Huit Improvisations sur des chants paysans hongrois
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Les Huit Improvisations sur des chants paysans hongrois, op. 20, Sz. 74, sont un ensemble de huit pièces pour piano du compositeur hongrois Béla Bartók, écrit en 1920.
Béla Bartók compose ses Huit Improvisations en 1920 à Budapest[1]. Elles sont créées pour la première fois dans cette même ville le [1]. Elles sont parmi les pièces les plus aboutie dans la technique du compositeur de traiter la musique populaire[1]. Elles sont aussi un témoignage du combat esthétique entreprit par Béla Bartók à propos de l'atonalité, comme il le fait dans son ballet Le Mandarin merveilleux ou dans ses Sonate pour violon et piano no 1 et no 2[1]. Ces pièces sont à un tel degré de son esthétique pianistique que le compositeur n'écrira plus pour le piano pendant six ans[1]. Il renouera avec la Sonate pour piano en 1926[1].
Structure
L'œuvre comprend huit pièces :
- Molto moderato
- Molto capriccioso
- Lento, rubato
- Allegretto scherzando
- Allegro molto
- Allegro moderato, molto capriccioso
- Sostenuto, rubato
- Allegro
Analyse
Les chants populaires utilisés viennent de régions très différentes[1]. Ainsi, les numéros 1 et 4, notés déjà en 1907, proviennent du district de Tolan[1]. D'autres sont empruntés aux collections de ses collègues folkloristes comme Bela Vikar, Akos Garay et László Lajtha[1]. De fait, les numéros 2 et 5 proviennent du district de Zala, le troisième du district de Szerém, le sixième de la région de Csik, le septième de la région d'Udvarhely et le huitième de Szilágy[1].
Bartok fait usage d'une liberté inédite dans ces Huit Improvisations, prenant la forme d'une rhapsodie parfaitement équilibrée, des variations et de véritables développements[1]. Le contrepoint est aussi très présent dans ces pièces[1]. Les numéros 2, 5, 6 et 8, danses rapides, mêlent humour sardonique et diabolique à la façon des épisodes du Prince de bois ou du Mandarin merveilleux ou encore de la Suite de danses pour orchestre de 1923[1].
Les deux premières danses s'enchaînent, succédant une danse rapide à une lente mélopée[1]. On retrouve ce système avec les deux dernières, enchaînant une pièce lente avec une rapide[1].
Les numéros 3, 4 et 5 sont aussi liées entre elles, avec une animation croissante de la troisième à la cinquième[1]. Les numéros 6 et 7 sont, elles, isolées[1]. La septième notamment, très expressive, a été composée à l'origine à la mémoire de Claude Debussy et publiée avec des hommages d'autres compositeurs comme Igor Stravinsky, Paul Dukas, Manuel de Falla ou encore Maurice Ravel dans le Tombeau de Claude Debussy, paru dans la La Revue musicale du [1].