Habib Osman

From Wikipedia, the free encyclopedia

Décès (à 75 ans)
Tunis (Tunisie)
NationalitéTunisienne
ProfessionPhotojournaliste
Habib Osman
الحبيب عصمان
Image illustrative de l’article Habib Osman
Portrait en 1961 par Mustapha Bouchoucha

Naissance
Tunis (Tunisie)
Décès (à 75 ans)
Tunis (Tunisie)
Nationalité Tunisienne
Profession Photojournaliste
Autres activités Photographe du président Habib Bourguiba (1936-1986)
Distinctions honorifiques Ordre de l'Indépendance (Tunisie)
Ordre du drapeau de la République populaire de Hongrie
Médias actuels
Pays Drapeau de la Tunisie Tunisie
Média Presse écrite
Fonction principale Reporter-photographe
Historique
Presse écrite L'Action tunisienne
Dialogue pour le progrès
Le Petit Matin
Autres médias Tunis Afrique Presse

Habib Osman (arabe : الحبيب عصمان écouter), né le à Tunis et mort le à Tunis, est un photographe professionnel et militant tunisien. Il est aussi l'accompagnant permanent et le photographe personnel du président Habib Bourguiba durant cinquante ans. Osman est reconnu pour ses clichés évoquant les grands moments du mouvement de libération nationale ainsi que ses portraits de Bourguiba qui ont marqué la mémoire collective du peuple tunisien.

Dès son enfance, il est porté vers le dessin et fait ses débuts sur la scène journalistique en tant que caricaturiste avec l'aide de son frère aîné Mustapha. Ensuite, sa passion le dirige vers la photographie. À seulement 23 ans, il rejoint les rangs du Néo-Destour. Grâce à son regard vigilant, le mouvement national dispose d'une photothèque importante illustrant les étapes décisives de la lutte nationale. Son engagement dérange l'occupant qui l'emprisonne à multiples reprises pour son activisme politique. Malgré l'arrestation et l'emprisonnement, il poursuit sa tâche avec courage. Aux lendemains de l'indépendance, il devient le photographe attitré de la présidence de la République, reçoit la toute première carte de presse et devient photographe officiel. Fidèle à ses principes patriotiques, le doyen des photographes tunisiens poursuit la documentation de l'histoire de la Tunisie par le biais de son objectif. Considérant la photographie comme une bataille, ses efforts commencent à être récompensés avec trois décorations remises à partir de 1975.

Le , Osman s'éteint à l'âge de 75 ans après un long combat contre la maladie. Il laisse derrière lui un immense et précieux héritage photographique conservant plus d'un demi-siècle de l'histoire de son pays.

Jeunesse

Habib Osman à dix ans avec son frère ainé Mohamed

Né dans une famille tunisoise d'origine turque le [1], Habib Osman est le fils cadet de Hassan Osman et Sallouha Nouri[2]. Il a quatre frères — Ahmed, Hédi, Mohamed, et Mustapha — et une sœur appelée Habiba. Son père est un artisan spécialisé dans la fabrication et la vente de la balgha et sa mère est une femme au foyer.

Dès son plus jeune âge, il suit les pas de son frère Mustapha, caricaturiste dans un journal clandestin et anticolonialiste : il se met à dessiner et découvre qu'il a un don pour l'art.

Tout comme ses quatre frères, Habib Osman effectue ses études élémentaires et primaires dans son quartier natal, à Tunis. Il s'inscrit ensuite au Collège Sadiki[3] pour poursuivre ses études secondaires[3]. Ayant un penchant incontrôlable pour le dessin, l'envie le conduit souvent à dessiner ses enseignants, ce qui lui crée des complications avec ses derniers[3]. Sa relation avec son frère Mustapha est marquée par un lien profond d'amitié et de bienveillance. Il y a une telle osmose spirituelle entre les deux frères Osman que les gens les confondent[3]. Grâce à son frère Mustapha, Habib Osman s'initie à la lecture[3], pour laquelle il développe une vive affection, fait ses premiers pas dans le monde de la presse et décide d'en faire son métier.

Rapidement, il devient dessinateur, puis calligraphe de presse et enfin caricaturiste[3], profession qu'il exerce avant de choisir la voie du photojournalisme[3].

Très influencé par Mustapha, militant à appartenance destourienne, Habib Osman acquiert une conscience patriotique[3].

Photographe

Dans une Tunisie fatiguée de l'hégémonie coloniale dans tous les domaines, Habib Osman fait partie de la première vague de photographes tunisiens qui s'initient à « l'art de l'écriture avec la lumière », monopolisé pendant longtemps par les communautés européennes[4].

Autodidacte, en absence de référent vu que la photographie coloniale qui diffuse une vision rêvée et exotique de la Tunisie est intégrée dans un autre système culturel et esthétique[4], Habib Osman fait son chemin tout seul en nourrissant sa passion de ses observations mais aussi de ses erreurs.

