Hôpital Saint-Yves
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| Destination initiale | |
|---|---|
| Construction |
1358 |
| Démolition |
~1860 |
| Patrimonialité |
| Pays | |
|---|---|
| Commune |
| Coordonnées |
|---|
L'hôpital Saint-Yves est un établissement fondé à Rennes en 1358 sous le nom de « Maison Dieu Saint-Yves ». Il fait partie d'un réseau indépendant de plusieurs hôpitaux de la ville avant d'en devenir le principal au milieu du XVIe siècle.
Originellement situé sur les quais de la Vilaine, l'hôpital déménage en 1858 au nord du centre-ville et devient l'hôtel-Dieu de Rennes. Les chanoinesses Augustines de la Miséricorde de Jésus, qui ont géré l'hôpital Saint-Yves puis l'hôtel-Dieu jusqu'en 1896, gèrent désormais la clinique Saint-Yves, dans le quartier Saint-Hélier[1].
À sa fondation, l'hôpital Saint-Yves est situé dans le centre-ville de Rennes, dans la partie ouest du quartier Centre. Il est bordé au nord par la rue Saint-Yves et à l'ouest par le port Saint-Yves, aujourd'hui dénommé rue Le Bouteiller.
Un cimetière est présent à l'ouest de l'établissement, au-dessus du port[2].
- Lithographie de l'hôpital Saint-Yves, à gauche.
- La chapelle Saint-Yves en 2008.
Histoire
L'hôpital Saint-Yves est fondé en 1358 par le chanoine Eudon le Bouteiller, selon l'historien Amédée Guillotin de Corson. Il établit l'hôpital au sein de son manoir et de ses dépendances situés près de la porte Aivière[3]. Le Bouteiller choisit le patronage de saint Yves pour nommer l'établissement, le saint étant comme lui originaire de Tréguier[4],[2].

L'hôtel-Dieu Saint-Yves grandit au fil des siècles : en 1453, le duc de Bretagne accorde l'occupation d'une partie des rives de la Vilaine pour installer une buanderie, puis en 1494 une chapelle est reconstruite[3]. La chapelle sert également de salle de réunion aux assemblées municipales, la ville de Rennes n'ayant pas encore d'hôtel de ville[5]. Elle sert également de salle pour les malades, selon des mentions de 1583[2]. À cette date, l'hôpital compte 82 lits[2]
Au XVIe siècle, les hôpitaux connaissent des difficultés financières dans tout le royaume. À Rennes, la plupart des hôpitaux ferment et l'hôpital de Sainte-Anne, situé à la place du même nom, passe sous la gestion de l'hôpital Saint-Yves en 1557[6]. L'hôpital Saint-Yves est le seul hôpital de la ville mentionné dans les archives en 1536[7].
En 1628, l'hôpital est agrandie avec de nouvelles salles pour les malades, à l'ouest de la cour[2]. À partir de 1644, la gestion de cet hôpital est confiée aux chanoinesses Augustines de la Miséricorde de Jésus, via un traité avec la ville[8],[9]. Avec l'affluence des dons, l'hôpital rachète les immeubles mitoyens et s'agrandit régulièrement[10]. Malades, mourants, pauvres et vieillards y sont soignés[11].

En 1675, durant la révolte du papier timbré, des blessés de l'émeute antifiscale du y sont soignés. Décidés à punir des factieux pour l'exemple, le duc de Chaulnes et le marquis de Lavardin y font saisir trois des émeutiers soignés là[12].
En 1720, lors du grand incendie de la ville, les brûlés sont soignés chez les Augustines de Saint-Yves[11].
Lors de la Révolution française, l'hôpital prit le nom d'hospice de la Fraternité. En 1790, le prêtre Nicolas Collet est nommé économe-gardien de l'hôpital Saint-Yves. Après avoir renoncé à la prêtrise, il devient économe de Saint-Yves en 1793. Son épouse devint la supérieure des citoyennes servant à l'hospice et fit ouvrir une salle d'accouchement pour les filles-mères. Cependant, ce service est fermé par la ville 1796, car les fonds promis de l'État manquait et l'opinion publique était contre cette « pension gratuite pour prostituées »[13].
En 1849, on considère qu'il est urgent de remplacer l'ancien hôpital Saint-Yves qui accueille plus de deux mille patients par an. Il est mal situé, vite encombré et ne dispose pas d'assez d'espaces extérieurs[14].
Construction d'un nouvel hôpital et démolition
Après cinq siècles d'activité, les locaux vétustes posent de plus en plus problème : en 1836 la charpente menace de s'effondrer et des piliers sont installés dans les salles d'hospitalisation pour la soutenir. En 1853, des incendies volontaires endommagent définitivement l'hôpital[15]. Les chirurgiens se plaignent également de la salubrité des lieux, avec un manque de salles dédiées aux opérations et un manque d'hygiène entraînant des infections nosocomiales[16].

