Historia Roderici

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La Historia Roderici (ou Gesta Roderici Campidocti ou L’Histoire de Rodrigue, en français) est une chronique biographique de Rodrigo Diaz de Vivar, plus connu sous le nom de Cid Campeador, écrite en latin au XIIe siècle, probablement entre les années 1180 et 1190 par un auteur de la région de La Rioja prétendument natif de Najera, dans la province de La Rioja en Espagne). En tout cas, l’œuvre est la plus ancienne biographie connue du Cid et constitue la base de la connaissance actuelle sur son personnage. On la considère comme la source principale des faits du « magnate » castillan. Quant à son rôle dans l’historiographie espagnole, c’est une des œuvres principales représentant le genre des chroniques en Latin dans la péninsule ibérique, qui au cours de ce siècle, arrive précisément à son apogée.

On se demande si l’œuvre fut la source du Poème du Cid (Cantar de Mio Cid en espagnol), bien que les deux œuvres semblent tenir compte des mêmes traditions orales.

À l’encontre de certains auteurs qui avancent une datation contemporaine de la vie de Rodrigo Diaz, les lacunes importantes qu’il présente mettent en doute la thèse selon laquelle l’auteur serait un observateur direct des faits relatés.

Depuis Menéndez Pidal, beaucoup de chercheurs soutiennent que la Historia Roderici fut composée par un témoin des exploits peut-être un compagnon du Cid, entre 1110 et 1125, et ils attribuent l’apparition de faits qui ne seraient possibles que dans le dernier quart du XIIe siècle aux additions successives que l’œuvre a connues.

Antonio Ubieto Arteta a proposé une datation entre 1144 et 1147, suivi en cela par Jules Horrent (qui situe le document entre 1145 et 1160), par Colin Smith et Georges Martin.

Après une étude exhaustive des sources possibles associées au Cid du Carmen Campidoctoris (es), parmi lesquelles on trouve la Historia Roderici, et une analyse de toutes les propositions antérieures de datation de cette dernière, Alberto Montaner Frutos arrive à la conclusion que les formes de traitement utilisées, l’utilisation du sceau royal, les clauses de la donation d'Alphonse à don Rodrigue, la fixation des grades de portarius regis et alférez et la formalisation d'une variété juridique du riepto ne sont possibles que dans le dernier quart du XIIe siècle.

Structure

Les chapitres 1 à 6 relatent brièvement les trente premières années de la vie de Rodrigue jusqu'à son mariage avec Jimena Diaz en 1074. Dans les chapitres 7 à 24 sont relatés avec plus de détails les exploits de Ruy Diaz jusqu’à son premier exil et son service (1081-1086) auprès du roi taïfa de Saragosse al-Mutaman. Les trois chapitres suivants racontent brièvement les événements survenus entre 1086 et 1088 : son retour en Castille et la réconciliation avec son roi Alphonse VI. Les chapitres 28 à 64 racontent les exploits du Cid lors de son deuxième exil à partir de 1089 jusqu'à la conquête de Valence (1094). Puis le fil de la narration est interrompu entre les années 1095 et 1096. Enfin, les chapitres 65 à 75 se réfèrent aux événements qui se sont produits entre 1097 et 1099, année de la mort du Cid. L'ouvrage se termine par un épilogue (chapitres 76 à 77), qui prolonge le récit jusqu'à la chute de Valence au profit des Almoravides en 1102.

Style

Le latin utilisé n'utilise pas les allusions érudites classiques (allusions que l'on observe dans un hymne contemporain à l’Historia Roderici, le Carmen Campidoctoris (es)). Il y manque les références habituelles religieuses ou bibliques, et offre un récit à peu près homogène de la vie du Cid en s'étendant principalement sur l'époque de la maturité du personnage. Le style est simple, d'où ressort l'unique tournure littéraire dans la phrase répétée « Rodrigo restait impassible »[1].

Manuscrits

Éditions

Références

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