Henri Ledru, né le à Mamers (Sarthe) et mort le au Mans (Sarthe), est un syndicaliste, résistant et homme politique socialiste français.
Né dans un milieu populaire, Henri Ledru travaille d'abord comme électricien au sein de la Marine nationale, de 1919 à 1925, avant de poursuivre sa carrière dans le civil: ouvrier, technicien puis chef de service dans une société de distribution d'électricité dans la Sarthe.
Dans cette période, il s'investit surtout dans l'action syndicale, tout en étant adhérent de la SFIO. En 1937, il devient vice-président du Groupement national des cadres CGT, qui vient d'être créé. Il est aussi, jusqu'à la guerre, trésorier de l'union départementale CGT de la Sarthe.
Présent sur la liste socialiste pour l'élection de l'assemblée constituante, en , il est élu député, et réélu en , bien que la SFIO perde un de ses trois sièges. Il ne perd cependant pas ses liens avec le monde syndical, il participe ainsi, en tête de cortège, à une grande manifestation au Mans en . L'année suivante, contrairement à la très grande majorité des socialistes, il désapprouve la scission menée par FO, et reste fidèle à la CGT.
Militant unitaire, il est en désaccord avec les positions anti-communistes de la direction de la SFIO, et du chef de file socialiste local, Christian Pineau. Souffrant de la concurrence de François Dornic, à qui il reprochait de n'avoir fait aucun acte de résistance, pour la seconde place sur la liste, il décide de ne pas se représenter aux élections de , où les socialistes n'obtiennent qu'un seul député.
Il fait alors le choix de se présenter sur une liste d'union, soutenue par le PCF, aux élections municipales du Mans de 1947. Il est élu conseiller municipal, et ne se représente pas à l'élection suivante, en 1953. Cette candidature lui vaut une exclusion de la SFIO. Il participe alors à la construction du Parti socialiste unitaire, qu'il ne parvient cependant pas à développer dans la Sarthe.
Bien que considéré comme un «compagnon de route» du PCF, il n'hésite pas à se présenter sous la seule étiquette du PS Unitaire aux cantonales de 1949, dans le troisième canton du Mans. Largement distancé, il se désiste pour le candidat du PCF, qui n'est cependant pas élu. Il s'engage alors principalement au sein des Combattants de la Paix et de la Liberté, qui mènent campagne contre la guerre d'Indochine.
Après la déréliction du PS Unitaire, il rejoint la Nouvelle Gauche. C'est avec cette étiquette, et le soutien de l'Union des forces démocratiques, qu'il se présente aux municipales au Mans en 1959, où il n'obtient que 5,7% des voix. Après cet échec, il s'éloigne de la vie politique pour se consacrer aux associations d'anciens combattants.