Hôtel de ville de Montreuil
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Architecture des années 1930 (Art déco)
| Type | |
|---|---|
| Destination actuelle |
Administration municipale de Montreuil |
| Style |
Style rationaliste Architecture des années 1930 (Art déco) |
| Architecte |
Florent Nanquette |
| Construction |
1930–1935 |
| Hauteur |
40 m |
| Propriétaire |
Commune de Montreuil |
| Gestionnaire |
Commune de Montreuil (d) |
| Patrimonialité |
Recensé à l'inventaire général |
| Pays | |
|---|---|
| Division administrative | |
| Commune |
| Coordonnées |
|---|
L’hôtel de ville de Montreuil est le principal bâtiment administratif de la commune de Montreuil, située dans le département de la Seine-Saint-Denis, en région Île-de-France. Il se trouve sur la place Jean-Jaurès et abrite notamment les services municipaux et les Archives municipales.
Premiers hôtels de ville
Après la Révolution française, la municipalité installe d'abord son siège dans une maison communale. En 1840, elle déménage dans une maison appartenant à la famille Maupas, rue du Milieu (actuelle rue Victor-Hugo)[1]. La maison, acquise de la veuve Maupas, est alors aménagée par l’architecte Molinos et abrite également la gendarmerie[1].
Un premier véritable hôtel de ville en pierre est ensuite construit entre 1859 et début 1864 sur la place Girard (devenue place Jean-Jaurès). Conçu par l’architecte Claude Naissant, architecte du département de la Seine et de l’arrondissement de Sceaux, dans un style néoclassique, il est bâti en pierre de taille[2]. On y intègre notamment une pierre provenant de la Bastille, récupérée après la démolition de la forteresse[3].
La place Girard, créée par arrêté en 1852, est conçue comme une vaste place carrée plantée de quatre rangs de marronniers. Le terrain destiné à la construction de la mairie est acquis par la ville en 1858. L’édifice présente un plan carré à un étage, organisé autour d’une travée centrale encadrée de deux travées latérales ; les baies de l’étage sont cintrées et l’ensemble est couvert d’une toiture en pavillon en ardoise. La travée centrale est soulignée par un balcon et surmontée d’une horloge. Le bâtiment est comparable aux mairies édifiées par le même architecte à Vanves et à Fontenay-aux-Roses[1].
En 1893, deux annexes d’un rez-de-chaussée mansardé sont construites de part et d’autre du bâtiment, à l’emplacement d’anciens jardins : l’une accueille la bibliothèque et le service de l’octroi, l’autre la loge du concierge et le service de la voirie. L’annexe de la bibliothèque est agrandie en 1897[1].
En 1891, un concours est lancé pour la décoration de la salle des mariages. Le premier prix est attribué à Claude-Charles Bourgonnier, élève d’Alexandre Cabanel, devant Henri Martin. Installés en 1893, les quatre panneaux peints représentent des scènes de la vie montreuilloise : la récolte des pêches, la sortie des ouvriers des carrières, le maraîchage et une promenade familiale dans les champs[1].
Hôtel de ville actuel
Au début du XXe siècle, l’ancien hôtel de ville devient trop exigu en raison de la forte croissance démographique. Entre 1932 et 1934, la décision est prise d’édifier un nouvel hôtel de ville ; dans un premier temps, l’ancien bâtiment est conservé comme corps central du futur ensemble, par souci d’économie, mais les difficultés du chantier conduisent finalement à sa démolition[1].
Le nouvel édifice est confié à l’architecte municipal Florent Nanquette, dans un style rationaliste. Construit en pierre de taille, il est inauguré en et constitue un exemple majeur de l’architecture publique de la période Art déco[4].
Le bâtiment comprend notamment une vaste salle des fêtes conçue comme un véritable théâtre intégré à l’édifice, occupant les étages supérieurs et offrant 1 200 places. Les fauteuils sont réalisés par la société Rompais frères, Marquilly et Cie, tandis que l’éclairage indirect est assuré par les établissements Phégos. La salle des fêtes, la salle des mariages et la salle du conseil font l’objet d’un important programme décoratif et mobilier[1].
L’intérieur est rénové dans les années 1990 ; le premier étage accueille désormais des œuvres contemporaines d’artistes de la ville[1].
Architecture
La façade principale présente une composition symétrique de 11 travées, avec deux pavillons latéraux légèrement avancés. La partie centrale, également en avancée, arbore trois grandes arcades en plein cintre au rez-de-chaussée, surmontées de balcons soutenus par des linteaux et corniches proéminentes.
L’édifice est dominé par un clocher monumental de 40 mètres, composé de quatre colonnes sur chaque face, portant des cadrans d’horloge et une structure supérieure à plusieurs niveaux[5].
Le bâtiment est représentatif de l’architecture Art déco publique des années 1930[6].
Décors intérieurs

Plusieurs salles majeures se distinguent[7] :
- La Salle du Conseil, décorée de 12 peintures de Charles Fouqueray retraçant des épisodes importants de l’histoire locale[8] ;
- La Salle des Mariages, ornée de quatre fresques de Claude-Charles Bourgonnier, représentant les saisons[9] ;
- La Salle des Fêtes, embellie par quatre peintures de Roger Parent illustrant la danse, la musique, la comédie et le drame[10].
En 1935, la veuve du peintre Paul Signac fait don à la ville de l’œuvre Au temps d’harmonie, qui est installée dans la cage d’escalier[11],[12],[13].
Évènements historiques
- : durant la Seconde Guerre mondiale, des membres des Francs-Tireurs et Partisans (FTP) prennent d’assaut l’hôtel de ville, neuf jours avant la libération officielle de Montreuil par la 2ᵉ Division blindée du général Philippe Leclerc ()[14],[15],[16] ;
- Après-guerre : deux statues représentant l’Agriculture (Lucien Gibert) et l’Industrie (Édouard Manchuelle) sont installées devant le bâtiment[14],[3] ;
- Juin 2023 : des bennes situées devant l’Hôtel de ville sont incendiées lors des émeutes consécutives à la mort de Nahel Merzouk[17].
Fonction municipale
Accès
L’Hôtel de ville est desservi par :
- la ligne 9 du métro de Paris, station Mairie de Montreuil
- les lignes de bus 102, 121, 122, 129, 202, 322 et les Noctiliens N16 et N34[6]

