Honoré Zanchi
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Le « Justicier Vengeur »
Le « Vengeur de La Pie »
Le « Vengeur masqué »
Le « Vengeur casqué »
| Honoré Zanchi | ||
| Tueur en série | ||
|---|---|---|
Honoré Zanchi lors de sa dernière arrestation, en 2009. | ||
| Information | ||
| Nom de naissance | Honoré Zanchi | |
| Naissance | Aigueze (Gard) |
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| Surnom | Le « Nettoyeur » Le « Justicier Vengeur » Le « Vengeur de La Pie » Le « Vengeur masqué » Le « Vengeur casqué » |
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| Condamnation | Courant |
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| Sentence | 30 ans de réclusion criminelle | |
| Actions criminelles | assassinats, meurtres | |
| Victimes | 4 | |
| Période | - | |
| Pays | ||
| Régions | Auvergne-Rhône-Alpes | |
| Ville | Saint-Rambert-d'Albon, Érôme, Arras-sur-Rhône, Vernosc-lès-Annonay | |
| Arrestation | Courant |
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Honoré Zanchi, né le à Aigueze, est un tueur en série et criminel multirécidiviste français. Surnommé « Le Nettoyeur », il est l'auteur de quatre meurtres, commis entre 1992 et 2009.
En , Zanchi tue un homme, après avoir appris que celui-ci avait agressé l'un de ses amis. Condamné à 10 ans de réclusion criminelle, il est libéré en et connaîtra ensuite plusieurs incarcérations jusqu'en .
Entre et , Zanchi tue trois autres personnes pour venger son ami Jean-François André, tué en 2003 ; plusieurs indices laissent à penser qu'ils auraient participé au crime. D'abord condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, il voit sa peine réduite à 30 ans de réclusion criminelle en appel.
Jeunesse
Honoré Zanchi naît le à Aigueze, dans le département du Gard. Il est le troisième d’une fratrie de quatre enfants, nés respectivement en 1959, 1960 et 1964. Zanchi vit ses premières années à Aigueze, durant lesquelles tout se passe bien[1],[2].
En 1969, âgé de 7 ans, Honoré et sa famille déménagent à Annonay, de manière brutale. À cette période-là, Honoré Zanchi semble affecté de ce changement. Il est alors livré à lui-même et commence à commettre de petits larcins puis vit de petits vols à l’étalage durant les années 1970[2].
En 1977, âgé de 15 ans, Zanchi quitte l’école, afin de se consacrer dans des travaux manuels[2].
Premiers faits délictuels
En 1978, Zanchi est âgé de 16 ans et trouve un emploi en tant que maçon. Pour subvenir à ses besoins financiers, Zanchi commet plusieurs cambriolages, dont l’un d’eux perpétré dans un cinéma d’Annonay. Il finit par être arrêté et par être condamné à six mois de prison avec sursis et six mois de prison ferme. Il purge ainsi quelques mois de détention, en 1979, alors qu’il est encore mineur[2].
Au début de 1980, âgé de 17 ans, Zanchi rencontre un jeune motard expert en la matière ; Jean-François André. Les deux jeunes hommes deviennent très proches l’un de l’autre et s’admirent comme étant deux frères ; ils mettent leur amitié au-dessus de toutes limites. Zanchi devient rapidement motard et côtoie André ainsi que ses fréquentations. Zanchi n’est cependant pas rangé de ses forfaits et écume plusieurs séjours en prison, au cours des années 1980, pour vols, violences avec arme et coups et blessures. Sa spécialité est de cambrioler des magasins de sport[2].
En 1985, alors que Jean-François André monte son futur bar, situé dans une grande bâtisse du Creux-de-la-Thine (Drôme), Zanchi le rejoint ainsi qu’une trentaine d’autres motards. André est un amateur de Harley Davidson et est surnommé « La Pie ». Il monte lui-même sa propre affaire et sa passion parvient à se populariser de manière exponentielle. Bien que Zanchi commette ses méfaits solitairement, il reste néanmoins très proche d’André. Zanchi et André sont connus des services de police pour quelques trafics de stupéfiants, mais André évite la prison. Zanchi, en revanche, continue ses cambriolages et dévalise une trentaine de magasins de sport pour lesquels il regagne plusieurs fois la prison[2].
Au cours des années 1980, Zanchi rencontre sa compagne, Brigitte Alleon, née en 1966, avec qui la relation diverge entre sa présence et ses séjours de détention. De leur union naît un premier fils, Angelino, le [1],[2].
