaires des Janjawid et des FSR de Hemedti)[14]. Dogolo quitte l'école après le primaire, s'installe au Darfour du Nord en 1987[15] et devient marchand de chameaux avant de partir faire ses classes dans les rangs de la milice arabe des Janjawid[1].
Avant l'éclatement de la guerre du Darfour, Dogolo était issu d'une famille de marchands de bétails, d'industriels, de propriétaires miniers et d'entreprises téléphoniques : il est issu d'une famille disposant d'un « empire industriel »[16],[17]. Une source indique qu'il aurait été bandit de grand chemin avant la guerre[18], mais cette affirmation a été réfutée par Jerome Tubiana[19].
Guerre du Darfour
Dogolo aurait été approché par les autorités soudanaises après que des Zaghawas aient attaqué une de ses caravanes, volé 3 400 animaux, et enlevé 77 personnes dont 10 membres de sa famille. Mohamed Hamdan Dogolo et ses hommes ont ainsi été recrutés et armés par le gouvernement soudanais pour combattre les rebelles en 2003 et assurer la sécurité de la zone de Nyala[16]. Dogolo y gagne son nom de guerre « Hemedti » (petit Mohamed) en raison de son visage resté longtemps juvénile[20].
Création de la milice et massacres d'Adwa
La milice arabe rizeigat qu'il dirige est impliquée dans l'attaque sur le village d'Adwa le , une opération planifiée en coordination avec le gouvernement soudanais[2]. Hemedti a aussi été l'un des dirigeants d'un massacre plus important à Adwa le [21]. L'attaque de novembre a commencé le matin à 6h00. Sous les ordres de Hemedti et en participant directement avec ses hommes, la milice rizeigat a tué 126 habitants du village, dont 36 enfants[22], a brûlé toutes les maisons, a violé des filles et a détenu des femmes pendant deux jours. Hemedti a dit aux enquêteurs de l'Union africaine que le massacre a été planifié avec le gouvernement pendant plusieurs mois. La milice a brûlé des corps et jeté d'autres dans des puits afin de cacher des preuves[21].
En , il aurait été reçu à deux reprises par le président Omar el-Bechir qui souhaitait l'encourager à mener une offensive à Um Sidr et Kiryari, dans le nord du Darfour, prises peu de temps auparavant par les rebelles[23].
La milice a ensuite fait défection[24] en 2007 à la suite du mécontentement général des Arabes sur le résultat de l'accord d'Abuja conclu en 2006, et signé un pacte avec le MLS de Abdelwahid al-Nour[25]. Cette mutinerie prendra fin au début de l'année 2008 après que Hemedti et ses hommes eurent vu leurs revendications financières satisfaites[9].
Hemedti est peu à peu promu par le pouvoir de Khartoum, jusqu’à ce que ses Janjawid soient regroupés en 2013 dans un corps paramilitaire, les Forces de soutien rapide (FSR), placées sous la responsabilité d’Omar el-Bachir[1]. Ce dernier appelle alors Dogolo « Himayti »; signifiant « mon protecteur »[1].
Forces de soutien rapide et opération Été décisif
En 2014, les Forces de soutien rapide (FSR) sous la direction de Hemedti lancent l'opération Été décisif (« Decisive Summer ») dans le Darfour du Sud et le Darfour du Nord entre fin février et début , qui a abouti à des tueries, des viols en masse et la torture des civils, le déplacement forcé des communautés entières, ainsi que la destruction de l'infrastructure nécessaire à la survie dans l'environnement désertique dont des puits, des réserves d'alimentation, des abris et des outils d'agriculture. Sous les ordres de Hemedti, les FSR ont plusieurs fois attaqué et brûlé dix villes dans le Darfour du Sud, surtout le et le lendemain, causant la mort de plusieurs hommes, femmes et enfants[26]. Des éléments sur l'implication directe de Hemedti dans ces violences ont été collectés par Human Rights Watch (HRW), notamment dans le village de Hiraiga et celui voisin d'Afouna[26].
En , sous la direction de Hemedti, les FSR se sont déplacés vers le Darfour du Nord où ils ont continué à détruire des villages et tuer et violer des civils. Dans la phase II de l'opération Été décisif, les FSR et d'autres soldats gouvernementaux ont mené une campagne de massacres et de viols de civils dans le Djebel Marra entre et [26], sciemment selon des témoignages recueillis par HRW[26]. Un ancien soldat membre des FSR qui a fait défection du groupe, Ibrahim, raconte dans son témoignage à HRW que Hemedti et d'autres officiers ont ordonné aux soldats « d'abuser des femmes ». Ibrahim raconte qu'il a vu onze femmes être violées lors d'une attaque des FSR et qu'il a lui-même tué une femme qu'il tentait de violer[27].
