Henri Pascal de Rochegude

officier de Marine et homme politique français From Wikipedia, the free encyclopedia

Henri de Paschal (ou Pascal), marquis de Rochegude (Enric Pascal de Ròchaguda en occitan), né le et mort le à Albi, dans le Tarn, est un officier de marine, homme politique, romaniste, lexicographe et bibliophile occitan et français.

Faits en bref Membre du Conseil des Cinq-Cents, Naissance ...
Henri Pascal de Rochegude
Portrait du Marquis de Rochegude.
Fonction
Membre du Conseil des Cinq-Cents
Biographie
Naissance
Décès
(à 92 ans)
Albi (France)
Nationalité
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Membre de
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Biographie

Carrière militaire

Henri de Paschal de Rochegude est le fils de François de Paschal de Rochegude et de Rose de Combettes de Caumon. Son grand-père était né Paschal de Saint-Juéry[1].

Officier de marine sous l'Ancien Régime, Rochegude participe à une mission en Inde en 1768-1769 et à la deuxième expédition aux îles Kerguelen en 1773 : une presqu'île et un lac portent son nom[2] près de Port-Christmas où il débarqua le pour y laisser un message de prise de possession de l'archipel au nom du roi de France[3],[4]. À partir de 1776, il est membre de l'Académie royale de marine. Il patrouille sur l'océan Atlantique pendant la guerre d'indépendance des États-Unis, puis, ayant reçu un brevet de lieutenant de vaisseau, il assure une mission de contrôle à Saint-Domingue de 1785 à 1787[5].

Carrière politique

Le , il prononce un discours vibrant à Albi où il critique avec virulence l'administration de l'Ancien Régime.

Mandat à la Constituante

En 1789, Henri Pascal de Rochegude est élu représentant suppléant de la noblesse pour la sénéchaussée de Carcassonne[6]. Il est admis à siéger le à la faveur de la démission de Gabriel d'Upac de Badens[7].

Il siège sur les bancs de la droite de l'Assemblée nationale constituante. Le , il vote contre le rattachement du Comtat Venaissin à la France[8].

Mandat à la Convention

La monarchie constitutionnelle, mise en application par la constitution du 3 septembre 1791, prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.

En , Henri Pascal de Rochegude est élu député du département du Tarn, le huitième sur neuf, à la Convention nationale[9].

Le , aux côtés de ses collègues du Comité de la marine, Jean-Jacques Bréard (député de Charente-Inférieure), Nicolas-Joseph Marey (député de la Côte-d'Or), Jean-Pascal Rouyer (député de l'Hérault) et Jacques Taveau (député du Calvados), il est élu membre du Comité de défense générale[10]. Le , aux côtés de Jacques Defermon (député d'Ille-et-Vilaine) et de Claude-Antoine Prieur (député de la Côte-d'Or), il est envoyé en mission « dans les départements maritimes, depuis Lorient jusqu'à Dunkerque »[11].

Il siège sur les bancs de la Plaine. Lors du procès de Louis XVI, il vote « la détention, et le bannissement à la paix », et se prononce en faveur de l'appel au peuple et du sursis à l'exécution de la peine[12]. Le , il est absent lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat[13]. Le , il vote contre le rétablissement de la Commission des Douze[14].

Mandat aux Cinq-Cents

Sous le Directoire, Henri Pascal de Rochegude est réélu député et siège au Conseil des Cinq-Cents. Il est tiré au sort pour quitter le Conseil le 1er prairial an VI (le )[15]. Il n'exerce plus de mandat après sa sortie.

Carrière littéraire

Passionné de littérature occitane, il est l'un des premiers spécialistes des troubadours et démontre la continuité entre la langue de ceux-ci et la langue occitane moderne. Son Parnasse occitanien prêt dès 1797, ne paraît qu'en 1819 ; par manque d'argent, l'auteur ne publie qu'une partie des manuscrits 1 et 1 bis conservés à la médiathèque Pierre Amalric d'Albi. La préface, reprise dans l'ouvrage édité, montre l'importance de ces premiers poètes de l'Europe moderne.