Premier meurtre et incarcération
Le , Zanchi apprend que l’un de ses meilleurs amis vient de subir un lynchage et a été victime de coups et blessures volontaires par un autre homme, qu’il connaît. Zanchi se saisit de deux pistolets de calibre 9mm, sans avoir de permis de port d’armes à feu. L’objectif de Zanchi est de « venger » son ami, en donnant une « correction » à la personne qui lui a fait du mal. Zanchi qualifie son geste comme étant un « code d’honneur envers ses amis » afin de les « venger » si quelqu’un s’en prend à eux. Zanchi se rend voir l'agresseur de son ami. Il se met à surveiller le bar-restaurant de Saint-Rambert-d'Albon, qu’il fréquente quotidiennement. À la vue de l'agresseur, Zanchi sort ses pistolets, qu'il détient dans chaque main, et lui tire dessus. La victime meurt sur le coup, sans avoir le temps de riposter aux tirs de Zanchi[2].
Après avoir commis son crime, Zanchi s’en va et décide de se rendre au commissariat, afin de se dénoncer de son crime. Placé en garde à vue, Zanchi avoue avoir voulu « venger » l’un de ses amis, en assassinant l’homme qui venait de le « passer à tabac ». Zanchi avoue être solidaire à l’écart de ses connaissances amicales. Il n’apprécie aucunement qu’une quelconque personne puisse s’en prendre à eux. À la fin de sa garde à vue, Zanchi est inculpé pour assassinat et port d’arme prohibé, puis placé en détention provisoire[2],[3].
Zanchi compraît d'abord devant le tribunal correctionnel pour port d’armes prohibé et est condamné. Initialement poursuivi pour assassinat, son chef d'inculpation est requalifié en meurtre, l'accusation estimant que Zanchi n'avait aucune intention de tuer avant d'apercevoir sa victime.
Jugement dans l'affaire de Saint-Rambert d'Albon
En 1996, Zanchi comparaît devant la Cour d’assises du Gard, pour le meurtre de l'agresseur de son ami.
Solidaire envers ses amis, Zanchi avoue être responsable de son crime, mais plaide la « légitime défense » à l’égard de son ami. Appelés à la barre, les proches de Zanchi témoignent que ses autres amis le soutiennent toujours, bien qu'il ait commis un meurtre. La compagne de Zanchi, est également présente durant l’audience et le soutient toujours. Afin de justifier son meurtre, Zanchi avoue avoir agi pour « venger l’honneur » de son ami, lorsque celui-ci a été « passé à tabac ».
Au terme de son procès, Zanchi est reconnu coupable d’homicide volontaire et condamné à 10 ans de réclusion criminelle. Durant sa détention, son ami, Jean-François André, aide financièrement la compagne et le fils de Zanchi.
Libération et rechute délictueuse
Zanchi est libéré de prison en , après presque 8 ans de détention. À la suite de sa libération, Zanchi retourne vivre avec sa compagne, qui le soutient toujours, malgré les faits qu’il a commis. Il retourne également fréquenter Jean-François André, dit « La Pie », ainsi que toute l'entreprise et les fréquentations de « La Pie », qui ont évolué de manière exponentielle[2].
Le couple Zanchi-Alleon redevient solidaire et donne naissance à des jumeaux, le , alors que Zanchi n’est libre que depuis quelques mois[1]. Les deux benjamins du couple ont presque 10 ans de moins que le fils aîné. Zanchi décide alors d’être un père de famille exemplaire et d’abandonner sa vie criminelle. Il souhaite consacrer du temps au près de ses fils, du fait que son aîné était trop jeune durant sa dernière arrestation — Angelino n’avait qu’un an.
En 2002, Zanchi retourne de nouveau en prison pour cambriolage. Il effectue sa détention, avant d'être libéré en [2],[4].
Ultime tournant
En , alors que Zanchi est libre depuis sept mois, ce dernier apprend que son meilleur ami, Jean-François André (dit « La Pie »), vient d’être assassiné près de chez lui, à l’âge de 42 ans. Cette nouvelle laisse Zanchi « dévasté » et « abattu ». Ce tournant fait que Zanchi se sent « coupable » de ne pas avoir pu protéger son ami de ce qui allait lui arriver. Fait rarissime ; lors de l’enterrement de « La Pie », des milliers de personnes, venant de différents pays, assistent à ses obsèques. Zanchi est également présent lors de l’enterrement de « La Pie »[2].
