Henri Michel (football)
footballeur et entraîneur français (1947-2018)
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Henri Michel, né le à Aix-en-Provence et mort le à Gardanne, est un footballeur international français évoluant au poste de milieu de terrain puis entraîneur.
Aix-en-Provence (France)
| Henri Michel | ||
Henri Michel en 1976. | ||
| Biographie | ||
|---|---|---|
| Nom | Henri Louis Michel[1] | |
| Nationalité | Française Marocaine (à partir de 1998) |
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| Nat. sportive | Française | |
| Naissance | Aix-en-Provence (France) |
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| Décès | (à 70 ans) Gardanne (France) |
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| Taille | 1,75 m (5′ 9″) | |
| Période pro. | 1966 – 1982 | |
| Poste | Milieu défensif puis entraîneur | |
| Parcours senior1 | ||
| Années | Club | M.(B.) |
| 1964-1966 | 40 (3) | |
| 1966-1982 | 638 (95) | |
| Total | 678 (98) | |
| Sélections en équipe nationale2 | ||
| Années | Équipe | M.(B.) |
| 1967-1980 | 58 (4) | |
| Parcours entraîneur | ||
| Années | Équipe | Stats |
| 1982-1984 | ||
| 1984-1988 | 16v 12n 8d | |
| 1990-1991 | 15v 12n 14d | |
| 1994 | 1v 4n 3d | |
| 1995 | ||
| 1995-2000 | 30v 13n 9d | |
| 2000-2001 | 3v 3n 2d | |
| 2001 | 9v 2n 8d | |
| 2001-2002 | 4v 3n 2d | |
| 2003-2004 | ||
| 2004-2006 | 17v 7n 7d | |
| 2006 | 3v 1n 3d | |
| 2007 | 18v 4n 2d | |
| 2007-2008 | 5v 1n 3d | |
| 2008-2009 | 9v 4n 7d | |
| 2009 | 2v 1n 4d | |
| 2010 | 3v 2n 2d | |
| 2010-2011 | 4v 1n 3d | |
| 2012 | 3v 1n 4d | |
| 1 Ne sont comptabilisés que les matchs en compétitions officielles, quel que soit le statut (amateur et professionnel). Les matchs amicaux ne sont pas comptabilisés. 2 Matchs officiels. Dernière mise à jour : 18 mars 2023 |
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| modifier |
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Il réalise l'essentiel de sa carrière au FC Nantes avec lequel il remporte trois titres de champion de France et une coupe de France. En équipe de France, il est sélectionné à 58 reprises entre 1967 et 1980.
À sa retraite sportive, il devient sélectionneur de l'équipe de France olympique avec laquelle il remporte les Jeux olympiques de 1984 puis, à la suite de la retraite de Michel Hidalgo, il devient sélectionneur de l'équipe de France avec laquelle il remporte la Coupe intercontinentale des nations en 1985 puis mène la France jusqu'à la 3e place de la Coupe du monde de football de 1986.
Il devient ensuite notamment entraîneur du Paris Saint-Germain et de plusieurs clubs et sélections nationales africaines, dont l'équipe du Maroc.
Biographie
Carrière de joueur
Formé à Aix-en-Provence, Henri Michel rejoint le FC Nantes en 1966 tout juste auréolé du titre de champion de France. Très vite, il s'impose dans l'équipe au poste de milieu défensif et comme capitaine. Suivent seize années de carrière dans ce club, avec à la clef trois titres de champion de France, une Coupe de France et une demi-finale de Coupe des vainqueurs de coupe en 1980.
À la fin de sa carrière, il joue au poste de libéro aux côtés de Patrice Rio et Maxime Bossis, entre autres. Il reste une légende du FC Nantes, avec lequel il dispute en tout 532 matches, record actuel à égalité avec Jean-Paul Bertrand-Demanes. Le , trois jours avant sa mort, il est élu « canari du XI de légende du FC Nantes », lors d'une consultation en ligne des supporters du club[2].
Il est 58 fois sélectionné en équipe de France, et il dispute la Coupe du monde 1978.
En 2022, le magazine So Foot le classe dans le top 1000 des meilleurs joueurs du championnat de France, à la 8e place[3].
Carrière d'entraîneur
De 1982 à 1984, Henri Michel entraîne l'équipe de France olympique qui remporte la médaille d'or lors des Jeux Olympiques de 1984 à Los Angeles, face au Brésil en finale.
Cette même année, il succède à Michel Hidalgo comme sélectionneur de l'équipe de France A, tout juste championne d'Europe. Il remportera avec cette équipe la Coupe intercontinentale des nations en 1985 et atteindra la demi-finale de la Coupe du monde 1986 au Mexique. Après cette compétition, la France ne se qualifiera pas pour le Championnat d'Europe de 1988 en Allemagne, et Henri Michel sera remplacé par Michel Platini. Ce remplacement fait suite à un match calamiteux contre Chypre (1-1) lors des éliminatoires du Mondial 1990 qui compromettait les chances de qualification pour ce dernier. L'activité en coulisse du président bordelais de l'époque, Claude Bez, « super intendant » de l'équipe de France, n'étant pas étrangère à cette destitution[réf. nécessaire].
