Au début de la Seconde Guerre mondiale, le Sturgeon a effectué des patrouilles en mer du Nord. Le , il fut bombardé par erreur par l'aviation britannique. Lors de sa deuxième patrouille, il a tiré trois torpilles sur un sous-marin non identifié, qui était en fait son navire jumeau, le Swordfish, mais les torpilles ont manqué leur cible. Lors de sa troisième patrouille, il a manqué le U-23 allemand et a été endommagé après avoir touché le fond, nécessitant des réparations. Le , il a coulé le chalutier armé allemand V-209 avec des torpilles. Ce naufrage est la première attaque réussie d'un sous-marin britannique de la guerre et remonte le moral des sous-mariniers britanniques. Au cours de ses patrouilles suivantes en mer du Nord, le Sturgeon a repéré et coulé plusieurs navires, dont le transport de troupes allemand Pionier et les navires marchands danois SS Sigrun et SS Delfinus. Par la suite, le Sturgeon a patrouillé dans le golfe de Gascogne, a servi de balise pendant l'opération Torch, puis, après avoir été à nouveau endommagé par des avions alliés, a escorté les convois arctiquesPQ 15 et PQ 17. Le Sturgeon a été transféré à la 8eflottille de sous-marins, qui opérait en mer Méditerranée, en pour soutenir les débarquements alliés en Afrique française du Nord.
En , il a été prêté à la Marine royale néerlandaise sous le nom de HNLMS Zeehond. Le Zeehond a été rendu à la Royal Navy après la guerre et a été vendu à la casse en 1946. Il est l'un des quatre sous-marins qui forment le premier groupe de la classe S, et le seul à avoir survécu à la guerre.
Les sous-marins de classe S ont été conçus pour succéder à la classe L et étaient destinés à opérer en mer du Nord et en mer Baltique[1]. Les sous-marins avaient une longueur totale de 61,7 m, une largeur de 7,3 m et un tirant d'eau moyen de 3,6 m. Ils déplaçaient 742 t en surface et 942 t en immersion[2]. Les sous-marins de classe S avaient un équipage de 38 officiers et matelots. Ils avaient une profondeur de plongée de 91 m[3].
Pour la navigation de surface, les sous-marins étaient propulsés par deux moteurs Diesel de 775 chevaux (578 kW), chacun entraînant un arbre d'hélice. En immersion, chaque hélice était entraînée par un moteur électrique de 650 chevaux-vapeur (485 kW). Ils pouvaient atteindre 13,75 noeuds (25,47 km/h) en surface et 10 noeuds (19 km/h) sous l'eau[4]. En surface, les sous-marins du premier groupe avaient une autonomie de 3 700 nautiques (6 900 km) à 10 noeuds (19 km/h) et de 64 nautiques (119 km) à 2 noeuds (3,7 km/h) en immersion[3].
Les sous-marins étaient armés de six tubes lance-torpilles de 21 pouces (533 mm) à l'avant. Ils transportaient six torpilles de rechargement pour un grand total de 12 torpilles. Ils étaient également armés d'un canon de pont de 3 pouces (76 mm)[2].
Au début de la Seconde Guerre mondiale, le HMS Sturgeon était membre de la 2e Flottille de sous-marins. Du 23 au , la 2e flottille de sous-marins a été transférée à ses bases de guerre à Dundee et Blyth[5].
Patrouilles en mer du Nord
Le , le Sturgeon quitte son port d'attache de Portland avec ses navires-jumeaux (sister-ships) Spearfish et Swordfish. Le , il commence à patrouiller au sud-ouest de Stavanger, en Norvège. Lorsque la Grande-Bretagne déclare la guerre au Troisième Reich le , il s'agit de la première patrouille de combat du Sturgeon. Le , le Sturgeon , en route pour retourner à Dundee, est bombardé par erreur par un avion britannique à 16h20 (UTC) sur la position géographique de 56° 34′ N, 1° 04′ O. A 16h42, l'avion largue une autre bombe mais le Sturgeon n'est pas endommagé, arrivant le lendemain à Dundee[6].
Le Sturgeon quitte Dundee le pour sa deuxième patrouille de guerre, dans les mêmes conditions que la première. Le , le Sturgeon aperçoit un sous-marin non identifié, qu'il pense être un U-boot allemand, et tire trois torpilles sur lui à la position géographique de 56° 22′ N, 1° 28′ O, au sud-est d'Aberdeen, en Écosse. Le sous-marin, qui était en fait le Swordfish britannique, a plongé et les torpilles l'ont manqué. Le Sturgeon a terminé sa deuxième patrouille de guerre à Dundee le [6].