En plus de cinquante ans de carrière au service de l'actualité nationale[5], il contribue considérablement à la préservation d'une partie de la mémoire collective du peuple tunisien à travers ses photographies[6] d'une valeur inestimable[7],[6], témoignant de l'histoire du mouvement de libération nationale[7],[8],[9],[10] et des premières décennies suivant l'indépendance du pays[11],[12].

Ne voulant pas interrompre son activité dans son laboratoire de photographie modeste, situé au cœur de la médina de Tunis[10], Osman pratique en parallèle le photojournalisme de haut niveau[13], contribuant à la réalisation quotidienne de L'Action tunisienne[7] en tant que photographe de presse et continuant à collaborer avec la revue du Néo-Destour[7] dans ses deux versions arabe et française jusqu'à ses derniers jours. Il est aussi collaborateur du Dialogue pour le progrès[14], hebdomadaire de langue française du Parti socialiste destourien, et journaliste à l'agence Tunis Afrique Presse[5].

Osman courant devant la procession présidentielle à New York (mai 1961)

Conscient de son rôle historique, Habib Osman s'emploie, au lendemain de l'indépendance[15], à illustrer par la photo l'essor du pays et l'édification de l'État moderne en suivant de près les actions de Bourguiba[16]. En effet, titulaire de la première carte de presse décernée après l'indépendance[17], il est chargé de couvrir toutes les activités du premier président de la République[18] : il photographie alors tous les grands événements de l'époque[19], comme le discours de Bourguiba proclamant la république le [17], son discours prononcé à la kasbah de Tunis et donnant le coup d'envoi de la crise de Bizerte[19], sa visite officielle à New York en , la signature de la convention sur l'évacuation agricole du [19], le discours de Bourguiba prononcé le à Jéricho[17], les congrès du parti au pouvoir présidés par ce dernier, ainsi que toutes les rencontres officielles du président avec différentes personnalités politiques, aussi bien en Tunisie qu'à l'étranger[19],[17].

Ses passeports, pleins de cachets de différents pays[20], montrent qu'il a voyagé dans les quatre coins du monde[17] au sein des délégations officielles accompagnant le président Bourguiba lors de ses visites d'État[17] et le ministre des Affaires étrangères lorsqu'il participe aux assemblées et conférences de haut niveau à l'étranger. Titulaire tout d'abord d'un passeport ordinaire, Habib Osman bénéficie d'un passeport diplomatique qui lui est délivré en vue de faciliter sa mission.

Cette position unique lui permet de rencontrer et côtoyer des personnalités importantes de différentes nationalités et de divers milieux — politique, artistique, culturel, scientifique et sportif — ainsi que d'accéder à des lieux réservés et hautement surveillés en Tunisie et ailleurs.

Habib Osman a aussi manifesté un grand intérêt pour la photographie sportive, sa photothèque contenant des centaines de clichés représentant les « frères ennemis » de la capitale, le Club africain et l'Espérance sportive de Tunis, posant ensemble[21]. Toujours présent aux côtés du président dans tous les événements, y compris ceux de nature sportive, Osman est propriétaire de nombreuses photos prises lors des finales de la coupe de Tunisie de football et des Jeux méditerranéens organisés à Tunis en 1967.

Dans une interview publiée le , Osman exprime son intention de rassembler toutes ses photos dans un ouvrage rétrospectif destiné aux nouvelles générations et partant du présent pour remonter vers le passé pour mettre en évidence la victoire incontestable de tous les Tunisiens[22], un projet qui n'a finalement pas vu le jour.

À plusieurs reprises, il rappelle qu'il n'est pas un porte-appareil, affirmant qu'il est habité par la passion du témoignage et la soif de l'information[21] et qu'il est convaincu du rôle joué par le journaliste dans la capture l'histoire[17]. En effet, il réussit à écrire l'histoire de la Tunisie par l'objectif et par la pellicule[23]. La photographie, pour lui, ne peut être qu'une transcription du réel, du quotidien avec tout ce qu'il englobe, de joie et de souffrance[23] ; d'une part elle rafraîchit la mémoire, d'autre part elle propose des témoignages irréfutables[22].

Habib Osman, jusqu'au dernier moment de sa vie, n'a jamais cessé d'évoquer sa carrière étalée sur plus d'un demi-siècle[24],[21] et de parler de son travail, de sa passion[23]. Il est décrit comme possédé par cet art permettant de transcrire le réel et d'écrire l'histoire par le biais d'un objectif, avec toutes ses péripéties[23].

Selon certains, ses œuvres sont loin d'être de l'art[8] mais sont plutôt des documents historiques illustrant la naissance d'une nation[8]. D'après d'autres, Habib Osman est un vrai artiste[21],[25],[26] et un homme de culture[27].