En , plusieurs arrestations ont lieu dans l’entourage de « La Pie », mais ne permettent pas assez de preuves afin d’inculper le moindre suspect. Zanchi est également interrogé mais s'avère totalement innocent au crime. Un renseignement parvient aux gendarmes, dans lequel un indicateur désigne Michel Di-Bacco comme étant le commandiataire et Gerald Crouzet l'exécutant. Lors de sa garde à vue, Di-Bacco affirme avoir dîné dans un restaurant en compagnie d'un ami et de son beau-père. Son alibi est confirmé, après l'interrogatoire des deux témoins, mais rien n'indique qu'il n'ai pas commandité le crime. Quant à Crouzet, celui-ci dit ne pas se souvenir de ce qu'il a fait le soir des faits, en raison du temps écoulé. Les gendarmes ne disposent d’aucun élément à charges envers les deux suspects et se voient contraints de les relâcher[2].
En , Zanchi est de nouveau arrêté pour port d’armes prohibé à la suite d’un cambriolage. Il est mis en examen pour ces faits et placé en détention provisoire. Pour ces faits, Zanchi écope de 5 ans de prison ferme. Il est également mis en examen pour association de malfaiteurs, vols, recels de véhicules et cambriolages, commis en 2003, mais l'accusation s'enlise et les preuves manquent. L’enquête sur l’assassinat de André se poursuit, mais se solde par un non-lieu, en 2008. Dans leur rapport de clôture, les gendarmes affirment que la thèse privilégiée est celle d'un règlement de comptes, organisé par Di-Bacco et exécuté par Crouzet[2],[5].
Libération et série de meurtres
Zanchi est libéré de prison le , après près de quatre ans de détention. Il projette son envie de receler des armes à feu, afin de « venger » son ami « La Pie », toujours sans avoir de permis de port d’armes. Après s’être procuré deux pistolets de 9mm, Zanchi décide de surveiller ses futures victimes[2].
Dans l'après-midi du , Gerald Crouzet, 46 ans, roule à bord de sa voiture, à proximité d’Érôme. Lors d’une intersection, Zanchi le croise à moto, conduite par un complice, et passe devant lui. Il tire une balle de pistolet sur Crouzet, qui perd la contrôle de sa voiture et tombe dans un fossé. Gravement blessé, Crouzet agonise puis décède quelques minutes plus tard. Entre-temps, Zanchi prend la fuite à bord de sa voiture. Le corps sans vie de Crouzet est découvert le jour même, lorsque des passants découvrent sa voiture accidentée. Selon toutes constations et autopsies, la mort de Crouzet est classée comme étant une mort d’infarctus. La piste d’un homicide est, pour le moment, écartée et Crouzet est enterré au Cimetière d’Arras-sur-Rhône. Dans les jours suivant les faits, Zanchi se confie à son ancienne compagne et une ancienne amie d'André, en leur avouant avoir tué Crouzet pour de « laver l’honneur » de celui-ci. Les motards, qui écoutent Zanchi, étaient extrêmement proches d'André, avant l’assassinat de celui-ci. Malgré les revendications de Zanchi, ils refusent de le dénoncer, les motards étant solidaires. D’autres anciens amis d’André sont mis au courant, mais ne déposent pas plainte contre Zanchi, également par solidarité. À la différence de son premier meurtre, Zanchi ne se rend pas au commissariat pour se dénoncer ; il envisage en effet de tuer Michel Di-Bacco, qu’il soupçonne toujours d’être le commanditaire de l'assassinat d’André[2],[6].
Le , vers 12h30, Zanchi se gare en mobylette devant le bar-restaurant d’Arras-sur-Rhône, en compagnie d'un complice. Zanchi et son complice guettent l'entrée du bar, afin d’attendre Michel Di-Bacco, 52 ans, sortir du restaurant ; Di-Bacco en est est le propriétaire. Zanchi patiente durant un instant, jusqu’à ce qu’il aperçoive Di-Bacco. À la vue de sa future victime, Zanchi tire 13 balles de calibre 9mm sur Michel Di-Bacco et ce dernier, criblé de balles, meurt de manière instantanée. À la suite de son nouveau crime, Zanchi prend la fuite et part dire à l'ancienne compagne d'André que « son mari a été vengé ». À la découverte du corps sans vie de Michel Di-Bacco, une enquête est ouverte pour assassinat. Les témoins de la fusillade affirment avoir vu un homme à moto tirer sur la victime, mais demeurent incapables de donner le modèle du véhicule. Ceux-ci divergent également sur le physique du tireur : certains décrivent un homme mince, voire une femme, tandis de d'autres parlent d'un jeune homme aux allures d'adolescent. Alors que l’enquête débute sur la mort de Di-Bacco, plusieurs proches du défunt parlent davantage sur une hostilité qu’il avait avec Jean-François André, cinq ans plus tôt. Plusieurs témoignages sont enregistrés par rapport aux affaires André et Di-Bacco, afin d’établir un rapprochement vis-à-vis des deux crimes. Sur les écoutes téléphoniques, Zanchi est également mentionné comme étant le « vengeur », du fait de ses revendications, mais les preuves ne sont pas assez suffisantes pour l’incriminer. Un autre témoignage permet d’établir un nouveau rapprochement avec la mort de Gerald Crouzet, survenue trois mois plus tôt[2],[7],[8].
