Humberto Baena

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Humberto Baena
Biographie
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José Humberto Baena Alonso (1950-1975) est un militant anti-franquiste galicien, membre du Front révolutionnaire antifasciste et patriote (FRAP). Il a été exécuté par le régime franquiste, fusillé le dans la commune madrilène de Hoyo de Manzanares[1]. Condamné pour assassinat, il fait partie des dernières personnes condamnées à mort par la justice militaire et exécutées en Espagne.

Le ont été condamnés à mort, outre Humberto Baena, les militants du FRAP José Luis Sánchez Bravo et Ramón García Sanz et les militants d'ETA Juan Paredes (Txiki) et Ángel Otaegui. Ce furent les dernières exécutions de la dictature franquiste, peu avant la mort de Franco. Ces morts ont soulevé une vague de protestation et de condamnations contre le gouvernement espagnol, en Espagne et à l'étranger, au niveau officiel et de la part des populations.

Né à Vigo en 1950, Humberto Baena, après avoir passé le baccalauréat, a commencé des études de Philosophie et Lettres à l'université de Saint-Jacques-de-Compostelle, aidé par l'argent que lui envoyaient des proches, car ses parents manquaient de ressources. Pendant sa première année d'études, il a été arrêté, jugé et fiché pour avoir participé à des manifestations étudiantes à Saint-Jacques-de-Compostelle en 1970. Il est sorti acquitté de ce procès en 1972, après avoir attendu le jugement pendant deux ans. Il a été détenu un mois, dans les commissariats de Vigo, Saint-Jacques-de-Compostelle et La Corogne[2].

En raison de ce procès il a dû arrêter ses études. Il a essayé de travailler à plusieurs endroits, mais se heurtait à des obstacles car les usines exigeaient un certificat de bonne conduite, que la police refusait de lui donner, malgré son acquittement. Il ne pouvait pas non plus avoir de passeport, ni de permis de conduire. Ainsi il a dû faire des "petits boulots", dans le commerce, comme serveur, vendeur de livres, et autres[2].

Il a fait son service militaire à Colmenar Viejo (Madrid). En raison de son fichage policier, il était surveillé constamment par le personnel du SIM (Service d'Information Militaire) de la caserne. Il était en poste dans une caserne punitive à Hoyo de Manzanares. Il est devenu militant du Parti communiste d'Espagne (marxiste-léniniste) pendant son service militaire[2].

À la fin de son service, il est retourné à Vigo. Il a commencé à travailler comme manœuvre dans une fonderie à Fumensa, une entreprise de 150 ouvriers. Il y a travaillé pendant cinq mois. En 1974 il a participé au lancement de cocktails molotov contre une succursale de la Banque de Bilbao à Vigo, en protestation contre l'exécution de Salvador Puig Antich. Le il y a eu une manifestation à Vigo au cours de laquelle un policier en civil a tiré "en l'air", tuant Manuel Montenegro, un employé de Fenosa qui travaillait dans l'enceinte de l'entreprise, d'où il regardait la manifestation. José Humberto n'avait pas participé à la manifestation mais, lorsqu'il a appris ce qui était arrivé, avec des camarades, il a collecté de l'argent pour lui offrir une couronne de fleurs et un faire-part dans le Faro de Vigo. Pour le publier, ils ont donné leurs noms et numéros de carte d'identité. Le lendemain, la police a commencé à chercher et à arrêter ceux qui avaient participé à la collecte et, pour éviter d'être arrêté, car il connaissait les méthodes utilisées pour faire avouer des délits non commis, il a d'abord décidé de fuir au Portugal, mais s'est finalement réfugié à Madrid pour continuer le combat politique[2].

Il fut arrêté le , accusé d'avoir tué le policier Lucio Rodríguez Martínez. Un témoignage qui déclarait qu'il ne ressemblait pas à l'auteur de l'attentat fut ignoré, et il fut condamné à mort.

L'exécution

Le Conseil des Ministres du vendredi confirme les peines de mort de cinq accusés. Des protestations sont émises par le Barreau de Barcelone et des démarches sont réalisées auprès du Saint Siège.