Militant

Le début de son militantisme remonte à 1934[24]. Habib Osman, encore jeune, choisit de s'engager aux côtés des patriotes tunisiens[24], en côtoyant Habib Bourguiba[23],[17] et les autres chefs du Néo-Destour dès le début de la lutte contre le protectorat français[7].

Accompagnant[23] et photographe personnel de Bourguiba dès 1936[19],[17], Osman prend ses toutes premières photographies à caractère politique à cette date[21], lorsqu'il l'accompagne à Aïn Jeloula, près de Kairouan, où sévit la famine ; il y prend des clichés montrant une population touchée par la misère, des enfants et des adultes mangeant de l'herbe. Ceux-ci servent d'illustration au discours de Bourguiba, prononcé sur l'esplanade Gambetta à son retour à Tunis[21]. Ce témoignage sur la famine à Kairouan vaut à Habib Osman une peine de prison parce qu'il a révélé au monde entier par ses photos les mécanismes coloniaux de dépossession qui ont permis d'enlever aux Tunisiens leurs meilleures terres et de les attribuer aux colons[23]. Ainsi, il réalise l'importance de la photographie en tant qu'arme décisive contre l'occupant[21].

Manifestation du 8 avril 1938 saisie par Osman risquant sa vie sur un trolleybus

Le , il participe au déchaînement, contre l'autorité occupante, du peuple qui déferle dans les rues et les artères de la capitale, scande des slogans revendiquant le pouvoir aux Tunisiens et brandit les banderoles qu'Osman a lui-même écrites[23].

Le , Osman rend visite à Habib Bourguiba, alité à sa demeure de Rahbat El Ghanem, qui est en train de corriger son article La Rupture. Osman le photographie pour l'histoire[19],[23] : « Je voulais prouver que Bourguiba n'a pas fléchi et que même malade, il continuait inlassablement sa lutte contre les ennemis du peuple » précise Osman des années plus tard[23].

Comme l'affirment des témoins[10], il figure parmi les principaux acteurs des événements du même jour[19],[23],[24],[17]. Toujours présent au cœur des épreuves, Osman est dévoré par une très grande envie de fixer à jamais les manifestations populaires immenses de ce jour historique[17]. Dans le but de photographier les foules de manifestants de haut[10], il n'a qu'une seule option vu que la plupart des habitants des alentours sont Français[17] : Osman monte sur le toit d'un trolleybus en mettant sa propre vie en danger en raison des caténaires[19],[17]. Lorsqu'il apprend que la police française est à ses trousses, il confie les pellicules utilisées pour filmer les événements à Slaheddine Bouchoucha de crainte de les voir confisquées[23].

Osman est arrêté le par la police, quatre jours après sa participation aux événements. Le , il est jugé par le tribunal militaire français en Tunisie et condamné à six mois de prison pour assaut sur l'armée. Emprisonné le , il est libéré le au terme de sa condamnation[2]. Durant sa période d'arrestation, il est installé à la prison militaire de Tunis avant d'être transféré au pénitencier militaire de Téboursouk[19] puis à celui de Ghar El Melh[19] avec plusieurs autres militants du Néo-Destour[23].

Armé de son appareil photographique, Osman couvre tous les grands moments du combat pour la liberté mené par le peuple tunisien[24]. Alerte, l'œil vif et le geste précis, il est partout à la fois dans les manifestations populaires, les meetings et les procès[24]. Il frémit et s'émeut quand la scène est pathétique et douloureuse, il exulte et jubile quand l'heure est à la victoire[24].

Durant les périodes sombres du colonialisme, Habib Osman, attaché aux pas de Bourguiba[24], se charge de photographier ses meetings[19], avant de se pencher sur la sélection des photographies les plus percutantes pour les publier dans le journal du parti, dans le but de motiver au mieux le peuple, de susciter son patriotisme, d'éveiller sa conscience et d'aiguiser au maximum sa volonté[19]. Dans les années 1940, il participe également à la réalisation du journal clandestin Al Kifah dans le centre du pays[28].

Après l'indépendance du pays, Osman est présent lors du retrait de la statue du cardinal Lavigerie pour saisir ce moment historique[19] ayant lieu le [29]. La veille, il couvre à la mosquée Zitouna une célébration religieuse organisée à l'occasion de la Nuit du Destin dirigée par le Premier ministre Bourguiba[29], lorsque ce dernier l'appelle et lui dit en aparté : « Tâche d'être à Bab-Bhar, ce soir après minuit, tu y auras sûrement à faire »[29]. Vers trois heures du matin, une équipe d'ouvriers débute l'enlèvement de la statue du cardinal Lavigerie[29]. L'opération, se déroulant sans la moindre publicité, dure plus d'une heure et demie, en présence d'un important service d'ordre et sous le regard inepte des habitants du quartier réveillés par le bruit inhabituel du chantier[29]. À l'instant où l'on parvient à séparer la statue de son socle, Osman, juché sur le toit d'un bâtiment adjacent, la fixe sur son objectif pour offrir à la postérité la photo divulguée au lendemain dans Le Petit Matin[29], montrant la statue suspendue, fermement accrochée aux chaînes d'une grue géante, avant d'être déposée sur un camion pour la ramener à Carthage[29]. Puis, entouré par des Tunisiens exprimant leur joie[29], Osman se charge lui-même de remplacer l'ancienne plaque (« Place du Cardinal Lavigerie ») par une nouvelle[19],[17] sur laquelle il écrit à la main « Place de l'Indépendance » en français et en arabe[23].