Le , le Sturgeon quitte son port d'attache pour sa troisième patrouille, dans le détroit de Skagerrak. Le , il aperçoit le sous-marin allemand U-23 au nord-ouest de Skagen, au Danemark, à la position géographique de 57° 49′ N, 9° 59′ E. Les trois torpilles manquent leur cible. Deux jours plus tard, le , le Sturgeon touche le fond à 18 m de profondeur, endommageant son dôme ASDIC. Le , il termine sa troisième patrouille à Rosyth[6].
Après les réparations, le Sturgeon part pour sa quatrième patrouille, au large de Heligoland puis à l'ouest du Danemark. Le , il coule le chalutier armé allemand V-209 (anciennement Gauleiter Telshow) avec des torpilles à environ 50 milles nautiques (93 km) au nord-ouest de Heligoland, à la position géographique de 54° 34′ N, 6° 28′ E. Le naufrage du V-209 a été la première attaque réussie d'un sous-marin britannique contre un navire ennemi pendant la Seconde Guerre mondiale[7]. Le , le Sturgeon met fin à sa quatrième patrouille de guerre à Blyth[6].
Le , le Sturgeon quitte Blyth pour une patrouille au large de la côte est britannique. Cependant, il est rappelé deux jours plus tard. Le , il quitte à nouveau Blyth pour une autre patrouille de guerre, sa sixième. Il reçoit l'ordre de patrouiller dans la zone située à l'ouest du Danemark. Le , le Sturgeon reçoit l'ordre de patrouiller plutôt dans le détroit de Skagerrak, mais il est rappelé dans sa zone de patrouille initiale le lendemain. Le Sturgeon retourne à Blyth le [6].
Après une septième patrouille de guerre sans incident en mer du Nord, le Sturgeon subit une refonte à Wallsend jusqu'au . Après son retour à Blyth, il effectue une huitième patrouille sans incident au sud-ouest de Stavanger, en Norvège, du au . Du au , le Sturgeon effectue une autre patrouille sans incident au nord-ouest de Terschelling, aux Pays-Bas. Le , il reçoit l'ordre de patrouiller près de la côte est britannique, car on craint que les navires de guerre allemands n'y effectuent un raid. Il est rappelé le lendemain. À partir du , le Sturgeon patrouille au large de Texel, aux Pays-Bas. Le , il touche le fond à 15 mètres de profondeur, subissant des dégâts mineurs. Il termine sa patrouille le [6].
Le , le Sturgeon quitte Blyth pour sa douzième patrouille de guerre, au large de Texel, aux Pays-Bas. Le , il aperçoit le patrouilleur allemand V-811, qui est remorqué par un remorqueur après avoir heurté une mine. Six torpilles ont été tirées, mais toutes ont manqué leur cible. Les escorteurs du V-811, les navires antiaériens auxiliaires allemands FL 21 et FL 24, ont attaqué le Sturgeon pendant 30 minutes, larguant six grenades sous-marines. Le Sturgeon revient à Blyth le [6].
Le Sturgeon est reparti de Blyth le , pour sa treizième patrouille, dans le détroit du Skagerrak. Le , il torpille et coule le transport de troupes allemand Pionier à 15 milles nautiques (28 km) au nord de Skagen, au Danemark, à la position géographique de 57° 56′ N, 10° 46′ E. Le , le Sturgeon aperçoit le sous-marin allemand U-43 en position géographique de 57° 14′ N, 6° 04′ E et tire six torpilles sur lui; les torpilles manquent leur cible bien que le Sturgeon ait signalé un impact. Il retourne à Blyth le à la fin de sa patrouille[6].
Après une patrouille sans incident à l'entrée ouest du détroit du Skagerrak du au , le Sturgeon a quitté Blyth pour sa quinzième patrouille, toujours près du détroit du Skagerrak, le . Le , il a coulé le marchand danois Sigrun à la position géographique de 58° 59′ N, 10° 22′ E avec des torpilles. Le lendemain, le Sturgeon tente d'attaquer le navire norvégien Ulv à la position géographique de 58° 41′ N, 9° 21′ E, mais les deux torpilles manquent leur cible. Le , le Sturgeon tire deux torpilles sur le navire marchand norvégien Delfinus. Une torpille touche le navire, et le Delfinus coule à la position géographique de 58° 34′ N, 5° 37′ E. Le Sturgeon rentre au port le [6].
