Histoire du Tours Football Club
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L’histoire du Tours Football Club, club de football français basé à Tours, commence en 1993 en prenant la suite du FC Tours.
Le FCT est lui le successeur l'AS du Centre en 1951. Le club végète d'abord en Division d’Honneur et en Championnat de France amateur (CFA). La montée en deuxième division pour la saison 1974-1975 se révèle comme un déclencheur dans la progression du club. En 1978, le club passe professionnel et, au bout de son deuxième exercice, accède en première division. Grâce à l’arrivée du meilleur buteur de l’histoire du championnat de France Delio Onnis, le club reste trois ans en D1 et arrive deux fois en demi-finales de la Coupe de France en 1982 et 1983. Le club retrouve la Division 1 en 1984-1985 pour ensuite retomber dans ses travers. Après une stabilisation en deuxième division, le club dépose le bilan en 1993 à cause de problèmes financiers.
À la suite de cette double relégation en CFA, le club est renommé Tours FC et accède de nouveau en deuxième division en 2006. Relégué en National 1 en 2018, le club se voit rétrogradé d'abord sportivement en National 2 puis administrativement en National 3 en 2019.
- 1919 : fondation de l'AS Docks du Centre
- 1921 : rebaptisé AS du Centre
- 1932 : dissolution
- 1933 : affiliation de l'US du Centre
- 1942 : rebaptisé AS du Centre
- 1951 : rebaptisé FC Tours
- 1978 : le FC Tours devient professionnel
- 1980 : première montée en Division 1
- 1993 : perte du statut pro, double relégation administrative et devient le Tours FC
- 2006 : le club remonte en Ligue 2 et retrouve le statut professionnel
- 2021 : rétrogradation administrative de National 1 en N3
- 2021 : rétrogradation administrative en régional
L'Association Sportive des Docks du Centre est fondée en 1919. À sa naissance le club est donc l'association sportive d'une entreprise de distribution, créée au début des années 1900 par Ernest Toulouse à Tours, qui devient les Docks de France en 1926. Celle-ci ouvre des supermarchés sous le nom de Suma, Mammouth et Atac, puis est rachetée en 1996 par Auchan[3]. Affilié à la Fédération Française de Football Association dès 1919, le club devient l'Association Sportive du Centre (ASC) en [4] en vue de participer à la Coupe de France.
Champion du district de Tours de première série en 1923, l'AS du Centre bat les autres champions de districts et devient Champion de la Ligue du Centre. Pour la saison suivante, la ligue met en place la première compétition régionale, le championnat de division d'honneur[5]. L'ASC est bien sûr de la partie et remporte cette première édition, jouée en une poule de sept clubs. Les changements dans la réglementation du premier niveau régional, avec l'introduction de plusieurs groupes, ne change rien; l'AS du Centre est, quatre saisons de suite, champion de son groupe et vainqueur de la finale. Le club a également son heure de gloire lors de la saison 1926-1927 en remportant le championnat de France[6],[D 1] en division promotion. Pour la saison 1928-1929, la Ligue revient à une seule poule de six clubs, mais l'ASC se contente de la deuxième place derrière le Club athlétique des Sports généraux. De nouveau champion la saison suivante, il termine deuxième en 1930-1931, devancé par l'Amicale Saint-Jean de Châteaudun. L'AS du Centre remporte une dernière fois le championnat de division d'honneur lors de la saison 1931-1932, devançant le CASG d'Orléans et l'ASJ Châteaudun.
À la surprise générale, le club ne s'inscrit pas pour la saison suivante, et démissionne de la Fédération[7] à l'été 1932. Une nouvelle Association Sportive du Centre est affiliée à la 3FA en 1934[8] mais ne brille pas, et est radiée de la Fédération pour non paiement des cotisations en 1938[9].
AS du Centre (1933-1951)
Entretemps, au début de 1933, s'est affiliée à la FFFA une Union Sportive du Centre[10], toujours basée à Tours. Ce club gravit lentement les échelons, et participe à sa première Coupe de France en 1936[11].
