Henry Bate-Dudley
From Wikipedia, the free encyclopedia
Henry Bate-Dudley, né à Fenny Compton le et mort à Cheltenham le est un clergyman, patron de presse, magistrat et dramaturge britannique d'origine anglaise.
Bien que né dans le Warwickshire où Henry passe son enfance, en 1763, son père décide d'emménager avec sa famille dans l'Essex pour prendre la charge de recteur du presbytère de North Fambridge. Henry poursuit ensuite ses études au Magdalen College d'Oxford et est ordonné prêtre de l'Église d'Angleterre en 1768, à l'âge de 23 ans. À la mort de son père, Henry Bate-Dudley reprend le bénéfice de la charge de son père.
Outre ces fonctions, Bate-Dudley débarque à Londres et fréquente la gentry. Il fonde et dirige un journal, The Morning Post, puis, le quitte en 1780, pour lancer un nouveau titre, The Morning Herald, où il se sent plus libre, s'attirant les foudres de la critique et du pouvoir, subissant même un séjour en prison, et donnant naissance à sa réputation de « rédacteur en chef le plus controversé de Londres ». Célèbre duelliste, Bate-Dudley est également surnommé par la chronique londonienne du temps, « le pasteur bagarreur ». En 1781, Bate Dudley est emprisonné durant une année pour diffamation envers le duc de Richmond.
Bate-Dudley écrit par ailleurs des pièces de théâtre et fréquente le cercle de l'acteur David Garrick et du peintre Thomas Gainsborough, avec lesquels il est intimement lié. Le peintre réalisa son portrait à deux reprises, ainsi que celui de sa fiancée, Anne Ford (1787), qu'il épouse peu après ; leur union demeura sans enfant. Non seulement il est un fervent soutien de l'artiste, mais il figure parmi ses premiers biographes ; les éléments biographiques ont été publiés en feuilleton dans ses propres journaux puis rassemblés en 1915 par William Whitley[2]. En 1782, Bate-Dudley tente de rapprocher Gainsborough et Joshua Reynolds[3].
Sa carrière de dramaturge débute par sa rencontre avec l'auteur James Townley (1714-1778), un ancien complice de William Hogarth et un ami de Garrick, devenu célèbre pour sa farce High Life Below Stairs (1756). Bate Dudley commence à écrire des livrets pour des opéras-comiques. Après The Rival Candidates, son livret pour The Flitch of Bacon (1778) apparaît comme sa première collaboration avec le compositeur William Shield, qu'il contribua à faire connaître. Leur duo se poursuivit jusqu'en 1794, avec des premières créées à Covent Garden pour The Woodman (1791) et Travellers in Switzerland (1794).
Dans l'Essex, il fait l'acquisition de Bradwell Lodge, une demeure de campagne de style Tudor près de Bradwell-on-Sea, qu'il fait agrandir par l'architecte John Johnson (1732-1814), une extension conçue dans un style néoclassique. Entre 1804 et 1812, Bate-Dudley quitte l'Essex pour l'Irlande en raison de difficultés financières et s'occupe d'un presbytère à Kilscoran et Kilglass.
Il retourne en Angleterre en 1812 pour s'installer au presbytère de Willingham. En octobre de la même année, il est fait baronnet, de Sloane Street, Chelsea, et de Kilscoran House, comté de Wexford.

À la fin de sa vie, Bate Dudley joue un rôle non négligeable dans la répression sanglante des émeutes d'Ely et de Littleport en 1816[4]. Ces émeutes s'inscrivaient dans un mécontentement plus général qui touchait le Norfolk, le Suffolk, le Huntingdonshire et le Cambridgeshire. Ce mécontentement trouvait son origine dans la contestation du remembrement des Fens, mais le prix élevé du pain, les bas salaires des ouvriers agricoles et le chômage des soldats de retour des guerres napoléoniennes contribuèrent également à ce mouvement. Bate-Dudley, alors nommé magistrat comme « juge de paix » à Ely, il organisa l'opposition aux émeutiers à Littleport, où les insurgés furent vaincus, mais seulement après que les troupes eurent ouvert le feu sur eux. Henry Addington, membre du Conseil privé, nomma une commission qui conduisit à l'arrestation et la condamnation de 23 émeutiers, dont cinq furent pendus. Il s'ensuivit une importante crise politique qui marqua négativement la fin du règne de George III.
Notes et références
- ↑ (en) « The Rev. Sir Henry Bate-Dudley, Bart », notice N01044, catalogue en ligne de la Tate Britain.
- ↑ Whitley 1915, p. 131-132.
- ↑ Whitley 1915, p. 193.
- ↑ (en) C. Johnson, An account of the Ely and Littleport riots in 1816, Littleport, Harris & Sons, 1893, p. 15, 19–20.
Annexes
Bibliographie
- (en) William T. Whitley, Thomas Gainsborough, Londres & New York, Smith, Elder & Co. / Charles Scribner, , 494 p. (sur Archive.org)