Histoire de Batna

From Wikipedia, the free encyclopedia

La ville de Batna, anciennement tribu du grand peuple berbère, selon le Conseiller rapporteur Urbain. Délimitation de la tribu des Ouled Chelih, cercle de Batna. N° 1351. (Séance du 23 janvier 1867), les ouled chelih font partie du cercle et de la subdivision de batna. a l'emplacement sur lequel est bati ce chef lieu a été prélevé sur leur territoire[1].

Le nom de Batna est issu de plusieurs versions, du mot arabe ﺒﻄﻦ (batn) signifiant littéralement « ventre ». Deux versions de la période française, celle de la bivouac de l'arabe N'bet Hena (Nous bivouaquons ici) et une version militaire. La dernière dit que le nom vient du nom de la déesse punique et phénicienne Rabetna, dépourvu du partitif Ra et légèrement déformé au cours du temps.

L'emplacement actuel de la ville faisait partie de la Numidie, où on a construit un temple consacre à la divinité Rabetna. Pendant l'époque de la Numidie cirtéenne sur le territoire de la ville a été construit un fort avec les ruines du temple de Rabetna en avant-poste de leurs positions afin de protéger la garnison centrale de Lambaesis. En 1738 le nom de la ville est apparu pour la première fois sur une carte.

À mi-route entre Constantine et Biskra en 1844, le colonel Buttafoco sous les ordres d'Henri d'Orléans a construit un camp militaire qui va vite devenir une petite ville européenne. En 1855, plusieurs cas de Paludisme et choléra ont touché Batna. De 1871 à 1916, la ville a fait objet d'attaque des soulèvements des Mokrani, Rahmaniya et des Ouled Soltane. Dès 1930, les poussées nationalistes conduiront les militants indigènes vers la lutte armée. Le 1er novembre 1954, la révolution éclate la guerre de libération nationale commence, et les Européens quittent la ville en masse.

Pendant les premières années de l'Indépendance, la ville a connu une croissance économique importante, cette croissance qui va être brutalement freinée pendant le mandat du président Chadli Bendjedid. En 1992 Batna est touché par la guerre civile et paya un lourd tribut, avec plusieurs milliers de victimes en 10 ans. À l'arrivée de Liamine Zéroual dans la présidence du pays, plusieurs projets ont été relancés à Batna.

Plusieurs théories existent sur l'origine du nom de Batna, en berbère Tabatent. Elle tirerait son nom de l'arabe ﺒﻄﻦ (batn) signifiant littéralement « ventre », mais qui prend le sens en toponymie, particulièrement au Sahara, dans les Hauts Plateaux et dans le Tell, de « rebord escarpé d'un plateau », de « vallée plate », ou d'« endroit où l'on observe une halte avant d'entreprendre l'escalade d'une montagne »[2],[3].

D'autres versions existent et réfèrent à la période coloniale. La première est l'hypothèse du bivouac de l'arabe N'bet Hena (Nous bivouaquons ici), phrase dite par des chefs locaux aux soldats français[4],[5],[3]. La seconde est que l'étymologie du nom vient d'une abréviation de la phrase en langue française bataillon nord-africain[5],[6].

D’après Khaled Bouali, enseignent de l'histoire et critique littéraire à l’université de Batna, le village nègre, qui été destiné par les colons français aux populations noires et locales[7], provient de l'ancien village sous domination ottomane[6]. Dans ce village, à l'arrivée des soldats français, existaient des ruines de Numidie de l'ancien emplacement qui portait le nom de Rabatna. Le Ra serait un partitif de divinité et Batna, la déesse numido-punique de la face cachée de la lune, déesse du mal et du châtiment de l'orgueil démesuré des humains[6]. Le nom donc de Batna, n'est que le nom de la déesse éponyme, dépourvu de partitif [6].

Avant la colonisation française

Le mausolée de Medghassen dans les Aurès près de Batna, date de 300 av. J.-C. Il s'agit d'un monument numide et du plus ancien mausolée de l'Algérie.

La région de Batna faisait partie de la Numidie et des premiers royaumes indépendants berbères comme l'atteste le monument de Madracen non loin de la ville[3],[7]. À quelques centaines de mètres au nord-est du futur village Nègre, sans doute sous influence carthaginoise, un des anciens aguellids numides le roi Gaïa, ordonna la construction du temple consacré à la divinité Rabetna[3].

Les vestiges de ce temple, ainsi que trois statuettes représentant la déesse Rabetna furent découverts par un détachement de la III légion d'Auguste, dont le siège fut déplacé sous le règne de l'empereur Hadrien, de Thevest (Tébessa) à Lambaesis (Lambèse)[3]. Les éléments du détachement romain utilisèrent les pierres du temple écroulé et abandonné depuis longtemps déjà, pour élever un fort en avant-poste de leurs positions afin de protéger la garnison centrale de Lambaesis[3]. Les ruines de ce fort demeurèrent jusqu'à l'arrivée de l'armée française dans ces lieux qui utilisa à son tour ces pierres dans la construction du camp[8].

Trois principales tribus vivent alors dans la région de la future ville située entre Ich Ali Gabel et Belezma[5]. Il s'agit de Ayth Chlihs dont les habitants vivent entre Hamla ex-Condorcet et Taghit futur Victor Duray[5]. Les Ayth Sidi Yahia dont les habitants vivent à l'emplacement des actuels quartiers de la ville Parc à Fourrage, une partie de Bouakal et jusqu'à Lambèse et ont leur zaouïa[5],[7]. Les Ouled Aadi d'origine hilalienne, possèdent la plus grande partie de la terre de la vallée, et vivent au sud-ouest de l'actuelle ville sur l’axe Tamachit, Bouakal Z’mala et aussi une partie de Kechida[5]. La tribu des Fezzan, Berbères d'origine tripolitaine, se concentre à la Zaouïa de Z’mala[7]. Les Français la baptisent à leur arrivée « Village Nègre », à cause d'une importante population noire, les Zenagas (qui parlent le berbère subsaharien), des descendants des Sanhadjas[7]. Les Hraktas, tribu berbère, ont des terres pour leurs pâturages et des lieux saints dans cette vallée[7]. Les routes sont protégées par toutes ces tribus contre les razzias des autres tribus proches et les attaques ottomanes[7]. Le commerce est prospère dans cette vallée, les gens passent par cette vallée pour aller à Constantine[7], venant de Khenchela, d'Arris, de Menaa, de Biskra, etc[7].

La ville de Batna a existé avant sa création officielle, sous le nom de Baitnah, déjà citée dans les écrits du voyageur britannique Thomas Shaw, dans son livre publié en 1738[9],[5],[7]

Algérie française (1830-1962)

Algérie indépendante

Annexes

Related Articles

Wikiwand AI