Grâce à Habib Osman, qui a risqué sa vie pour la cause nationale, le peuple tunisien dispose d'une photothèque monumentale racontant avec précision l'épopée réalisée par le mouvement national[22].

Accompagné par son photographe lors de son voyage entre Paris et Rabat, le [17], le président Bourguiba, surnommé le « Combattant suprême », lui écrit un mot de reconnaissance : « Un « Combattant suprême » des photographes, un souvenir d'une journée historique qu'il a perpétuée avec son brio habituel »[23],[17]. Le , Osman commente cet évènement, en déclarant dans une interview donnée à L'Action Magazine : « Plus d'une fois j'ai risqué ma vie pour photographier des scènes importantes du mouvement national. Notre Président m'a fait le grand honneur de me nommer un jour : « Combattant suprême de la photographie » »[22]. Il déclare toujours dans la même interview : « Je suis heureux de voir que notre rêve est réalisé. C'est là la joie de tout militant sincère. Je n'ai jamais travaillé pour l'argent. J'ai toujours travaillé pour mon pays, mon peuple et mon parti »[23],[22].

Fin de vie

Le , Habib Osman meurt à la suite d'une longue maladie à l'hôpital militaire de Tunis[1],[19]. Le lendemain, le cortège funèbre quitte son domicile dans l'après-midi, l'inhumation ayant lieu au cimetière du Djellaz[1]. À partir du , les journaux nationaux paraissent bordés de noir avec pour titre principal « Habib Osman n'est plus »[16],[23],[24]. Quarante jours après sa disparition, la chaîne de télévision nationale diffuse une émission spéciale en son honneur.

Une délégation de députés de l'Assemblée nationale, dirigée par Mohamed Ghedira (membre du cabinet présidentiel) rend visite à Osman à l'hôpital durant ses derniers jours[19]. Il insiste alors, malgré ses souffrances, à les photographier avec son appareil qu'il garde perpétuellement avec lui, comme il garde le sens de l'humour jusqu'au dernier moment[19].

Vie privée

En 1957, il épouse Safia Beznine et devient père de deux enfants, Habib Montassar et Wassila[1].

Récompenses

Tunisie

Osman décoré et félicité par le président Bourguiba le à Carthage

Lors d'une visite officielle en Tunisie, entre les 17 et , Nicolae Ceaușescu lui décerne une décoration. Le , Osman reçoit le diplôme de décoration de la part de la direction du protocole de la présidence de la République[30].

Le , à l'occasion de la Fête de la Victoire et du vingtième anniversaire de la signature des conventions de l'autonomie interne, Habib Osman est décoré par le président Habib Bourguiba de l'insigne de commandeur de l'ordre de l'Indépendance[31] ; la cérémonie a lieu au palais présidentiel de Carthage. Le soir-même, il est l'invité principal de l'émission Kaws kouzah présentée par Fredj Chouchane et diffusée sur la télévision nationale.

Le à l'hôtel Hilton de Tunis, Habib Osman est invité d'honneur d'une grande cérémonie sportive organisée conjointement par L'Action tunisienne et la revue Champion d'Afrique, à l'occasion du quinzième « Soulier d'or »[21], sous la présidence de Mohamed Mzali ; il y reçoit des mains de ce dernier une plaquette en hommage à son œuvre[32].

Le , l'Association des journalistes tunisiens lui rend hommage à l'occasion de son trentième anniversaire. Lors d'une fête organisée au Théâtre municipal de Tunis, son fils Habib Jr. reçoit un insigne d'honneur en signe de reconnaissance posthume pour les efforts de son père en faveur de l'association et du métier de journaliste en général.

Étranger

En déplacement à Budapest lors d'une visite officielle, le , Habib Osman est décoré du troisième degré de l'ordre du drapeau de la République populaire de Hongrie (Magyar Népköztársaság Zászlórendjének III. fokozatát) par le Conseil présidentiel de Hongrie dans l'intention de renforcer les relations de coopération et d'amitié entre la Tunisie et la Hongrie[33].

Manifestations

Évocations bibliographiques

Références

Related Articles

Wikiwand AI