A Barcelone furent exécutés Juan Paredes Manot, dit Txiki, de 21 ans, et à Burgos, Ángel Otaegui, de 33 ans, tous deux accusés d'appartenir à ETA. A Hoyo de Manzanares, José Luis Sánchez Bravo, de 22 ans, Ramón García Sanz, de 27 ans, et José Humberto Baena Alonso, de 24 ans, membres du Front Révolutionnaire Antifasciste et Patriote (FRAP).

A Hoyo de Manzanares les exécutions ont été faites par trois pelotons composés chacun de dix gardes civils ou policers, un sergent et un lieutenant, tous volontaires. À 9h10, les policiers ont fusillé Ramón García Sanz, 20 minutes plus tard, José Luis Sánchez Bravo et peu après Humberto Baena. A 10h05 tout était terminé. Aucun proche des condamnés n'a pu assister aux exécutions, pourtant qualifiées d'"exécution publique" par la loi.

Les cadavres des trois membres du FRAP ont été enterrés le matin même de leur exécution à Hoyo de Manzanares. Les restes de Sánchez Bravo seront ensuite transférés à Murcie, et ceux de Ramón García Sanz au cimetière civil de Madrid. Ceux de José Humberto Baena ont été transférés à Vigo huit jours après, pour éviter les manifestations et la possibilité qu'il y eût d'autres morts.

Réactions et protestations

Lorsque le vendredi le Conseil des Ministres, à l'unanimité et suivant les directives de Francisco Franco, approuve l'exécution de cinq des onze condamnés à mort, cela provoque une immense commotion. Franco avait ignoré toutes les demandes de clémence qui lui étaient arrivées, depuis le pape Paul VI jusqu'à son frère Nicolás Franco en passant par le premier ministre suédois Olof Palme ou le président du Mexique Luis Echeverría. Les titres de la presse espagnole proclamaient la générosité du régime qui avait gracié six des onze condamnés. Sous le titre Il y a eu de la clémence la presse se pliait aux consignes du régime, sans qu'on puisse entendre une parole dissonante.

Au Pays Basque, une grève générale a été déclarée en plein état d'exception, et a été majoritairement suivie. Dans toutes les villes espagnoles les grèves et les protestations se sont multipliées, et dans le monde la clameur contre les exécutions ne cessait pas.

Les irrégularités des procès avaient déjà été dénoncées par l'avocat suisse Christian Grobet qui avait assisté en tant qu'observateur judiciaire au conseil de guerre de Txiki au nom de la Fédération Internationale des Droits de l'Homme et de la Ligue Suisse des Droits de l'Homme, dans le rapport duquel il dit:

« Jamais l'avocat soussigné, depuis qu'il suit les procès politiques en Espagne, n'avait eu aussi clairement l'impression d'assister à un tel simulacre de procès, en définitive une sinistre mascarade, si nous pensons un instant à l'avenir qui attend les accusés. »

Le président mexicain Luis Echeverría a demandé l'expulsion de l'Espagne des Nations unies et douze pays occidentaux ont retiré leurs ambassadeurs à Madrid. Les ambassades espagnoles de plusieurs villes ont été attaquées par les manifestants, et celle de Lisbonne a été incendiée.

La réponse du régime fut l'appel à une manifestation d'adhésion sur la plaza de Oriente à Madrid, manifestation qui fut organisée par le lieutenant colonel José Ignacio San Martin[3]. Au cours de celle-ci, Franco, physiquement très diminué, accompagné du prince des Asturies Juan Carlos de Bourbon, proclame:

« Tout le scandale qui se fait entendre en Espagne et en Europe obéit à une conspiration maçonnique et gauchiste, en collusion avec la subversion communiste terroriste de la société qui, si elle nous honore, les avilit. »

Ce fut la dernière apparition publique du dictateur.

