HervéVII de Léon (? - mort en 1344) est un noble breton, fils d'HervéVI, seigneur de Noyon-sur-Andelle, qui a épousé, en 1307, Jeanne, fille aînée d’Érard de Montmorency, seigneur de Conflans-Sainte-Honorine, et de Jeanne, dame de Longueval. Par ce mariage, la maison de Léon approchait le milieu des grands officiers de la couronne[1]. Il succède à son père en tant que seigneur de Léon en 1337. Il était aussi seigneur de Noyon-sur-Andelle. Les seigneurs de Léon forment une branche cadette de la maison vicomtale de Léon fondée par HervéIer de Léon, fils cadet de GuyomarchIV, vicomte de Léon. HervéVII de Léon s'illustra pendant la guerre de succession de Bretagne.
Guerre de Cent Ans et guerre de succession de Bretagne
HervéVII de Léon est le fils d'HervéVI, seigneur de Léon, et de Jeanne de Montmorency (née vers 1287), fille aînée d’Érard de Montmorency, seigneur de Conflans, et de Jeanne, dame de Longueval. En 1323 ou 1326, il épouse en premières noces Marguerite de Retz, fille de GirardIII Chabot, seigneur de Retz, et de Marie de Parthenay. Son épouse décède en 1333 ou 1334 sans lui donner d'héritier.
HervéVII de Léon succède à son père en tant que seigneur de Léon en 1337. Son fief est au château de La Roche-Maurice. Veuf, il se remarie avec Marguerite d’Avaugour, fille de HenriIV d'Avaugour, seigneur de Goëllo et de Mayenne, et de Jeanne d’Harcourt. Marguerite est la tante de Jeanne de Penthièvre, nièce de JeanIII le Bon, fille de Guy de Bretagne, seigneur de Penthièvre, et de Jeanne d'Avaugour. HervéVII passe de nombreux accords concernant la part d'héritage de Marguerite, principale héritière de son père. La riche héritière revendique également une part du patrimoine de son grand-père, HenriIII, ainsi que de sa sœur Blanche en Normandie, Mayenne et Goëlo. L'héritage de la famille Avaugour occasionne de nombreux procès et contestations qui dureront jusqu'à la fin du XIVesiècle. Ainsi, jusqu'en 1347, des procédures opposent HenriVII et son épouse à des personnages tels que les évêques de Saint-Malo et de Cornouaille, le sénéchal de Quimper et HervéIV, seigneur du Pont-l'Abbé.
HervéVII de Léon possédait une maison à Paris, la "Maison d'Ardoise", située rue Saint-Denis, provenant des biens de son épouse Marguerite d'Avaugour, qui la vendit en 1343 ou 1344 à la confrérie Saint-Jacques aux pèlerins pour ma modique somme de 620 livres « pour la delivrance de la personne du dit mons. Hervieu de Léon qui, si comme ils disoient, estoit prisonnier du roy d’Angleterre en la ville de Londres»[2] (voir paragraphe suivant).
Jean de Montfort et PhilippeVI de Valois.
Les possessions détenues par HervéVII en France et en Normandie obligent celui-ci à servir sous la bannière du roi de France[n 1]. Il participe à la guerre de Cent Ans en Flandre dès l'été 1340. Au début de la guerre de succession de Bretagne, bien que lié à Jeanne de Penthièvre, HervéVII se range en 1341 sous la bannière de Jean de Montfort qui convoque en une assemblée de grands seigneurs bretons afin de faire valoir ses droits sur le trône de Bretagne après la mort sans héritier de JeanIII le Bon.
HervéVII aurait accompagné Jean de Montfort lors de sa chevauchée légendaire de et aurait soumis un grand nombre de places-fortes bretonnes. En septembre, le roi de France PhilippeVI de Valois, par l’arrêt de Conflans, reconnait Charles de Blois comme duc de Bretagne au nom de sa femme Jeanne de Penthièvre. En novembre, le roi apporte à Charles de Blois son soutien et lève une armée afin de mettre le siège devant Nantes, tenue alors par Jean de Montfort. HervéVII, qui défendait la ville de Nantes, devint la cible des reproches de Jean de Montfort après une sortie désastreuse qui se solda par la mort de nombreux chevaliers bretons. La ville de Nantes est reprise le après trois semaines de siège. Jean de Montfort est fait prisonnier puis emmené dans une prison du Louvre à Paris. C'est son épouse Jeanne qui continue la lutte armée.
Les reproches fait par Jean de Montfort sont à l’origine du revirement d'HervéVII de Léon pour le parti de Charles de Blois; il assiège notamment pour le compte de ce dernier les villes d'Hennebont et de Carhaix. Retiré au manoir épiscopal de Trégarantec, HervéVII de Léon est surpris par Gautier de Mauni et Tanguy du Châtel qui le font prisonnier et l’envoient en Angleterre. Échangé en 1340 contre le comte de Salisbury, il participe ensuite au siège de Vannes[Information douteuse]. Fait de nouveau prisonnier, reconduit en Angleterre, il n’obtient sa délivrance qu'au prix d’une rançon de 100 000 écus[2]. Le chroniqueur Froissart nous conte ses exploits contre les Maures d’Espagne et les païens de Prusse. Il décède «en allant en son pays en la cité d’Angiers», probablement à la fin de l’année 1344.
Jeanne de Léon, Jeanne de Léon épouse en 1349 JeanIer de Rohan, qui à la suite de la mort sans héritier d'HervéVIII en 1363, récupère la seigneurie de Léon et de Noyon, cette dernière seigneurie étant issue d'un ramage des seigneurs de Léon, alors sans héritiers directs. Leur fille Jeanne de Rohan[4] épouse en 1374 Robert d'Alençon[5] puis PierreII d'Amboise.
Marie de Léon, épouse Jean de Kergorlay en 1362. Veuve elle se remarie à Jean Mallet, seigneur de Graville, avant 1369.
Catherine de Léon, épouse d'Henri de Plédran, un chevalier, conseiller de Charles de Blois et de Jeanne de Penthièvre. Veuve, elle se remarie à un cousin, Guillaume de Léon, sire d’Hacqueville, petit-fils de Guillaume de Léon, frère d’HervéVI de Léon.
HervéVII de Léon aurait eu une quatrième fille, Marguerite, épouse d’Yvon de Trogoff, mais celle-ci n’est jamais mentionnée dans les actes de partage.
↑ HervéVII de Léon, fils d'HervéVI, seigneur de Noyon-sur-Andelle, qui a épousé, en 1307, Jeanne, fille aînée d’Érard de Montmorency, seigneur de Conflans-Sainte-Honorine, et de Jeanne, dame de Longueval. Par ce mariage, la maison de Léon approche le milieu des grands officiers de la couronne.
Source: Extrait du Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 2002, p.279-312. GENEALOGIE DES HERVE DE LEON (vers 1180 – 1363) par Patrick Kernévez et Frédéric Morvan.
Arthur de La BorderieHistoire de Bretagne réédition Joseph Floch Imprimeur Éditeur à Mayenne (1975) «Tome Troisième (995-1364)» p.425, 426 no1, 428, 437-438, 444, 455, 459-460, 464, 469 no3, 474.
Patrick Kernévez, Frédéric Morvan, Généalogie des Hervé de Léon (vers 1180 – 1363) in Bulletin de la Société archéologique du Finistère, Tome CXXXI, 2002, p.279-312.