Du au , le Sturgeon effectue trois patrouilles sans incident au large de Bergen, Stadlandet et Lista, en Norvège. Le , il quitte Blyth pour sa dix-neuvième patrouille de guerre, affecté à diverses zones au large de la Norvège. Le , il manque un navire marchand avec deux torpilles et rentre au port le . Le Sturgeon effectue une autre patrouille sans incident du 12 au [6].
Patrouilles dans le Golfe de Gascogne et dans l'Arctique
Après avoir effectué des exercices au large de Dartmouth, le Sturgeon quitte Portsmouth le pour une patrouille dans le golfe de Gascogne. La patrouille s'est déroulée sans incident et il est revenu à Portsmouth le . Sa patrouille suivante, qui a débuté le , a été interrompue lorsque le Sturgeon a développé une fissure dans sa coque pressurisée, l'obligeant à rentrer au port le [6].
Après réparation, le Sturgeon quitte Portsmouth le pour une autre patrouille dans le golfe de Gascogne, sa vingt-troisième depuis le début de la guerre. Le , il termine sa patrouille à Holy Loch, et le 15, il arrive à Troon pour un carénage. Le , il retourne à Holy Loch, puis à Scapa Flow du 27 au après des exercices d'entraînement[6].
Le , le Sturgeon appareille pour Poliarny, dans le nord de la Russie, où il arrive dix jours plus tard. Le , il quitte Poliarny pour une patrouille au large de la Norvège, et revient à Lerwick le . De là, le Sturgeon part pour Holy Loch, puis pour Portsmouth, où il arrive le . Le , il quitte Portsmouth pour sa vingt-cinquième patrouille. Il devait servir de balise lumineuse pour le raid de Saint-Nazaire, connu sous le nom d'opération Chariot. Ayant accompli sa mission avec succès, le Sturgeon termine sa patrouille à Holy Loch le [6].
Le , le Sturgeon quitte Holy Loch pour une autre mission de patrouille, dans la mer de Norvège, en tant qu'escorte du convoi PQ 15. Il est endommage par des avions amis le et revient à Lerwick le . Le , il se rend à Elderslie pour réparer sa batterie principale. Après être passé par divers ports britanniques, Sturgeon arrive à Lerwick le . Il quitte le port le pour assurer la protection du convoi PQ 17, qui revient le . Le , le Sturgeon reçoit l'ordre de patrouiller au large de Lister, en Norvège. Il aperçoit le navire marchand allemand Boltenhagen au large du sud de la Norvège à la position géographique de 58° 07′ N, 6° 21′ E et le coulée avec des torpilles. Sturgeon a terminé sa patrouille à Lerwick le . Le , il entame sa vingt-neuvième patrouille de combat, en mer de Norvège. Le lendemain, le Sturgeon aperçoit un sous-marin allemand à la position géographique de 62° 15′ N, 1° 05′ E et tente de l'attaquer, mais la portée entre les deux sous-marins n'a pu être verrouillée. Le sous-marin est probablement le U-216 allemand, qui naviguait vers l'Atlantique lors de sa première patrouille de guerre. Le , les barres de plongée arrière du Sturgeon se sont bloqués, rendant la plongée très dangereuse. Il met le cap sur Lerwick, où il arrive quatre jours plus tard[6].
Patrouilles en Méditerranée
Après des réparations à l'arsenal de Chatham et à Scapa Flow, le Sturgeon s'embarque pour Gibraltar le , temporairement affecté à la 8e flottille de sous-marins qui opérait en Méditerranée. Le , le Sturgeon est attaqué par erreur par un avion Lockheed Hudson, qui a largué trois grenades sous-marines en position géographique de 36° 02′ N, 6° 33′ O, ne causant aucun dommage. Le Sturgeon arrive plus tard dans la journée[6].