Au Pays Basque

Le samedi a commencé une grève générale de trois jours, jusqu'au 30, qui a été majoritairement suivie et au cours de laquelle on estime que furent arrêtés plus de 200.000 travailleurs. C'était la troisième grève générale qui se produisait en ce mois de septembre et il y avait déjà eu d'autres protestations en août. Malgré l'état d'exception déclaré dans les provinces de Biscaye et Guipúzcoa, les ateliers et les usines s'arrêtent, les commerces et les bars ferment et jusqu'aux bateaux de pêche restent au port. Des manifestations ont lieu dans toutes les localités importantes, et sont réprimées avec violence par la Police Armée et la Garde civile, y compris par des tirs à balles réelles. Des obsèques sont célébrées dans presque toutes les localités basques. A Saint-Sébastien des obsèques programmées pour le 30 à 19h dans la Cathédrale du Buen Pastor, avec l'office de l'évêque Setién et 30 autres prêtres, ne pourront pas être célébrées car la police occupe la place et le temple. Même ainsi un grand nombre de personnes sont rassemblées et les troubles durent jusqu'au milieu de la nuit. Des coups de feu sont tirés et un enfant est blessé. Les coups de feu réels sont communs dans la répression des manifestations.

Les trois jours de grève générale se transforment en trois jours de protestations généralisées dans les rues des villages et villes du Pays Basque. La réponse du gouvernement a été d'envoyer la Police Armée et la Garde civile pour tenir les localités, ce qui n'a pas empêché des perturbations généralisées dans les trois provinces basques et en Navarre.

Dans le reste de l'Espagne

Dans d'autres régions d'Espagne les protestations ont été moindres. A Barcelone il y a eu plusieurs manifestations qui ont été réprimées par la police. Il y a eu des protestations dans quelques villes, mais l'ordre public a été maintenu.

Dans le monde

La réaction internationale a été forte, aussi bien au niveau gouvernemental que populaire. Les pays de la Communauté Economique Européenne ont demandé la grâce des condamnés (demande exprimée à Londres par l'ambassadeur italien), de même que le Saint Siège et l'Organisation des Nations unies. Il y a eu des protestations populaires dans presque toutes les villes importantes et les capitales. Les ambassades et consulats espagnols ont été assaillis et les intérêts de l'Espagne boycottés dans certains pays comme la France.

Certains gouvernements, comme celui de la Norvège, le Royaume-Uni ou la Hollande, ont rappelé leur ambassadeur à Madrid, à Copenhague l'Alliance Atlantique a approuvé une motion de protestation contre les condamnations et a exhorté les pays membres à ne rien faire qui pût favoriser l'intégration de l'Espagne dans cet organisme.

Le président du Mexique, Luis Echeverría Álvarez, a demandé que l'Espagne fût expulsée de l'ONU, il a annulé les vols entre Madrid et Mexico, a fermé le Bureau d'Affaires de l'Espagne dans le pays et la représentation de l'agence de presse EFE. Les protestations se sont étendues sur toute la planète, dans les pays occidentaux comme en orient. Les manifestations et actes de protestation, avec de fortes perturbations, ont été nombreux.

Réclamations légales

Les proches de Humberto Baena n'ont cessé de demander la révision du procès, étant donné qu'une témoin de l'assassinat attribué à Baena ne l'avait pas reconnu[4]. José Humberto Baena Alonso a déclaré lors du procès:

"J'affirme de je suis militant du Parti Communiste d'Espagne (marxiste-léniniste). Je n'ai pas participé aux faits que l'on me reproche."

« J'affirme de je suis militant du Parti Communiste d'Espagne (marxiste-léniniste). Je n'ai pas participé aux faits que l'on me reproche. »

Il a poursuivi en dénonçant les tortures qu'il avait subies et en levant ses mains menottées il s'est adressé aux militaires du Tribunal en disant:

« Je peux montrer les traces qui restent sur mon corps de toutes les tortures que j'ai supportées. Si vous le souhaitez, vous pouvez les voir à tout moment. »

"Je peux montrer les traces qui restent sur mon corps de toutes les tortures que j'ai supportées. Si vous le souhaitez, vous pouvez les voir à tout moment."

Reconnaissance de nullité de la condamnation

Références

Voir aussi

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