À la suite de la suppression des ligues[12], en 1942, le club, comme tous ceux de Touraine, passe au Comité Régional d'Anjou. C'est sous ce comité que l'US du Centre change de titre, en , pour prendre celui de son glorieux ainé : l'Association Sportive du Centre[13]. Un bon parcours durant les années de guerre lui ouvre les portes, pour 1945-1946, de la Division d'honneur de la Ligue du Centre, rétablie à la libération ; troisième cette saison-là, devancé par l'Arago Sports Orléanais et l'Union sportive municipale de Montargis, l'ASC est deuxième en fin de saison 1946-1947 derrière l'Arago. La saison suivante est importante, car seuls les trois premiers du championnat[14],[15] de la Ligue du Centre sont admis en division nationale, le Championnat de France amateurs, nouvellement instituée. L'ASC Tours manque le coche en terminant à la quatrième place, mais se rattrape la saison suivante en empochant le championnat, et la montée. Le bonheur est de courte durée, le club ne s'y maintient pas en achevant la saison 1949-1950 à la douzième place (sur treize) du groupe Ouest[16]. Après une saison de transition terminée à la quatrième place[17], les Docks de France retirent leur soutien au club qui est rebaptisé Football Club de Tours en [18].
Football Club de Tours (1951-1993)
Bataille entre DH et CFA (1951-1969)
Le jeune FC Tours décroche son premier titre régional dès le premier exercice[19] et la remontée en CFA. En 1952, le FCT, avec son capitaine emblématique, ex-international et figure mythique du sport tourangeau, Fred Aston, accède aux 32e de finale de la Coupe de France après l'élimination au tour préliminaire des professionnels de l'AS Troyes[6],[D 1]. Lors de la saison 1952-1953, le club termine sur la seconde marche du podium dès son retour à l'échelon national[20],[21]. Ce bon résultat n'est pas conservé l'année suivante et les Tourangeaux sont relégués à la suite de leur onzième position finale[22]. À nouveau de retour en élite régionale, l'équipe peine à réagir bien qu'améliorant chaque saison son classement final (neuvième, cinquième, troisième puis second) jusqu'en 1958 avant une nouvelle troisième place la saison suivante. Le club stagne longtemps au niveau amateur[23].
Plusieurs fois champion de Division d'Honneur (1960, 1965, 1968), le FCT n'arrive pas à se stabiliser en Championnat de France amateur[D 1] sous la présidence de Jean Savoie et ses deux vice-présidents Robert Leprivier et Raymond Villate. Ceux-ci dirigent le club durant une dizaine d'années avec Robert Caquet, Jules Vandooren, Stanislas Dombeck et Guy Bernard comme entraîneurs.
Professionnalisme et montée en D1 (1969-1983)
En 1969, descendant une nouvelle fois de CFA, Jean Royer, maire de la ville, prend la présidence du club et nomme Yvon Jublot comme entraîneur[D 1]. Prise de fonction surprise alors que le club est au plus bas. Royer n’a aucun intérêt à en prendre la présidence, si ce n’est par passion[24]. Une reconstruction du club qui porte rapidement ses fruits : quatrième en 1970 et gagnant chaque année une place au classement jusqu'au titre en 1973. La montée en Division 3 est assurée. Pierre-Antoine Dossevi est alors l'une des figures de l'effectif tourangeau. Une D3 qui ne voit qu'une saison le FCT de Jacky Manic, qui évolue au stade de Grandmont, puisque les Bleus auteurs d'une bonne saison accèdent directement à la D2. Saison aussi marquée par une campagne de Coupe de France réussie avec un seizième-de-finale face aux professionnels du FC Metz. Lors du match aller au stade Grandmont, 6 501 spectateurs sont recensés dans un stade ne pouvant en contenir que 5 000, pour faire face à la demande des tribunes provisoires sont ajoutées. Les Tourangeaux parviennent à tenir en échec les messins (1-1) mais s'inclinent au stade Saint-Symphorien (1-2)[23],[6],[25],[D 1].