Il est ensuite brièvement entraîneur du Paris Saint-Germain puis sélectionneur du Cameroun pour la Coupe du monde 1994 aux États-Unis (élimination au 1er tour).
Maroc (1995-2000)
En octobre 1995, il est nommé sélectionneur de l'équipe nationale du Maroc qu'il qualifie pour la Coupe du monde 1998 en France (élimination au 1er tour). Proche du roi Hassan II, il obtient la nationalité marocaine en 1998[4].
Il démissionne le 7 février 2000 après l'élimination du Maroc au premier tour de la Coupe d'Afrique des nations.
Émirats arabes unis (2000-2001)
Après son départ du Maroc, Henri Michel rebondit rapidement en devenant en mars 2000 le sélectionneur des Émirats arabes unis[5]. Il signe un contrat de dix-huit mois avec un salaire de 35 000 dollars par mois[6]. Il est le premier entraîneur français à diriger une sélection nationale dans le Golfe Persique[6]. L'objectif qui lui est assigné par la Fédération est de qualifier les Émirats arabes unis pour le Mondial 2002, mais il échoue dans mission, n'atteignant que le 2e tour des éliminatoires de la zone Asie.
Tunisie (2001-2002)
Il est ensuite brièvement entraîneur du club grec de l'Aris Salonique. Le 10 novembre 2001, il est nommé sélectionneur de la Tunisie pour une durée de deux ans et demi par Khaled Sanchou, président de la FTF[7]. Mais ce dernier est remplacé dès le lendemain à la tête de la fédération par Belhassen Fekih[7]. Henri Michel ne dispose que de très peu de temps pour préparer la CAN 2002 et la Tunisie y est éliminée dès le premier tour sans marquer le moindre but. Il est alors reproché à Henri Michel d'avoir mis en place un jeu trop défensif[7]. Il lui est également reproché d'avoir pris Albert Rust comme adjoint plutôt qu'un Tunisien[7]. Après la CAN, Henri Michel décide de rajeunir l'effectif en faisant appel à six joueurs issus de la sélection tunisienne médaillée d'or aux Jeux Méditerranéens pour affronter la Corée du Sud : Ben Chouikha, Mouelhi, Ayari, Ouertani, Arafa et Hammi. Michel convoque également Souayeh et Ben Younes qui n'étaient plus apparus en sélection depuis le Mondial 1998[8]. Pour ce match, Henri Michel ne sélectionne aucun joueur évoluant à l'étranger[8]. Cette décision provoque le mécontentement de plusieurs joueurs dont le gardien Chokri El Ouaer[7]. Lâché par certains joueurs et après un match nul 0-0 contre la Corée du Sud le 13 mars 2002, Henri Michel se voit priver de son adjoint, Albert Rust, qui est démis de ses fonctions par Belhassen Fekih[7]. Henri Michel se voit alors imposer la présence de deux adjoints tunisiens et de trois membres du bureau fédéral pour remettre de l'ordre[7]. Lassé par cette situation, Henri Michel démissionne le 25 mars 2002, quarante-huit heures avant un match amical face à la Norvège[7],[9]. « Ça ne me fait pas plaisir de renoncer à ma quatrième Coupe du monde en tant que sélectionneur. Mais les Tunisiens se rendront compte rapidement que ce n'était ni Rust ni Michel le problème », déclare-t-il après sa démission[7].
Raja Casablanca
Il deviendra ensuite entraîneur du Raja de Casablanca, un des plus grands clubs marocains, avec lequel il sera champion du Maroc en 2004 après un parcours exceptionnel du club et remportera par la suite la Coupe de la CAF 2003 en réalisant une des saisons inoubliables par les supporters du Raja.
Côte d'Ivoire : finaliste de la CAN 2006
Le , il est de nouveau sélectionneur d'une équipe africaine, l'équipe de Côte d'Ivoire, avec laquelle en 2006, il est finaliste de la Coupe d'Afrique des nations et qu'il qualifie pour la Coupe du monde 2006 (élimination au 1er tour). Il entraîne ensuite brièvement un club du Qatar, Al Arabi Doha, avant de devenir en 2007 entraîneur du club égyptien du Zamalek.
Il démissionne de ses fonctions dans le grand club égyptien en pour rejoindre la sélection nationale du Maroc. Il est licencié de son poste d’entraîneur le , à la suite de l'élimination surprise de son équipe lors de la Coupe d'Afrique des nations.

Il rejoint ensuite le Liban[10] avant de prendre en main les destinées du club sud-africain des Mamelodi Sundowns en [11]. Il démissionne en .
