Houillères de Communay

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Carte des départements français.
Localisation du gisement sur la carte des bassins houillers français.

Les houillères de Communay sont des charbonnages exploités sur le territoire des communes de Communay et de Ternay, au sud de Lyon dans le Rhône, dans le centre-est de la France.

Le gisement est situé à l'extrémité occidentale du bassin houiller du Bas-Dauphiné qui est un lambeau du bassin houiller de la Loire. Sa production totale s'est élevée à 800 000 tonnes.

Après quelques recherches en 1748 puis au début du XIXe siècle, l'activité démarre dans les années 1830 et s'industrialise vers 1850 avec le puits Bayettant et le puits de l'Espérance, exploités jusqu'au commencement de la Première Guerre mondiale. Après la guerre l'activité est relancée avec le puits Sauveur jusqu'en 1923. D'autres tentatives de relances échouent en 1926-1927 avant une dernière période d'activité de 1941 à 1950 dans le cadre de la bataille du charbon.

Plusieurs vestiges subsistent au début du XXIe siècle tel que des terrils et des ruines de bâtiments miniers. Le carreau du puits de l'Espérance avec son chevalement reconstitué est le témoin le plus notable de l'activité minière.

Le bassin houiller s'étend sur le territoire des communes de Communay et de Ternay à l'extrémité sud-est du département du Rhône, à 15 km au sud de Lyon à la limite entre la métropole de Lyon et l'Isère. Il est parallèle à l'autoroute A46 et situé à proximité immédiate du bassin houiller de la Loire dont il est un fragment[1],[2].

Carte localisant les travaux miniers, les limites communales et les concessions.
Les secteurs miniers exploités par les deux concessions de Communay et de Ternay.
  • Zones exploitées
  • Zones urbanisées
  • Cours d'eau
  • Limites de concessions
  • Limites communales
  • Axes routiers structurants
  • Voies ferrées

Géologie

Le gisement de Communay-Ternay est un lambeau synclinal du bassin houiller de la Loire. Ce gisement se prolonge vers le nord-est, en passant à l'est de Lyon. Ce prolongement est appelé « bassin houiller du Bas-Dauphiné » ou « bassin houiller de Lyon »[1],[3].

Le bassin houiller du Bas-Dauphiné (dont seul le secteur de Communay a été exploité[4]) est identifié par une soixantaine de sondages entrepris entre 1854 et 1925 qui ont mis en évidence des couches minces de charbon et de schiste entre 750 et 1 500 mètres de profondeur. Ce gisement, qui s'étend sur 1,7 km de long et 400 à 600 mètres de large, est jugé trop pauvre, trop profond et trop proche du terrain aquifère avec présence de molasse pour être exploité[3],[2].

La concession de Ternay ne renferme qu'un petit lambeau d'affleurement d'une couche mince, restée inexploitée et enfermée dans des micaschistes[5].

La concession de Communay possède un gisement en forme de cuvette, formée par un profond et étroit synclinal coupé et disloqué par des failles transversales qui suivent un axe nord-sud. Ces failles sont comblées par des dykes de porphyre vert. Seul le flanc sud du synclinal est exploité, il est formé par cinq couches. Trois d'entre-elles mesurant en moyenne 1,2 mètres d'épaisseur chacune ont été exploitées[5].

Histoire

Une action de la mine d'anthracite.

Les premiers travaux sont mentionnés en 1748, il s'agit de recherches aux affleurement sur le plateau de Chassagne à Ternay par grattage superficiel. Des puits de recherche sont creusés en 1800, 1807, 1812 et 1831 au sud de Communay, dont la fendue Sainte-Elisabeth. L'un d'entre eux aurait atteint les micaschistes à 165 mètres de profondeur[6],[7],[8]. La première machine à vapeur est utilisée en 1802. Après la période de recherches, de nombreuses demandes de concession sont déposées dans les années 1830[i 1].

La double concession de Communay (421 ha) de Ternay (453 ha) est accordée le par ordonnance royale doublée d'un cahier des charges précisant les modalités d'exploitation. La concession de Ternay, propriété de messieurs Lombard, Cussinet, Fleury et compagnie est abandonnée dès 1835 après quelques recherches. Seule la concession de Communay attribuée à messieurs Pinet et Boissat est exploitée[6],[1],[4],[i 1]. Les puits et tranchées d'exploitation de Ternay sont signalés comme abandonnés, remblayés et éboulés en 1838[7].

L'exploitation démarre réellement en 1834 avec le fonçage du puits Bayettant (ou puits de la veuve Molard) creusé à l'est des recherches de Chassagne. Il coupe une première couche à 68 mètres de profondeur et une seconde à 145 mètres. Le puits Bayettant est mis en communication avec le puits des Echelles, bien moins profond que lui (20 mètres environ). Une distance de 110 mètres sépare les deux puits. Dans ce secteur, les couches sont dépilées entre 10 et 200 mètres de profondeur jusqu'en 1912[9].

Deux puits de recherche sont foncés au nord-est du bassin. Le puits Gueymard est commencé en 1830 mais est arrêté en 1834 au bout de 122 mètres en raison de fortes arrivées d'eau. Il est achevé en 1845, alors que la société est en difficulté financière. Une machine à vapeur de 30 ch assure l'exhaure. Un travers-banc est engagé en 1846 sur une longueur de 40 mètres, sans résultats. Le puits Saint-André est quant à lui foncé en 1835, mais ses résultats et sa profondeur sont inconnus[9],[i 1].