En , le corps de Crouzet est exhumé. Le médecin légiste permet d’établir un impact de balle dans la tête de la victime ; la mort de Crouzet est donc un homicide, causé par arme à feu et n'est en rien accidentel. À l'aide des écoutes téléphoniques, la piste de Zanchi demeure privilégiée, bien que les preuves soient toujours insuffisantes pour l’arrêter. Les enquêteurs décident alors de placer son téléphone portable et sa voiture sur écoute, afin d’intercepter des indices sur celui qu'ils soupçonnent d'être un tueur en série d'honneur. Les écoutes durent plusieurs mois, mais s’avèrent infructueuses, Zanchi connaissant bien les procédés de la police[2],[9].
Le , Zanchi arpente les routes d’Arras-sur-Rhône. Lorsqu’il circule, Zanchi croise Marc Nepote-Cit, 35 ans, avec qui la tension monte. Nepote-Cit est également le meilleur ami de Michel Di-Bacco et soupçonne fortement Zanchi de l'avoir assassiné. La rencontre entre Zanchi et Nepote-Cit suscite une grande hostilité vis-à-vis des meurtres de Michel Di-Bacco et Jean-François André. Ne supportant pas que l’un de ses ennemis lui résistent, Zanchi braque Nepote-Cit et l'emmène sur une route déserte de Vernosc-lès-Annonay, au niveau de la Roche Péréandre ; lieu qu’il décrit comme étant la « Roche où a péri André ». Après avoir entraîné Népote-Cit en bas de la roche, Zanchi le tue de plusieurs coups à la tête — l'arme ayant servi au crime n'est pas connue — puis le déshabille pour l'humilier. À la suite de son nouveau meurtre — le quatrième —, Zanchi enterre la victime en bas de la Roche Péréandre. Trois jours plus tard, la sœur de Népote-Cit signale sa disparition. Cette nouvelle affaire intrigue les enquêteurs, qu'ils soupçonnent déjà Zanchi dans les deux premiers assassinats. En regardant les factures téléphoniques, les enquêteurs s'aperçoivent que les téléphones portables de Zanchi et Népote-Cit émettent au même endroit. En plus de cela, ils découvrent que le téléphone de Zanchi est resté durant 20 minutes, au niveau de la Roche Péréandre[2].
Lors d'une écoute, interceptée le , Zanchi livre à l’un de ses amis, Michel, un témoignage sur le meurtre qui, de manière indirecte, sous-entend de vouloir déplacer le corps de Nepote-Cit et donne le nom de la Roche Péréandre. L’enquête se tourne immédiatement sur Zanchi et le désigne comme étant le principal suspect. Les soupçons ne s'arrêtent pas aux déclarations de Zanchi car l'appel passé par celui-ci confirme que Michel est au courant du crime. Par ailleurs, les enquêteurs se demandent également si Zanchi a pu revendiquer les meurtres à d'autres amis[2],[10].
Arrestation et incarcération du « Nettoyeur »
Zanchi est arrêté à Annonay, le , alors qu’il séjourne chez sa maitresse. En garde à vue, Zanchi nie farouchement les trois meurtres qui lui sont reprochés. En revanche, Zanchi reconnaît être un tireur au pistolet et se dit être « le plus grand braqueur de la région » et un « grand vengeur ». Le lendemain de l’arrestation de Zanchi, vingt-deux autres personnes sont également arrêtées mais relâchées car aucune preuve ne pèse contre elles. Zanchi est, cependant, accablé par les aveux des personnes avec lesquelles il avait revendiqué l’assassinat de Gerald Crouzet. Dans le même temps, le corps de Nepote-Cit est retrouvé, grâce à l'écoute téléphonique passée par Zanchi quelques jours auparavant. Bien qu’il n’avoue aucun des trois meurtres qui lui sont reprochés, Zanchi ne se dit pas non plus « étranger » aux faits, du fait qu’il ait, de ses propos, « vengé » son ami Jean-François André[10],[11].