En , Henri Michel signe pour une saison renouvelable avec le Raja de Casablanca[12]. À la suite d'un très mauvais début de saison, élimination en Coupe du Trône, deux défaites et un nul en championnat, il est contraint de démissionner au bout de cinq journées[13]. Le , il devient sélectionneur de la Guinée Equatoriale après avoir signé un contrat de 13 mois le liant avec la sélection jusqu'à , soit après la CAN 2012 qui se déroulera au Gabon et en Guinée équatoriale[14]. « Mes ambitions, c'est de réussir l'organisation de la CAN, le challenge est de créer une équipe solide », a affirmé Henri Michel[15]. En , il démissionne de son poste de sélectionneur de la Guinée Equatoriale.
Fin , il est nommé sélectionneur du Kenya[16]. Il démissionne le à la suite de problèmes de contrat avec la fédération kényane[17].
Reconversion
Juste après avoir mis fin à sa carrière de joueur, Henri Michel est recruté comme consultant pour commenter certains matchs de la Coupe du monde 1982, avec Michel Denisot sur TF1.
Mort et funérailles
Il meurt le à l’âge de 70 ans d'un cancer[18].
De nombreux hommages lui sont rendus, par ses anciens équipiers nantais dont Maxime Bossis, des anciens internationaux, parmi lesquels Marius Trésor, Alain Giresse, Jean Tigana, Bernard Lacombe et Michel Platini, et des entraineurs.
L'Association « À la nantaise » souhaite qu'une statue soit réalisée en son honneur, de même, le club marocain du Raja de Casablanca n'a pas oublié son ancien entraîneur emblématique puisqu'à l'occasion d'une rencontre au Championnat le , les joueurs de l'équipe font leur entrée au stade avec un t-shirt où apparaît l'image d'Henri Michel.

Des hommages lui sont rendus : à Nantes, au stade de la Beaujoire, le à l'occasion du match Nantes/Montpellier ; Noël Le Graët, président de la Fédération Française de Football, précise qu'une minute de silence sera respectée lors du match de préparation pour la coupe du monde France/Irlande.
Le roi Mohammed VI du Maroc indique « avoir appris avec une vive émotion le décès de feu Henri Michel » et adresse « à sa famille, et à travers elle, aux proches et amis du défunt, ses sincères condoléances et l’expression de sa profonde compassion ». Mohammed VI souligne également que « le Maroc perd en lui un ami fidèle qui a contribué au rayonnement du football national, en réussissant notamment à qualifier brillamment les Lions de l’Atlas aux phases finales de la Coupe du Monde de 1998″[19].
Emmanuel Macron rappelle que « La discrétion et l'humilité d'Henri Michel (...) auront fait presque oublier la carrière exceptionnelle qui fut la sienne. Malgré la dureté parfois du monde du football, il s'y était forgé de solides amitiés, de celles qui survivent aux avanies de l'histoire. La France perd un grand sportif et un homme d'une qualité morale exceptionnelle ».
Ses obsèques se déroulent le en la Cathédrale Saint-Sauveur d'Aix-en-Provence.
Postérité
Une biographie lui a été consacrée : "Henri Michel. Jouer pour vivre", rédigée par le journaliste Denis Roux, avec la collaboration de Philippe Laurent, chef de projet du Musée du FC Nantes. (Editions Offset 5 - Préface Claude Lemesle - 2019)[20].
Le , une statue de Henri Michel fut inaugurée au stade de la Beaujoire en présence de sa famille et de figures emblématiques du club, elle est réalisée par le sculpteur français Mauro Corda[21].
En 2024, la ville d'Aix-en-Provence inaugure dans son quartier d'Aix-La Duranne le nouveau Complexe sportif Henri Michel signé de l’architecte Christophe Gulizzi[22].
Statistiques du joueur

Palmarès
En tant que joueur
- Avec le FC Nantes
- Champion de France en 1973, en 1977 et en 1980
- Vainqueur de la Coupe de France en 1979
- Finaliste de la Coupe de France en 1970 et en 1973
En tant qu'entraîneur
Équipe de France (2 titres)
- Tournoi olympique (1)
- Vainqueur en 1984
- Coupe intercontinentale des nations (1)
- Vainqueur en 1985
- Troisième de la Coupe du monde 1986
Raja de Casablanca (2 titres)
- Coupe de la CAF (1)
- Vainqueur en 2003
- Coupe du Maroc (1)
- Vainqueur en 2003
- Finaliste de la Coupe d'Afrique des nations en 2006
Distinctions
- Trophées UNFP 2024 : trophée d'honneur (à titre posthume) pour l'ensemble du groupe, à l'occasion du 40e anniversaire de la victoire de l'équipe de France olympique aux Jeux olympiques d'été de 1984[24],[25].
Décorations
Chevalier de la Légion d'honneur (décret du )[1]
Bibliographie
- Denis Roux, "Henri Michel. Jouer pour vivre", Ed Offset 5, 2019