Histoire des prisons
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L’étude scientifique de l’Histoire des prisons est assez récente. Les informations au sujet des systèmes carcéraux sur le continent asiatique sont limitées[1]. La grande majorité des systèmes carcéraux dans le monde, ont initialement été établis dans l’intérêt d’enfermer les condamnés et de leur faire subir des châtiments dans le but de les punir. La naissance des institutions pénitentiaires dans le monde découle d’une influence de nature religieuse. Le système carcéral devient une institution à caractère répressif au cours du temps. L’intérêt de cette répression est d’ordre social[2]. La population pénitentiaire dans le monde évolue au cours de l’Histoire. L’Histoire des systèmes carcéraux dans le monde s’accompagne de diverses réformes mais aussi de révoltes.
En Afrique, le système carcéral du Burundi entretient un lien avec son passé colonial. L’occupation allemande ainsi que celle belge ont un impact sur le système carcéral burundais. L’établissement de l’enfermement punitif au Burundi est récent. Il existe diverses sanctions au sein du système carcéral burundais avant l’établissement de l’emprisonnement[3].
En France, la visée de l’enfermement punitif et le taux de criminalité connaissent des évolutions au fil des siècles.
Les prisons ont une place importante au sein du continent Américain. Le taux de détenus et de prisons est élevé. Le système carcéral américain est jugé comme étant l’un des systèmes carcéraux les plus répressifs et violents. Les détenus américains vivent dans des conditions déplorables. Les discriminations sexuelles et raciales sont présentes au sein du système carcéral américain[4].
En Chine, au XXe siècle, la Réforme par le Travail (en chinois mandarin : Lao Dong Gai Zao ou Lao Gai) est instaurée. Le principe de rééducation est au centre du système carcéral chinois. Trois campagnes de suppression des contre-révolutionnaires ont lieu durant les années 1950[5].Les délits moraux sont sévèrement condamnés en Chine. La Réforme par le Travail s’appuie sur des stratégies visant à augmenter la productivité des condamnés aux travaux forcés[1].
Burundi
L’histoire des prisons burundaises est liée au passé colonial de ce pays. L’enfermement punitif au Burundi débute au XXe siècle. Cette nouvelle forme de sanction prend son origine à la période de l’occupation allemande, entre le XIXe et le XXIe siècle. La première prison du Burundi est construite en 1926 à Gitega. À partir du XXe siècle, l’enfermement punitif au Burundi est banalisé[3].
Avant l’occupation allemande, les personnes chargées de s’occuper des sanctions sont connues sous le nom de « bashingantahe ». Les différentes sanctions utilisées au Burundi avant l’époque coloniale sont les suivantes : exclusion sociale des coupables, exécutions, confiscation de biens matériels ou fonciers, éloignement géographique ou encore vengeances dans les cas les plus graves. La seule exception dans laquelle le recours à l’enfermement est utilisé à la période pré-coloniale est celle des rois et chefs[3].
La colonisation allemande a lieu entre 1896 et 1916. Pendant cette période, la détention est le mode de punition officiel. Les Allemands établissent cette nouvelle sanction non pas pour réformer le système carcéral burundais mais pour des raisons politiques. Les châtiments corporels, les déportations et les exécutions font partie du système punitif du Burundi sous l’occupation allemande[3].
L’Afrique belge débute en 1916. L’occupation belge a un impact considérablement plus fort sur le système carcéral burundais. La discrimination entre les indigènes et les non indigènes au niveau des juridictions qui conduisent à la ségrégation raciale est la principale conséquence de l’occupation belge[6].
Europe
France
Contexte
Initialement, les valeurs du système carcéral français reposent sur l’obligation ferme d’infliger des peines uniquement si elles sont nécessaires. La Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 souligne l’importance de la légitimité des peines qui se doivent d’être « strictement et évidemment nécessaires ». Les principes du code pénal de 1810 entrent en contradiction avec les idées défendues par la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Le code pénal de 1810 met en avant les principes de souffrance et d’intimidation au détriment de celui d’amendement. L’objectif premier du système carcéral français devient la répression des crimes et des délits[2]. Dans les alentours du XXe siècle, l’objectif principal du système carcéral français est la réinsertion sociale des détenus[7].