Hemedti a fondé le groupe Al-Junaid, d'abord destiné à l’exploitation des mines d’or avant de se diversifier, et plusieurs sociétés écrans pour financer la milice[28]. L’ONG Global Witness indique que « Hemedti est aujourd’hui à la tête d’un vaste complexe paramilitaro-industriel. Il contrôle à la fois une puissante force militaire et une source indépendante de richesse[28]. »
Hemedti est le promoteur de l'engagement d'un contingent soudanais au sein de la coalition menée par l'Arabie saoudite dans la guerre du Yémen, depuis 2015[29]. Au Yémen, les soldats de Hemedti ont tué des civils non-armés, détruit des infrastructures civiles et commis d'autres crimes de guerre et crimes contre l'humanité[30],[31],[32].
Révolution soudanaise
Lorsque la révolution soudanaise commence en , Hemedti y voit une fenêtre d'opportunité pour ses ambitions personnelles, et se retourne contre son ancien mentor à la tête du Soudan, Omar el-Bechir[1]. Le , il devient vice-président du Conseil militaire de transition[33].
D'après des témoignages de soldats des Forces de soutien rapide (RSF) recueillis par la BBC, il est celui qui a ordonné le massacre de Khartoum le 3 juin 2019, causant la mort d'au moins 108 personnes[34]. Bien que la lumière n'ait pas été complètement faite sur ce drame à ce jour, la responsabilité directe de Hemedti dans la perpétration de ce massacre a été établie sur la base de plusieurs vidéos, témoignages et entretiens de nombreux soldats et militants civils[35].
Le , un mois après un accord entre l'alliance des Forces de la liberté et du changement (FLC ou ALC) et les putschistes, un Conseil souverain de onze membres dirigé par le général Abdel Fattah Abdelrahmane al-Burhan pour une durée prévue de 21 mois, est formé[36]. Il prête serment le lendemain[37].
Coup d'État de 2021 au Soudan
Mohamed Hamdan Dogolo participe au putsch d’octobre 2021 mené par Abdel Fattah al-Burhan, mettant un coup d’arrêt à la transition démocratique[1].
Après avoir chassé les ministres civils du gouvernement[38] – à part une brève réintégration d'Abdallah Hamdok sous l'effet de la pression internationale[39] – les deux putschistes se retrouvent en concurrence pour imposer leur suprématie politique et militaire, mais aussi économique sur le pays[40]. Alors que l'armée soudanaise accapare les quatre cinquièmes du budget de l’État[41], les FSR prennent le contrôle de plusieurs mines d'or au Soudan (celles du Darfour produisent pour plus de 700 millions d'euros par an), tandis que leurs missions de mercenariat au Yémen au service de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite leur apporte une expérience militaire et une importante source de revenus[40] (340 millions d'euros[42]). Selon l'analyste géopolitique Clément Molin, la situation politico-militaire au Soudan est alors comparable au piège de Thucydide[43] : à mesure que les Forces de soutien rapide deviennent plus puissants, nombreux, et mobiles, l'armée soudanaise, après avoir bénéficié de leur collaboration pour son coup d'État et la répression d'opposants, se sent menacée par une puissance rivale[41]. En conséquence de quoi Abdel Fattah al-Burhan ordonne l'intégration des FSR dans l'armée soudanaise (et donc sous son commandement) dans un délai de deux ans[40], ce que Mohamed Hamdan Dogolo refuse s'il n'obtient pas une place dans l'état major à la hauteur de son ambition et de l'influence politique et militaire qu'il souhaite conserver[44]. Enfin, un certain mépris de classe caractérise les relations entre l'armée soudanaise, commandée par des officiers issus de la capitale et de l'académie militaire, et les FSR commandés par un « éleveur de chèvres » (allusion aux origines du général Dogolo) et dont le recrutement se fait en majorité dans la périphérie du pays[41],[40].
En , Mohamed Hamdan Dogolo déclare que le putsch d’ a « échoué à apporter le changement » et que la situation « ne fait qu’empirer »[45]. Malgré sa responsabilité dans le massacre de Khartoum[46], il déplore le nombre de civils tués par les forces de sécurité et tente de se démarquer de son rival en se présentant comme un défenseur de la démocratie et du peuple soudanais[45]. Devenu l'homme le plus riche du Soudan grâce à ses prises de contrôle prédatrices des ressources, ainsi que ses soutiens étrangers comme les Émirats arabes unis, il dépense sans compter auprès de lobbyistes pour blanchir son image, tout en supportant de plus en plus mal sa place de « numéro 2 » à la tête du pays[46]. En , Hemedti est nommé « homme de l’année » par la Commission nationale soudanaise des droits humains[1]. Il s'agit d'une tentative de blanchir le passé du chef paramilitaire, prêt à tout pour faire oublier son parcours sulfureux et se poser en réconciliateur du Soudan[1]. Le média The Sentry révèle que le général Dogolo et ses deux frères à la tête des FSR détiendraient à Dubaï un portefeuille d'actifs d'une valeur de 24 millions de dollars, dont une vingtaine de biens immobiliers[47].