Les recherches sont relancées en 1854 avec le fonçage du puits de l'Espérance. Toutefois, il ne rencontre pas de couche exploitable à 96 mètres de profondeur. Les travaux d'exploitation sont interrompus en 1860. En 1874, le puits Bayettant est approfondi jusqu'à 174 mètres de profondeur. Quelques années plus tard, en 1877, le fonçage du nouveau puits Saint-Lucie jusqu'à 80 mètres de profondeur permet l'exploitation de la première couche rencontrée à 36 mètres. Le puits de l'Espérance rencontre finalement deux couches de charbon en 1879 après avoir été approfondi jusqu'à 220 mètres[6],[9]. La production dans la seconde moitié du XIXe siècle atteint 30 à 40 000 tonnes annuelles avec des effectifs de 300 à 400 mineurs[i 1].

Ce nouveau secteur Sainte-Lucie – l'Espérance est exploité jusqu'au commencement de la Première Guerre mondiale. Les deux premières couches sont exploitées par dépilage et la troisième par tailles chassantes ou rabattantes, remblayées ou foudroyées[9]. En 1882, la Société des Houillères de Communay, en faillite, dépose le bilan. La Société Anonyme des Mines d'Anthracite de Communay relance l'exploitation en 1898[6]. Elle relance notamment le puits Bayettan. Au début du XXe siècle, il existe une usine qui agglomère le menu (charbon fin) en boulets[i 1].

Le puits Sauveur.

Après la fermeture de 1914, la Société Nouvelle des mines de Communay est constituée et rachète la concession en 1917. Elle relance l'exploitation entre 1919 et 1923. Elle entreprend le fonçage d'un nouveau puits à l'extrémité est du bassin houiller : le puits Sauveur, profond de 175 mètres. En parallèle, une campagne de sondages est lancé, en particulier dans les environs de l'ancien puits Gueymard. Malgré l'augmentation du tonnage fourni par le puits Sauveur (10 000 tonnes en 1923 contre 3 000 tonnes en 1920), la société fait faillite en 1923[6],[2].

Répartitions des charbonnages de France sur les bassins houillers français.
  • Houillères du Bassin de la Loire (dont Communay)

L'activité est brièvement relancée entre 1926 et 1927 par un négociant charbonnier qui fait creuser le puits Guerin et la fendue du même nom à proximité du puits Sauveur. Le puits Guerin de trouve rapidement noyé par les eaux. Après l'acquisition de la concession par la compagnie des Charbonnages du Forez en 1941, l'activité reprend une dernière fois au même endroit avec 82 mineurs entre 1944 (2 300 tonnes) et 1947 (15 800 tonnes) dans le cadre de la bataille du charbon et de la reconstruction. En 1946, plusieurs puits sont en cours de dénoyage et l'un d'entre eux est marqué par un accident entrainant la mort de deux mineurs et laissant un troisième blessé gravement[6],[2]. Les puits utilisent alors des machines d'extraction électriques[i 1].

La concession de Ternay est officiellement renoncée en , seule la concession de Communay est intégrée aux Charbonnages de France (via les Houillères du Bassin de la Loire) à la nationalisation en 1946. Elle est cependant abandonnée dé le . Les puits Espérance, Bayettant, Guerin, des Echelles, Sainte-Lucie et Sauveur sont mis en sécurité en 1998, ils sont remblayés avec des granulats du Rhône et munis de bouchons en béton sur 5,5 et 10 mètres de hauteur. Une instruction d'arrêt des travaux est lancée en 1999, la concession est complètement abandonnée en puis officiellement renoncée le par Charbonnages de France[6],[1],[10].

Travaux

Liste des puits[9],[2]
NuméroNomCompagniePériode d'activitéProfondeurCouches
1Puits de Ternayinconnue1800-1807
2
3
4Puits Bayettant
(ou puits de la Veuve Molard)
Société Anonyme des Mines d’anthracite de Communay1850-1912175 m3 couches
5Puits Gueymard1830-1835122 m
6Puits Saint-André1835
7Puits Espérance1854-1914210 m5 couches
8Puits Sainte-Lucie1877-191480 m
9Puits SauveurSociété nouvelle des Mines d’anthracite de Communay1918-1923
1944-1947
175 m2 couches
Puits et fendue Guerin1926-1927
1944-1947

Plusieurs vestiges miniers, notamment des terrils, des tassements et des ruines ont été inventoriés en 2012 par Geoderis. Il subsiste également le chevalement reconstitué du puits Espérance, les logements des mineurs, des ingénieurs et du directeur (la « villa Jeanne ») mais aussi une ancienne poudrière et du matériel roulant tel que des berlines[i 1],[i 2],[11],[12].

Production

La production totale du gisement est estimée à 800 000 tonnes de charbon[2],[13].

L'essentiel de la production est réalisé avant la Première Guerre mondiale : 750 000 tonnes au moment où la Société Anonyme des Mines d’anthracite de Communay dépose son bilan en 1914[5]. 35 000 tonnes sont exploitées entre 1918 et 1923, puis une production dérisoire lors de trois périodes éphémères en 1926-1927, 1941 et 1946[7],[2].

Transport

Au milieu du XIXe siècle, le charbon est transporté par tombereau à traction hippomobile jusqu'à Chasse-sur-Rhône. En 1898, une voie ferrée à voie étroite est construite entre les puits des houillères et la gare de Chasse-sur-Rhône où le contenu des berlines et transvasé dans des wagons du réseau PLM. Au fond de la mine, le roulage se fait d'abord par traineaux tirés par corde puis par wagonnets sur rail[i 1].

Mémoire

Notes et références

Voir aussi

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