Histoire de la commune de Nestier
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L'histoire de la commune de Nestier est marquée par les périodes suivantes : la préhistoire avec les vestiges de la grotte néandertalienne du cap de la Bielle ; l'époque moderne avec deux personnages centraux : François de Saint-Paul et Louis de Cazaux, seigneurs de Nestier, le premier grand officier des armées de Louis XIV et gouverneur du Val d'Aran, le second grand maître de l'école de cavalerie de Versailles et écuyer cavalcadour de Louis XV ; la période contemporaine : Nestier est chef-lieu de canton et voit l'édification du site dévotionnel appelé Calvaire du Mont-Arès avec, à l'aube du XXIe siècle, la reconstruction de ce même calvaire inscrit à l'inventaire des monuments historiques et la réalisation d'une baignade biologique.
Grotte préhistorique du Cap de la Bielle
En cette période préhistorique du paléolithique moyen (50 000 ans avant notre ère), les terres de Nestier et du Vallon de Bouchère sont fréquentées par les hommes de Néandertal, des nomades qui vivent de la chasse et de la cueillette. Pour ces premiers homo sapiens, le Vallon de Bouchère est un terrain de chasse idéal, une nasse naturelle au fond de laquelle il est facile de prendre au piège les animaux sauvages[1],[2]. Par ailleurs, à l'entrée du vallon, la grotte du Cap de la Bielle offre à ces chasseurs-cueilleurs un abri naturel lors des épisodes climatiques particulièrement rigoureux[3],[4]. Des vestiges de ces hommes néandertaliens sont découverts, dans les années 1960, sur les lieux mêmes de cette grotte villageoise[5].

La grotte du cap de la Bielle[3],[6] a été malheureusement détruite en partie dans les années 1950 lors des travaux effectués dans la carrière villageoise, appelée carrière supérieure, aujourd'hui désaffectée. Sa localisation et sa configuration sont précisées dans deux documents de référence[3],[5]. L'Homme de Néandertal a séjourné dans cette caverne[4], certainement un campement de passage selon l'hypothèse basse formulée par certains chercheurs locaux[3]. Après sa destruction, un pan de la voûte qui a pu être préservé a été l'objet de fouilles archéologiques.
Cette grotte est répertoriée aujourd'hui dans l'Inventaire national du patrimoine naturel[7] (INPN). Elle est reconnue comme l'un des rares gisements de France à avoir une belle succession stratigraphique renfermant macrofaune[8] (restes d'élan[9], présence du renne de la période du rissien final), microfaune[10] et industrie lithique du Paléolithique inférieur[1],[11]. L'industrie lithique extraite comprend un total de 86 pièces : 2 chopping-tools, 1 nucléus-disque très plat, 83 éclats[12]. La matière première apparaît donc locale avec ses argiles schisteuses et ses quartzites classiques dont le débitage et l'utilisation restent uniques, à ce jour, dans les Pyrénées occidentales[5]. Une étude précise que le site de Nestier peut être intégré dans les gisements de l'Acheuléen méridional à bifaces et hachereaux et que la faune peut être rattachée aux faunes rissiennes[13].
Antiquité
Une première communauté humaine s'est vraisemblablement installée, dès cette époque, dans le vallon de Bouchère[2],[14]. En 1872, cinq dolmens y sont recensés assez précisément près du mont Ergé[1],[15] (encore appelé Mont Marto, Mont Martel, Mont Martus, Cap Martel, Montagne du Russe) sur la commune de Montsérié, limitrophe avec les communes de Bize et Hautaget. Par ailleurs, une hache en bronze à ailerons terminaux courts (127 × 36 mm), encore appelée celt à aile, a été trouvée au début du siècle dernier au Castéra, témoignant de l'occupation humaine de la région à cette période de l'âge du bronze[16],[1]. En 1872, dans le quartier de La Hounte, un villageois découvre des vestiges d'un cimetière gaulois[17]. À noter également la présence de deux tumuli qui barraient le passage de la Neste entre Nestier et Saint-Laurent-de-Neste[2]. Par ailleurs, les terres villageoises seraient un oppidum[18], l'oppidum principal de la peuplade pré-romaine qui vivait dès les premiers temps dans cette contrée[19]. Le site du village serait donc un des plus anciens de la basse vallée de la Neste comme l'écrivent certains auteurs locaux[2].
Vestiges aquitano-romains de la motte castrale et du fortin primitif
À cette époque-là, une enceinte fortifiée appelée Le Castéra s'avançait sur la vallée de la Neste au débouché du Vallon de Bouchère, couvrant ainsi le camp retranché du Mont Ergé situé à trois kilomètres à l'ouest. La description et la localisation de cette enceinte fortifiée sont parfaitement précisées dans certains documents[16]. Selon certains auteurs locaux, ce lieu fortifié allait voir plus tard l'édification d'un des plus vieux manoirs seigneuriaux construit en colombage et en terre pilée dont l'architecture générale est décrite par Viollet-le-Duc dans son ouvrage[20],[21].