Le , le Sturgeon quitte Gibraltar pour sa trentième patrouille (d'abord en Méditerranée), au large de Toulon, en France, puis de Naples, en Italie. Le Sturgeon termine sa patrouille à Gibraltar le . Entre le 20 et le , il se rend à Alger, puis entre le 12 et le , il se rend à Mers el-Kébir. Du au , il effectue des exercices de lutte anti-sous-marine au large de Mers El Kébir avec différents navires de la Royal Navy, puis revient à Alger le . Le Sturgeon effectue ensuite d'autres exercices au large de Gibraltar jusqu'au , date à laquelle il met les voiles pour Portsmouth, en Grande-Bretagne. Le , il se rend à Plymouth pour un carénage, mais avant qu'il ne puisse être achevé, il est prêté à la Marine royale néerlandaise, qui le rebaptise RnMs Zeehond[6],[8].
Service en tant que RnMs Zeehond
Sous le commandement de Donald Theodoor Mackay, le Zeehond se rend à Portsmouth, puis part pour la Clyde le . Entre le et le , il s'entraîne au large de Rothesay, puis dans la région de la Clyde. Le , le Zeehond quitte Rothesay pour Saint-Jean de Terre-Neuve (Dominion de Terre-Neuve). Cependant, il rencontre une mer agitée et consomme trop de carburant pour le voyage, ce qui l'oblige à retourner à Londonderry (Irlande du Nord). Il effectue ensuite des exercices au large du fleuve Clyde avec le HMSProteus du 1er au [8].
Après avoir navigué jusqu'à Lerwick, il quitte le port pour la première patrouille de guerre sous les drapeaux néerlandais. Il reçoit l'ordre de mener une patrouille anti-sous-marine dans la mer de Norvège. La patrouille s'est déroulée sans incident et le Zeehond rentre à Lerwick le . Après avoir traversé plusieurs villes portuaires britanniques, le Zeehond quitte Lerwick le pour sa deuxième patrouille de guerre, au large des côtes norvégiennes. Il est rappelé le et arrive deux jours plus tard à Lerwick[8].
Du à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Zeehond mène des exercices d'entraînement avec plusieurs sous-marins et navires britanniques dans diverses villes portuaires britanniques et néerlandaises. Il arrive à Dundee le , où il est rendu à la Royal Navy[8].
Le HMS Sturgeon a été démantelé à Granton en . Il était l'un des quatre sous-marins du premier groupe de classe S, et le seul à avoir survécu à la guerre[6].
Commandants
Royal Navy
Lieutenant (Lt.) George David Archibald Gregory (RN) du à
Lieutenant (Lt.) Clifford Raymond Pelly (RN) du au
Lieutenant (Lt.) Mervyn Robert George Wingfield (RN) du au
Lieutenant (Lt.) Robert Henry Hugh Brunner (RN) du 25 septembre 1942 au
Lieutenant (Lt.) John Beckley (RN) du au
Lieutenant (Lt.) Anthony Walter Langridge (RN) du à mi-1943
Koninklijke Marine
Luitenant ter zee 1e klasse (Lt.Cdr.) Baron Donald Theodoor Mackay (KM) du au
Luitenant ter zee 2e klasse (Lt.) Simon Hendrik de Boer (KM) du au
Luitenant ter zee 1e klasse (Lt.Cdr.) Baron Donald Theodoor Mackay (KM) du au
Luitenant ter zee 2e klasse (Lt.) Simon Hendrik de Boer (KM) du au
Notes: RN: Royal Navy - KM: Koninklijke Marine
Voir aussi
Notes
↑Dans la marine des forces britanniques, HMS signifie Her Majesty's Ship ou His Majesty's Ship, selon que le monarque anglais est de sexe féminin ou masculin
↑Le préfixe international pour la marine néerlandaise est HNLMS (His/Her Netherlands Majesty’s Ship, «Navire de sa Majesté des Pays-Bas»). La Marine royale néerlandaise utilise elle les préfixes Zr.Ms. (Zijner Majesteits) quand un roi est sur le trône et Hr.Ms. (Harer Majesteits) quand il s'agit d'une reine, les deux ayant le sens de (navire) de Sa Majesté.
(en) Colledge, J. J.; Warlow, Ben (2006) [1969]. Ships of the Royal Navy: The Complete Record of all Fighting Ships of the Royal Navy (Rev. ed.). London: Chatham Publishing. (ISBN978-1-86176-281-8).
(en) Rohwer, Jürgen (2005). Chronology of the War at Sea 1939–1945: The Naval History of World War Two (Revised & Expanded ed.). Annapolis, Maryland: Naval Institute Press. (ISBN1-59114-119-2).