Cette ascension s'accompagne de la mise en chantier d'un stade moderne de 15 000 spectateurs au milieu d'un complexe sportif. Ne se renforçant que timidement et perdant Pierre-Antoine Dossevi en 1975, le FCT se contente, durant deux saisons, d'assurer son maintien. En 1975-1976, Yvon Jublot ne fait plus l'unanimité et est remercié en . Il est remplacé par Pierre Phelipon. Handicapé par un statut amateur qui ne lui permet pas de retenir ses meilleurs joueurs, l'équipe réalise pourtant deux saisons réussies sous la houlette de Phelipon en terminant troisième en 1976-1977 puis cinquième en 1977-1978. Le club décide alors de passer professionnel[6] et, après un mois d'hésitations, la Ligue donne son agrément en . Le FCT réalise alors un recrutement judicieux mais enregistre les départs du buteur Thierry Princet et du stratège Jacky Manic[D 2],[24].
Le FC Tours dispose, pour la reprise de la saison 1978-1979, d’un nouveau pied-à-terre entre deux fleuves, le stade de la Vallée du Cher[24]. L'équipe de Phelipon profite à plein de cet environnement et Tours reste, une longue partie de la saison, dans le sillage des meilleures équipes du championnat, accrochant finalement la quatrième place. Sur sa lancée, l'équipe tourangelle signe 22 victoires la saison suivante. Le club Ciel et Noir est admis dans l'élite du football français[D 2]. Se battant en tête toute la saison avec le Stade rennais, les Dusé, Besnard et Dossevi offrent la montée aux 15 000 spectateurs du stade de la Vallée du Cher, plein pour la première fois de son histoire, en prenant définitivement l'avantage sur les Bretons (1-0) dans les dernières journées[6].

Pour son entrée en Division 1, le FCT réussit à s'attacher les services du meilleur buteur de la saison précédente, l'italo-argentin Delio Onnis. Les débuts en D1 sont encourageants avec une victoire (3-2) à domicile face au Stade lavallois devant plus de 10 000 spectateurs. Pourtant cinquième après douze journées et une victoire chez le grand AS Saint-Étienne, Tours chute au classement et doit passer par les barrages pour assurer son maintien. Contre Toulouse, les Tourangeaux s'imposent d'abord (1-0) à domicile avant d'arracher un match nul (2-2) au Stadium[6]. Onnis est la figure de proue de l'équipe et enlève un nouveau titre de meilleur buteur avec 24 réalisations[D 2]. Mais derrière, de gros soucis financiers, assortis d'importants déficits, écornent l'image de marque du club[24].
Bail renouvelé, un changement d'entraîneur a lieu avec l'arrivée du Hollandais Hendrikus Hollink ainsi qu'un renforcement de l'équipe par des joueurs comme Jean-Marc Desrousseaux, Guy Lacombe, Karim Maroc, Bernard Simondi et Bruno Steck[D 2]. Une saison plus tranquille avec une place de onzième en championnat, avec Onnis une nouvelle fois meilleur buteur, et un bon parcours en Coupe de France. Entamant son parcours par une qualification après prolongation face au RC Lens (5-2), Tours se fraye un chemin jusqu'en demi-finale après les éliminations de l'AJ Auxerre, du FC Metz et de Toulon. Sur un match en terrain neutre, à Rennes, les hommes d'Hollink poussent le Paris Saint-Germain aux tirs-au-but après une rencontre sans buts. Desrousseaux réalise une bonne série mais son homologue parisien, Baratelli, est encore plus efficace. Les parisiens marquent deux fois contre une seule pour les tourangeaux[6],[23],[D 3].
La troisième saison au haut niveau débute mal. Karim Maroc décide de changer d'air sans prévenir et signe à Brest. Malgré ce départ inattendu, le club continue de se renforcer avec les arrivées de Jean-Marc Furlan en défense, Alain Polaniok en milieu et surtout de l'Argentin Omar Da Fonseca en attaque. Mais l'ambiance dans l'équipe est mauvaise et les résultats en championnat s'en ressentent. De plus l'entraîneur ne sait pas tirer parti du tandem Onnis-Da Fonseca et en fin de saison le club se voit contraint de disputer une nouvelle fois les barrages, contre Nîmes cette fois. Pourtant, cette année encore, la Coupe de France prouve la qualité de l'effectif tourangeau. Écartant successivement Niort, Marseille, Lyon et Guingamp, les Ciels et Noir se retrouvent opposés au PSG en demi-finale pour la seconde année consécutive. Au Parc des Princes, le score du match aller est sans appel et les tourangeaux subissent un lourd revers (4-0). Le retour, anecdotique, voit pourtant le TFC tenir tête aux parisiens en décrochant un match nul, certes insuffisant (3-3), avant de jouer sa tête parmi l'élite. Tenu en échec au match aller au stade de la Vallée du Cher par le Nîmes Olympique (1-1), la démission des dirigeants est demandée par certains supporters. Au match retour, le miracle n'a pas lieu (défaite 3-1) et le FCT est relégué en Division 2 après trois saisons en D1[6],[D 3].