Après la Révolution, il se retire à Albi dans l'Hôtel qui abrite ensuite la bibliothèque municipale. Il poursuit ses travaux sur l'occitan des XIIe et XIIIe siècles en composant le Glossaire occitanien pour servir à l'intelligence des poésies des troubadours. C'est un lexique d'environ 13 000 entrées, comportant les mots les plus difficiles avec leur traduction en français et des citations où ces termes sont employés. Pour écrire ce glossaire, Rochegude a recopié de nombreux manuscrits, poésie et prose, en particulier les 9 600 vers de la Chanson de la croisade ; en note, il signale l'importance de La Canso. La préface, largement reprise dans l'ouvrage édité, précise ses sources et développe son opinion sur la formation des langues romanes. Pour effectuer ce travail, il a mis en œuvre sa connaissance du latin, de l'occitan, de l'ancien français, de l'italien, de l'espagnol, du catalan. Toujours par manque d'argent, cet autre ouvrage n'est publié qu'en 1819[1] dans lequel il postule :

« À propos de notre langage, nous avons une opinion qui peut sembler un paradoxe, et de laquelle pourtant nous essaierons de démontrer la vérité : c'est que l'ancien idiome du Latium s'est mieux conservé dans l'Occitanie où il fut transplanté, que dans le pays même où il était naturel »

 Rochegude, 1819[16]

À la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle, Rochegude s'est également consacré aux trouvères. Parmi les manuscrits prêts à être imprimés, conservés à Albi, on trouve un manuscrit, recueil de 1 453 chansons, plusieurs manuscrits contenant des romans et des textes divers en ancien français. Ce travail, considérable, semble ignoré des spécialistes.

À partir de 1815, Rochegude correspond avec François Raynouard à la demande de ce dernier[5]. Le Secrétaire perpétuel de l'Académie française le presse de publier ses travaux, souhaite bénéficier de ses conseils ; en 1823, il lui demande son aide pour la réalisation du Lexique roman.

Le , il est élu maître ès jeux de l'Académie des Jeux floraux de Toulouse. À son tour, Raynouard y est admis le mois suivant.

Pendant une trentaine d'années, Rochegude se consacre à l'étude de la langue occitane de son époque. Il entame la rédaction d'un dictionnaire languedocien-français, resté inachevé; en revanche son dictionnaire de rimes languedociennes, environ 13000 entrées, est prêt pour l'impression. On lui doit également un recueil d'expressions typiques occitanes avec une traduction en français ; Christian Laux les a publiées dans la Revue du Tarn en 1989-1990. Le manuscrit 9 contient 220 textes de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle : des chansons d'amour, des Noëls, des chansons « politiques » ou grivoises[1]. Certaines ont été publiées.

À sa mort, il lègue son hôtel, son parc et sa bibliothèque (estimée à 20 000 volumes) à la ville d'Albi en 1834 qui en prend possession en 1885 ; des livres ont disparu, des ouvrages jugés licencieux ont été brûlés par l'usufruitière ; il en reste 12 400. Le fonds Rochegude constitue ainsi la base du fonds ancien de la bibliothèque municipale d'Albi.

Œuvre

  • Compte rendu de la mission des représentans du peuple Rochegude, Defermon & C. A. Prieur (de la Côte d'Or), chargés de parcourir les côtes maritimes depuis l'Orient jusqu'à Dunkerque, en vertu des décrets des 13 & , Convention nationale[17]
  • Le Parnasse occitanien ou Choix de poésies originales des troubadours, Toulouse, 1819, [lire en ligne]
  • Essai d'un glossaire occitanien, pour servir à l'intelligence des poésies des troubadours, Toulouse, 1819, [lire en ligne]

Notes et références

Annexes

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