En , Hemedti fait de nouveau part de ses regrets concernant le putsch d’ qu'il qualifie d'« erreur »[48]. Khartoum est alors au centre d'un ballet diplomatique particulièrement intense : en moins d'une semaine, se succèdent dans la capitale soudanaise le nouveau chef de la diplomatie israélienne Eli Cohen (proche du général al-Burhan), des émissaires américains, français, britanniques, norvégiens, et allemands, ainsi que le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov (proche du général Dogolo)[49]. La coïncidence de ces visites montre que le Soudan est un pays convoité bien que fragile, dans un monde de plus en plus polarisé par la guerre en Ukraine[49]. Mais cette guerre d'influence internationale a pour effet d'aggraver la dislocation de la junte au pouvoir, chacun cherchant à en profiter pour conclure des alliances afin de se renforcer, au détriment du peuple soudanais ignoré par ses dirigeants[49]. Tout en proclamant à longueur de communiqués et de réunions avec leurs interlocuteurs internationaux leur acceptation d’un retour des civils au pouvoir, les deux généraux se préparent à la guerre[50].
Guerre civile soudanaise (depuis 2023)
Le , l'armée soudanaise (FAS) accuse les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) d’avoir attaqué des bases dans tout le pays. Cette rupture par Hemedti de son alliance entre lui et al-Burhan est l'élément déclencheur d'une nouvelle guerre civile. Il est limogé de son poste de vice-président du conseil de souveraineté de transition de la république du Soudan le , tandis que la guerre civile soudanaise se répand dans tout le pays.
À partir de décembre 2023, Hemedti voyage à la rencontre ses parrains africains : en Ouganda, où il rencontre le président Yoweri Museveni, en Éthiopie où il rencontre le Premier ministre Abiy Ahmed, au Kenya[51], à Djibouti[52], et en Afrique du Sud où il rencontre le président Cyril Ramaphosa[53]. Selon certains observateurs, comme le général al-Burhan, qui a précédemment effectué une tournée africaine, le général Dogolo veut aussi montrer qu'il est l'homme fort du Soudan et qu’il a, lui aussi, son point de vue à partager avec les dirigeants de plusieurs pays membres de l'Igad[51].
En juillet 2024, des sources internes aux FSR affirment que le général Dogolo, est parti aux Émirats arabes unis d'où il continue de donner des ordres[54].
En , Hemedti est la cible de sanctions américaines pour « son rôle dans les atrocités systématiques commises contre le peuple soudanais », incluant des « meurtres systématiques d'hommes et de jeunes garçons ainsi que de viols ciblés de femmes et de jeunes femmes du fait de leur origine ethnique »[55]. En avril, il proclame un gouvernement parallèle dans la ville de Nyala avec nouvelle monnaie et documents d’identité, sollicitant la reconnaissance de l'Union africaine. Le , la composition de ce gouvernement parallèle est annoncé et Hemedti est élu à la tête du conseil présidentiel. Le , il est intronisé à la tête de ce gouvernement avec pour bras droit son allié Abdelaziz Adam al-Hilu, chef du Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (MPLS-N)[56].
Au même moment, la situation humanitaire de la population civile continue de se détériorer très rapidement et de manière catastrophique. Les forces de Hemedti en sont les principaux responsables et créent volontairement une famine comme arme de guerre[57]. Le 7 août, le procureur du Tribunal de Port-Soudan accuse officiellement Mohamed Hamdane Dagalo et deux de ses frères d'avoir commis un génocide, des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité et d'avoir planifié l'attaque sur El-Geneina[58].
Le , les soldats des FSR prennent possession de la ville d'El Fasher et l'armée soudanaise se retire, renforçant la puissance de Hemedti et son contrôle de l'ouest du Soudan. Des vidéos de meurtres de civils sont filmés et diffusées par des soldats des FSR sur les réseaux sociaux[59]. Les tueries se poursuivent dans les jours qui suivent, avec un bilan de plusieurs milliers de morts civils[60].
Durant l'été 2026, des témoignages d'anciens commandants des FSR ayant désertés rapportent qu'Hemedti a été gravement blessé au début de la guerre, et souffre toujours de ses blessures qui le tiennent éloigné du front[61]. Circulant entre Nyala, les Émirats arabes unis et le Kenya. il serait déprimé, isolé et ne serait plus qu'une marionnette au service d'acteurs extérieurs (principalement émiratis) à qui désobéir lui coûterait la vie[62]. Ces derniers, après l'échec de la tentative de prise du contrôle du Soudan en entier par les FSR, ont réorienté leurs efforts pour détacher le Darfour et le Kordofan du reste du Soudan[63].
Personnalité
Le journaliste néerlandais Klaas van Dijken, qui a rencontré Hemedti en 2020, le décrit comme un personnage ambivalent : « très éloquent et agréable, voire sympathique. Mais en même temps, il représente le pouvoir et il le sait. Il a l’aura de celui qui décide si tu quitteras la pièce vivant ou pas. Et sa gentillesse apparente le rend encore plus inquiétant quand on sait de quoi il est accusé »[1].