Le , Zanchi est déféré devant le juge d’instruction et est mis en examen pour assassinats en bande organisée sur les personnes de Gerald Crouzet et de Michel Di-Bacco, puis pour meurtre en bande organisée sur la personne de Marc Nepote-Cit, ainsi que pour port d’armes prohibé. Il est placé en détention provisoire, à la Maison d'arrêt de Grenoble-Varces[11].
Bien que Zanchi soit désormais un tueur en série — de plus d’être un tueur récidiviste —, la famille de Jean-François André explique que Zanchi a toujours été affecté de la mort de son ami, qu’il considérait comme étant son « frère de cœur ». À la suite de son placement en détention, Zanchi est surnommé par la presse « Le Nettoyeur », du fait d’avoir « lavé » l'honneur d'André. Il est également surnommé « Le Vengeur Casqué » et « Le Justicier Vengeur ». Qualifié de « Voyou à l'ancienne », Zanchi est connu pour rendre justice à ses amis, quelqu'en soit les risques[2],[10],[11],[12].
Jugement pour la série de meurtres
Première instance
Le , Zanchi comparaît devant le Tribunal correctionnel de Privas pour association de malfaiteurs, vols, recels de véhicules et cambriolages, commis en 2003. Dans son box, il reconnaît avoir détenu illégalement des armes et avoir recelé le véhicule, mais se défend d'avoir détourné de l'argent et d’avoir cambriolé magasin Phildar, malgré la découverte de plusieurs vêtements chez-lui, en . Au terme de son jugement, Zanchi est condamné à 30 mois de prison ferme. Les cinq coaccusés de Zanchi écopent, quant à eux, de peines allant de six mois de prison avec sursis à deux ans de prison ferme[5].
Le , le procès de Zanchi débute devant la Cour d’assises de la Drôme, pour les assassinats de Gerald Crouzet et de Michel Di-Bacco, ainsi que le meurtre de Marc Nepote-Cit. Sa défense est assurée par Me Jean-Yves Bret[2],[13].
Désormais âgé de 50 ans, Zanchi reste muet et ne s’explique sur aucun des trois crimes. Lors du procès, il est soutenu par ses amis, l’ancienne épouse et la fille de Jean-François André. Vient ensuite le témoignage des trois accusatrices de Zanchi : son ancienne compagne, une ancienne amie d'André et l'ancienne compagne de celui-ci. Lorsqu'elles sont appelées à témoigner à tour de rôle, celles-ci reviennent sur leurs aveux et affirment ne jamais avoir accusé Zanchi. Pour la défense de Zanchi, ces rétractations sont accueillies tel aveux d'innocence. Pour l'accusation, en revanche, celles-ci sont considérées comme une peur des représailles de Zanchi. Lors de son jugement, Zanchi est jugé comme étant un « tueur en série faisant justice pour le crime ». La Cour se refuse pourtant fermement à attribuer une image de héros à l'accusé, qu'elle juge dangereux et avec un risque de récidive très élevé. Selon les jurés, le cas de Zanchi se dessine par une « obsession du crime » lorsqu’il se sent « contraint » de tuer ses rivaux afin de « venger » ses alliés[2],[10],[11],[12].
Le , Zanchi est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour les assassinats de Gerald Crouzet et de Michel Di-Bacco, ainsi que le meurtre de Marc Nepote-Cit. Il interjette appel de cette décision[2],[14],[15].
Procès en appel
Le , le procès en appel de Zanchi débute, devant la Cour d’assises de l’Isère. Sa défense est assurée par Me Sylvain Cormier[16].
Lors de son procès, Zanchi fait abstraction à son silence et clame qu'il est innocent. La défense de Zanchi se penche sur les incohérences de sa « vengeance » et pointe du doigt son intervention tardive. Celle-ci affirme qu'il aurait pu tuer Gérald Crouzet, Michel Di-Bacco et Marc Nepote-Cit, dès 2003 ou 2004. Me Cormier démontre que Zanchi n’est retourné en prison que neuf mois après la mort d’André ; ce qui, selon lui, est un moyen de démontrer qu’il est innocent, du fait que Zanchi aurait été incapable d’attendre cinq ans avant de « venger » André. La Cour, en revanche, ne partage pas cet avis et affirme que la commission des faits est due au non-lieu, prononcé 2008, renforçant une envie de tuer à l’égard d’une « vengeance »[2],[17].
Le , Zanchi est condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour les assassinats de Gerald Crouzet et de Michel Di-Bacco, ainsi que le meurtre de Marc Nepote-Cit[18],[19].
Zanchi et Me Sylvain Cormier forment un pourvoi en cassation, mais celui-ci est rejeté en 2015[2].
