Histoire de Barneville-Carteret
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Préhistoire
Le peuplement paléolithique du Cotentin est attesté sur trois sites le Val de Saire, l'homme de Néandertal au Pou en haut de plage au pied du cap du Rozel et en 2007 sur le territoire de la commune au carrefour Boudet avec la découverte d'éléments lithiques pour l'instant daté de 320 000 ans[1]. Les explorations archéologiques du cap de Carteret révèlent une occupation du mésolithique à l'âge du bronze[2] ; à ces époques le tracé du rivage est proche de celui que nous connaissons avec un niveau de la mer un peu plus bas[3].
Antiquité
Il n'y a pas de preuve archéologique de l'utilisation romaine du cap de Carteret à des fins militaires ni de vestiges d'habitations gallo-romaines sur le territoire de la commune[2]. Selon certains une voie secondaire aboutit à Carteret au lieu nommé « le Castel », où un camp romain (exploratorium) surveille la côte et le havre contre un éventuel débarquement d'un envahisseur[4]. Seuls sont attestés les importants vestiges dans le bourg de Portbail proche[5].
Moyen Âge
L’origine des deux bourgs de Carteret et de Barneville remonte au XIe siècle[6].
Dans le bourg de Barneville, derrière l'église, une motte, transformée en calvaire, s'appelait le tertre à Mallet du nom de famille des Mallet de Carteret et Barneville, cité dès 1066[7].
Le clocher carré de l'église XVe est pourvu d'un parapet sur arcature aveugle et elle aurait été assiégée par les Anglais en [7].
Un petit port est aménagé à cette époque à l'abri du Cap de Carteret, probablement à l'emplacement actuel du manoir de Carteret. C'est ici que va naître la famille Carteret, puissante famille de la noblesse normande, les dernières traces de leur château disparaissent avec la construction de la gare[8]. Elle fait souche dans les îles Anglo-Normandes depuis Guy de Carteret (vers 960–1004). Renaud Ier de Carteret (1055-1106), chevalier et seigneur de Carteret, est le premier seigneur de Saint-Ouen, situé sur l'île de Jersey. Les parties les plus anciennes de Carteret datent de l'époque romane (XIe et XIIe siècles)[9].
Au XIe siècle, le territoire de Barneville appartient au comté de Mortain[10],[Note 1], et c'est probablement à la même époque que le comte érige la terre de Barneville en fief, qu'il donne à l'un de ses chevaliers[Note 2]. De cette époque, subsiste, à l'est, derrière l'église, la fortification en terre connu sous le nom de « Pic Malet »[Note 3] érigée par les premiers seigneurs de Barneville[10], vassaux du comte de Mortain et portent le nom de leur principale terre[11]. Un Roger de Barneville († 1098), accompagna le duc de Normandie Robert Courteheuse à la première croisade. Après s'être distingué au siège de Nicée, il fut transpercé d'une flèche à Antioche[12].
Au XIIe siècle, la paroisse relevait de l'honneur de Néhou[13]. Toujours au XIIe siècle, Jourdain de Barneville accorde des franchises communales au village[14].
Des chartes des abbayes de Blanchelande et de Lessay indiquent que la famille des Reviers-Vernon aurait été au cours du XIIIe siècle seigneurs de Barneville[15].
Ce serait en 1280, que la terre de Barneville passe à la famille Carbonnel[16]. Richard Ier Carbonnel (fl. au XIIIe siècle), seigneur de Barneville, qui accompagna Saint Louis à la dernière croisade, passa un accord avec Regnaut de Carteret sur les droits et coutumes du havre de Carteret[12].
Dans le cadre de la guerre de Cent Ans, en 1405, à la suite d'un débarquement anglais à la Hougue, la ville est abandonnée par la plupart de ses habitants[Note 4].
Au Moyen Âge, les seigneurs de Barneville créèrent deux foires annuelles importante, la Saint-Michel et la Saint-Pierre-aux-Liens (1er août)[18].
XVIIIe siècle
Le port connaît au XVIIIe siècle, un véritable essor avec le développement du commerce maritime[6].
Marie-Bernardine Hennot du Rozel, dame de Barneville, d'Écausseville et du Rozel épouse le Jérôme (alias Jean)-Frédéric Bignon (1747-1784), seigneur d'Hardricourt, et du Rozel, avocat, conseiller au Parlement (2e chambre des enquêtes), bibliothécaire du Roi en 1770 à la suite de la démission de son père. Il fait achever le salon où sont exposés les globes de Vincenzo Coronelli. Membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres en 1781, et acquéreur du château du Plessis-Piquet en 1776[19].