Relégation, sursaut puis sanction administrative (1983-1993)

Le FC Tours perd alors ses principaux joueurs comme Desrousseaux, Onnis, Lacombe, Maroc et Steck qui partent pour d'autres cieux. Polaniok et Da Fonseca restent fidèles au club. Jean-Marie De Zerbi et le hongrois Bela Varady renforcent le groupe professionnel désormais sous la houlette de Guy Briet. L'équipe aligne 24 victoires en championnat et limitent leur passage en D2 à une seule saison. Leader depuis , Tours laisse échapper le titre durant dix-sept minutes à l'occasion de la dernière journée au profit du RC Paris. Mais Emmanuel Hamon, entré en cours de jeu, délivre le club à la 88e minute à Dunkerque en inscrivant un but synonyme de remontée en D1. Les Ciels et Noirs remportent même le titre de champions de France face à l'Olympique de Marseille (2-2, 3-2)[6],[D 3].
Manquant cruellement de moyens financiers pour étoffer son effectif, malgré l'arrivée des internationaux marocain Merry Krimau et espoirs français Yves Colleu, Tours ne peut assurer son maintien[D 3] malgré le remplacement de Guy Briet par Serge Besnard en . Dès le début de saison les joueurs se battent pour ne pas être décroché de la course au maintien. Constamment dans la zone rouge, le TFC n'arrive pas à sortir la tête de l'eau et le retour parmi l'élite n'est que de courte durée[6],[D 4]. Marqué par une cascade de blessures, Tours redescend en deuxième division au printemps 1985.
Perdant Polaniok, Da Fonseca et Krimau à l'intersaison, Tours peine à justifier son rôle favori attribué par la presse pour son retour en Division 2. Treizième à la trêve, le FCT sauve à nouveau sa saison avec la Coupe de France. L'équipe, désormais sous la conduite d'Yvon Jublot, écarte le RC Strasbourg en huitièmes-de-finale (0-0, 3-0) avant de céder en quart face aux Girondins de Bordeaux (0-1, 0-1). Neuvième en championnat puis septième en 1986-1987, les Tourangeaux sont lanterne rouge à la trêve hivernale de la saison 1987-1988. La chute en Division 3 ne peut être évitée[D 4].
Jublot est remercié, Jean Sérafin hérite du poste d'entraîneur et fait remonter immédiatement le club en deuxième division. Un certain Patrick Vieira arrive alors pour jouer en équipe juniors. Mais les problèmes financiers deviennent récurrents et le club affiche dix millions de francs de dettes. Jean Royer, toujours fidèle au FCT, n'hésite pas à combler les brèches via des subventions municipales. Se maintenant difficilement la première saison (quatorzième) puis plus aisément les deux suivantes (deux fois neuvième), l'équilibre financier est de plus en plus précaire. En 1992, la totalité des subventions (9 MF) sert uniquement à payer les dettes[D 4].
En , Raymond Keruzoré succède à Jean Sérafin et le FC Tours est relégué en Division 3 dès le printemps 1993. Mais, en , au vu du bilan présenté, la DNCG retire le statut professionnel au club et lui fait subir une double rétrogradation[23],[6],[D 4].
Mais le club, rebaptisé Tours Football Club, évite la liquidation et donc sa disparition pure et simple. En effet, sous l'impulsion de Jacky Manic et de quelques autres, dont le maire de Tours Jean Royer, 400 000 francs sont réunis in extremis, permettant au club de conserver son numéro d'affiliation à la Fédération française de football. Ceci ayant pour conséquence immédiate de maintenir toutes les équipes de jeunes à leurs niveaux respectifs.