À cette époque plus justement appelée aquitano-romaine[22], les terres qui allaient voir quelques siècles plus tard l'édification du village, sont rattachées à la capitale régionale Lugdunum Convenarum (Saint-Bertrand-de-Comminges) dans cette grande province appelée Novempopulanie. Selon certains auteurs locaux, elles forment le pagus de Nestier (erreur toponymique : au lieu de lire pagus de Nestier, lire plutôt pagus du Nestès) auquel s'est étendu le culte du dieu Ergé, le dieu protecteur, le principal dieu des populations de la Basse Neste[14],[23],[24]. Dans l'organisation territoriale romaine de la région, les terres de Nestier appartiennent donc à la Civitas Convenenensium, la Cité des Convènes, qui englobe la haute vallée de la Garonne et la vallée de la Neste. Une ferme aquitano-romaine (villa rustica), pouvant abriter une famille et une dizaine d'ouvriers agricoles, est établie sur l'emplacement de l'église actuelle[25].
Voies de communication aquitano-romaines
La Ténarèze[23] dans la vallée d'Aure encore appelée Chemin de César, La Peyrigne dans le Val d'Aran ou bien encore La Voie du Sel, premier axe de communication transversal du piémont pyrénéen[1], structurent le territoire. Localement, un chemin relie Nestier à Hèches dans la vallée d'Aure, par les cols de Bouchère et de Mazouau[14]. Des vestiges d'une petite voie pavée sont découverts au début du siècle dernier près de l'église, dans une propriété appartenant au maire, M. Claverie. C'est devenu aujourd'hui le chemin rural qui conduit de Nestier à Bouchère[26]
Moyen Âge

Au XIIIe siècle, les terres de Nestier appartiennent à cette grande province de Guyenne, ancienne Aquitaine, qui englobe par ailleurs la Gascogne. À la frontière du comté de Bigorre et du comté de Comminges, appartenant au diocèse du Comminges et à la vicomté de La Barthe-de-Neste jusqu'en 1398 puis au comté d'Armagnac jusqu'à sa disparition en 1473, le village est situé dans le Pays des Quatre-Vallées : Magnoac, Aure, Neste et Barousse, encore appelé pays d'Aure par certains auteurs locaux. Il s'agit ici du pays géographique auquel s'appliquent depuis 1300 Les Coutumes Générales instaurées par Bernard de Labarthe, appelé aussi Bernard de Comminges, et non du pays administratif qui allait voir le jour quelques siècles plus tard sous le nom de Pays d'État des Quatre-Vallées encore appelé République des Quatre-Vallées.
Lors de l'épidémie de la peste noire, l'archiprêtré de Nestier (vraisemblablement l'archiprêtré du Nestès ou l'archiprêtré de Neste) est le plus sévèrement atteint[28],[29]. Les ravages de la Guerre de Cent Ans, de la guerre larvée des comtés de Foix et d'Armagnac, des querelles guerrières entre Comminges et Bigorre, auxquels s'ajoutent les pillages et les exactions des compagnies de routiers, des brigands et des pillards comme les bandouliers de la lande de boc (Plateau de Lannemezan aujourd'hui), accentuent encore la désolation de notre territoire marqué par les disettes et les famines incessantes.
Nestier est un village étape sur le Chemin du piémont pyrénéen, itinéraire de Saint-Jacques-de-Compostelle[30]. Un château à motte médiéval, Eth Castérot, se dresse sur ce qui est aujourd'hui l'emplacement de l'église, succédant au fortin primitif du Castéra. Par ailleurs, les terres du Castéra seraient un tumulus datant de cette époque.
La famille seigneuriale la plus connue à cette période est celle des d'Arcizas.