En 1745, pour protéger l’entrée du havre et le mouillage devant le cap, on construit, à son extrémité occidentale, une plateforme d’artillerie avec ses bâtiments annexes (casernement, poste de guet et magasins à poudre)[6].
XIXe siècle
A la fin du XIXe siècle, avec la mode des bains de mer, Barneville-Carteret devient une station balnéaire prisée[6].
En 1881, est ouverte une ligne maritime avec Jersey[14].
Une gare est ouverte le [20].
XXe siècle
En 1926, l'ancienne batterie est classée aux Monuments historiques[6].
En 1937, la commission départementale des monuments naturels et des sites demande le classement des falaises. Les raisons invoquées sont : « depuis longtemps déjà, tous les guides ont signalés la beauté, le pittoresque de ces trois points du littoral et leur valeur artistique ». Les falaises du cap de Carteret sont classées parmi les sites en , depuis le pied des falaises jusqu’au sentier des douaniers[6].
Seconde Guerre mondiale
Invasion par l'armée allemande
Le , l'armée allemande s'empare de Barneville-sur-Mer puis du port de Carteret avant de prendre la route le long de la côte ouest pour remonter prendre Cherbourg. Pendant les mois de juin et de juillet, Carteret, avec la complicité de marins pêcheurs, devient un point d'embarquement pour rejoindre l'Angleterre par les îles Anglo-Normandes, c'est le cas concernant l'évasion le de l'amiral Thierry d'Argenlieu alors commandant fait prisonnier à Cherbourg le lors de la capitulation de la ville[21].
Fortifications du mur de l'Atlantique


Juste après l'invasion du Cotentin le , l'armée allemande place deux canons ferroviaires du type 28-cm-Kanone 5 (E) à la gare de Carteret et au village du Tôt, à hauteur de la halte sur la ligne de Carentan à Carteret[22], parce que les armes à feu de chemin de fer n'ont pas de traverse, ils doivent être placés sur un croisement ou sur une courbe[23].
Rommel y séjourne lors de ses inspections au début de l'année 1944[24].
Après sa visite d'inspection le , Rommel fait fortifier le phare et fait construire un petit bunker souterrain. À l'emplacement de l'actuel sémaphore, il installa une station de radar protégée par une batterie antiaérienne[25].
Libération de la France
Quelques jours avant le Jour J, un officier britannique de la RAF a été parachuté dans les dunes avec une radio-balise. Après s'être caché jusqu'à la nuit du , il a alors activé une radiobalise pour donner le signal radio aux avions C-47 transportant les hommes des 82e et 101e troupes aéroportées américaines afin de faire leur virage à gauche au bon moment et parachuter les GI's sur le secteur de Sainte-Mère-Église, pour les opérations Albany et Boston[22].
Le , la ville est libérée par l'armée américaine[26],[27].
Le , après une dizaine de jours de combats, la ville est totalement libérée. Ce n'est que ce jour-là que le maire, Jean Auvrey, peut serrer la main du sergent Max Monserne, commandant la 9e division. Parmi les reporters de guerre qui immortalisent l'événement, on compte la présence d'Ernie Pyle. L'une de ses plus célèbres photos de la bataille de Normandie, sur laquelle il pose avec de jeunes enfants français, a été prise sur la route menant du bourg de Barneville à Carteret[28].
C'est lors de cette bataille, au cours du mois de juillet 1944, alors que les combats s'intensifient, que les généraux Patton et Eisenhower viennent séjourner dans le bourg de Barneville dans l'ancien Hôtel des Voyageurs, aujourd'hui désaffecté. Une stèle sur le mur du bâtiment rappelle leur passage[réf. à confirmer][29].
Les militaires américains resteront à Barneville-sur-mer et à Carteret jusqu'à l'automne 1945. Au manoir de Graffard, on donna des spectacles de French Cancan pour les soldats[30].
Après-Guerre
La gare est abandonnée depuis le , date du dernier express Paris-Carteret[20].
Dans les années 1980, les modes de gestion traditionnels du cap ont disparus (pâturage des animaux) entrainant le développement des fourrés qui ont fermé et banalisé le milieu[6].
Le Conseil Général de la Manche, propriétaire de 18 hectares depuis 1988, inscrit le Cap de Carteret parmi les Espaces Naturels Sensibles du Département. Il en a confié la gestion au Syndicat Mixte des Espaces Littoraux de la Manche (SYMEL) qui y mène des travaux de restauration et d’entretien du milieu. Le site classé est également compris dans un Site d’Intérêt Communautaire du réseau Natura 2000 « Littoral ouest du Cotentin de Saint-Germain-sur-Ay au Rozel »[6].