La hausse du taux de criminalité au XXe siècle est en corrélation avec l’augmentation de l’usage et le trafic de stupéfiants. Le taux de suicide des détenus est un enjeu majeur du système carcéral français. En 1992, le taux de suicide des prisonniers français augmente de 40 % en l’espace d’un an[8].
Population carcérale
La population carcérale française diminue au début du XXe siècle. Elle connaît une hausse inédite à la suite de la Seconde Guerre mondiale. En 1945, l’estimation du nombre de personnes incarcérées s’élève au-dessus de 63 000. À partir de 1949, le taux de prisonniers est de nouveau en baisse. Entre 1954 et 1956 les détenus sont au nombre de 20 000. Entre 1968 et 1976 les effectifs des prisons se stabilisent à environ 30 000 prisonniers[7].
Règles pénitentiaires
L’obligation du port du béret prend fin en 1968. L’interdiction de fumer pour les femmes est levée en 1971. Les restrictions au sujet de la rédaction de lettres prennent fin à la suite des mutineries de 1971 à 1974. À partir de 1987, le travail dans les prisons n’est plus une obligation[7].
Réformes
Entre 1854 et 1938 une loi est érigée dans l’objectif de rendre possible la transportation des détenus hors de la France métropolitaine. Cette législation est mise en place dans le cadre de la condamnation aux travaux forcés. Législation qui donne lieu à la transportation de 40 000 condamnés. À partir de 1885, cette transportation concerne également les détenus ayant effectué plusieurs récidives à l’époque de la République. Durant cette même année, la loi du permet la naissance de la libération conditionnelle. L’intérêt de cette réformation est d’éviter les risques éventuels de récidive[7]. La création du régime du sursis a lieu en 1891.
Le bagne disparaît à partir du XXe siècle. En 1926, la suppression des tribunaux d’arrondissement occasionne la disparition de 218 maisons d’arrêt ou de correction. La réforme de 1945 est responsable de la « renaissance pénitentiaire » car elle remet au centre des préoccupations des administrations pénitentiaires l’intérêt de l’amendement et le souci du « reclassement social » des détenus. Cette renaissance s’accompagne d’une amélioration au niveau du traitement des détenus. Cette période de l’histoire voit également l’apparition de systèmes, tels que les établissements à régimes ouverts et les régimes de semi-liberté, plus à même de reconnaître la dignité humaine des personnes incarcérées[7].
Le code de procédure pénale de 1958 met un frein à ce qui a été qualifié de « renaissance pénitentiaire » en mettant au second plan les principes établis par l’ancienne réforme. Les réformes de 1972 et 1975 contribuent à la suppression de certaines règles carcérale. La généralisation des parloirs a lieu en 1983. La réforme de 1985 sur l’autorisation de la télévision au sein des cellules, confèrent une ouverture des prisons vers l’extérieur. Après la fin du Second Empire, le système carcéral français opte pour le système philadelphien, qui consiste en un emprisonnement cellulaire permanent. Pour des raisons économiques, l’isolement permanent s’applique uniquement aux peines inférieures à un an. Les mutineries de 1971 à 1974 participent à l’assouplissement de certaines règles pénitentiaires[7].
La guerre d’Algérie est un évènement considéré comme étant particulièrement bouleversant pour la France sur le plan carcéral. Cette guerre se caractérise par la quantité colossale d’arrestations qu’elle occasionne. Ce bouleversement marque le XXe siècle jusqu’à l’an 1968. Depuis, l’évasion est considérée comme un manquement au devoir des administrations pénitentiaires. Néanmoins, ce point de vue sur l’évasion ne perdure que jusqu’en 1975[7].
